Korian met un pied dans l’aide à domicile

Article05/12/2018

Le groupe d’Ehpad et de cliniques Korian a annoncé son entrée dans l’aide à domicile en France avec l’acquisition du réseau Petits-fils, et la création de son nouveau pôle d’activités, Korian Domicile.

Après les Ehpad, l’hospitalisation à domicile (HAD) et des services de soins infirmiers à domicile (Ssiad), le groupe commercial Korian investit le champ de l’aide à domicile.

« Cette acquisition s’inscrit dans la droite ligne de la stratégie de diversification et d’enrichissement des offres de services poursuivie dans le cadre du plan Korian 2020 », souligne le groupe dans un communiqué le 26 novembre, « à l’instar de la prise de participation majoritaire dans la société Ages&Vie (colocations entre seniors) en janvier » (lire l’encadré).

Créée en 2007, l’entreprise d’aide à domicile pour personnes âgées dépendantes Petits-fils « opère via une activité en propre qui couvre Paris et les Hauts-de-Seine, et qui représente 25% de son activité », décrit Korian. Depuis 2011, elle développe aussi « un réseau de franchisés qui compte aujourd’hui 58 agences au niveau national, et qui se développe au rythme d’une quinzaine de franchisés par an ».

« En 2018, Petits-fils aura réalisé une moyenne de 200.000 heures de prestations par mois, soit un volume d’affaires de près de 40 millions d’euros sur l’année (+76% par rapport à 2017) », assure-t-il.

Damien Tixier et Pierre Gauthey, cofondateurs et actuels dirigeants, poursuivront le développement de Petits-fils au sein du groupe Korian.
« Korian pourra ainsi proposer à ses clients une offre diversifiée de services d’accompagnement et de soins à domicile. Elle viendra compléter la prise en charge en soins de suite et réadaptation [SSR] au sein des cliniques et la prise en charge en maisons de retraite médicalisées, dans le cadre de séjours de répit », fait valoir le groupe.

Olivier Lebouché, directeur de Korian Domicile

Par ailleurs, « pour accélérer son développement dans les services de soins et d’aide à domicile en France, Korian crée un nouveau pôle d’activités, Korian Domicile, auquel sera intégré Petits-fils » et dont la direction est confiée à Olivier Lebouché, qui dirigeait précédemment les activités santé à domicile d’Air Liquide en Europe et qui a notamment été président du Syndicat national des prestataires de santé à domicile (Synalam) et de la Fédération des prestataires de santé à domicile (Fedepsad).

Olivier Lebouché supervisera également Korian Solutions, l’agence « digitale » du groupe.

Les autres grands groupes commerciaux d’Ehpad sont déjà présents sur le marché de l’aide à domicile, comme DomusVi, Orpea ou Colisée..

Six maisons Ages&Vie en Meurthe-et-Moselle d’ici 2021

Cap sur le Grand Est après la Bourgogne-Franche-Comté, où Ages&Vie dispose déjà de 50 colocations dans 30 communes.

Dans un communiqué commun avec le département de Meurthe-et-Moselle diffusé le 30 novembre, Korian annonce la construction de six nouvelles maisons dans les communes de Baccarat, Badonviller, Cirey-sur-Vezouze, Dieulouard, Domgermain et Valleroy, qui permettront d’accueillir une centaine de seniors et de créer 40 emplois d’auxiliaires de vie.

« Une vingtaine d’autres communes du département sont intéressées pour accueillir ce mode d’accueil », précisent les partenaires. Korian veut développer 250 colocations à l’horizon 2023 dans toute la France.

La Rédaction

 



Le budget 2019 de la CNSA adopté sans opposition des professionnels

Article05/12/2018

Crédit: Fotolia/blende40

Le budget prévisionnel de la CNSA pour 2019 a été adopté, une fois n’est pas coutume, sans opposition des professionnels. Le conseil de la caisse prépare par ailleurs une « contribution » à la future loi dépendance.

Fait assez rare pour être souligné, le budget 2019 de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) a été adopté sans encombre le 4 décembre lors de la tenue de son conseil, a-t-elle annoncé dans un communiqué le lendemain.

Contrairement aux années précédentes, le GR31, composé des associations représentant les personnes âgées, les personnes handicapées et les professionnels qui sont à leur service (fédérations d’établissements et de services médico-sociaux), ne s’y est pas opposé, exprimant par là « son soutien à la CNSA ‘en tant que lieu de rencontre des corps intermédiaires et de l’Etat’ et au rôle de sa présidente« , Marie-Anne Montchamp, est-il précisé dans le communiqué.

Le budget prévisionnel 2019 de 26,812 milliards d’euros a été adopté par 45 voix « pour », cinq voix « contre » et huit voix « prenant acte ».

En 2019, il est prévu que 22,395 milliards d’euros soient consacrés au fonctionnement des établissements et services médico-sociaux via l’objectif global de dépenses médico-sociales (OGD), dont 10,6 milliards pour l’offre personnes âgées et 11,7 milliards pour l’offre personnes handicapées.

« Les dépenses consacrées au financement des établissements et services médico-sociaux progresseront de 479,5 millions d’euros en 2019 », précise la CNSA.

Parmi elles, voici celles consacrées aux personnes âgées:

  • 126,2 millions d’euros sont prévus pour le fonctionnement et les salaires des professionnels des établissements et services existants (66,9 millions dans le secteur personnes âgées)
  • 39,9 millions d’euros pour les places pour personnes âgées qui ouvriront en 2018
  • 0,3 million d’euros de mesures spécifiques pour l’outre-mer
  • 171,3 millions d’euros pour la réforme tarifaire du financement des Ehpad
  • 10 millions d’euros pour des astreintes de nuit d’infirmières en Ehpad.

Un PAI doté de 100 millions d’euros pour les personnes âgées

Par ailleurs, 130 millions d’euros seront consacrés à un nouveau plan d’aide à l’investissement (PAI) dans les établissements et services médico-sociaux (dont 100 millions d’euros pour les structures pour personnes âgées).

La CNSA cite aussi « la poursuite du financement des Maia » (méthode d’action pour l’intégration des services d’aide et de soins dans le champ de l’autonomie) à hauteur de 96,3 millions d’euros.

De plus, 2,21 milliards d’euros sont alloués au financement de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA).

Une enveloppe de 180 millions d’euros est affectée aux actions de prévention de la perte d’autonomie mises en oeuvre par les conférences des financeurs, dont 140 millions d’euros pour les autres actions de prévention et 40 millions d’euros pour le forfait autonomie alloué aux résidences autonomie par les conseils départementaux.

Parmi les autres dépenses, la CNSA évoque les 80,1 millions d’euros versés pour la modernisation des services d’aide à domicile et les dépenses de professionnalisation de leur personnel, ainsi que pour la formation des soignants des établissements et services médico-sociaux.

Elle alloue aussi 50 millions d’euros au titre du financement de la restructuration des services d’aide à domicile, ou encore 6 millions d’euros pour l’accompagnement des aidants, la formation et le soutien des bénévoles et la formation des accueillants familiaux, « un peu plus de 11 millions d’euros » pour le soutien à la recherche et à l’innovation, et 21,7 millions pour les frais de gestion et de personnel de la CNSA.

Le conseil de la CNSA revoit sa gouvernance

Le conseil a décidé de créer un comité permanent et trois commissions prospectives.

Le comité permanent se compose du président et des vice-présidents du conseil, de représentants des conseils départementaux, du directeur général de la cohésion sociale (DGCS) et du directeur de la sécurité sociale (DSS) ou de leurs représentants.

Les commissions spécialisées prospectives porteront sur les thèmes « logique domiciliaire », « financement », et « suivi de la transformation inclusive ». Elles se réuniront pour la première fois au cours du mois décembre, indique la CNSA dans son communiqué.

Ces commissions devront « à court terme » « produire la contribution du conseil à la réforme autonomie et grand âge en lien avec le deuxième volet de la démarche prospective du conseil ‘Chez-soi: une approche domiciliaire’, qui sera soumise au vote du conseil d’avril ».

« A moyen et long termes », elles ont vocation à « renforcer la capacité prospective, de pilotage et d’accompagnement de la transformation des politiques de l’autonomie ».

La conseil a également profité de sa réunion du 4 décembre pour adopter « les principes clés » de sa contribution à la prochaine réforme: « l’affirmation de la pleine et entière citoyenneté de la personne » et « l’affirmation du ‘chez-soi’ comme le lieu d’expression de cette citoyenneté jusqu’à la dernière seconde de la vie ».

De plus, « le financement des politiques partagées de l’autonomie doit prendre en considération les cinq composantes de la réponse apportée aux personnes: l’aide et l’accompagnement, les soins, le logement, une fonction présentielle et la coordination entre ces différentes dimensions ».
Le conseil rendra publique sa contribution « fin janvier-début février ».

La Rédaction

 



Une prise en charge de la dénutrition encore trop maigre

Article04/12/2018

Crédit: Fotolia/Hunor Kristo

La prise en charge de la dénutrition, qui concerne nombre de résidents en Ehpad, n’a pas évolué depuis une quarantaine d’années, déplore le Pr Eric Fontaine, président du collectif de lutte contre cette maladie, qui rappelle qu’en plus des bénéfices de santé, investir davantage dans les repas génère in fine des économies.

« En France et en Europe, 5 à 10% des individus sont touchés par la dénutrition. En France, cela représente 3 millions d’individus, dont 400.000 personnes âgées à domicile et 270.000 en Ehpad« , a rappelé Eric Fontaine, président du collectif de lutte contre la dénutrition et médecin nutritionniste au CHU de Grenoble, en préambule d’un colloque organisé le 26 novembre à Paris.

La dénutrition touche principalement les personnes âgées et les malades. « Chez les personnes âgées, 40% des patients sont hospitalisés en raison de conséquences de la dénutrition et 50% des personnes âgées qui sont hospitalisées s’avèrent dénutries. Chez les personnes malades, la dénutrition touche 20 à 40% des personnes hospitalisées et notamment plus de 40% des patients cancéreux et des patients Alzheimer ». Or, d’après le professeur, « à pathologie égale, les patients cancéreux décèdent plus vite s’ils sont dénutris ».

Pourtant, alors que le soin nutritionnel, délivré par un diététicien, est reconnu par la Haute autorité de santé (HAS) depuis 10 ans et que l’agence sanitaire le recommande dans 11 pathologies, il n’est toujours pas pris en charge, malgré les recommandations de plusieurs sociétés savantes qui le jugent « incontournable ».

Les diététiciens sont des professionnels de santé dont les missions ont été définies dans le code de la santé publique en 2007. Ils sont inscrits au fichier Adeli mais n’ont pas de conventionnement avec l’assurance maladie, ni de nomenclature de leurs actes.

Globalement, la problématique de la dénutrition en France semble ne pas avoir évolué, faute de moyens financiers.

« Le collectif a été créé [au début de l’année 2016] car nous ne parvenons pas à obtenir de moyens », a déclaré Eric Fontaine.

En réalisant au sein du CHU de Grenoble un dépistage non systématique mais transversal -au sein de divers services- de la dénutrition, ce médecin en a évalué la fréquence. Sur 57.900 patients, 30% étaient dénutris.

Or, « il existe des traitements efficaces comme le coaching [nutritionnel] par exemple chez les insuffisants respiratoires. Une étude a récemment révélé que la mortalité était significativement différente avec ou sans cette prise en charge chez ces patients. »

« La dénutrition est une maladie et non un symptôme. Elle est fréquente, grave mais traitable. Malheureusement, c’est une maladie ignorée de nos collègues médecins, de nos directions, de nos tutelles et c’est une maladie en compétition avec les autres pour l’obtention d’une enveloppe budgétaire », a-t-il regretté.

« La situation n’a pas évolué depuis une quarantaine d’années », a-t-il déploré.

Un dépistage et une prise en charge pourtant simples

Evoquant le dépistage précoce mis en place pour l’hypertension, le cancer du sein, ou encore le mouvement Movember pour le dépistage du cancer de la prostate, Eric Fontaine a interrogé la salle: « Avez-vous ne serait-ce que déjà entendu parler du dépistage de la dénutrition? »

Ce dernier devrait être réalisé systématiquement, à chaque passage chez le médecin, selon le spécialiste. « Il suffit simplement de se peser », s’est-il indigné.

Il a par ailleurs souhaité une prise de conscience chez les médecins qu’il a appelés à corriger certaines prescriptions inutiles. Et il a aussi suggéré de « mettre de l’argent dans les repas [distribués aux patients à l’hôpital] plutôt que dans les médicaments ».

Il a prôné la réorganisation de l’ensemble des priorités en déclarant que « si la nutrition est un soin », elle devrait être considérée comme tel et remboursée, et non être vue simplement comme un repas. En améliorant la qualité de l’alimentation des patients, on lutte contre la dénutrition, ce qui favorise la réduction de la durée d’hospitalisation des patients, et génère par conséquent des économies.

« Les établissements se sont rendu compte que le coût de la non-qualité était très largement supérieur à celui des mesures visant à améliorer la qualité des soins », a souligné Hervé Hubert, économiste de la santé à l’université de Lille qui intervenait également lors de cette journée.

« Nourrir les gens coûte moins cher que de les soigner », a quant à elle pointé Agathe Raynaud-Simon, présidente de la Fédération française de nutrition et chef du département de gériatrie à l’hôpital Bichat-Claude-Bernard à Paris (AP-HP), dont la remarque a été applaudie.

« On constate actuellement une insuffisance de diagnostic nutritionnel alors que la durée moyenne de séjour raccourcit », a averti le Dr Jean-Fabien Zazzo, coordonateur du Comité de liaison alimentation nutrition (Clan) central, anesthésiste-réanimateur et nutritionniste.

Il a souligné l’absence de suivi des patients à la sortie de l’hôpital car il n’y a selon lui pas de structure ni de relais de prise en charge, la consultation en ville n’étant pas prise en charge par l’assurance maladie. « Or, en pratique, on se rend compte que la dénutrition est plus importante, plus fréquente et plus profonde à la sortie de l’hôpital, par rapport au moment où un patient dénutri y rentre, avec une pathologie aiguë ou chronique », a-t-il conclu.

La Rédaction

 

 



Infirmière de nuit rimerait avec plus faible probabilité de décès à l’hôpital

Article27/11/2018

La présence d’une infirmière 24 heures sur 24 en Ehpad serait liée à une plus faible probabilité de décéder à l’hôpital, selon une étude de la Drees. Laquelle admet toutefois que le modèle utilisé pour arriver à ce résultat manque de finesse.

La présence d’une infirmière la nuit en Ehpad est actuellement expérimentée avant une généralisation prévue en 2020, même si l’intérêt de cette mesure fait encore débat.

Publiée le 27 novembre par la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), cette analyse, pour intéressante qu’elle soit, ne permettra pas de clore les discussions.

Elle a été réalisée à partir des données issues de l’enquête quadriennale menée par la Drees auprès d’établissements d’hébergement pour personnes âgées (EHPA 2015), notamment 7.400 Ehpad accueillant 585.500 personnes âgées (97% en hébergement permanent).

La Drees rappelle que les Ehpad sont de plus en plus confrontés à l’accompagnement de la fin de vie, avec 148.300 résidents en hébergement permanent décédés en 2015 contre 124.500 en 2011. Cela représente un quart des décès annuels en France et cette proportion monte à 35% parmi les personnes de 75 ans ou plus.

Les résidents décèdent à 89 ans en moyenne, après une durée de séjour moyenne de 3 ans et 4 mois (73% étaient fortement dépendants, en GIR 1 ou 2). Les sorties définitives d’Ehpad sont dues à 82% au décès du résident (+5 points par rapport à 2011).

Dans les trois quarts des cas, ces décès surviennent dans l’Ehpad même. La Drees a cherché à identifier les facteurs déterminant le lieu de décès.

A GMP plus élevé, moins de décès à l’hôpital

A caractéristiques du résident identiques, la probabilité de décéder dans l’Ehpad plutôt qu’à l’hôpital est plus forte dans les établissements dont le niveau de dépendance moyen est plus élevé (GMP supérieur à 750), disposant d’une pharmacie à usage intérieur (PUI) ou assurant la présence d’une infirmière 24 heures sur 24.

À l’inverse, les Ehpad qui déclarent des difficultés de recrutement et ceux dans lesquels la proportion de bénéficiaires de l’aide sociale à l’hébergement (ASH) est la plus élevée connaissent un taux de décès à l’hôpital plus important.

Interrogée sur la hausse de probabilité, la Drees a indiqué à APMnews (site du groupe d’information APM International, dont fait partie Gerontonews), que plusieurs modèles ont été étudiés mais qu’aucun n’est plus pertinent que l’autre dans l’absolu.

Un de ces modèles considère « chaque résident comme une observation distincte », c’est-à-dire qu’il prend en compte à la fois les caractéristiques individuelles de chaque personne et celles de l’établissement. Toutefois, « il ne donne des résultats sans biais que sous un certain nombre d’hypothèses et son interprétation n’est pas aisée », observe la Drees.

Un autre modèle, moins fin, se fonde sur la moyenne des caractéristiques individuelles des résidents pour chaque établissement (par exemple l’âge moyen). Même si cela conduit à une perte d’information et de précision dans l’estimation des effets, ce modèle « a le mérite de la simplicité puisque ses résultats peuvent s’interpréter en points de pourcentage », explique la Drees à APMnews. Elle note toutefois qu’il s’agit de pourcentages de décès à l’hôpital pour l’établissement « à caractéristiques moyennes des résidents identiques » et non de probabilité individuelle de décès à l’hôpital.

Dans ce modèle, le pourcentage de décès à l’hôpital est inférieur de 4,5 points quand une infirmière est présente 24 heures sur 24 par rapport à celui observé dans des Ehpad n’en disposant pas.

Lorsque le GMP de l’établissement est supérieur à 800, le pourcentage de décès à l’hôpital est inférieur de 2,8 points à celui des établissements dont le GMP est compris entre 650 et 700.

S’agissant de la PUI, un tableau indique une variation de 1,6 point pour un Ehpad en possédant une par rapport aux Ehpad n’en disposant pas mais la Drees estime qu’on ne peut pas utiliser ce chiffre car « ce coefficient n’est pas significativement différent de zéro dans ce modèle-là ».

Quand le pourcentage de bénéficiaires de l’ASH est compris entre 30 et 50%, le pourcentage de décès à l’hôpital augmente de 2,2 points par rapport aux Ehpad en ayant entre 10 et 20%. Cette hausse atteint 2,9 points quand le pourcentage de bénéficiaires dépasse 50%.

Les difficultés de recrutement sont associées à une hausse de 1 point du pourcentage de probabilité de décéder à l’hôpital.

Equipes mobiles ou réseaux de soins palliatifs pour 10% des décès

Les dispositifs spécifiques à la fin de vie se renforcent dans toutes les catégories d’Ehpad, en application notamment du plan 2015-2018 pour le développement des soins palliatifs et l’accompagnement en fin de vie.

Fin 2015, la majorité des Ehpad ont mis en place des procédures spécifiques ou ont passé des conventions relatives à l’intervention de personnes externes à l’institution dans des situations relevant du soin palliatif. Ainsi, près de 5.500 Ehpad, soit trois établissements sur quatre, ont signé une convention avec une équipe mobile de soins palliatifs (EMSP, 64%) ou un réseau de santé en soins palliatifs (RSSP, 29%), contre 60% en 2011.

La proportion est moins élevée pour les Ehpad publics hospitaliers (52%) car ils sont souvent déjà rattachés à des structures sanitaires qui disposent d’une équipe ou d’un réseau de ce type.

Au total, 12.340 personnes décédées en 2015 auraient bénéficié de l’intervention d’une EMSP en Ehpad et 3.490 de l’intervention d’un RSSP, ce qui ne représente qu’environ 10% des décès de résidents.

Le Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV) estime pourtant que 62,4% des personnes de 65 ans ou plus décédées en 2014 auraient été susceptibles de relever des soins palliatifs, et cette proportion devrait être plus élevée parmi les personnes accueillies en Ehpad.

La majeure partie des établissements qui n’ont pas signé de convention avec des EMSP ou des RSSP appliquent néanmoins des procédures liées à la fin de vie et ont intégré au sein de leur projet d’établissement un volet « soins palliatifs ».

 

Proportion d’Ehpad ayant mis en place des mesures de soins palliatifs et liées à la fin de vie

La proportion de décès lors d’une hospitalisation est légèrement plus faible lorsque l’établissement a inscrit un volet « soins palliatifs » dans son projet d’établissement (23% contre 25,4%) ou lorsqu’il met en oeuvre des procédures ou référentiels liés à la fin de vie (23,3% contre 25,5%). Toutefois, les caractéristiques des établissements et de leurs résidents ne sont pas les mêmes (GMP plus élevé dans les grands établissements mettant en place davantage de protocoles liés à la fin de vie).

A caractéristiques de résidents identiques, la Drees n’a pas relevé de lien statistique entre la probabilité de décéder à l’Ehpad et l’existence de convention avec une EMSP ou d’un RSSP, d’une convention avec une équipe soignante d’hospitalisation à domicile (HAD), d’un volet de soins palliatifs dans le projet d’établissement ou encore de chambres spécifiques pour la fin de vie.

Des profils différents selon le lieu de décès

Le décès à l’hôpital est plus fréquent pour les résidents les plus jeunes (un tiers des moins de 75 ans), les hommes et les personnes moins dépendantes. « On peut penser qu’il s’agit de décès plus souvent dus à des maladies aiguës, à des accidents ou relevant de trajectoires de fin de vie de type 1 (évolution progressive et phase terminale bien identifiée) ou 2 (déclin graduel ponctué par des épisodes aigus de détérioration) », observe la Drees.

Elle évoque des maladies qui conduisent à un décès à des âges moins élevés et qui touchent davantage les hommes parmi les résidents d’Ehpad, comme les pathologies broncho-pulmonaires et les cancers.

Le fait d’avoir été reconnu comme handicapé avant 60 ans accroît également la probabilité de décéder à l’hôpital, probablement du fait de comorbidités ou d’une prise en charge plus complexe. Pour la Drees, cette observation témoigne de la difficulté pour les Ehpad de prendre en charge ces personnes, y compris dans la fin de vie.

A l’inverse, les décès au sein de l’Ehpad sont plus fréquents pour les personnes les plus âgées (84% des 95 ans ou plus), les femmes et les personnes les plus dépendantes.

Caroline Besnier

 



 

Ces seniors qui paient plus de 1850 euros par mois pour leur maison de retraite

 

© AFP/Archives – GUILLAUME SOUVANT Deux femmes âgées dans une maison de retraite

Puiser dans son épargne, vendre une partie de son patrimoine, demander de l’aide de son entourage… Pour beaucoup de seniors, financer sa maison de retraite vire au casse-tête, face à des tarifs de prise en charge toujours plus élevés.

Au moins 1.850 euros nets par mois: c’est ce que devait régler de leur poche fin 2016 la moitié des quelque 600.000 résidents de maison de retraite, après perception des allocations et des contributions des proches. Un montant édifiant qui a été estimé pour la première fois par la DREES (direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques, rattachée au ministère des Solidarités et de la Santé), dans le cadre d’une étude publiée ce mardi 27 novembre*. Une tendance d’autant plus édifiante que cette participation financière peut même grimper à 2.420 euros pour la moitié des résidents des établissements privés à but lucratif (contre 1.800 euros pour les autres types d’établissements).

Or, la pension moyenne des retraités vivant en France s’élevait à seulement 1.500 euros nets mensuels fin 2016. Résultat, moins du tiers des résidents (30%) affirme disposer de ressources personnelles (retraite, revenus du capital…) ou allocations suffisantes pour régler ce reste à charge. Alors comment les autres personnes âgées parviennent-elles concrètement à financer leur maison de retraite et les frais liés à la perte d’autonomie (aménagements de la chambre, appareils auditifs, aidants professionnels…) chaque mois?

L’épargne personnelle, premier moyen

En dehors de la pension ou des aides, le premier moyen déclaré par près du tiers des seniors (27%) reste l’épargne personnelle. A ce titre, les résidents « détiennent tous des livrets d’épargne (livret A, bleu, de développement durable, d’épargne populaire) ou d’épargne logement (livret, plan ou compte épargne logement) et la plupart détiennent également des produits d’assurance-vie ou d’épargne retraite », citent les auteurs de l’étude. D’autres moyens de financement sont mobilisés tels que le soutien financier de l’entourage (11% d’entre eux) et la vente d’une partie de son patrimoine (5%).

© Fournis par CROQUE FUTUR

19% des seniors disposent de revenus suffisants pour financer leur maison de retraite.

A noter toutefois que l’étude n’est pas en mesure d’établir précisément les ressources mobilisées pour près du quart des résidents (24%) affirmant n’utiliser aucun des moyens de financement proposés par l’étude. « Dans certains cas, une participation financière de l’entourage peut avoir lieu sans que le résident en soit informé; dans d’autres cas, celui-ci pourrait avoir sous-estimé les revenus déclarés dans l’enquête -auquel cas ces revenus pourraient être en réalité suffisants pour couvrir les dépenses », avancent les auteurs en guise d’explication.

Des tarifs qui progressent en flèche

La tendance globale ne devrait pas s’améliorer dans les années à venir. Parmi les sondés, 36% anticipent de puiser dans leur épargne personnelle (+9 points) à l’avenir, et 16% envisagent de demander à leur entourage de payer pour eux (+5%). Une situation préoccupante alors que les tarifs de maisons de retraite ne cessent de progresser ces dernières années. « Depuis 2011, les tarifs journaliers liés à l’hébergement ont en moyenne augmenté de 4,20 euros dans les EHPAD, passant de 55,10 à 59,309 euros TTC en moyenne fin 2015, soit une augmentation près de trois fois supérieure à celle de l’inflation observée pour cette période (+7,6% et +2,8% respectivement) », soulevaient déjà les résultats de l’enquête EHPA de 2015. De quoi s’interroger sérieusement sur la démocratisation de l’accès à ces structures à l’heure du vieillissement de masse de la population.

*Méthodologie: l’enquête CARE-Institutions a été menée par la DREES avec la CNSA, fin 2016 auprès de 3.300 personnes âgées de 60 ans résidant de manière permanente dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), dans les maisons de retraite non-Ehpad et dans les établissements de soins de longue durée (SLD) et auprès de leurs aidants informels. L’établissement doit déclarer le montant mensuel de la participation financière revenant à la personne (allocations, contribution des obligés alimentaires, aide au logement…), hors participations volontaires éventuelles des proches.

 

 



 

Des fédérations d’Ehpad craignent un dévoiement du tableau de bord de la performance

Article26/11/2018

Les acteurs du secteur pointent un projet d’arrêté de la DGCS. Ils redoutent que le tableau de bord, conçu à la base pour aider au pilotage et à la gestion, serve à l’avenir à moduler la tarification.

Les vieilles angoisses de certaines fédérations d’Ehpad seraient-elles en passe de prendre corps?

Lors de la séance du Comité national de l’organisation sanitaire et sociale (Cnoss) qui s’est déroulée le 9 octobre, la direction générale de la cohésion sociale (DGCS) a essuyé un vote d’abstention unanime concernant un projet d’arrêté relatif au tableau de bord de la performance dans le secteur médico-social, ont rapporté plusieurs représentants d’Ehpad à Gerontonews fin novembre.

Rappelons que ce tableau de bord, initié par la DGCS, l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap) et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) a été généralisé à toute la France cette année, et qu’il est positionné comme un outil d’aide au pilotage et à la gestion depuis son lancement, en 2009.

Au départ méfiants sur l’usage qui serait fait de l’outil, les opérateurs du secteur l’ont plutôt bien adopté, expliquaient en juin dernier ses initiateurs, ce qui leur avait permis cet été de publier de premiers enseignements chiffrés à partir des données saisies par les structures.

Le projet d’arrêté fait justement réapparaître la peur que l’esprit de l’outil soit dévoyé.

Eventuelles sanctions de modulation budgétaire

Un courrier commun daté de fin octobre, et dont Gerontonews a eu copie fin novembre, a donc été adressé au DGCS Jean-Philippe Vinquant.

Il est signé par la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs (Fehap), le Syndicat national des établissements et résidences privés pour personnes âgées (Synerpa), l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), l’Union nationale interfédérale des oeuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uniopss), la Croix-Rouge française, Nexem, Générations mutualistes et l’Union nationale de l’aide, des soins et des services aux domiciles (UNA).

Les signataires, « sans remettre en cause » l’intérêt du tableau de bord de la performance, demandent que le projet d’arrêté soit « réécrit » à l’aune de « problèmes sérieux » apparaissant selon eux dans la version présentée.

Ils déplorent principalement « l’accroche » du projet d’arrêté à l’article R314-29 du code de l’action sociale et des familles (CASF). Une rédaction « fondée juridiquement » mais qui « pose un problème réel quant aux conséquences potentielles de l’utilisation qui pourrait être faite » du tableau de bord « par les autorités de tarification et de contrôle ».

Ainsi, ils rappellent que « les articles R314-28 à R314-33-1 du CASF constituent le corpus des tableaux de bord issus de la réforme de la tarification sociale et médico-sociale de 2003, tableaux de bord se déclinant par établissement et service au moyen d’indicateurs médico-sociaux économiques (IMSE). Ceux-ci avaient, dans l’esprit du pouvoir réglementaire de l’époque, vocation à être utilisés à des fins de modulation dans le cadre de la fixation des tarifs annuels ».

Néanmoins, ils expliquent que, « en l’absence d’un système d’information robuste permettant de calculer ces indicateurs et de comparer les coûts des établissements et services, les tableaux de bord n’ont jamais été réalisés à cette fin. »

Alors qu’il est plus abouti et surtout aujourd’hui généralisé, les fédérations estiment que le tableau de bord de la performance « pourrait, tel qu’il est placé en application de l’article R314-29, être utilisé dans le cadre des procédures budgétaires des établissements et services non encore soumis à l’état prévisionnel des recettes et des dépenses (EPRD) ».

Même les Ehpad, soumis à l’EPRD depuis 2017, pourraient être concernés par d’éventuelles sanctions de modulation budgétaire dans la mesure où « il pourra y avoir des négociations tarifaires pour les structures sous EPRD au regard des indicateurs complétés. De plus, les CPOM [contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens] doivent faire l’objet d’un bilan à mi-parcours, mettant en parallèle les objectifs fixés et les indicateurs renseignés dans le tableau de bord », a indiqué le Syndicat national des établissements et résidences privés pour personnes âgées (Synerpa) à Gerontonews le 23 novembre.

Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du syndicat, a rappelé que l’avis des fédérations dans le cadre du Cnoss « n’est que consultatif », d’où la crainte « que les indicateurs soient rendus opposables ».

Jean-Christian Sovrano, le directeur de l’autonomie et de la coordination des parcours de vie de la Fehap, a expliqué pour sa part auprès de Gerontonews le 22 novembre être en faveur de cet « outil de la connaissance des structures, tant pour elles-mêmes que pour les autorités publiques ».

Mais entre l’adossement du projet de texte au CASF et les nouveaux systèmes d’information globalisés, il existe selon lui « un risque qu’une autorité publique se serve de ces données pour moduler le tarif de tel ou tel établissement ».

« On a fait part de notre relative inquiétude », a de son côté rapporté Romain Gizolme, le directeur de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), à Gerontonews le 22 novembre.

« Nous voulons que le tableau de bord reste un outil de pilotage, et que cet outil soit efficace et utile pour les structures. Il semble qu’on doive s’en tenir à des indicateurs en nombre très limité et qu’ils permettent ce pilotage », a-t-il insisté.

Les sanctions financières « font partie des questions qui peuvent se poser », d’où la demande d’éléments d’éclaircissement à la DGCS.

Une obligation de remplissage trop contrainte

Dans leur courrier commun, les signataires citent également deux autres points d’achoppement dans le projet d’arrêté.

Un article selon lequel « les établissements et services sont réputés avoir satisfait leur obligation de remplissage du tableau de bord de la performance s’ils renseignent au moins 90% des données à saisir » et un autre indiquant qu' »à titre transitoire, le taux minimum de remplissage du tableau de bord est fixé à 70% pour la campagne 2019″.

Auprès de la DGCS, les fédérations disent souhaiter « abaisser ce taux de 90% et de venir préciser après concertation les données élémentaires et/ou les indicateurs facultatifs qui n’intégreraient pas le seuil retenu ».

Enfin, elles trouvent « dommage que les dates de collecte de données prévues dans le projet d’arrêté ne soient pas calées sur les dates de dépôt des ERRD [états réalisés des recettes et des dépenses] ou des comptes administratifs ».

Claire Beziau

 

 



Les animateurs en gérontologie anticipent les évolutions de leur métier

Article26/11/2018

Le congrès du Groupement des animateurs en gérontologie (GAG), ces 26 et 27 novembre, ouvre la voie à des états généraux prévus pour fin 2019. Ils permettront de se pencher sur les évolutions des attentes des personnes âgées et sur celles du cadre d’exercice de la profession, nous explique Bernard Hervy, vice-président de l’association.

 

Bernard Hervy, vice-président du GAG

Comme chaque année, la tenue du congrès national de l’animation et de l’accompagnement en gérontologie (Cnaag) est l’occasion pour Gerontonews de dresser un état des lieux de la profession avec son organisateur, le GAG, dont Bernard Hervy est vice-président.

Pour la première fois, le Cnaag est délocalisé en province (à Nantes), ce qui correspond à une demande des quelque 900 adhérents de l’association. L’événement devrait accueillir 600 personnes, dont 74% d’animateurs et 5% de directeurs.

Le congrès, placé sous le signe de « l’animation du quotidien social de la personne âgée » (lire l’encadré), va surtout servir de rampe de lancement à des états généraux, annoncés à l’origine pour début 2019, mais qui se tiendront finalement en fin d’année prochaine lors du prochain Cnaag, dans un an à Bordeaux, annonce Bernard Hervy.

De premiers états généraux, en 2003, avaient notamment vu naître la charte de l’animation en gérontologie et ont aidé à structurer et professionnaliser le métier. Les seconds permettront de « prendre de nouvelles lignes d’orientation pour la profession », complète le vice-président du GAG.

La trentaine de réseaux locaux adhérents à l’association (sur les 55 que compte le territoire) seront mis à contribution pour préparer ces états généraux avec un tour de France sur neuf mois prévu dans neuf « zones » et qui comptera « deux réunions par zones ».

Le GAG y animera des rencontres régionales sur des thématiques telles que l’évolution des attentes des personnes âgées.

« Il s’agit maintenant de prévoir l’animation avec les personnes âgées pour les 10-15 ans qui viennent », précise Bernard Hervy, selon lequel il est urgent « d’améliorer de manière sensible la vie sociale en établissement » pour mieux coller aux souhaits des générations à venir.

Malgré une progression en six ans, il rappelle le chiffre d’un animateur pour 65 résidents, et celui de 12 centimes par jour et par résident consacrés à l’animation.

Il souligne aussi la nécessité de « prévoir les évolutions du métier », dans le sens où « l’animation demain ne se fera pas de la même manière qu’aujourd’hui ».

Les animateurs interviendront « dans des structures territoriales de taille réduite », anticipe-t-il. « Je suis persuadé que les animateurs seront de plus en plus ceux d’un public, et non ceux d’une structure ». « Bien sûr qu’il faudra des endroits où les gens pourront être hébergés, mais ils doivent rester dans leur quartier, leur ville ou leur région ».

Bernard Hervy prend l’exemple du Finistère, qui « finance des postes d’animateurs pour coordonner les actions de bénévoles auprès des personnes âgées à domicile ».

« Aucune illusion » sur la concertation « grand âge »

Autre question clé, « l’évolution du cadre de l’exercice professionnel » des animateurs en gérontologie.

Autrement dit, « est-ce que les Ehpad seront encore là demain? Est-ce qu’il n’y aura pas de structures plus petites, qui toucheront à la fois le domicile et l’institution? », s’interroge-t-il, en phase avec les réflexions en cours sur la transformation de l’offre dans le cadre de la concertation « grand âge et autonomie ».

Pointant « des solutions à bout de souffle » et des « réponses irréalistes des pouvoirs publics », le vice-président du GAG dit participer à la concertation, mais ne se faire « aucune illusion », estimant que l’orientation de la future loi est déjà décidée.

Il se base sur la consultation citoyenne mise en place par le ministère et intitulée « comment mieux prendre soin de nos aînés », une volonté selon lui affichée de créer « plus de postes soignants » en Ehpad alors qu’il s’agirait surtout de changer de modèle. « Il va falloir avoir des structures de remplacement réparties dans la cité, pas uniquement d’hébergement, mais qui apporteront des services aux personnes à domicile et à celles en institution », plaide-t-il.

A noter que, dans le cadre de la concertation, l’atelier d’experts sur le groupe « métiers » travaille sur un sous-thème spécifique aux métiers « non soignants ».

Un nouvel outil informatique

Côté actualités du GAG, l’association avance sur le développement de « Culture à vie », plateforme d’aide aux actions d’animation, avec 39 départements abonnés pour 2.100 structures pour personnes âgées inscrites, et 750 contenus en ligne.

Quant au logiciel « Acteurs à vie », lancé par le GAG pour améliorer la construction des projets personnalisés, « la progression est plus lente », concède Bernard Hervy, rappelant que l’association a mis en place une formation.

Le GAG doit par ailleurs présenter lors de son congrès un nouvel outil informatique, qui sera disponible fin 2018 et permettra à ses adhérents de travailler à des projets communs.

Il contiendra aussi des ressources professionnelles, telles que « comment construire un projet institutionnel d’animation », « comment conduire une évaluation » ou encore « comment réaliser le rapport d’activité annuel ».

Quant à la transformation de l’association du GAG en fédération, annoncée l’an dernier, elle n’est pas encore mûre. « Il manque des volontés locales, les gens sont encore trop isolés pour se regrouper efficacement », observe Bernard Hervy.

Le « quotidien social des personnes âgées » vu par les animateurs en gérontologie

En amont du Cnaag 2018, le GAG a questionné les congressistes sur leur définition du « quotidien social » des personnes âgées.

Sur 145 répondants, 124 travaillent en structure d’hébergement médicalisé (Ehpad, hôpital ou centres de soins de suite et de réadaptation -SSR).

Ils ont cité en priorité « la relation quotidienne avec le personnel » (67,5%), « le lien social, familial et amical » (36%), « les activités et les actions d’animation proposées », qui est un facteur de structuration du temps (32%) et « l’ouverture sur l’extérieur: sorties, intergénérationnel » (27%).

Claire Beziau

 

 




Concertation « grand âge »: les fédérations d’Ehpad ont fait le point

Article23/11/2018

 

 

Plusieurs représentants des maisons de retraite participant aux groupes de travail ont évoqué auprès de Gerontonews, à l’issue d’une réunion du 19 novembre, de premiers échanges encourageants depuis octobre, sans que de réelles tendances s’esquissent encore.

La concertation « grand âge et autonomie » suit plutôt bien son cours, même si aucune orientation concrète ne se dessine encore, ont rapporté le Syndicat national des établissements et résidences privés pour personnes âgées (Synerpa), la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs (Fehap) et l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) à Gerontonews.

Ouverte le 1er octobre par Agnès Buzyn et pilotée par Dominique Libault, la concertation doit déboucher en janvier 2019 sur des propositions concrètes qui serviront de base à une future loi sur la dépendance.

Outre une consultation grand public sur internet et des forums régionaux, elle englobe dix groupes de travail qui doivent, au cours de la période, se réunir quatre fois.

Les principales fédérations d’Ehpad étant dispersées dans tous les groupes, elles étaient convenues de se retrouver à mi-parcours pour partager leurs informations et leurs impressions.

Cette réunion a eu lieu le 19 novembre, a appris Gerontonews auprès des sus-citées.

Outre le Synerpa, la Fehap et l’AD-PA, étaient notamment présents: la Fédération hospitalière de France (FHF), la Fédération nationale des directeurs d’établissements et services pour personnes âgées (Fnadepa), la Fédération nationale avenir et qualité de vie des personnes âgées (Fnaqpa), mais aussi Nexem, la Mutualité ou encore l’Union nationale interfédérale des oeuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uniopss).

Des groupes de travail… et des demandes à faire directement

Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Synerpa, a indiqué à Gerontonews le 21 novembre qu’il n’y avait pour l’instant « ni engouement ni défiance particuliers » pour cette concertation, assurant en tout cas qu’il y avait « de l’écoute ».

Néanmoins, « toutes les fédérations étant disséminées [dans les groupes de travail], personne n’a de vision globale ».

« Depuis le début, on avait constaté que les 10 groupes morcellent des sujets pourtant liés », a-t-elle poursuivi. « C’est difficile d’aborder la question des financements sans celle de la gouvernance, celle des métiers sans celle de la gouvernance, celle de la qualité ou de l’offre de demain sans celle des financements, mais on le savait », a-t-elle complété.

De fait, le Synerpa a plutôt un bon a priori sur la concertation, ayant été reçu deux fois par Dominique Libault (une fois seul et une fois en délégation avec des adhérents). « Il y a donc d’un côté les groupes de travail, mais aussi de la pédagogie et des demandes à faire directement » auprès du pilote du dispositif, a souligné Florence Arnaiz-Maumé.

« Pour l’instant, il y a beaucoup de constats et de débuts de propositions », a-t-elle ajouté.

La déléguée générale du Synerpa a souligné l’hétérogénéité qualitative des groupes de travail. « Nous qui sommes très parties prenantes du groupe ‘métiers’, on considère qu’il est de bonne facture » avec « un nombre de personnes raisonnable, entre 10 et 20 ».

Elle a salué la qualité du pilotage de ce groupe par Alice Casagrande, directrice de la formation et de la vie associative à la Fehap. « Lors de la première réunion, en octobre, l’état des lieux a été totalement partagé par tous, sur le manque d’attractivité, la pénurie de soignants, la problématique des « faisant-fonction » ou encore l’inadaptation des formations initiales ».

Les participants ont été répartis en trois sous-groupes de travail pour la deuxième réunion. Ils portaient sur « le domicile connecté et les métiers », « les évolutions concernant le personnel non soignant » et « quels métiers autour des maladies d’Alzheimer, Parkinson et apparentées dans 20 ans ».

« J’ai l’impression qu’on va dans des discussions [que l’on n’a] encore jamais eues entre fédérations », s’est réjouie Florence Arnaiz-Maumé.

Concernant le groupe de travail sur l' »offre de demain pour les personnes âgées en perte d’autonomie », le Synerpa a eu un retour d’un de ses adhérents, le groupe Colisée, qui a évoqué des « débats non tranchés » sur l’avenir du modèle de l’Ehpad et de la résidence services à l’horizon 2030-2040.

« Pas encore de propositions ‘socles' »

Globalement, les fédérations ont éprouvé le même ressenti sur le déroulé des groupes de travail, a relaté pour sa part à Gerontonews Jean-Christian Sovrano, le directeur de l’autonomie et de la coordination des parcours de vie de la Fehap, le 22 novembre.

Il a rapporté que dans le groupe sur les « parcours des personnes âgées », les discussions semblaient « assez balisées ». « Des échanges » ont bien eu lieu, même s’ils ne sont « pas encore mûrs pour poser des propositions ‘socles' ».

Jean-Christian Sovrano estime que « cela se jouera peut-être au niveau des contributions écrites » que les présidents des groupes de travail doivent remettre à Dominique Libault à l’issue des rencontres, d’ici décembre-janvier.

La Fehap a par ailleurs demandé à être auditionnée sur le thème de « l’offre de demain », a précisé son représentant.

Romain Gizolme, directeur de l’AD-PA, a de son côté rapporté à Gerontonews le 22 novembre que « la discussion semble assez ouverte » au sein des ateliers, « ce qui correspond à l’ambition affichée ».

L’AD-PA participe au groupe sur « l’offre de demain », a précisé son directeur, soulignant l’intérêt de réfléchir aux « structures alternatives » entre Ehpad et domicile.

Elle est aussi intégrée au groupe sur « les nouveaux financements », où ont été évoquées les « différentes pistes » assez connues des acteurs du secteur et relatives à la solidarité nationale et aux éventuels financements complémentaires.

« On a le sentiment, dans la manière dont les choses se déroulent, que ça va dans le bon sens en termes de méthodologie et de fond, et qu’on est bien dans l’optique [d’améliorer] l’ensemble du système de l’aide aux personnes âgées ». Il faudra voir « à l’issue, comme ça se traduit », a dit Romain Gizolme, espérant « une loi d’envergure ».

Une réunion « plénière » prévue le 20 décembre

Sollicitée par Gerontonews, la FHF n’a pas souhaité commenter la réunion du 19 novembre.

Les fédérations ont prévu de se réunir à nouveau fin 2018 ou début 2019, après une réunion plénière prévue par Dominique Libault le jeudi 20 décembre, ont-elles indiqué à Gerontonews.

Cette plénière « sera l’occasion pour chaque coprésidence d’atelier de présenter l’état d’avancement de ses travaux, afin que chacun dispose du même niveau d’information », précise le ministère dans son invitation aux membres des groupes de travail.

 

Claire Beziau

 



Le champ médico-social profite d’une hausse des dépenses du FIR sur deux missions

Article23/11/2018

Crédit: Fotolia/Andrey Popov

Les dépenses engagées par les ARS au titre du fonds d’intervention régional (FIR) pour la prévention, notamment de la perte d’autonomie, et l’amélioration de la qualité et de la sécurité des prises en charge médico-sociales, ont augmenté en quatre ans, montre le rapport d’activité 2017.

Entre 2014 et 2017, les ARS ont consacré une part croissante de leurs dépenses à deux missions -« promotion de la santé et prévention des maladies, des traumatismes, du handicap et de la perte d’autonomie » et « organisation et promotion de parcours de santé coordonnés et amélioration de la qualité et de la sécurité de l’offre sanitaire et médico-sociale« , révèle le rapport d’activité 2017, remis au Parlement à la mi-novembre et mis en ligne sur le portail des agences régionales de santé (ARS).

Il a été réalisé par le secrétariat général des ministères chargés des affaires sociales sur la base des données fournies par les ARS et les données budgétaires issues de la direction financière et comptable de la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam).

Il est composé de deux parties: une synthèse générale rendant notamment compte de la mise en oeuvre financière du FIR et un bilan quantitatif et qualitatif de ses réalisations, selon les cinq grandes missions définissant son périmètre. Les orientations nationales du fonds pour l’année 2017 ont été définies par une circulaire du 5 mai 2017, rappelle le document.

Répartition des crédits par mission

L’efficience des structures, premier poste de dépenses

Les dépenses pour la première mission ont augmenté de 7,57% en 2017 par rapport à 2016.

Parmi les actions qui ont caractérisé l’année, le rapport cite la reprise par les ARS de la compétence relative aux pôles régionaux de compétence en éducation pour la santé (PRC), l’expérimentation en matière d’éducation thérapeutique à destination des malades souffrant de maladies neurodégénératives, l’expérimentation en matière d’accompagnement à l’autonomie en santé en direction des personnes souffrant d’une maladie chronique ou particulièrement exposées au risque d’une telle maladie, ainsi que des personnes handicapées, ou encore l’extension des missions des centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (Ceggid).

Les dépenses pour la deuxième mission ont enregistré une augmentation de 21,5% sur les quatre dernières années et de 7% par rapport à 2016. Cette hausse concerne principalement les parcours de santé et les nouveaux modes d’exercice (+242%), les exercices pluridisciplinaires et regroupés (+106%), la qualité et la sécurité des prises en charge médico-sociales (+47%).

Les actions financées en 2017 par le FIR au titre de cette mission (plus de 897,27 millions d’euros) ont plus particulièrement concerné celles visant à améliorer la qualité et la sécurité des soins et des prises en charge de l’offre sanitaire (484 millions) et médico-sociale (136 millions), les réseaux de santé (154 millions), le développement des parcours de santé coordonnés et des nouveaux modes d’exercice (45 millions) et les actions favorisant l’exercice pluridisciplinaire et regroupé (12 millions).

La « mission 2 » et la « mission 3 » (« permanence des soins et amélioration de la répartition des professionnels et des structures de santé sur le territoire ») sont respectivement les 2e et 3e principaux postes de dépense.

La « mission 4″, relative à l' »efficience des structures sanitaires et médico-sociales et à l’amélioration des conditions de travail de leurs personnels » reste en 2017 le premier poste de dépenses, avec un montant d’1,10 milliard d’euros, soit 32,4% des dépenses, malgré une diminution observée depuis 2015.

A ce titre, en 2017, 10,5 millions ont été consacrés aux dispositifs visant à améliorer la performance interne des établissements de santé. Ces crédits ont été répartis entre les actions de déploiement des programmes nationaux (5,2 millions) et les frais de conseil, de pilotage et d’accompagnement de projets autres que les programmes nationaux (5,3 millions).

Les actions de modernisation et de restructuration, de maintien de l’activité déficitaire, d’amélioration de l’offre et d’aide à l’investissement hors plans nationaux ont mobilisé 1,012 milliard d’euros.

La fongibilité asymétrique, source de marges de manoeuvre

A la clôture des comptes du FIR en 2017, le montant total des crédits consommés par les ARS s’est établi à 3,4 milliards d’euros, supérieur de 35 millions d’euros au montant des ressources allouées. « Cet écart a en partie été absorbé par la mobilisation des crédits correspondant aux opérations antérieures à 2016, provisionnés dans les comptes de la Cnam (avant la création du budget annexe) », souligne le rapport. Le résultat fait apparaître un excédent de 53 millions d’euros.

En 2017, les ressources du fonds se sont élevées à 3,37 milliards d’euros, après 3,24 milliards d’euros pour l’exercice 2016. Elles ont été en partie constituées de 3,24 milliards d’euros au titre de la dotation des régimes obligatoires d’assurance maladie, en augmentation de 8% par rapport à 2016. Cette augmentation importante s’explique par l’intégration des crédits de l’Etat au titre de la prévention au sein de la dotation d’assurance maladie (116 millions d’euros).

A ces ressources s’ajoutent 127 millions d’euros au titre de la dotation de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), en augmentation de 10,7% par rapport à 2016.

En 2016, le FIR a également bénéficié de 3 millions d’euros au titre d’une contribution exceptionnelle du Fonds national de prévention, d’éducation et d’information sanitaires (FNPEIS).

Au niveau national, le montant des crédits FIR délégués aux ARS a augmenté de 3,9% entre 2016 et 2017. A l’exception des ARS Guadeloupe et Guyane, toutes les agences ont enregistré une augmentation de leur délégation, variant entre +0,2% et +6,8%. Mais pour ces deux dernières, la « baisse faciale […] ne peut être analysée comme une diminution des moyens alloués », car « ces diminutions correspondent au retraitement en 2017 des mesures ponctuelles 2016 non pérennes », souligne le rapport.

La fongibilité a en outre permis aux ARS de dégager des marges de manoeuvre supplémentaires grâce au redéploiement de crédits au sein des différentes missions du FIR « en tenant compte des priorités régionales ».

Le mécanisme de « fongibilité asymétrique » a ainsi été « largement sollicité par les ARS en 2017 pour un montant total de 81,3 millions d’euros, dont 76,3 millions attribués aux actions de prévention et 5 millions aux actions médico-sociales« .

La Rédaction

 

 



Transformations organisationnelles: l’Anap en quête de témoignages d’Ehpad

Brève23/11/2018

Coopérations, mutualisations, innovations organisationnelles, managériales ou technologiques… Votre établissement (Ehpad ou petite unité de vie -PUV) a réalisé une démarche de transformation organisationnelle avec succès?

Dans le cadre de la feuille de route « grand âge et autonomie », l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap) vous invite à vous porter candidat d’ici au 31 janvier 2019 pour partager votre expertise.

« Votre participation sera l’occasion de valoriser vos travaux, de promouvoir vos organisations, d’échanger entre pairs et de réfléchir aux conditions de réplicabilité de votre expérience », encourage l’agence.

Les établissements retenus seront intégrés à un groupe de travail, avec une participation souhaitée à au moins deux réunions sur les cinq prévues entre février et juin 2019, précise l’Anap.

L’objectif à terme est la publication de « 15 retours d’expériences » ainsi que « d’un guide pour faciliter la mise oeuvre opérationnelle d’une transformation ».

 

La Rédaction

 

 



Dépister et traiter la dénutrition sévère est bénéfique pour tous les résidents

Article22/11/2018

Des chercheuses se sont penchées pendant quatre ans sur la nutrition des personnes âgées dépendantes en Bourgogne-Franche-Comté dans le cadre du projet Renessens. Les premiers résultats montrent qu’en Ehpad, le dépistage des dénutris sévères, la formation du personnel et l’enrichissement protéiné bénéficient aussi aux résidents à risque.

Pour contrer la dénutrition des personnes âgées dépendantes, qui peut engendrer de nombreux problèmes de santé, Claire Sulmont-Rossé, directrice de recherche Inra au Centre des sciences du goût et de l’alimentation de Dijon et Virginie Van Wymelbeke, ingénieure de recherche au CHU de cette même ville, se sont penchées sur la question en Bourgogne-Franche-Comté.

Elles sont à l’origine de trois projets de recherche.

Le premier, Aupalesens, a démontré que quasiment la moitié des personnes âgées résidant en Ehpad ou aidées à domicile, autrement dit, « en situation de dépendance culinaire », était dénutrie.

A partir de là est né un deuxième projet, Renessens (pour « Réussir écologiquement une nutrition équilibrée et sensoriellement adaptée pour senior »).

Il réunit 9 instituts de recherche publics, 9 partenaires privés et 2 associations afin « d’adapter l’offre alimentaire aux capacités d’ingestion des personnes âgées tout en couvrant leurs besoins nutritionnels », a expliqué Claire Sulmont-Rossé au colloque de « pré-restitution » du projet, le 20 novembre à Paris.

Renessens vise à identifier les profils des « petits mangeurs », trouver des solutions adaptées et durables pour améliorer leur prise en charge alimentaire et en évaluer le coût-bénéfice pour les résidents, les Ehpad et la société.

D’un coût de 3 millions d’euros sur quatre ans (de 2014 à 2018, mais prolongé jusqu’en juin 2019), il est en grande partie financé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) ainsi que par le pôle de compétitivité Vitagora et le conseil régional.

Huit résidents sur dix ne satisfont pas à leurs besoins caloriques

Le projet s’est d’abord appuyé sur des études observationnelles avec 88 résidents dans une dizaine d’Ehpad de la région. Il a montré notamment que 8 résidents sur 10 ne satisfont pas à leurs besoins caloriques, a rapporté Claire Sulmont-Rossé à Gerontonews.

L’occasion aussi de démontrer « qu’un petit mangeur est un petit mangeur de tout »: il ne faut donc pas croire que « si un résident ne mange pas la viande, il va manger plus de fromage ».

Enfin, il a été prouvé que certains aliments comme la soupe, le pain ou les fruits et légumes « restent bien consommés et peuvent être des leviers pour enrichir les aliments en protéines ».

A partir de là, les chercheuses ont souhaité développer un outil permettant d’identifier le risque de dénutrition et de déterminer le profil de « mangeur », a expliqué Isabelle Maître, chercheuse en agro-alimentaire à Angers, lors du colloque.

Elle a rappelé certains pièges, comme le fait que « beaucoup d’obèses sont dénutris et qu’une personne mince à petit appétit ne l’est pas nécessairement ». Elle a évoqué les critères de repérage: l’évolution du poids, l’IMC, l’ingesta (aliments ingérés), les taux d’albumine (signe d’une dénutrition installée) et de pré-albumine (signe d’une dénutrition récente), et le Mini Nutritional Assessment (MNA). Il n’a pas été établi de « lien direct entre ces variables », mais un seul critère positif est un signe potentiel de dénutrition.

Outre la difficulté de repérer les « petits mangeurs », elle a souligné celle de mesurer régulièrement le poids et d’évaluer la consommation réelle par le résident (qu’il s’agisse d’une auto-évaluation ou de celle par le personnel).

Mais l’identification des freins et des leviers à la consommation s’est révélée efficace, ce qui a permis à Claire Sulmont-Rossé et Virginie Van Wymelbeke de mener une plus grosse étude, cette fois interventionnelle clinique, dans deux Ehpad, l’un « contrôle » et l’autre « expérimental », de janvier à juin 2018.

Tous les salariés formés sur la dénutrition

Le but était de dépister les « petits mangeurs » et les dénutris et d’adapter en fonction l’offre alimentaire. « La grande ambition était de mesurer le coût-bénéfice d’une intervention permettant de personnaliser l’offre alimentaire pour les résidents », a souligné la directrice de recherche.

L’hypothèse était que « le surcoût lié à l’intervention serait compensé par une baisse des coûts de santé et du gaspillage alimentaire ». L’étude intégrait 43 résidents dans le groupe contrôle et 57 dans l’Ehpad expérimental, avec des panels « comparables ».

L’intervention dans cette structure comportait 4 volets:

  • la formation: le personnel de cuisine a été formé 4 jours aux techniques d’enrichissement et de texture des aliments, et 3 interventions thématiques ont été dispensées aux autres salariés (soignants et direction) sur la dénutrition avec une « forte participation »
  • le dépistage: il s’est basé sur l’outil diagnostic détaillé précédemment
  • la concertation: 6 réunions, soit une par mois, ont été organisées avec un représentant de chaque catégorie de personnel (cuisine, soignant, direction) pour réfléchir comment améliorer la prise en charge nutritionnelle. Deux types d’actions étaient chaque fois discutées, à l’échelle d’un résident en particulier et à celle de l’établissement.
  • les menus: l’alimentation a été enrichie (remplacer le lait par la poudre de lait dans les boissons chaudes au petit-déjeuner, ajouts de concentrés protéinés dans la soupe) et un travail sur l' »appétence » des plats texturés enrichis a été mené.

Des mesures ont été effectuées au début de l’étude, à 3 mois puis à 6 mois, portant sur le statut nutritionnel, les données anthropométriques, les données sur l’autonomie, sur les capacités fonctionnelles, cognitives et sur le bien-être.

Concernant le statut nutritionnel, les (premiers) résultats à 6 mois sur le critère de la pré-albumine montrent une tendance à l’aggravation dans l’Ehpad contrôle (passant de 34% de dénutris sévères à 44%) et à l’amélioration dans l’Ehpad ayant bénéficié des interventions (de 35% à 26%).

Dans les deux groupes, les chercheuses notent une diminution du poids chez les dénutris sévères mais une augmentation significative pour les dénutris modérés dans l’Ehpad expérimental.

Les ratios protéiques et caloriques se stabilisent pour les dénutris modérés dans le groupe expérimental et tendent à baisser dans l’Ehpad contrôle, preuve « d’une prise en charge large de la population dénutrie dans l’Ehpad expérimental ». Ces taux progressent en revanche dans les deux Ehpad s’agissant des dénutris sévères, preuve que l’Ehpad contrôle a agi pour ces résidents lorsqu’il a eu les résultats des bilans sanguins au début de l’étude.

Une « prise de conscience » permise par le dépistage et un guide en 2019

Ces premiers résultats montrent que « le simple fait de dépister les personnes âgées dénutries en perte d’appétit suffit à une prise de conscience, pour mettre en place des interventions individuelles, notamment auprès des plus sévèrement dénutries, et ce dans les deux Ehpad », s’est réjouie Claire Sulmont-Rossé. Mais l’intervention permet difficilement de renverser la tendance pour les dénutris sévères, qui « continuent de manger moins et de perdre du poids ».

« Elle a surtout permis d’améliorer les choses et de prévenir la dégradation pour les dénutris modérés et à risque », pour lesquels les chercheuses ont noté une stabilisation des ingesta, la ré-augmentation du poids, et un taux de pré-albumine allant dans le bon sens.

L’étude révèle aussi que « sensibiliser le personnel est un levier essentiel pour des interventions plus collectives, auprès des résidents à risque ou dénutris de façon modérée ».

Enfin, elle montre que le fait d' »enrichir l’alimentation fonctionne très bien ».

L’Ehpad expérimental poursuit les interventions mises en place, et l’Ehpad contrôle va en initier, s’est félicitée Claire Sulmont-Rossé. La motivation des directeurs est ici essentielle.

Les analyses des données vont se poursuivre (notamment sur le rapport coût-bénéfice) et des résultats plus consolidés seront publiés en 2019, ainsi qu’un guide « Diagnostiquer pour mieux nourrir » pour les professionnels et les pouvoirs publics.

Après Aupalesens et Renessens, un troisième projet, Alimassens, doit se terminer en 2019. Il concerne l’impact des troubles bucco-dentaires sur l’alimentation des personnes âgées à domicile.

Claire Beziau



Le b.a.-ba de la télémédecine en Ehpad

Fiche pratique21/11/2018

Depuis le 15 septembre, les résidents peuvent officiellement bénéficier de téléconsultations et de télé-expertise remboursées. Conditions, facturation… petit rappel des modalités.

Article proposé par EHPA Presse, initialement paru en septembre 2018 dans le Mensuel des maisons de retraite

Le 10 août dernier, alors que la majorité d’entre vous prenait un repos bien mérité, la rentrée réglementaire se préparait avec la publication au Journal officiel de l’arrêté du 1er août, qui fait peu à peu de la télémédecine une pratique médicale quotidienne et encadrée en France à travers deux catégories d’actes à présent reconnus et donc remboursables: la téléconsultation et la télé-expertise.

Comme le rappelle le texte en question, qui met fin à 10 ans d’expérimentations inabouties et de financements dérogatoires, le déploiement de la télémédecine constitue un enjeu majeur en France. Il apporte une réponse attendue depuis longtemps aux défis auxquels fait face notre système de santé: difficultés d’accès aux soins sur le territoire, en particulier dans les zones souffrant d’un déficit de médecins, suivi régulier des patients rendu nécessaire par l’allongement de la durée de vie et l’accroissement des maladies chroniques et priorité au maintien des patients dans leur lieu de vie.

Dans le cadre des Ehpad, ce déploiement est d’autant plus opportun qu’il simplifie l’accès à un médecin pour ces patients qui ont des problèmes de mobilité et permet d’éviter certains passages aux urgences inutiles qui peuvent avoir un impact négatif sur leur état émotionnel et entraîner un déclin fonctionnel et cognitif. Les modalités d’application des actes de téléconsultation et de télé-expertise seront les mêmes à domicile ou en Ehpad. Nous revenons ici sur le déploiement de cette première catégorie.

Qui est concerné?

Depuis le 15 septembre, tout assuré, quel que soit son lieu de résidence (y compris en Ehpad), peut recourir à ce type de consultation avec l’assurance d’être pris en charge par l’assurance maladie et sa complémentaire santé… si la téléconsultation passe par son médecin traitant. Un passage obligé qui peut tout de même être évité à certaines conditions: l’accès direct à un médecin téléconsultant est possible pour les spécialistes que l’on peut déjà consulter en accès direct.

Autres situations, lorsque le patient ne parvient pas à désigner un médecin traitant ou que ce dernier n’est pas disponible dans le délai compatible avec l’état de santé du patient.

Dans ces cas-là, le médecin téléconsultant de premier recours n’a pas nécessairement à être connu du résident. Ainsi, avant un transfert à l’hôpital, la téléconsultation pourrait être déclenchée sans nécessiter la mobilisation du médecin traitant du résident ou du médecin coordonnateur de l’Ehpad.

Dans quelles conditions la téléconsultation peut-elle être réalisée?

Pour « télé-consulter » un médecin, il faut impérativement pouvoir établir avec lui une communication combinée vidéo et audio, éventuellement associée à des appareils dits « connectés » (tensiomètre, oxymètre, ECG, stéthoscope, etc.). Le résident est, dans la grande majorité des cas, accompagné localement par un professionnel de santé qui fera office de facilitateur à travers la gestion des outils locaux et de liaison sur site avec le professionnel distant.

La téléconsultation doit être réalisée dans des conditions d’équipement, d’accompagnement et d’organisation adaptées aux situations cliniques des patients permettant de garantir la réalisation d’une consultation de qualité et de respecter notamment:

  • la confidentialité des échanges entre le résident et le médecin consultant (lieu adapté)
  • la sécurisation des données transmises (confidentialité, protection des données personnelles, etc.)
  • la traçabilité de la facturation des actes réalisés, dans les conditions respectueuses des référentiels de sécurité et d’interopérabilité concernant la transmission et les échanges de données.

A l’issue de la téléconsultation, un compte rendu est obligatoirement établi par le médecin téléconsultant, et transmis au médecin traitant et au médecin ayant sollicité l’acte (si ces derniers ne sont pas les téléconsultants).

Quel que soit le médecin assurant la téléconsultation (médecin traitant du résident ou non), il doit transmettre ce compte rendu dans le dossier médical partagé (DMP) du patient lorsqu’il est ouvert. Pour l’Ehpad, cela sous-entend bien entendu que le logiciel utilisé soit conforme à cette obligation.

Comment est-elle facturée?

Les actes de téléconsultation sont valorisés dans les mêmes conditions que les consultations dites « en présentiel » et les majorations associées s’appliquent dans les mêmes conditions, y compris dans le cadre de la majoration pour le suivi des personnes âgées (MPA).

La téléconsultation sera prise en charge comme une consultation classique: 70% remboursés par l’assurance maladie et 30% par la complémentaire (prise en charge à 100% pour les soins concernant des affections de longue durée -ALD). Le tiers payant sera quant à lui appliqué dans son intégralité aux résidents pour lesquels il constitue un droit (en ALD notamment). Pour les autres patients, il pourra être réalisé par le médecin sur la part obligatoire.

Le résident est la plupart du temps assisté d’un infirmier ou aide-soignant. Mais dans le cas où un médecin (par exemple le médecin traitant) est présent au moment de la réalisation de la téléconsultation, il peut facturer une consultation dans les conditions habituelles, parallèlement à la facturation de la téléconsultation par le médecin téléconsultant.

Ce dernier doit mentionner, le cas échéant, dans la feuille de soins, le numéro d’identification du professionnel de santé présent auprès du résident. Si cela est possible, la facturation peut être réalisée via la lecture de la carte Vitale ou en mode Sesam « dégradé » sans Vitale. Dans ce cadre particulier, le médecin est exonéré de l’envoi des pièces justificatives papier.

Nicolas Pistorio

Consultant Expert E-santé – ADVICEO

 



Après le décès d’un résident, prendre en compte le chagrin des vivants

Article21/11/2018

Annoncer le décès d’un résident aux autres personnes âgées et au personnel, puis lui rendre hommage, ne s’improvise pas, souligne Kristina Herlant-Hémar, psychologue clinicienne en Ehpad. Analysant un cas marqué par des maladresses, elle pose les jalons d’une réflexion sur les façons « d’engager un processus de deuil ».

Pour fréquents qu’ils soient, les décès de résidents en Ehpad restent souvent tabous.

Une récente étude de la Fondation Korian pour le bien-vieillir montre que 17% des Ehpad sondés n’effectuaient pas d’annonce officielle de décès d’un résident auprès des autres.

Kristina Herlant-Hémar, psychologue clinicienne en Ehpad, a abordé ce délicat sujet début novembre au 11e colloque sur les approches non médicamenteuses organisé à Paris par Age Village et les formations Humanitude.

Elle a évoqué le cas d’une dame qui, chaque nuit, venait consulter la liste des défunts épinglée devant le restaurant de l’établissement, « pour voir si le nom de son mari y figurait toujours ».

Cette liste avait été jugée plus efficace que de passer dans les 100 chambres à tour de rôle.

L’idée était apparue au cours d’une formation des soignants de la structure sur la fin de vie. Il s’agissait de répondre aux reproches récurrents de certains résidents peinés de n’être pas tenus au courant des décès.

Echecs successifs de « tentatives de rites »

Pourtant, cette liste n’apaisait pas la vieille dame. Qualifié de « tentative manquée de rite » par Kristina Herlant-Hémar, cet affichage « rabat le deuil sur le registre de l’information immédiate, désincarnée », et « anéantit le temps de la parole et de l’échange ».

Ainsi, la scène de la veuve qui vient chaque nuit consulter la liste « donne à voir l’impossible inscription de la mort, et témoigne plus spécifiquement de l’expérience du deuil en établissement: l’évacuation rapide du corps, l’effacement radical et quasi immédiat de toute trace par un lavage à blanc de la chambre, jusqu’à la suppression du nom, représentent autant d’actes protocolisés visant à faire place nette pour l’arrivée d’un nouveau résident », a expliqué la psychologue, qui a identifié, dans cette séquences de tâches, un « escamotage du temps nécessaire au deuil ».

En proposant cet affichage, « la formatrice a répondu au pied de la lettre à la demande de l’équipe sans entendre le contenu latent, la souffrance face à la perte […] et a nié leur ressenti ».

L’invitation de la veuve par l’aide-soignante dans le restaurant en pleine nuit, pour prendre une collation et évoquer le mort, n’aura pas plus de succès.

Nouvelle idée de la direction, pour atténuer la portée du panneau d’affichage, y adjointre la liste des entrées, « comme si l’arrivée des uns venait compenser le départ des autres… », a regretté Kristina Herlant-Hémar.

D’autant qu’un autre problème se pose: combien de temps laisser le nom d’un défunt sur la liste? « Le retrait est vécu comme une seconde mort dont personne ne veut être responsable. »

Ainsi, la souffrance du personnel a continué d’enfler. « On ne peut pas tourner la page comme ça, on voit le résident tous les jours, dans son intimité, parfois des années, et puis tout s’arrête, on n’en parle plus, on doit faire comme s’il n’avait jamais existé », a dit la psychologue, citant des mots du personnel.

Les listes ont disparu, remplacées par un double dispositif: d’un côté, un insert glissé en première page de la carte des boissons au bar du rez-de-chaussée, pour notifier le dernier décès. En parallèle, sur la porte de la chambre du résident décédé, l’image d’une bougie ou d’une fleur. « A nouveau, des rites funéraires ont été convoqués mais ce dispositif a encore échoué », a-t-elle relaté.

Si l’insert peut rappeler le registre de condoléances ou le livre du souvenir, à leur différence, « il ne permet pas d’écrire, il se contente d’informer », a expliqué l’intervenante. Et il ne remplit pas non plus la fonction d’une rubrique nécrologique car, à la différence du journal, il ne circule pas. « L’insert reste fermé à l’autre, à ses affects, à ses souvenirs. »

Quant à l’image collée sur la porte, elle équivaut à se servir d’un succédané de symbole (une photo de bougie et non une vraie) pour véhiculer une information « qui deviendrait presque un avertissement: ‘attention, ici, un cadavre' », a prévenu Kristina Herlant-Hémar.

Du « livre de comptes » au « livre de contes »

Pour la psychologue, il s’agit de « semblants de rituels qui ratent leur visée car ils étouffent la possibilité de partage, de mots et sentiments qui permettraient le deuil. Se dessine en creux la distance entre information (communiquer efficacement un message dénué d’affect) et annonce (dimension supplémentaire, augure une modification à venir dans le cours des choses) ».

Ainsi, « quand la communication d’un décès prend la forme d’une information, il devient un fait établi, brut, qui se suffit à lui-même. Quand il fait l’objet d’une annonce, on renoue avec la part affective et subjective qu’implique cette mort particulière. L’annonce engage l’avenir et ouvre au deuil. »

Mais au-delà de l’annonce, comment un processus de deuil peut-il s’engager en Ehpad?

Il convient de l’envisager « selon le plan général de l’institution et le plan particulier des individus avec, entre les deux, le plan du groupe, qui les articule », avance Kristina Herlant-Hémar.

  • Le plan des individus: si la mort d’un résident provoque de la douleur chez un salarié, elle l’affecte en tant qu’individu et pas seulement au titre de professionnel. Le décès peut réactiver le deuil ancien d’un proche. Ce niveau-là du deuil est-il l’affaire de l’institution? Doit-elle le prendre en charge en payant des séances de psychothérapie ou a minima en tenir compte, ne pas nier que peuvent se nouer des histoires personnelles entre résidents et personnel?
  • Le plan du groupe ou de l’équipe: il s’agirait d’une forme de deuil collectif qui concerne le résident en tant qu’il a vécu dans cet Ehpad, à une place singulière, qui peut différer de celle qu’il a tenu ailleurs, dans la cité ou sa famille. Différents profils se détachent: « le mécontent, l’exubérant, la discrète, le résigné ou encore le papillon qui, tous les jours, tente une évasion ». Ainsi, « chaque résident s’inscrit d’une certaine manière dans ce lieu de vie et le deuil le vise dans ce qu’il était, dans et pour l’institution ». Il peut être pertinent dans ce cadre de prévoir « des temps d’échanges entre équipes » pour parler « de ce que génère cette absence-là ». Se pose alors la question du tiers susceptible d’accueillir cette parole, dans la mesure où le psychologue de l’établissement « appartient aussi à la communauté des endeuillés ».
  • Enfin, le plan de l’institution: il s’agit de s’interroger sur l’institution « en ce qu’elle va permettre ou non le passage du réel du mort au registre symbolique. Par les procédures, elle va mettre en actes les valeurs sur lesquelles elle se fonde ». Ainsi, « quels moyens se donne-t-elle pour que le résident prenne place dans un discours collectif qui fasse trace dans la mémoire du lieu? Comment ne pas le réduire à un individu de passage, le faire devenir le personnage d’un livre de contes et non la simple ligne d’un livre de comptes? »

La psychologue clinicienne a cité une assistante commerciale qui était autorisée à envoyer des fleurs aux funérailles à la seule condition que la famille mentionne le nom de l’Ehpad sur le faire-part de décès. « On entend une volonté de retour sur investissement dans une dimension quasi publicitaire. Comme s’il s’agissait de tirer profit du résident. »

Or, « choisir d’envoyer systématiquement des fleurs viendrait rendre un hommage à cette part d’histoire de l’Ehpad que le résident a écrit », a souligné Kristina Herlant-Hémar.

« L’enjeu serait que chaque Ehpad trouve sa manière de proposer un genre de ‘funérailles institutionnelles’ par des actes prenant appui sur des symboles existants qui font sens pour cet établissement », a-t-elle encouragé.

Claire Beziau

 



Un guide pour coopérer sans s’oublier ni s’écharper

Article20/11/2018

 

Dans un guide, l’Anap détaille trois projets fictifs abordant les erreurs qui peuvent être commises par des établissements entamant un projet de coopération. De quoi améliorer les relations entre les structures et mettre toutes les chances de son côté.

Nombre d’Ehpad pratiquent déjà la coopération avec d’autres structures, pour améliorer l’efficience et réduire les coûts. Mais cette pratique n’est pas toujours une sinécure et recèle des pièges à connaître.

Ce livret de 35 pages a pour titre « Chronique d’un naufrage annoncé », et est disponible au téléchargement sur le site internet de l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap) sous réserve de s’y inscrire préalablement.

Il s’adresse aux acteurs opérationnels et décisionnels des établissements de santé et médico-sociaux chargés de mener des projets de coopérations territoriales, qu’ils soient en charge d’une fonction de direction générale ou d’une direction fonctionnelle, qu’ils aient la responsabilité technique d’un domaine de coopération ou qu’ils représentent des utilisateurs bénéficiaires de la coopération.

Pour produire ce guide, l’Anap a réuni un groupe de travail composé de professionnels expérimentés et s’est fondé sur une démarche universitaire visant à analyser les trois sentiments dominants dans les projets de coopération: les attraits que représentent les bénéfices escomptés, les peurs qu’une telle démarche entraîne, les tentations de tirer profit de la situation.

Cette publication a pour objectif de sensibiliser les établissements à l’incidence des ressentis sur le niveau d’engagement de chaque partenaire. Elle est assortie à un autodiagnostic en ligne qui facilite l’appropriation des principes clefs d’une coopération réussie et permet d’évaluer la situation avant de s’engager dans un projet de coopération.

L’Anap y met en scène 4 établissements fictifs: « MonGroz’Hôpital » (1.500 lits), « MiddleHop » (650 lits), « MonP’titHôpital (150 lits notamment orientés gériatrie) et « la Résidence Lamasse » pour adultes en situation de handicap lourd.

Elle illustre, à travers 3 exemples concrets de coopérations sur les fonctions mutualisées, les résultats contreproductifs qui découlent d’une mauvaise communication entre les partenaires.

Le premier exemple porte sur la création d’une cuisine commune, le deuxième sur la mutualisation des achats et de la logistique, le troisième sur la mise en place d’un système d’information (SI) commun.

Dans les deux premiers cas, les dirigeants de « MonGroz’Hôpital » tentent d’imposer leurs stratégie et vision aux établissements de moindre taille, sans prendre en compte les besoins spécifiques de ces derniers.

Le troisième cas met en scène un responsable SI qui ne parvient pas à faire aboutir le projet commun à force de chercher des compromis entre les attentes de chaque établissement.

Les neuf « grands principes » d’une coopération durable

En miroir de ces exemples d’échecs, l’Anap propose neuf « grands principes » à suivre pour créer une « relation de confiance durable entre les membres d’une équipe »:

  • Reconnaître que, dans une situation complexe, aucun partenaire ne détient seul la réponse capable de satisfaire l’ensemble des acteurs concernés
  • Bâtir ensemble l’énoncé d’une finalité commune acceptée de tous, avant de définir les objectifs détaillés du projet
  • Tenir compte du fait que les représentations individuelles des acteurs déterminent leurs comportements
  • Construire une représentation commune des attraits, peurs et tentations que peut susciter le projet pour les différents partenaires
  • Utiliser cette représentation commune comme outil d’évaluation des actions à engager et de leurs résultats
  • Etablir simultanément un plan de management des objectifs, un plan de gestion des risques et une charte des bonnes pratiques relationnelles
  • Veiller à ce que tous les membres de l’équipe projet participent à la définition du plan de gestion des risques et de la charte des bonnes pratiques relationnelles
  • Garantir les mêmes droits pour tous dans l’élaboration des plans de gestion des objectifs et des risques et de la charte des bonnes pratiques relationnelles
  • S’assurer que tous connaissent la répartition des responsabilités et des délégations.

La Rédaction

 



Un outil de réalité augmentée pour détecter les troubles cognitifs débutants

Article19/11/2018

Un outil de réalité augmentée disponible sur tablette permet d’évaluer différentes fonctions cognitives afin d’identifier facilement et rapidement les personnes présentant des troubles débutants, montre une étude espagnole.

Le diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer reste un défi majeur pour mettre en oeuvre des traitements, à la fois des thérapies non médicamenteuses et de futurs médicaments efficaces, rappellent Mircea Balasa du Global Brain Health Institute à Barcelone et ses collègues dans le résumé de leur poster présenté fin octobre au congrès Clinical Trials on Alzheimer’s Disease (CTAD).

Le repérage des troubles cognitifs repose actuellement sur des tests neuropsychologiques qui le plus souvent ne permettent pas d’évaluer les patients dans leurs conditions de vie habituelles, sont chronophages et coûteux.

La société suisse Altoida a développé une approche visant à surveiller différents paramètres comportementaux afin de détecter précocement une altération des fonctions cognitives à l’aide d’une application smartphone ou tablette, qui permet de s’auto-évaluer par des tâches en réalité augmentée en moins de 10 minutes.

Pour cela, les chercheurs ont développé un algorithme à l’aide des données recueillies de manière longitudinale sur huit ans de plus de 2.700 personnes à risque de développer une maladie d’Alzheimer, incluses dans sept pays européens (projet Alzheimer’s Disease Prediction Service soutenu par le réseau européen EIT Health).

A l’aide de cette appli, ils ont pu capter des « biomarqueurs numériques » des fonctions visuo-spatiales lors des activités de la vie quotidienne pour constituer un « index neuromoteur » et identifier un ensemble de « micro-erreurs » comportementales permettant de prédire le risque de progression vers une maladie d’Alzheimer prodromique dans un délai de six ans, avec une précision de 94%.

Dans le poster présenté au congrès CTAD, les chercheurs rapportent les résultats pour deux tests, l’un évaluant la mémoire visuo-spatiale et l’autre les fonctions exécutives. Ils consistent à placer des objets virtuels en 3D dans l’environnement habituel des patients et leur demander d’interagir avec, tout en perturbant leur attention (interférence auditive).

L’étude a porté sur 46 participants non déments dont 18 personnes âgées cognitivement normales (groupe contrôle) et 28 personnes avec un déclin cognitif léger (MCI) considérées selon le profil des biomarqueurs mesurés dans le liquide céphalorachidien (LCR), comme ayant une maladie d’Alzheimer prodromique (18) ou un MCI amnésique de type non Alzheimer (10).

Le temps nécessaire pour exécuter les deux tests permettait de distinguer le groupe MCI et le groupe contrôle, mais pas les cas d’Alzheimer prodromiques des cas de MCI amnésique non-Alzheimer.

La performance aux deux tests était significativement associée aux scores MMSE et CDR-SB, montrant une forte association avec le degré d’atteinte cognitive et en particulier avec les fonctions exécutives.

Interrogés sur la commodité de ces tests, les participants les ont préférés à la batterie de tests neuropsychologiques habituellement utilisée.

Pour les chercheurs, cette appli permet d’avoir un test rapide, en conditions réelles, bien accepté et moins coûteux que la batterie de tests neuropsychologiques utilisée actuellement et ouvre la voie à un dépistage en population générale.

Sur son site internet, Altoida indique que son appli a été homologuée par la Food and Drug Administration (FDA) américaine en tant que dispositif médical de classe II comme outil d’aide à l’évaluation des fonctions perceptives et mnésiques des patients de 55 à 95 ans pour le repérage précoce de troubles cognitifs et d’un MCI en particulier, la surveillance de la cognition de personnes à risque ou avec un MCI ou une maladie d’Alzheimer prodromique.

Après avoir été proposée dans un objectif de recherche en 2017, l’appli est proposée aux neurologues, avec une tablette et un accès à une plateforme pour avoir accès aux résultats de chacun de leurs patients.

Altoida

Altoida espère ensuite proposer une version pour le grand public, ce qui permettra notamment de recueillir des données sur la maladie d’Alzheimer à très grande échelle.

La société explore l’utilité de cette appli dans d’autres pathologies, comme la maladie de Parkinson, l’accident vasculaire cérébral (AVC), les lésions cérébrales traumatiques, les troubles déficitaires de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), ainsi que la dépression.

Luu Ly Do Quang



Accidents du travail: le personnel d’Ehpad toujours en première ligne

Article19/11/2018

Alors que la fréquence des accidents du travail poursuit sa baisse tous secteurs d’activités confondus, elle continue d’augmenter dans le champ de l’aide et des soins à la personne, en particulier en Ehpad, montre le dernier bilan « sinistralité » 2017 de la branche « risques professionnels » publié par l’assurance maladie.

Les Ehpad et l’aide à domicile représentent « les activités les plus sinistrogènes » du champ de l’aide et des soins à la personne, et, partant, de tous les secteurs. C’est ce qu’assène le bilan « sinistralité » 2017 de la branche « risques professionnels » publié par la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) le 15 novembre.

Ainsi, comme en 2016, la fréquence des accidents du travail a poursuivi sa progression dans le secteur de l’aide et des soins à la personne, avec une moyenne de 52,8 accidents du travail (AT) pour 1.000 salariés et même une moyenne de… 97,2 AT pour 1.000 en 2017 dans l’aide à domicile et en Ehpad (contre 94,6 en 2016).

Le secteur de l’intérim fait aussi apparaître une poursuite de la progression (53,6 AT pour 1.000 salariés), en partie en raison de la « reprise économique que connaissent les activités temporaires depuis 2016 ».

En comparaison, dans tous les autres secteurs, la fréquence des accidents du travail et le nombre de maladies professionnelles enregistrées en France ont continué à reculer légèrement en 2017.

La fréquence d’accidents avec arrêt s’est ainsi établie à 33,4 pour 1.000 salariés, contre 33,8 pour 1.000 en 2016, 33,9 pour 1.000 en 2015 et 34 pour 1.000 en 2014.

En volume, le nombre d’arrêts a progressé de 1% en 2017, pour s’établir à 632.918, selon des éléments communiqués à APMnews (site du groupe d’information APM International, dont fait partie Gerontonews).

Même le BTP, régulièrement mis sur le même plan que les Ehpad, a vu sa sinistralité reculer (de plus de 3% en 2017, comme en 2016, représentant 56,8 AT pour 1.000 salariés en 2017).

Tous secteurs d’activité confondus, les accidents sont dus principalement, comme pour les années précédentes, à la manutention manuelle (51% des AT) et aux chutes de hauteur et de plain-pied (28% des AT), suivis par l’outillage à main.

Le nombre de décès imputables aux accidents du travail a progressé de 3,1% en 2017 (530 décès) après avoir reculé de 5,7% en 2016 et progressé de 2,8% en 2015.

La branche risques professionnels a recensé 92.741 accidents de trajet (+4,3%) ayant entraîné un arrêt ou une incapacité permanente en 2017, et 264 décès (+3,9%).

Baisse de 0,5% du nombre de maladies professionnelles

Le nombre de maladies professionnelles nouvelles enregistrées en 2017 a reculé de 0,5% (après -4,3% en 2016), pour s’établir à 48.522 sinistres, dont 87% de troubles musculo-squelettiques (TMS), un vrai sujet en Ehpad.

L’indemnisation imputable aux entreprises au titre des principaux tableaux de maladies professionnelles représentait près de 2,6 milliards d’euros en 2017, a précisé la branche à APMnews.

Parallèlement, tous secteurs confondus, les affections psychiques continuent d’augmenter avec « 806 cas reconnus en 2017, soit +35% par rapport à 2016 ». « Cette hausse, déjà constatée depuis quelques années, est notamment liée à un assouplissement réglementaire qui permet de soumettre plus de dossiers aux comités régionaux de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP) », observe la caisse.

Rappelons qu’en 2016, le seul hébergement social et médico-social a « fourni » 9% des affections psychiques reconnues en accident du travail alors qu’il n’emploie que 3% des salariés.

Parallèlement aux actions de prévention conduites par la branche, 83 millions d’euros d’aides financières ont été accordées aux très petites et aux moyennes entreprises (TPE/PME) pour investir dans la prévention en 2017.

Sur la période de la convention d’objectifs et de gestion (COG) 2018-2022, « le budget annuel moyen des incitations financières passera de 50 à 85 millions d’euros, soit une hausse de 70% », explique la caisse.

L’assurance maladie a récemment publié une « fiche mémo » spécifique sur la prévention du mal de dos dans le secteur de l’aide et des soins à la personne.

La Rédaction



Qui a vu le nouveau Pathos?

Article16/11/2018

Le toilettage du référentiel d’évaluation des besoins en soins des résidents, débuté en 2013, n’a toujours pas permis d’en livrer une version actualisée. Un blocage lié à des « arbitrages » entre Bercy et la CNSA, estime Xavier Gervais, vice-président de la Ffamco, qui dénonce une volonté de « maîtriser les budgets » des Ehpad.

C’est l’histoire d’un éternel report. Fin 2015, Gerontonews vous annonçait que les nouvelles ordonnances Pathos était prévues pour 2016.

En 2016, nous apprenions qu’elles arriveraient en 2018, le temps de laisser aux gestionnaires d’Ehpad le temps de digérer la réforme de la tarification.

Fin 2017, le calendrier se précisait. Cette fois, c’était la bonne, sur demande pressante du ministère, la version actualisée de l’outil serait livrée en juin 2018.

Alors que 2019 se profile sans Pathos à l’horizon, et pour éviter une nouvelle fausse alerte, Gerontonews a sollicité la direction générale de la cohésion sociale (DGCS) et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), qui mènent le chantier conjointement début novembre. Réponse: ce sujet ne peut être abordé « pour l’instant »… De quoi alimenter le mystère.

Rappelons que Pathos, né en 1997 et conçu comme un outil descriptif des besoins en soins des Ehpad, est devenu dix ans plus tard un instrument de tarification en lien avec la grille Aggir.

La loi « vieillissement » et la généralisation des contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM), en 2017, ont entraîné celle du PMP (Pathos moyen pondéré) et du GMP (GIR moyen pondéré) comme indicateurs directement reliés à la dotation soins.

Fin 2012, le comité scientifique des référentiels gérontologiques Aggir et Pathos, présidé par le Pr Jean-Luc Novella, a préconisé une vaste actualisation des outils d’évaluation, pour veiller à leur bonne adéquation avec la réalité de l’état de santé des résidents.

En 2013, ce comité a lancé une procédure de mise à jour des quelque 240 ordonnances décrivant des couples « état pathologique-poste de soins » possibles et servant de base à la grille Pathos avec une phase de terrain dans des Ehpad volontaires. Avec le délai que l’on sait.

« Des niveaux de PMP limités artificiellement »

Alors, qu’est-ce qui bloque?

Pour Xavier Gervais, vice-président de la Fédération française des associations de médecins coordonnateurs en Ehpad (Ffamco), ce retard à l’allumage cache « des arbitrages » sur la tarification qui reflètent « une crainte » pour le gouvernement de ne pas « maîtriser le budget ».

Auprès de Gerontonews, il évoque d’abord le guide de codage du référentiel Pathos, dont la version 2017 « distord » selon lui « la philosophie » de l’outil.

« L’outil tel qu’il est conçu a ses limites. Il pousse au crime car plus un résident est malade, plus il rapporte de points [et donc de dotations] », admet-il. « C’est ce qu’est censé corriger le nouveau Pathos. »

Mais voilà, selon lui, la CNSA, dans le guide 2017, a « modifié totalement la règle du jeu ». Certains codages « ont été complexifiés juste pour limiter artificiellement le niveau des PMP », avance-t-il.

Par exemple, le codage de la dénutrition, « devenu encore plus restrictif ». Ainsi pour Xavier Gervais, « le signal envoyé, c’est que la dénutrition sévère en Ehpad, puisqu’on ne peut quasiment plus la coder, on ne va plus la prendre en charge ». Pour lui, le nouveau guide « masque la réalité des besoins ».

Autre exemple, le codage des diagnostics ne coule désormais plus de source selon lui. La raison? « Les diagnostics rapportent beaucoup de points et ce sont des dépenses qui ne sont pas effectuées par l’Ehpad [comme une biopsie] ». Pour autant, ce codage permettait auparavant « de donner un budget permettant de fonctionner correctement ».

« L’Etat lui-même met en place des outils pour ne pas voir ni mesurer la réalité des besoins de soins requis […] On fausse les évaluations et on nous demande d’atteindre les objectifs quand même, ce n’est pas possible », déplore-t-il.

D’autant que, pour le représentant de la Ffamco, les niveaux moyens de dépendance des résidents et de leurs besoins en soins requis sont sous-estimés. Son expérience sur 10 ans l’amène à évaluer, pour sa part, le niveau moyen de GMP à 800, alors que la CNSA le chiffre à 720. Quant au PMP moyen, « en utilisant le guide de codage 2012, on arrive à 280-300 » alors que la moyenne nationale affichée ne dépasse pas 220. « Quand vous multipliez par 700.000 résidents, il manque 7 milliards d’euros. »

Ainsi, le guide de codage 2017 ferait selon lui « plafonner le PMP à 260 maximum, ce qui va le lisser aux alentours de 200 au niveau national« .

Arbitrages sur la valeur du point

Xavier Gervais considère que la dernière version du guide de codage correspond à « la première vague de CPOM », car « il était urgent de maîtriser les dépenses. »

De fait, au-delà des codages, le nouveau référentiel Pathos en soi est tout de même censé « mesurer encore mieux la réalité des besoins en soins requis, ce qui sera réellement effectué par l’Ehpad », concède-t-il.

« Cela va supposer derrière qu’on ait bien évalué la réalité des coûts et des temps de soignants nécessaires. Si [c]es vraies dépenses ont été mesurées convenablement, il n’y a aucune raison qu’on n’évalue pas les besoins de soins requis correctement. Mais l’arbitrage se fera quand même dans une enveloppe contrainte, et sur la valeur du point Pathos [l’une des variables de la dotation soins], qui va diminuer, tout simplement », craint-il.

Claire Beziau

Journaliste

 



Nord: le CH de Saint-Amand-les-Eaux évalue le vieillissement des personnes handicapées

Article16/11/2018

Le centre hospitalier de Saint-Amand-les-Eaux a ouvert une consultation médicale « Bien vieillir en situation de handicap » en septembre. Elle vise à détecter les signes de perte d’autonomie. Elle a déjà permis d’orienter une dizaine de patients vers des Ehpad du territoire.

Cette consultation, qui se tient une demi journée par semaine, résulte d’un partenariat plus large mis en place entre le pôle médico-social du CH (constitué de quatre Ehpad) et l’Apei (Association de parents et amis de personnes handicapées intellectuelles) du Valenciennois.

Il a pour but « d’améliorer l’inclusion des personnes handicapées au sein des structures médico-sociales », selon le document du CH présentant la nouvelle consultation.

Elle concerne les personnes en situation de handicap à partir de 40 ans quel que soit leur lieu de vie (en majorité des foyers pour personnes handicapées). « L’idée est d’intervenir le plus tôt possible dans la prise en charge, et en tous les cas de prendre en charge les signes de vieillissement [chez les personnes handicapées], même si le recours est tardif », explique à Gerontonews le Dr Delphine Dambre, coordonnateur médical du groupement de coopération sanitaire filière gériatrique du Valenciennois.

Une grille de détection ad hoc

Ainsi, le patient en situation de handicap « est à adresser lorsqu’il y a des signes avérés de vieillissement précoce ou un doute, quels que soient son secteur et son lieu d’habitation », détaille le document.

Un groupe de travail pluridisciplinaire, constitué de membres du personnel de l’Apei du Valenciennois et du Dr Dambre, a élaboré une grille de détection des signes de vieillissement et de risque de perte d’autonomie chez ces patients particuliers. Elle est utilisée à la fois dans les structures où résident les patients, et durant la consultation.

Prise en charge par la sécurité sociale à 100% si le patient est en affection de longue durée, la consultation vise à « étendre l’utilisation de la grille de détection », à « proposer des actions pour prévenir la perte d’autonomie et prendre en charge ces signes de vieillissement précoce » et enfin à « permettre une prise de décision quant à l’évolution d’un projet de vie ».

En fonction de l’interrogatoire et de l’examen clinique éventuel, le CH émet des préconisations dans un courrier au médecin traitant et/ou au médecin de la structure dans laquelle le patient est hébergé.

Depuis septembre, « une vingtaine » de personnes ont été vues en consultation, dont « la moitié » a été orientée en Ehpad, à un âge moyen de 61 ans, indique le Dr Dambre.

Au total, 297 personnes ont été évaluées au sein de leurs structures d’hébergement, dont 108 ont été détectées à risque de perte d’autonomie (89% « avec un risque faible permettant une intervention précoce »).

Les cinq risques les plus dépistés sont les signes d’avancée en âge dans les activités, le risque dépressif, les risques et répercussions sociales d’avancée en âge, le risque lié aux médicaments et le risque sensoriel.

Claire Beziau

 


 

Veille juridique | 16/11/2018

Les textes officiels parus entre le 1er et le 15 novembre 2018 par Véronique Garcia

Aides sociales, gens du voyage, handicap, petite enfance, santé publique… Nous vous proposons un récapitulatif des textes officiels parus entre le 1er et le 15 novembre 2018 pour les secteurs social, sanitaire et médico-social.

 

Jurisprudence

Textes officiels



Grand âge : donnez votre avis !

Actualité

Comment mieux prendre soin de nos aînés ?

Vous pouvez vous exprimer jusqu’au 9 décembre.

La qualité de vie des personnes âgées, le financement du grand âge sont de vrais enjeux de société.

Comment mieux prendre soin de nos aînés ? c’est la question que pose le ministère des Solidarités et de la Santé à travers une grande consultation publique en ligne.

Chaque citoyen peut faire part de ses propositions, de ses expériences, de son vécu… pour avancer vers une société plus  protectrice pour les personnes âgées.
Participez !

 



175 associations de bénévoles en soins palliatifs disent « non » à l’euthanasie

Article12/11/2018

Crédit: Fotolia/aytuncoylum

Dans un texte commun, 175 associations de bénévoles en soins palliatifs se positionnent clairement en défaveur de l’euthanasie et réclament que les soins palliatifs soient « enfin accessibles partout et par tous, conformément à la loi ».

La fin de vie et l’euthanasie, des questions toujours délicates auxquelles sont confrontés les Ehpad.

Sur le sujet, 175 associations de bénévoles en soins palliatifs ont publié un texte commun pour dire clairement « non » à l’euthanasie, ont-elles fait savoir le 31 octobre dans un communiqué.

Ces associations « entendent que soient prises en compte les volontés et les besoins réels des malades » et que, « plutôt que d’occuper le pays avec des débats récurrents sur l’euthanasie, l’attention soit portée sur le développement des soins palliatifs, afin qu’ils soient enfin accessibles partout et par tous, conformément à la loi », déclarent-elles.

Elles avancent 12 arguments sur leur site laviepaslamort.fr pour « promouvoir l’accompagnement de la vie jusqu’au bout ».

Parmi leurs arguments, elles rappellent qu’à l’heure actuelle, « bien trop de patients n’ont pas accès aux soins palliatifs quand ils en auraient besoin ». Or, selon elles, « quand ils sont correctement soulagés et accompagnés », les patients sont « très peu » à « nous di[re] vouloir mourir ».

Elles estiment que « l’euthanasie, réclamée dans les sondages, est une demande de bien-portants » qui « occulte la parole des patients », rappelant que « considérer que l’on assure la dignité d’une personne en lui donnant la mort est une défaite de l’humanité ».

Elles argumentent également que « nul ne peut savoir ce que nos derniers jours nous réservent » et que « dépénaliser l’euthanasie, ce serait obliger chaque famille et chaque patient à l’envisager ».

Les soignants ne sont pas là « pour donner la mort », affirment aussi les associations. Elles mettent en garde contre le risque de « banalis[ation] » et de « dérives » d’un côté et, de l’autre, celui de « l’erreur médicale sans retour », si un médecin venait à « se tromper sur une demande d’euthanasie ».

Elles estiment que « la loi doit protéger les plus fragiles » et que « l’interdit de tuer » doit continuer à « structure[r] notre civilisation ».

« Les soins palliatifs sont incompatibles avec l’euthanasie et le suicide assisté » car ils « obéissent à deux philosophies radicalement différentes avec d’un côté, « l’exigence d’autonomie » et de l’autre, « l’éthique de vulnérabilité et de solidarité collective ».

Contactée par APMnews (site du groupe d’information APM International, dont fait partie Gerontonews), Catherine Renard, présidente d’Alliance 47, une des organisations signataires, assure par mail que ces différentes associations représentent une « belle et large communauté de personnes qui donnent de leur temps aux côtés des familles et des soignants en interdisciplinarité pour dire aux personnes gravement malades ou en fin de vie qu’ils font partie de la vie et qu’ils comptent encore jusqu’à l’ultime moment ».

Dans un rapport publié cet été, le Conseil d’Etat s’est dit défavorable à une légalisation de l’euthanasie, alors que le Conseil économique, social et environnemental (Cese) préconise d’autoriser la personne malade à demander au médecin, dans des conditions strictement définies et encadrées, « une médication expressément létale ».

De son côté, le comité citoyen des états généraux de la bioéthique organisés cette année a rendu un avis majoritairement favorable à l’autorisation du suicide assisté et de l’euthanasie.

Aurelie Franc

 



Une enquête télévisée pointe les conditions de travail difficiles en Ehpad

Article12/11/2018

Après Envoyé spécial et Zone interdite, en septembre et octobre, les Ehpad font une nouvelle fois l’objet d’une enquête télévisée. Diffusée le 13 novembre sur France 5, elle dénonce de façon plutôt réaliste et impartiale les conditions de travail éprouvantes du personnel soignant et s’interroge sur l’avenir de ces structures.

Echaudés par les deux enquêtes à charge diffusées ces dernières semaines à la télévision, les professionnels d’Ehpad craindront peut-être l’épreuve d’une troisième sur France 5 mardi 13 novembre à 20h50.

Le reportage de Perrine Dutreil, intitulé « Ehpad, ce grand corps malade », vient en effet après l’enquête de Zone interdite sur M6 en octobre et celle d’Envoyé spécial sur France 2 en septembre. Sans parler de Pièces à conviction qui avait été diffusé sur M6 en octobre 2017.

Mais, ici, pas de caméra cachée, pas de dénonciation d’un opérateur plutôt qu’un autre. Le documentaire décrit plutôt un système qui ne convient plus, ni aux résidents, ni à leurs proches, ni aux professionnels qui y travaillent, qui engendre beaucoup de souffrances, souvent des négligences et parfois des maltraitances.

« Comment mieux accompagner cette extrême vieillesse, qui demain, sera aussi la nôtre? », interroge la journaliste en préambule de son enquête. Après un tour dans les locaux du 3977, numéro de lutte contre la maltraitance, Perrine Dutreil pose sa caméra plusieurs jours dans l’Ehpad public de La Bresse, dans les Vosges, qui lui a « ouvert ses portes ».

Elle suit les aides-soignantes et les infirmières dans leur quotidien, les toilettes qui s’enchaînent avec des personnes âgées souvent très dépendantes, leur souci du « moral » des résidents, l’inquiétude face au coup de mou d’une dame de 107 ans, l’absence de médecin coordonnateur qui renforce encore l’appréhension des soignantes. « Comme un tiers des établissements, cet Ehpad ne parvient pas à recruter de médecin coordonnateur, un poste prévu par la loi », souligne la journaliste.

Elle filme aussi la nuit, « où les conditions de travail sont encore plus critiques », avec deux aides-soignantes pour 91 résidents répartis dans deux bâtiments reliés par une passerelle, sur « 5.000 m² ». Les aides-soignantes vont d’une chambre à l’autre, éteignent les télés, tentent d’apaiser les angoisses, et ramassent une personne désorientée tombée par terre et qui a l’habitude d' »uriner au sol »…

Interrogé, le directeur de l’établissement, Patrice Français, explique que « les effectifs sont calculés en fonction des enveloppes qu’on nous donne » et qu’il a dû supprimer un poste d’aide-soignant la nuit pour cause de déficit budgétaire.

« On n’arrive plus à recruter »

« Les dotations publiques n’ont pas suivi l’évolution de la population en Ehpad », précise la journaliste, assurant que « les moyens n’ont pas été augmentés » et que « les effectifs sont restés constants ». « Résultat, un travail à flux tendu, un climat social parfois délétère et des professionnels qui finissent par craquer », souligne-t-elle, évoquant la grève inédite menée dans les Ehpad en janvier et mars.

S’ensuivent un mot de Monique Iborra, députée LREM de Haute-Garonne, qui a copiloté une mission sur les Ehpad, et le témoignage désabusé d’une aide-soignante désormais en reconversion professionnelle.

Dans le prolongement, le reportage aborde les difficultés de recrutement des établissements, en prenant l’exemple de l’Ehpad de La Bresse où l’infirmière coordinatrice tente de trouver une aide-soignante « pour l’après-midi même ». Le secteur compte deux fois plus d’arrêts de travail que dans le BTP, souligne la journaliste.

« On n’arrive plus à recruter des aides-soignants », se désole le directeur, qui précise que les deux instituts de formation des aides-soignants (Ifas) les plus proches de l’établissement, sur les quatre que compte le département, « ont eu du mal à faire le plein pour le concours ».

« Manque de moyens, manque de temps, manque d’effectifs. Les mauvaises conditions de travail dans les Ehpad en ont-elles fait des lieux où l’on maltraite les aînés? », interroge Perrine Dutreil.

Le documentaire donne la parole à des filles de résidentes, racontant des négligences coupables liées à de mauvaises organisations du travail et à des défauts de soins.

Ainsi, cette dame atteinte de la maladie d’Alzheimer, décédée à l’hôpital à la suite de « 12 jours d’agonie » après avoir bu du détergent trouvé dans la cuisine d’un Ehpad et que l’équipe lui a ensuite fait vomir; cette autre restée deux jours avec un poignet cassé, sans soins, et qui, plus tard, est décédée sans que sa fille, toujours très présente, n’ait été avertie; cette autre encore dont « le banal épisode de constipation » n’a pas été traité et s’est soldé par « une infection au niveau des intestins » fatale…

« Les agences régionales de santé [ARS] sont censées veiller au bon fonctionnement des maisons de retraite », souligne la journaliste, sollicitant Atika Uhel, déléguée départementale de la Charente à l’ARS Nouvelle-Aquitaine, pour rappeler les règles et les conséquences des signalements pour les Ehpad.

« C’est pas des auberges de jeunesse »

Certains Ehpad tentent de « remettre du temps et de la bienveillance au coeur de leur quotidien », assure néanmoins Perrine Dutreil, qui se rend dans un établissement, à Cornimont (Vosges), formé à la méthode Humanitude, où les soignantes frappent à la porte et attendent une réponse avant d’entrer dans les chambres, ne portent pas de blouse, expliquent ce qu’elles font, privilégient le regard, la parole, le toucher.

« Ce changement de culture nécessite de la formation, donc des moyens. Pour l’établissement, c’est une stratégie à long terme », précise la journaliste. « Cela permet aussi aux personnels de se retrouver proches de leurs valeurs », souligne, en écho à la première partie du reportage, Sophie Vinel, la directrice de cet Ehpad, l’établissement public autonome Le Couarôge.

Mais, comme le dit avec raison l’auteure du reportage, « même si le personnel tente d’y faire son travail avec humanité, l’Ehpad reste ce lieu où on vient terminer ses jours, ce lieu où se concentre, loin des regards, l’extrême vieillesse ». Comme le dit aussi une résidente de 93 ans, « il faut quand même se faire une raison. Les maisons de retraite, c’est pas des auberges de jeunesse… »

Et la journaliste s’interroge: « Ne faudrait-il pas imaginer un autre modèle que celui de l’Ehpad pour vivre ses dernières années sereinement, avec dignité? »
Il faut que « cet ultime temps de la vie fasse sens pour les personnes, pour celles qui s’en occupent, pour leurs proches », conclut le Pr Régis Aubry, gériatre et membre du Comité consultatif national d’éthique (CCNE).

Le 13 novembre, la diffusion de ce reportage sera suivie d’un débat animé par Marina Carrère d’Encausse et Philippe Charlier, avec le Pr Régis Aubry, la secrétaire générale CGT pour les Ehpad du Val-de-Marne, Barbara Filhol, le directeur général de la cohésion sociale (DGCS), Jean-Philippe Vinquant, et le directeur de de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), Romain Gizolme.

« Ehpad, ce grand corps malade », reportage de Perrine Dutreil, produit par Pulsations, diffusé mardi 13 novembre à 20h50 sur France 5, dans le cadre de l’émission Enquête de santé intitulée « Maisons de retraite: un système à bout de souffle? »

Valérie Lespez

 



 La Fondation Alzheimer fête ses 10 ans avec une campagne de notoriété

Article08/11/2018

Dix ans déjà pour la Fondation Alzheimer. L’occasion de lancer une campagne sous la forme de programmes courts avec des personnalités afin de se faire mieux connaître du grand public et de récolter des dons pour la recherche.

Bon anniversaire à la Fondation Alzheimer, qui a été lancée en juin 2008.

A l’époque, elle s’appelait Fondation plan Alzheimer. Son conseil d’administration s’est réuni pour la première fois le 7 novembre 2008, avec pour mission de promouvoir la recherche sur la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées, rappelle son directeur général, le Pr Philippe Amouyel, auprès d’APMnews (site du groupe d’information APM International, dont fait partie Gerontonews).

« La Fondation Alzheimer est le deuxième plus gros financeur de la recherche, de manière récurrente, mais elle est peu connue du public », regrette-t-il. « C’est pourquoi nous lançons un nouveau site internet, avec une nouvelle identité, et cette campagne de notoriété. »

La fondation dispose d’un fonds de dotation solide, d’environ 2 millions d’euros par an, mais « nous souhaitons récolter encore plus de dons pour la recherche », et « faire changer le regard sur la maladie d’Alzheimer en donnant une image d’espoir ».

La campagne prend la forme de spots télévisés diffusés sur France 3 depuis le 27 octobre et tous les week-ends, à 18h50, jusqu’au 30 décembre. Dans cette série intitulée « Votre première fois », une quinzaine de personnalités évoquent leurs premiers souvenirs.

A la fin de chaque programme court, les téléspectateurs seront invités à se connecter sur le site web de la fondation pour y découvrir ses missions et la meilleure façon de l’aider dans ses actions.

Cette campagne télévisée est accompagnée d’une action de communication sur les réseaux sociaux invitant les internautes à partager à leur tour un souvenir marquant de leur vie avec le hashtag #MaPremièreFois

La fondation souhaite développer de nouveaux axes d’action, notamment dans le domaine de l’innovation et de la prévention.

« Nous soutenons déjà depuis quelques années des programmes d’analyse de données massives de génétique, en métabolomique, avec le deep Learning, le data mining. Nous souhaitons développer des outils pour aider les patients dans leur vie quotidienne, des aides informatiques ou robotiques », en attendant de disposer de médicaments efficaces, indique le Pr Amouyel.

Depuis 10 ans, elle soutient des actions selon quatre axes:

  • financer des projets de recherche (environ 150 au total) et soutenir les jeunes chercheurs
  • développer des outils de recherche performants et originaux
  • favoriser les synergies et les interactions au sein de la communauté scientifique et médicale
  • informer et sensibiliser le grand public sur la recherche et sur les moyens de prévention pour préserver son capital cerveau.

La fondation a lancé ses propres appels à projets, en recherche fondamentale, en recherche translationnelle, au stade précoce de la recherche clinique, en sciences humaines et sociales, et a contribué aussi à financer des projets en complément aux grands organismes de l’Etat.

Elle assure notamment le soutien de la cohorte MEMENTO, lancée en 2011. Plus de 2.300 personnes initialement non malades sont suivies pour mieux comprendre la maladie d’Alzheimer.

Certains programmes sont conduits avec d’autres organismes comme les fondations Vaincre Alzheimer et Médéric Alzheimer, ainsi que la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), notamment concernant les sciences humaines et sociales et les thérapies non médicamenteuses.

La fondation participe à la mise en réseau des chercheurs par l’organisation de séminaires, soutient les jeunes chercheurs dans différents domaines avec un prix « Joël Ménard » depuis 2016 et participe aussi au rayonnement de la recherche française à l’international, en animant notamment le programme européen JPND, indique son directeur général.

Enfin, la fondation diffuse de l’information auprès des familles et des médecins généralistes notamment à l’aide de son application gratuite Alzheimer Infos, qui a été téléchargée environ 10.000 fois.

Même si le plan Alzheimer a évolué en plan maladies neurodégénératives (PMND), la fondation est restée sur le même périmètre. « La question s’est posée mais c’était un peu compliqué de modifier les missions, donc les statuts de la fondation. »

La Fondation Alzheimer est hébergée par l’Inserm, membre fondateur public, et est rattachée à l’Institut thématique multi-organisme (Itmo) neurosciences, sciences cognitives, neurologie, psychiatrie de l’Alliance des sciences de la vie et de la santé (Aviesan).

Luu Ly Do Quang

 



 La Loire-Atlantique renforce son soutien aux Ehpad

Article08/11/2018

Après l’organisation d’états généraux des Ehpad en début d’année, le département de Loire-Atlantique a acté mi-octobre des mesures d’amélioration concrètes, comme « la consolidation financière des établissements » ou encore « un dialogue plus général et ouvert » sur le conventionnement à l’aide sociale pour les structures habilitées.

Actions, réactions: depuis fin 2017, le département de Loire-Atlantique s’est engagé pour chercher « des solutions concrètes » aux problèmes rencontrés par les Ehpad, et vient de se positionner clairement sur certaines améliorations en faveur des gestionnaires.

Des états généraux, organisés début 2018, ont permis de définir cet été cinq priorités, qui devaient être actées mi-octobre lors d’une session des élus départementaux.

Contacté par Gerontonews en ce début novembre, le département a confirmé avoir voté les mesures suivantes, détaillées dans un dossier de presse:

  • Il s’engage comme annoncé à payer plus rapidement l’aide sociale à l’hébergement (ASH) grâce à « un système d’avances »
  • Dans le cadre des contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM), il confirme aussi « donner aux établissements une visibilité pluriannuelle sur l’évolution de leurs tarifs d’hébergement afin d’améliorer la préparation de leur trajectoire financière »
  • Le département promet aussi un meilleur accompagnement des Ehpad dans le pilotage de leurs projets immobiliers, en réalisant un guide méthodologique
  • Il s’agit aussi d' »appuyer les projets de mutualisations entre établissements » afin de « faciliter les parcours des personnes et permettre aux Ehpad de concentrer les moyens sur un accompagnement de qualité plutôt que sur des charges de structure »
  • Le département souhaite également aider les structures à mieux communiquer à l’extérieur pour « revaloriser » leur image. Les modalités d’un tel soutien seront définies par un groupe de travail qui commencera à se réunir fin 2018, a-t-il précisé à Gerontonews. Il sera organisé par la direction de la communication et ouvert aux représentants des Ehpad. Pour l’instant, sont envisagés l’élaboration d’un guide méthodologique, le soutien à des actions de communication communes (sur le modèle de ce qui s’est fait pour la Semaine bleue cette année) ou encore l’accentuation de la visibilité des Ehpad dans les médias départementaux.

Deux nouvelles mesures ont fait leur apparition depuis les précédentes annonces:

  • « ouvrir la possibilité d’un conventionnement spécifique à l’aide sociale aux Ehpad volontaires », afin de leur donner « une plus grande liberté tarifaire tout en veillant à préserver leur accessibilité financière à l’égal accompagnement de tous les résidents ».

Le département a indiqué à Gerontonews que sur 170 Ehpad, 119 sont habilitées à l’aide sociale et 43 bénéficient actuellement du système de conventionnement. « Cette quarantaine d’établissements forment un groupe qui s’est constitué historiquement: les états généraux offrent l’opportunité d’un dialogue plus général et ouvert avec les Ehpad sur l’opportunité du conventionnement par rapport à l’habilitation », selon le département. Il a signalé qu’une demande nouvelle de conventionnement est en cours d’instruction et que « quelques autres établissements se sont déclarés intéressés ».

  • Permettre aux conseils de la vie sociale (CVS) de bénéficier d’une animation départementale, via le Conseil départemental métropolitain citoyenneté et autonomie (CDMCA).

Il s’agit « d’apporter une nouvelle dynamique et de favoriser les partenariats avec l’extérieur ». Cette mesure devrait se mettre en place en 2019, nous a expliqué le département. Les hypothèses identifiées pour l’heure sont la définition d’une thématique annuelle qui donnerait lieu à des débats dans les CVS, lesquels seraient ensuite synthétisés par le CDMCA, la réunion annuelle des présidents de CVS par le CDMCA, ou encore la participation des membres du CDMCA aux CVS sur invitation ponctuelle.

Au-delà des Ehpad, le département annonce un renforcement de son soutien aux 142 services d’aide et d’accompagnement à domicile (Saad) de Loire-Atlantique, soit 4,8 millions d’euros supplémentaires sur trois ans, en convergeant notamment vers un niveau de tarification à 24 euros de l’heure pour les services habilités à l’aide sociale d’ici 2021.

Dans le dossier de presse, le département précise que les états généraux ont soulevé « un certain nombre de propositions relevant du niveau régional et national », qu’il va relayer auprès des « acteurs concernés » dans le cadre de la concertation grand âge et autonomie.

L’ARS associée aux travaux

L’agence régionale de santé des Pays de la Loire, qui a été associée aux états généraux et qui a elle-même annoncé un vaste plan d’accompagnement à la transformation des Ehpad fin juin, a précisé à Gerontonews que « des actions communes sont programmées ou en cours de réalisation ».

Elles ont trait à « l’amélioration des relations entre Ehpad et autorités de tarification, à « la place de l’Ehpad dans la Cité » et à « l’organisation du travail ».

Des travaux communs sont également engagés avec le département sur les outils de mutualisation et de coopération et sur l’offre d’accompagnement des projets immobiliers.

La Loire-Atlantique compte 38.000 habitants de plus de 85 ans et 170 Ehpad, soit environ 15.500 places, avec un tarif moyen d’hébergement de 53,71 euros par jour.

En 2018, le département va consacrer près de 129 millions d’euros aux personnes âgées, soit un budget rallongé de 5 millions d’euros lors des décisions modificatives.

Sur ce total, 98 millions d’euros financent l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), dont 56,8 millions en Ehpad, et l’ASH représente 21,4 millions pour les établissements.

Claire Beziau

Journaliste



Réforme de la formation: sept fédérations pour un large Opco « santé médico-social »

Article09/11/2018

Crédit: Shutterstock/Rawpixel.com

La réforme de la formation professionnelle prévoit la transformation des actuels Opca en opérateurs de compétences (Opco). La Fehap, le Synerpa, Nexem, la Croix-Rouge française, la FHP, Unicancer et UNA plaident pour que l’un de ces Opco englobe à la fois la santé, le médico-social et le social, incluant aussi le domicile et la ville.

Certains gestionnaires d’Ehpad sont peut-être passés à côté du rapport « Marx-Bagorski », rendu public en septembre par le ministère du travail.

Il préconise de regrouper les actuels opérateurs paritaires de collecte agréés (Opca) en 11 Opco.

Ce rapport rappelle que les Opco seront chargés « d’assurer le financement des contrats d’apprentissage et de professionnalisation », d' »apporter un appui technique aux branches adhérentes pour la gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences (GPEC), et pour leur mission de certification », ainsi que de fournir un service de proximité aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) et de « promouvoir l’alternance ».

Dans ce cadre, il est proposé de créer notamment un Opco « santé » regroupant les professions de la santé et du médico-social, un Opco « cohésion sociale » réunissant le champ social, l’insertion, et le sport, et un Opco « services de proximité et artisanat » avec les professions de l’artisanat, les professions libérales, l’hôtellerie, la restauration et le tourisme.

Dans un communiqué diffusé ce 9 novembre, la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs (Fehap), le Syndicat national des établissements et résidences privées pour personnes âgées (Synerpa), Nexem, la Croix-Rouge française, la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), Unicancer et l’Union nationale de l’aide, des soins et des services aux domiciles (UNA) expliquent avoir écrit à la ministre du travail, Muriel Penicaud, à la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, à la secrétaire d’Etat Christelle Dubos, et à la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, « pour les interpeller sur le contour du nouvel opérateur de compétences ‘santé médico-social’ et solliciter un rendez-vous ».

Un Opco étendu aux services à domicile et au social

Ces organisations « préconisent un Opco ambitieux dont le périmètre couvrirait l’ensemble de leurs activités: le sanitaire avec toutes ses composantes (établissements de santé et ville), le médico-social y compris les services à domicile, et le champ du social tel qu’il est couvert par les organisations signataires ».

Dans ce courrier aux ministres, dont APMnews (site du groupe d’information APM International, dont fait partie Gerontonews) a eu copie, et qui est daté du 25 octobre, les sept fédérations défendent l’idée que les « périmètres des futurs opérateurs de compétences doivent embrasser tout le périmètre couvert par nos activités (le sanitaire, le médico-social et le social, y compris les services à domicile à la personne fragile et tous les professionnels de santé libéraux) autour d’une même bannière, la santé et le médico-social ».

Dans leur communiqué, elles soulignent que « cette volonté de regroupement au sein du nouvel Opco est fondée sur une nécessité de décloisonnement des activités en lien avec le parcours de vie et de soins des personnes soignées, accueillies ou hébergées » et que « cette ambition repose sur un impératif: la construction d’une filière économique partagée assise sur des métiers et des parcours professionnels complémentaires ».

« L’élargissement de cet Opco est essentiel pour relever les enjeux de la stratégie nationale de santé 2018-2022 et de la future réforme grand âge-autonomie annoncée pour 2019 », insistent-elles, attendant « à présent un signal fort du gouvernement en ce sens ».

Si UNA veut donc s’inscrire dans cet Opco « santé et médico-social » élargi, les trois autres fédérations de la branche de l’aide, de l’accompagnement, des soins et services à domicile (BAD), à savoir Adessadomicile, l’Union nationale de l’aide à domicile en milieu rural (ADMR) et la Fédération nationale des associations de l’aide familiale populaire-Confédération syndicale des familles (Fnaafp-CSF), ont annoncé, elles, leur préférence pour un Opco « cohésion sociale » dans un communiqué commun le 30 octobre.

 

La Rédaction



L’habilitation partielle à l’aide sociale progresse en Ehpad

Article09/11/2018

Dans son panorama sur l’aide et l’action sociales en France, la Drees observe une hausse des habilitations partielles à l’aide sociale à l’hébergement entre 2011 et 2015, au détriment de l’habilitation totale. En parallèle, dans le secteur privé, elle recense moins d’établissements qui ne sont pas du tout habilités.

Ces dernières années, de plus en plus d’Ehpad sont encouragés, voire contraints par les départements à se déshabiliter.

Le phénomène repose la question d’une réforme de l’aide sociale à l’hébergement, serpent de mer du secteur. Alors qu’Agnès Buzyn a missionné l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) pour formuler des propositions, finalement attendues, de source compétente, pour fin janvier 2019, la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie des données sur le sujet.

Elles sont issues de son panorama 2018 sur l’aide et l’action sociales en France, rendu public fin octobre, en même temps que son enquête annuelle sur l’aide sociale menée auprès des conseils départementaux.

Il contient plusieurs fiches synthétiques, dont l’une relative aux établissements d’hébergement pour personnes âgées. On y retrouve des données diffusées dans le cadre de l’enquête EHPA 2015 de la Drees, notamment le nombre et le profil des personnes âgées accueillies en établissement, l’évolution du tarif hébergement ou encore le taux d’encadrement.

La Drees observe surtout, tous statuts confondus, une hausse des habilitations partielles à l’aide sociale, « au détriment des habilitations totales », entre 2011 et 2015.

Selon ses données, 66% des Ehpad étaient totalement habilités à l’aide sociale en 2015 contre 68% quatre ans plus tôt.

Sans surprise, la majorité des Ehpad totalement habilités se retrouvent dans le secteur public (93%), contre 4% des Ehpad commerciaux (dont 58% n’ont aucune place habilitée).

Dans le privé à but non lucratif, 91% des établissements disposent de places habilitées, et c’est le cas pour l’ensemble des places dans trois Ehpad de ce statut sur quatre.

Graphe réalisé par la Drees, issu du panorama « L’aide et l’action sociales en France » 2018

Si en 2015 l’habilitation totale est un peu moins souvent choisie qu’en 2011 par les Ehpad, à l’inverse, la proportion d’établissements partiellement habilités a augmenté de 4 points pour atteindre 17% des établissements en 2015.

Cette hausse est plus forte dans le privé que dans le public: en effet, 6% des Ehpad de ce secteur sont en habilitation partielle en 2015, soit 2 points de plus qu’en 2011, tandis que 37% des établissements commerciaux ont opté pour ce type d’habilitation, contre 30% fin 2011.

En parallèle, la Drees fait remarquer que le nombre d’Ehpad privés non habilités a « sensiblement baissé » entre 2011 et 2015. En 2011, deux tiers des établissements commerciaux et 1 établissement privé à but non lucratif sur 10 ne disposaient d’aucune place habilitée à l’aide sociale. Quatre ans plus tard, ce n’est le cas, respectivement, que de 58% et 9% des structures.

Au total, 510.000 places habilitées sont disponibles fin 2015 dans les divers types de structures pour personnes âgées, dont 443.000 en Ehpad (soit respectivement 68% et 74% du nombre total de places). « Ces nombres sont sensiblement plus élevés que le nombre effectif de bénéficiaires de l’aide sociale à l’hébergement, qui est de 120.000 fin 2015 », commente la Drees.

Les bénéficiaires de l’ASH occupent 24% des places habilitées

Une autre fiche du diaporama est entièrement consacrée à l’ASH. La Drees y indique qu’à fin 2015, ses bénéficiaires occupent 16% des 752.000 places d’hébergement installées, et 24% des places habilitées à l’aide sociale.

La majorité (88%) perçoivent l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) en même temps.

A fin 2016, les 121.000 bénéficiaires de l’ASH représentent une dépense nette de 1,3 milliard d’euros sur l’année.

Parmi eux, 101.000 vivent en Ehpad et bénéficient d’un entretien complet (hébergement et restauration), 9.900 séjournent en unités de soins de longue durée, 4.100 en EHPA et 5.500 en résidence-autonomie (prise en charge des frais d’hébergement uniquement).

Enfin, 2.300 personnes âgées accueillies chez des particuliers perçoivent l’ASH.

Parmi les bénéficiaires de l’aide en établissement, les femmes sont majoritaires (66%) mais sous-représentées par rapport à l’ensemble des personnes âgées vivant en institution, où elles constituent 74% de la population. Les allocataires sont aussi plus jeunes: près d’un quart des bénéficiaires ont moins de 75 ans, contre 12% des personnes âgées vivant en établissement.

40% des départements payent tous les frais d’hébergement relevant de l’ASH

La Drees relève que les dépenses des départements pour l’ASH augmentent en tendance au cours de la période 2005-2016, que ce soit en termes bruts (avant récupérations) ou nets (après récupérations). Environ la moitié des sommes engagées au titre de l’ASH sont récupérées chaque année par les départements. Cette proportion est « quasi stable au cours des 10 dernières années ».

« Les dépenses nettes d’ASH sont ainsi passées de 1,1 milliard d’euros en 2005 à 1,3 milliard d’euros en 2016, soit une progression annuelle moyenne de 1,5% en euros constants ».

Depuis 2008, les dépenses nettes moyennes d’ASH par bénéficiaire s’élèvent en moyenne à 10.500 euros par an en 2016, soit 875 euros par mois, note la Drees.

Elle constate aussi que la gestion de l’ASH (modalités de paiement aux établissements, calcul du montant de l’aide, récupérations) varie d’un département à l’autre (modalités de paiement aux établissements, charges prises en compte pour le montant versé de l’ASH ou procédés en termes de récupérations).

En 2014, près de 40% des départements payent systématiquement aux établissements, quel que soit leur statut juridique, la totalité des frais d’hébergement des résidents percevant l’ASH.

Ces frais comprennent la participation des bénéficiaires, que les départements récupèrent par la suite.

À l’inverse, un département sur cinq ne s’acquitte auprès des établissements que des frais d’hébergement résiduels, une fois déduite la participation des bénéficiaires.

Graphe réalisé par la Drees, issu du panorama « L’aide et l’action sociales en France » 2018

Une partie des départements « ajoutent un montant permettant de couvrir certaines autres dépenses ». Ainsi, 85% des conseils départementaux tiennent systématiquement compte des frais relatifs à la dépendance en GIR 5 et 6, non pris en charge par l’APA, dans le montant de l’ASH. À l’inverse, 9% ne le font jamais.

La Rédaction



Pierre Ricordeau a pris ses fonctions de Directeur Général de l’ARS Occitanie

Date de publication 9 novembre 2018

Visuel

Pierre Ricordeau a pris cette semaine ses fonctions de Directeur Général de l’Agence régionale de santé Occitanie, après sa nomination lors du Conseil des Ministres du 24 octobre dernier.

Corps de texte

Spécialiste des questions de santé, Pierre Ricordeau est Inspecteur général des affaires sociales (IGAS). Il a assuré notamment le pilotage national du réseau territorial des Agences régionales de santé, en tant que Secrétaire général des Ministères chargés des affaires sociales de 2013 à fin 2017.

A la tête de l’ARS Occitanie, il prend la succession de Monique Cavalier, dont il a souhaité saluer le travail pour consolider l’institution après la réforme territoriale et pour répondre aux priorités de santé à l’échelle de l’Occitanie dans le cadre du Projet régional de santé 2018-2022, adopté cet été. Il a également exprimé sa confiance à l’ensemble des équipes de l’Agence, pour animer et piloter la politique régionale de santé dans chacun des territoires de la région Occitanie.

Une feuille de route opérationnelle

Le nouveau Directeur Général pilotera l’Agence dans une période charnière qui sera celle de la mise en oeuvre du Projet régional de santé et des mesures du plan « Ma santé 2022 » présenté en septembre par le Président de la République, dans le cadre des orientations de la stratégie nationale de santé.

La feuille de route de l’ARS est donc claire. Elle met l’accent sur le renforcement de notre capacité de veille et de sécurité sanitaire et sur l’approche territoriale de l’organisation de la santé et de l’accès aux soins. C’est sur ces priorités que l’Agence concentrera ses efforts, en prenant en compte l’ambition pour les personnes les plus vulnérables et l’impératif de la recherche d’efficience portés par le Projet régional de santé.

A la rencontre des acteurs des territoires

Convaincu que la concertation est le facteur clé de réussite d’une politique régionale de santé efficiente, le nouveau Directeur Général de l’ARS apportera une attention toute particulière aux acteurs et partenaires dans chaque territoire – notamment les services de l’Etat et de l’Assurance Maladie, les collectivités territoriales, les professionnels de la santé et les usagers – pour travailler avec eux, en écoutant leurs besoins et en mobilisant leur expertise. Pierre Ricordeau a effectué cette semaine ses premiers déplacements à la rencontre des partenaires de l’ARS sur le terrain. Il prolongera ce temps de rencontres dans chaque département au cours des toutes prochaines semaines.

 



Comment l’autonomie est-elle évaluée ? Réponse en vidéo

Publié le 5 novembre 2018

Sophie a effectué une demande d’APA (allocation personnalisée d’autonomie) pour sa mère Jacqueline. Un professionnel du conseil départemental vient chez Jacqueline effectuer une visite d’évaluation de ses besoins et sa situation. Il va aussi évaluer son niveau d’autonomie, appelé le GIR.

Cette vidéo est l’une des 15 vidéos diffusées sur France 3 et France 5 en septembre 2018 dans le cadre du programme « Ensemble pour l’autonomie » parrainé par le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr. Les autres vidéos sont disponibles dans la vidéothèque du portail

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Comment manager l’encadrement intermédiaire en Ehpad?

Fiche pratique07/11/2018

Cadre de santé, médecin coordonnateur, mais aussi psychologue ou chef cuisinier… En Ehpad, les cadres intermédiaires constituent un maillon essentiel entre le directeur et les équipes… à condition de bien les manager!

Autour du directeur, l’équipe de managers aide à la décision, organise, évalue et travaille à réunir les conditions de réalisation des missions de tous les professionnels de la structure.

Cette équipe étant un pilier essentiel au bon fonctionnement d’un établissement, son absence ou ses dysfonctionnements ont un fort impact à moyens termes sur les équipes, et donc sur la qualité du service offert.

Il convient d’abord de définir son périmètre. Certains pensent qu’elle se limite aux chefs de services qui encadrent une équipe de professionnels soignants, hôteliers, ou de restauration par exemple.

Mais, si on lui confère les missions citées en introduction, l’équipe managériale s’élargit et inclut notamment la psychologue, le médecin coordonnateur, l’animateur, etc. En ce sens, la pluridisciplinarité et parfois l’hétérogénéité des cultures professionnelles constituent un élément central que le directeur doit transformer en force.

Pour y parvenir, il doit:

  • structurer l’organisation et responsabiliser les cadres dans leurs domaines
  • construire une culture commune à l’encadrement, notamment autour de thèmes sur lesquels se tissent des tensions, comme le respect des règles et la permissivité, le contrôle et la confiance, la sanction et le laxisme, ou encore la vision globale et la vision métier. Autant de sujets qui, au quotidien, guident les décisions et les actes managériaux et pour lesquels l’équipe d’encadrement peut avoir une lecture différente.

Structurer l’organisation et responsabiliser

L’organisation d’un Ehpad est souvent formalisée par un organigramme inscrit dans le projet d’établissement. Mais, d’une part, cet organigramme n’est pas toujours mis à jour et ne représente plus l’organisation hiérarchique actuelle. Et, d’autre part, il existe une organisation fonctionnelle non formalisée qui structure au quotidien les liens et les relations entre les agents, entre les agents et les membres de l’encadrement; mais aussi entre les membres de l’encadrement eux-mêmes.

Ces liens prennent la forme de communication d’informations, de directives, voire d’ordres permettant de s’adapter aux situations et qui ne respectent pas toujours la structure hiérarchique « officielle ».

Ces relations sont de nature à générer des tensions, et de manière encore plus forte et plus fréquente lorsque les organisations hiérarchiques et fonctionnelles ne sont pas claires et connues de tous.

Un second facteur joue un rôle important: la responsabilisation de l’encadrement.

Par essence, la structuration autour d’un organigramme conduit chaque membre de l’encadrement à endosser la responsabilité de son service, de ses missions. La responsabilisation de l’encadrement sur son service doit se faire dans un consentement aux objectifs à atteindre et aux moyens disponibles. Ce qui est déterminant ici, ce n’est pas seulement la connaissance et l’accès aux objectifs et aux moyens, c’est l’adhésion à ces deux éléments qui est le point de départ de la responsabilisation du manager.

Souvent, c’est l’approche globale sur l’ensemble de la structure qui manque au manager.

Un exemple? Lorsque le directeur aborde les questions de budget, le médecin coordonnateur ou l’infirmière coordinatrice réagissent souvent comme si ces questions de maîtrise des charges ou de taux d’occupation ne les concernaient pas en tant que soignants. Sauf que dans le cadre de ces discussions, ils doivent endosser le rôle de manager!

Le directeur a un rôle pédagogique auprès de son équipe d’encadrement en replaçant chaque situation et chaque décision dans une perspective plus générale afin de développer une approche plus gestionnaire, plus globale.

Comment construire une culture managériale commune?

Pour construire une culture managériale commune, il faut partager des valeurs.

Une fois listé le catalogue des valeurs communes, souvent d’ailleurs inscrites dans le projet d’établissement, le vrai travail consiste à les transformer en actes managériaux.

Le directeur doit travailler avec son équipe dans une réflexion et une prise de décision éclairée par l’animation de ces valeurs.

De manière à construire une connaissance commune et une réflexion partagée, il doit organiser des temps communs où l’ensemble des membres de l’équipe d’encadrement aborde les sujets transversalement, chacun avec son expertise professionnelle, mais au regard des valeurs communes.

Dans un souci de rapidité, à ce stade, l’erreur serait de ne pas explicitement faire le lien entre la situation, les valeurs sous-jacentes, et la prise de décision.

Lors d’une réunion de l’encadrement dans un Ehpad, la cadre de santé reproche par exemple à l’adjoint de direction de ne pas avoir accepté le « doublon » durant deux jours pour la nouvelle infirmière (IDE), afin de lui permettre de connaître le poste.

L’adjoint rappelle les difficultés budgétaires de l’établissement qui conduisent à ne pas remplacer tous les arrêts maladies des aides-soignantes. Dans cette situation, « doubler » un poste d’IDE semble incohérent.

La cadre de santé argumente sur la nécessité de bien intégrer les nouveaux collaborateurs pour limiter le turn-over. L’échange permet à chacun de se rendre compte que les préoccupations sont communes. Par ce travail d’équipe autour du sens et des enjeux communs, une solution émerge sur l’accueil et l’accompagnement des nouveaux salariés sans « doublon ».

La fréquence et la régularité des temps de travail communs de l’encadrement doivent permettre d’aborder les sujets d’actualité au fur et à mesure, de ne pas provoquer des temps de réunion interminables. Idéalement, ce temps est hebdomadaire.

La dynamique est importante et les cadres doivent trouver dans cet espace à la fois des solutions communes à leurs difficultés et une solidarité de l’équipe managériale.

Quand ils n’existent pas, la période de démarrage et de mise en place de ces temps de travail communs est délicate. L’adhésion à ce type de fonctionnement repose sur trois règles principales: fixer un ordre du jour, fixer une durée, prendre des décisions qui seront suivies d’effets.

En Ehpad, de nombreuses situations nécessitent des décisions et sont possiblement génératrices de tensions au sein de l’équipe d’encadrement, souvent parce qu’elles nécessitent une priorisation qui ne leur apparaît pas comme évidente. La place et le rôle du directeur sont essentiels pour désamorcer ces tensions, par la communication.

De quoi dispose le directeur pour manager son équipe d’encadrement?

En management, on parle aujourd’hui de « hard skills » et de « soft skills« .

Les « hard skills » sont les compétences techniques nécessaires à la réalisation de la mission. Par exemple, pour un directeur, ce sera les capacités de gestion financière, la maîtrise du droit social et des différents environnements règlementaires liés à l’exploitation d’un Ehpad.

Les « soft skills » sont des compétences personnelles ou sociales, comme le sens de l’efficacité, du devoir, la résistance au stress, l’autonomie, la patience, le sens des responsabilités, la capacité à communiquer, à écouter, à savoir convaincre, l’envie de partager, l’esprit d’équipe ou encore la transparence.

Ces « soft skills » sont présentes et plus ou moins développées pour chacun d’entre nous. La capacité du directeur à les développer et à les utiliser dans son management sont autant d’atouts pour réussir sa mission.

Le pouvoir de l’exemplarité est important et le développement des « soft skills » du directeur a invariablement une influence, souvent sous-estimée, sur les managers de l’établissement et plus largement sur l’ensemble des collaborateurs de la structure.

Après une réunion de travail, un directeur me demandait de réagir au manque d’implication qu’il ressentait de la part de son équipe. Je lui ai proposé de réfléchir sur la perception de son équipe au sujet de trois appels téléphoniques qu’il avait pris durant les deux heures de réunion…!

Le management de l’encadrement est aussi une question de personnalité du directeur.

A partir des capacités et des qualités de chacun, il construit une équipe de managers dans laquelle les objectifs, l’organisation et les modalités de fonctionnement sont connues et partagées. Les conditions sont alors réunies pour développer en commun une qualité de vie au travail.

Les rapports nécessaires, étroits et quotidiens du directeur avec l’encadrement de l’établissement ne sont durables que lorsque chacun a une place, se sent reconnu dans son rôle et assure ses missions.

Il faut du temps pour construire une équipe, et si le turn-over de l’encadrement n’est pas une fatalité, c’est en revanche un danger.

Ce phénomène crée une instabilité, elle-même génératrice de tensions pouvant entraîner des départs. Certains managers quittent leur établissement en raison de difficultés de fonctionnement avec leur directeur.

Mais au contraire, de nombreux autres restent à leur poste parce qu’ils aiment travailler avec leur directeur, ou vont même jusqu’à quitter l’établissement pour le suivre sur un autre site.

Laurent Viale

Consultant



Départements: le nombre d’aides sociales aux seniors multiplié par 4,5 en 17 ans

Article07/11/2018

Depuis 2000, le nombre de prestations d’aides sociales aux personnes âgées versées par les départements a été multiplié par 4,5 (atteignant 1,4 million en 2017), principalement du fait de la mise en place de l’APA, note la Drees dans une étude.

La direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie chaque année une enquête sur l’aide sociale auprès des conseils départementaux.

Les résultats provisoires, publiés dans une étude fin octobre, montrent que, entre 2000 et 2017, le nombre d’aides sociales aux personnes âgées a été multiplié par 4,5, quand celui des personnes âgées de 60 ans ou plus n’a été multiplié que par 1,4. Cette forte hausse résulte de l’effet conjoint de la mise en place de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) en 2002 et de l’évolution démographique au cours de cette période.

Graphe réalisé par la Drees, issu d' »Etudes et résultats » n°1091, octobre 2018

En 2017 spécifiquement, le nombre d’aides sociales départementales accordées aux personnes âgées a atteint 1,4 million (+0,5 % en un an). Ces aides se répartissent entre 55% d’aides à domicile et 45% d’aides à l’accueil (comprenant l’allocation personnalisée d’autonomie -APA- en Ehpad et l’aide sociale à l’hébergement -ASH).

L’APA représente 90% de l’ensemble de ces aides et concernait 1,3 million de bénéficiaires en décembre 2017. « Les effectifs continuent d’augmenter entre 2016 et 2017 (+0,8% en un an), en raison principalement de la hausse de l’APA à domicile (+1,1%). Cet accroissement est en partie dû à la loi vieillissement, qui a réformé » ce dispositif, relève la Drees.

Quatre allocataires sur 10 vivaient en Ehpad fin 2017, soit 529.300 personnes âgées selon la Drees, qui souligne que leur nombre augmente faiblement en 2017 (+0,2 %).

La Drees souligne que les bénéficiaires de l’APA en établissement sont globalement plus dépendants que ceux vivant à domicile. En effet, 59% des premiers sont très dépendants et classés en GIR 1 ou 2, contre 19% des bénéficiaires de l’APA à domicile.

Les personnes évaluées en GIR 3 représentent 18% des bénéficiaires de l’APA en établissement, contre 23% de ceux à domicile. La part de bénéficiaires de l’APA les moins dépendants, évalués en GIR 4, s’élève à 23% en établissement et 58% à domicile. Ces répartitions sont stables depuis 2004, pointe la Drees.

Seules 8% des aides sociales départementales sont consacrées à l’ASH. Fin 2017, 121.200 personnes âgées en bénéficiaient, dont 118.800 en établissement et 2.400 en accueil familial. « Ce nombre diminue de 1,8% en un an, en raison de la baisse de l’ASH en établissement (-1,9%), alors que le nombre de bénéficiaires de l’ASH accueillis chez des particuliers augmente (+3,9%) », note la Drees.

Par ailleurs, l’ASH constituait 78% des aides attribuées aux personnes handicapées ne résidant pas à leur domicile. Parmi les bénéficiaires, 29% vivaient en foyer d’hébergement, 36% en foyer occupationnel, 13% en foyer d’accueil médicalisé et 21% en maison de retraite, Ehpad ou en unité de soins de longue durée.

L’accueil de jour en établissement et l’hébergement chez des particuliers représentaient 16% des aides à l’accueil des personnes handicapées et concernaient 24.900 bénéficiaires fin 2017.

Les personnes âgées bénéficiaires inégalement réparties

Un panorama intitulé « L’aide et l’action sociales en France », rendu public parallèlement et qui rassemble les principaux résultats statistiques sur l’aide sociale aux personnes âgées, aux personnes handicapées, à l’enfance et à l’insertion, permet d’avoir une vue synthétique de ces prestations et de retracer leurs évolutions.

Selon ces données, l’aide sociale départementale comprenait, en 2016, 4,1 millions de mesures d’aide sociale à destination des personnes âgées, des personnes handicapées, des enfants ou jeunes majeurs en danger ou en risque de l’être, et pour l’insertion. Les départements ont à ce titre dépensé 37 milliards d’euros (nets des recouvrements ou remboursements), soit une augmentation de 2% en euros constants en un an et de 13% en cinq ans.

Les aides à destination des personnes âgées constituaient 34% des mesures d’aide sociale et les prestations en faveur des personnes handicapées, 12%.

Selon la Drees, entre 1999 et 2016, le nombre d’aides sociales aux personnes âgées et les dépenses correspondantes ont été respectivement multipliées par 4,7 et 2,6 (en euros constants), pour atteindre 1,4 million de mesures et une dépense brute globale de 8,3 milliards d’euros. Cette croissance, expliquée à nouveau principalement par la mise en place de l’APA en 2002, a eu tendance à se stabiliser à partir de 2009. Entre 2015 et 2016 cependant, en lien avec la loi « vieillissement », les dépenses à domicile ont de nouveau augmenté plus nettement (+2,5% en euros constants).

On y apprend aussi que « les personnes âgées bénéficiaires de l’aide sociale se répartissent de façon inégale sur le territoire ». Fin 2016, le taux de mesures, rapportant le nombre d’aides à la population de 60 ans ou plus, varie de 4,7% à 13,2% selon les départements.

Huit des 10 départements aux taux de mesures les plus faibles sont des départements franciliens ou limitrophes de l’Ile-de-France, note la Drees.

En matière de dépenses moyennes par bénéficiaire, les disparités allaient de 4.260 à 8.430 euros en 2016. Quatre départements sur 10 consacraient une dépense moyenne par bénéficiaire comprise entre 5.500 euros et 6.200 euros.

Pour expliquer ces disparités, la Drees cite des différences territorialisées de prévalence de la dépendance et de reconnaissance administrative de la perte d’autonomie, le nombre divers de places d’hébergement ou encore la substitution de l’APA à la prestation de compensation du handicap (PCH) ou à l’allocation compensatrice pour tierce personne (ACTP) aux âges avancés, plus ou moins prononcée selon le territoire.

La Rédaction



Aide et soin à domicile: une étude chiffre les bénéfices pour la collectivité

Article06/11/2018

Crédit: iStock/Dean Mitchell

Si chaque personne âgée aidée par sa famille bénéficiait d’une heure par semaine d’aide à domicile professionnelle pendant un an, cela générerait des « bénéfices socio-économiques » de 1,5 milliard d’euros pour la collectivité, selon une étude réalisée pour la fédération Adessadomicile.

Les services d’aide et de soins à domicile ne devraient pas seulement être vues comme un « coût » pour les pouvoirs publics, elles sont aussi « un investissement, » a résumé le directeur général d’Adessadomicile, Hugues Vidor, mi-octobre lors d’une conférence de presse présentant les résultats d’une étude.

Pour clarifier « un malentendu avec les pouvoirs publics », la fédération a souhaité mesurer l’impact socio-économique des soins et de l’aide à domicile notamment auprès des personnes âgées et en situation de handicap.

Le projet, confié au cabinet de conseil Citizing, a été mené en partenariat avec l’union d’organismes de prévoyance Ocirp.

Il s’est agi, a expliqué Julie de Brux, co-fondatrice du cabinet Citizing, d’identifier et de valider des « liens de causalité entre des dispositifs et la réalité de leur impact et d’exprimer cet impact en valeur monétaire ». C’est la « première fois qu »une évaluation socio-économique est réalisée sur un pan aussi large d’une politique sociale », a-t-elle souligné.

L’étude, qui s’est appuyée sur une revue de littérature internationale et des investigations complémentaires sur le contexte français, a porté sur l’aide à domicile -avec trois segments correspondant au public des personnes âgées dépendantes, à celui des personnes handicapées et des familles « avec événements particuliers » (dont la grossesse et les risques de maltraitance)- et les soins à domicile.

Réduction de la probabilité de recourir aux urgences et d’aller en Ehpad

Concernant les personnes âgées dépendantes de 60 ans et plus, l’étude conclut que « chaque euro public consacré à l’aide à domicile en direction des personnes âgées dépendantes génère 1,62 euros de gains socio-économiques ».

Le cabinet Citizing a calculé que si chaque personne âgée recevant de l’aide familiale (2,8 millions de personnes concernées, 1,2 million touchant l’allocation personnalisée d’autonomie -APA), bénéficiait d’une heure hebdomadaire d’aide à domicile pendant un an, « les bénéfices socio-économiques, nets de coûts pour les finances publiques, s’élèveraient à 1,5 milliard d’euros ».

L’étude a en effet identifié un lien de causalité entre l’aide à domicile et l’état général des personnes âgées dépendantes qui « joue de trois manières ».

Elle met en avant qu' »une heure d’aide à domicile par semaine pendant un an diminue la probabilité de recourir aux urgences de 11% pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer » et celle d’être contraint d’aller en Ehpad de 6%.

En outre, l’aide à domicile « vient soulager les aidants familiaux », dont le nombre est estimé à 4,3 millions. « Chaque heure d’aide à domicile permet à l’aidant familial de réduire son temps d’aide de 21,25 minutes », relève l’étude. Elle comptabilise la participation des aidants au marché du travail et les recettes fiscales induites, de même que celles générées par l’embauche des intervenants. Par ailleurs, les temps de répit apportent aux aidants un soulagement psychologique.

Le même raisonnement est appliqué pour l’aide à domicile apportée aux personnes adultes en situation de handicap, avec « un bénéfice socioéconomique (net des coûts pour les finances publiques) de 35,6 M€ par an ».

L’étude établit également un lien de causalité entre les soins infirmiers à domicile et la réduction des durées d’hospitalisation d’une part, et la réduction de la probabilité de ré-hospitalisation d’autre part.

« Au niveau national, si les soins à domicile étaient généralisés pour tout patient hospitalisé pour insuffisance cardiaque ou maladie pulmonaire chronique, on économiserait 760.000 journées d’hospitalisation », chiffre l’étude. En intégrant un certain nombre de paramètres (dont les effets pour les patients et les aidants familiaux), le « bénéfice socio-économique, net des coûts pour les finances publiques, s’élèverait à 737 M€ ».

Hugues Vidor a fait savoir que les résultats de cette étude seraient remis à la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, et à la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel.

Adessadomicile s’appuie sur ces résultats pour porter plusieurs revendications, dont la « production d’études d’impact médico-sociales au niveau national et interministériel » et un meilleur repérage des publics éligibles pour éviter les situations de non-recours.

Selon une étude réalisée par la fédération, « 25% des personnes âgées qui pourraient avoir accès à l’APA ne la demandent pas », a précisé Hugues Vidor.

D’autres revendications portent sur la reconnaissance des métiers et la réponse financière, qui « doit être première avant la tarification », selon le directeur général d’Adessadomicile.

La fédération, qui participe à la consultation « grand âge et autonomie » (elle est présente dans le groupe de travail sur l’évolution de l’offre et demande à participer également à celui sur les financements) plaide pour la création d’un « cinquième risque » financé par la solidarité nationale.

Maryannick Le Bris



Les établissements invités à investir le dossier médical partagé

Article06/11/2018

crédit: Fotolia/smolaw11

Le DMP a finalement été étendu à l’ensemble des assurés sociaux ce 6 novembre. Le ministère et l’assurance maladie ont appelé les professionnels et les établissements à se mobiliser pour réussir le déploiement de l’outil. Il doit notamment permettre un suivi médical des patients fragiles.

Les gestionnaires d’Ehpad ont normalement largement entendu parler du DMP, qui, après moult rebondissements, est désormais une réalité (lire l’encadré).

Lors d’une conférence de presse ce 6 novembre, la ministre des affaires sociales et de la santé, Agnès Buzyn, et le directeur général de la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam), Nicolas Revel, ont détaillé les caractéristiques de ce « carnet de santé numérique » relancé pour la deuxième fois depuis sa création en 2004. Il fera l’objet d’une vaste campagne de communication multicanaux à compter du 9 novembre, afin de convaincre patients et professionnels de s’en saisir.

La généralisation du DMP par la Cnam, qui a repris en main le dispositif en 2016, s’appuie sur une phase d’expérimentation de 18 mois dans 9 territoires pilotes, qui a permis d’ouvrir, au 30 octobre, près de 1,9 million de dossiers.

« Le DMP a été longtemps attendu, maintes fois annoncé, maintes fois repoussé. Il doit devenir demain une évidence pour tous les Français », a souligné Agnès Buzyn, appelant l’ensemble des acteurs à contribuer à son déploiement.

Le dossier est accessible en ligne soit grâce aux logiciels métier des professionnels de santé et des établissements, soit via une interface web ou une application pour smartphone. Il vise à rassembler un ensemble de données de santé regroupées en grandes rubriques.

Immédiatement alimenté à sa création par l’historique des 24 derniers mois de soins remboursés par l’assurance maladie, il a vocation à intégrer des informations de base (groupe sanguin), les vaccinations, les allergies éventuelles, les antécédents médicaux, le volet de synthèse du dossier médical rédigé par le médecin traitant, les comptes rendus d’hospitalisation, les résultats d’examen (imagerie, biologie médicale), etc.

L’alimentation se fera par les professionnels de santé préalablement autorisés, et par le détenteur du DMP lui-même (cela sera vraisemblablement peu le cas des résidents en Ehpad).

L’objectif affiché est d’améliorer la prise en charge des patients, de limiter les interactions médicamenteuses, et d’éviter les prescriptions d’examens redondants.

Ecran d’accueil du DMP



Les directives anticipées incluses en 2019

Nicolas Revel a souligné que les éléments inclus dans le dossier étaient organisés et que ses services travaillaient avec les éditeurs et les professionnels pour améliorer l’alimentation, notamment à partir de données structurées ou non.

A compter du printemps 2019, le DMP inclura les directives anticipées du patient, tandis que ce dernier recevra une notification en cas d’accès à son dossier en mode « urgence ».

De 2020 à 2022, le dispositif sera progressivement enrichi, avec l’ajout d’un carnet de vaccination, son alimentation via des objets connectés, et l’ajout de données structurées.

Gratuit et facultatif, le dossier pourra être ouvert à l’initiative de l’Ehpad (avec une carte CPS) ou du patient sur le site internet www.dmp.fr, ou s’effectuer à l’accueil des caisses primaires d’assurance maladie. La Cnam mise aussi sur les pharmaciens.

Le rythme d’ouverture de DMP hebdomadaire enregistré la dernière semaine d’octobre atteignait 80.000, a observé Nicolas Revel. « Ce chiffre va évidemment monter et doit monter si nous voulons atteindre l’objectif que nous nous fixons, c’est à dire de pouvoir, dans les 4 ans, avoir 40 millions de DMP ouverts », a ajouté le directeur général de la Cnam.

Il a souligné que l’intérêt du DMP était toutefois d’être correctement alimenté par les différents acteurs, ce qui nécessitait la mobilisation des professionnels et des établissements et la mise à disposition d’outils logiciels adaptés. Il a estimé qu’à ce jour, environ 69% de l’offre logicielle destinées aux médecins libéraux était compatible, sans donner de précisions s’agissant des systèmes d’information hospitaliers.

Nicolas Revel a assuré que le dispositif était sécurisé, tant dans le contrôle du dossier lui-même par le patient, qui conserve la faculté de masquer certaines informations et choisit quel professionnel peut y accéder, que dans l’hébergement des données, qui sont chiffrées par l’hébergeur.

Les professionnels ne peuvent accéder au DMP qu’avec leur carte CPS tandis que son détenteur y accède en ligne ou via l’application pour smartphone avec un mot de passe à usage unique adressé par SMS, précisent la Cnam et le ministère dans le dossier remis à la presse. Chaque dossier intègre un historique des accès et son titulaire est averti de chaque connexion.

Nicolas Revel a rappelé que la loi proscrivait l’accès au dispositif de tout acteur autre que le titulaire du DMP et les professionnels de santé autorisés par ce dernier, à l’exclusion notamment du personnel de l’assurance maladie et des médecins conseils des assureurs.

Un coût d’au moins 15 millions d’euros par an

Interrogé sur le coût du dispositif, Nicolas Revel s’est montré évasif, indiquant que le budget prévu dans la convention d’objectifs et de gestion (COG) de la Cnam pour 2018-2022 s’élevait à 15 millions d’euros par an.

L’industriel Atos Worldline a remporté en septembre 2017 le marché de l’hébergement du DMP, soit 33,5 millions d’euros hors taxes sur 36 mois.

Le DMP n’est « pas un gadget mais un rouage indispensable de la coordination et de la continuité des soins […], il doit améliorer la prise en charge des pathologies chroniques, le suivi médical des patients fragiles, enfants comme personnes âgées », a souligné Agnès Buzyn.

Il doit permettre de répondre à trois objectifs de la stratégie nationale de santé (SNS): favoriser l’accessibilité en ligne de chaque patient à l’ensemble de ses données médicales, dématérialiser l’intégralité des prescriptions et simplifier le partage de l’information entre les professionnels de santé qui s’occupent d’un patient.

Le DMP doit s’intégrer dans l' »espace numérique de santé » dont la création est prévue dans le cadre de la stratégie « Ma santé 2022 » qui comprendra l’ensemble des données administratives, d’état civil et de situation sociale de l’usager, les données relatives aux aidants et professionnels qui concourent à sa prise en charge, a souligné la ministre.

Cet été, Gerontonews s’était entretenu avec Didier Carles, directeur d’un Ehpad public autonome en Haute-Garonne, pionnier dans le déploiement du DMP.

Historique du DMP

Le décret encadrant le dispositif, notamment ses modalités de fonctionnement et son contenu, a été publié en juillet 2016, en application de la loi du 26 janvier 2016 de « modernisation de notre système de santé ».

L’article 96 de cette loi avait mué le dossier médical « personnel » en dossier médical « partagé » et transféré sa gestion de l’Agence des systèmes d’information partagés de santé (Asip santé) à la Cnam.

Institué par la loi du 13 août 2004 réformant l’assurance maladie avec pour ambition une généralisation en janvier 2007, le DMP, dont la gouvernance a connu de nombreuses vicissitudes, n’a jamais décollé malgré une relance en 2008 qui a tardé à se concrétiser. Finalement, seuls 500.000 DMP ont été ouverts avant la reprise en main par la Cnam en 2016.

L’Asip santé estimait le coût global du dispositif engagé depuis 2004 à 187 millions d’euros début 2014, tandis que la Cour des comptes, qui prenait en compte les investissements consentis sur l’ensemble des systèmes d’information du secteur, chiffrait la facture à un demi-milliard d’euros en 2012.

Vincent Granier



Korian s’associe à Careit et Primonial REIM pour développer son parc immobilier

Article06/11/2018

Le groupe annonce un partenariat avec Careit, plateforme spécialisée dans le conseil en investissement et gestion immobilière dans les secteurs de la santé et du médico-social, et avec la société de gestion de portefeuilles Primonial REIM, dans le cadre d’un programme de « reconfiguration de son parc immobilier ».

Ce partenariat a été conclu le 15 octobre avec Careit, qui revendique « un portefeuille de 1,5 milliard d’euros » et « 70 cliniques et Ehpad en gestion », et Primonial Real Estate Investment Management (Primonial REIM), « le premier bailleur de Korian avec une cinquantaine d’établissements en France et en Allemagne », est-il précisé dans le communiqué commun diffusé le 22 octobre par les partenaires.

L’objectif de cet accord est « d’accompagner le groupe Korian dans la construction de nouveaux établissements en France, dans le cadre de transferts, de regroupements ou de créations d’activités de soins de suite et de réadaptation [SSR] ou de maisons de retraite médicalisées », est-il indiqué. « Ce partenariat porte sur une liste, à date, de 7 opérations identifiées. »

Careit doit gérer « l’assistance à la conception et la construction de ces nouveaux établissements Korian, en concluant un contrat de promotion immobilière (CPI) ou une vente en état futur d’achèvement (Vefa) », est-il expliqué. Primonial REIM, elle, « pourra se porter acquéreur de tout ou partie de ces établissements, dans le cadre de Vefa et consentir au groupe Korian des baux en l’état futur d’achèvement (Befa) ».

Pour Korian, « ce partenariat s’inscrit dans la poursuite de la stratégie d’expansion et de reconfiguration [de son] parc immobilier européen », sur la base « d’une cinquantaine de projets immobiliers neufs à réaliser à horizon 2022 ».

Korian se dote ainsi « d’une force de frappe encore renforcée pour accélérer la restructuration de son parc sanitaire et médico-social en France et offrir ainsi à ses patients et résidents ainsi qu’à ses collaborateurs un environnement de soin aux meilleurs standards du marché », assure Sophie Boissard, directrice générale du groupe, citée dans le communiqué.

L’entreprise revendique le premier réseau européen d’Ehpad, de cliniques spécialisées, de résidences services, de soins et d’hospitalisation à domicile « avec près de 780 établissements » et « plus de 76.000 lits », en France, Allemagne, Belgique et Italie.

La Rédaction



Un quart des personnes décédées en 2017 avait plus de 90 ans

Article05/11/2018

En 2017, 606.000 personnes sont décédées en France, dont la moitié avait plus de 83 ans et un quart, plus de 90 ans, selon une étude de l’Insee.

L’année dernière, 12.000 personnes de plus sont décédées par rapport à 2016. « Le nombre de décès avait stagné en 2016, après avoir augmenté de 34.000 en 2015. Il a tendance à augmenter depuis le début des années 2010, du fait de l’arrivée des générations nombreuses du baby-boom (nées entre 1946 et 1974) à des âges de forte mortalité », explique l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dans une étude publiée mi-octobre.

En dix ans, le nombre de décès en France hors Mayotte a augmenté de 14%: il était de 531.000 en 2007.

En outre, l’épidémie de grippe hivernale amorcée fin 2016 a entraîné un pic de décès exceptionnel en janvier 2017, pour lequel 67.000 décès (pas uniquement dus à la grippe) ont été enregistrés en France métropolitaine. « Ce niveau mensuel a été dépassé pour la dernière fois en décembre 1969, quand la grippe hivernale dite ‘de Hong Kong’ avait atteint la France », souligne l’Insee.

Parmi les personnes décédées en 2017, un quart ont plus de 90 ans et la moitié ont plus de 83 ans.

Les hommes meurent plus jeunes que les femmes: la moitié des hommes décédés cette année-là ont plus de 79 ans et la moitié des femmes plus de 87 ans. Le pic du nombre de décès se situe à 91 ans pour les femmes (celles nées en 1926) et à 87 ans pour les hommes (nés en 1930). En 2017, 60% des décès féminins ont eu lieu après 84 ans, contre seulement 35% pour les hommes. Moins de 8% des femmes décédées avaient moins de 60 ans, contre 14% pour les hommes.

« A chaque âge jusqu’à 84 ans, le nombre de décès masculins dépasse le nombre de décès féminins », ajoute l’Insee. La surmortalité masculine est marquée en particulier chez les jeunes, les hommes étant davantage exposés aux morts violentes (accidents de la route, suicides, conduites à risque…). A 85 ans, le rapport s’inverse: entre 90 et 99 ans, les décès féminins sont 2,1 fois plus nombreux que les décès masculins.

Les personnes décédées en 1997 avaient en moyenne 75 ans. Vingt ans plus tard, en 2017, l’âge moyen au décès est de 79 ans. Celui-ci ne cesse d’augmenter depuis cinquante ans, souligne l’Insee. Ainsi, en 1967, l’âge moyen au décès était de 68 ans en France métropolitaine. Il est passé de 72 à 83 ans pour les femmes et de 64 à 76 ans pour les hommes en 2017.

Répartition des décès en 2017 et en 1997, par âge et par sexe

La Rédaction

Journalistes



Immobilier

Un projet d’habitat inclusif et participatif propose une alternative entre institution et famille

Publié le 02/11/18 – 17h46 – HOSPIMEDIA

Une association élabore un projet d’habitat inclusif et participatif dans les Alpes-de-Haute-Provence. L’objectif est de faire participer de futurs habitants, avec ou sans handicap, à la conception de leur logement, pour que chacun vive ensemble. Des solutions d’accompagnement sont en cours de négociation pour garantir des parcours sans rupture.

Considérant que l’offre d’habitat inclusif n’était pas suffisamment variée et adaptée aux multiples handicaps existants, l’association Ensemble et différents a décidé de se lancer dans un nouveau projet. C’est en répondant à un appel à projets Lachpa (pour les aidants concepteurs d’habitats partagés et accompagnés) du groupe associatif Familles solidaires que l’association Ensemble et différents a souhaité créer un lieu de vie complètement intégré à un ensemble d’une quarantaine de logements classiques porté par l’association Regain. Un terrain de la ville de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence) de 2,5 hectares accueillera donc deux projets, l’un pour de l’habitat participatif, l’autre pour de l’habitat inclusif avec quatre logements.

Mobiliser des partenaires impliqués

Le chantier démarrera par le projet d’habitat inclusif, moins conséquent, « qui devrait être achevé d’ici un ou deux ans« , estime Gilles Vialard, membre de l’association Ensemble et différents et père de Lucile, 22 ans et polyhandicapée, qui occupera une place dans le logement dédié aux personnes en situation de handicap. Cet appartement de plain-pied accueillera trois personnes en colocation, la seconde étant déjà trouvée, il reste à l’association de trouver la troisième. Élaboré avec la foncière Chênelet, monteur de projet sociétal autour du logement social écologique, le projet est en cours de finalisation, mais les responsables de la mairie ont délibéré favorablement, garantissant son aboutissement. Certaines parties prenantes proposent que les trois autres logements, accessibles au rez-de-chaussée, soient dédiés à des aidants, d’autres suggèrent que toute personne sensible au projet puisse les occuper, les derniers ajustements devant se faire dans les prochains jours.

Négocier le financement d’un accompagnement pérenne

Le financement de l’accompagnement permanent est en négociation avec la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) pour trouver une alternative à la prestation de compensation du handicap (PCH) mutualisée. Cette dernière présente le défaut d’avoir un équilibre qui dépend de la situation de chaque habitant, et pouvant être complètement déséquilibré en cas de départ de l’un d’eux. L’une des idées proposées est de créer « une société coopérative d’emploi dans laquelle seraient employés des professionnels dédiés et payés directement par chaque habitant pour éviter de faire appel aux établissements qui ne proposent pas de solution convenable d’accompagnement« .

Proposer une solution alternative d’habitat inclusif

La volonté est d’associer dans la constitution du projet des personnes handicapées ou non pour assurer l’intégration sociale des uns et des autres. Tous les habitants vivront dans les lieux en connaissance de la situation de leurs voisins. Par ailleurs s’ajoutera un accompagnement médico-social pour garantir la présence d’aidants en permanence sur les lieux. « Lucile n’a pas trouvé de solution adéquate entre les institutions surchargées et manquant de moyens, et le domicile familial, explique Gilles Vialard, nous souhaitons donc lui permettre de gagner en autonomie de manière à ce que nos rapports familiaux ne soient pas uniquement centrés sur les obligations d’aidants. » Actuellement Lucile Vialard est accompagnée en partie par ses parents, aidants naturels, et par quatre professionnels qu’elle salarie en chèque emploi service, dont trois sont aide médico-psychologique (AMP).

Impliquer chacun pour éviter les ruptures de parcours

« Chaque futur occupant des logements est associé dans la conception du projet, que ce soit pour la partie d’habitat participatif ou pour l’habitat inclusif« , indique Charlotte Garcia, chargée de missions pour Regain. Les deux projets sont imbriqués, « d’une part les habitants qui ont un handicap pourront apporter leur sensibilité et leur regard franc et sans détour sur la vie, et de l’autre chacun pourra aider l’autre, étant conscient que ce mode d’habitat repose sur l’esprit de communauté et d’entraide« , assure Gilles Vialard. L’idée étant d’impliquer autant de personnes que possible dans l’entourage des personnes handicapées pour assurer leur inclusion, leurs soins, les apprentissages. Cela permettrait selon Gilles Vialard d’éviter les « ruptures encore trop marquées dans les parcours de vie, le passage à l’âge adulte étant le plus marquant du fait du manque de continuité entre établissements pour enfants et structures pour adultes« .

Charles Deyrieux

 


Octobre 2018

L’actualité juridique médico-sociale

 

Publié le 02/11/18 – 14h32 – HOSPIMEDIA

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2019 est adopté en première lecture à l’Assemblée nationale. Les activités de services à la personne soumises à agrément sont précisées. De son côté, le Conseil d’État a validé l’arrêté du 28 avril 2017 relatif à l’accessibilité des établissements recevant du public et des logements.

La rédaction d’Hospimedia vous propose chaque mois une sélection de textes législatifs, réglementaires et de décisions de justice qui ont marqué le secteur médico-social.

Décrets et arrêtés

  • RQTH

Un décret simplifie la procédure de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), en prévoyant la délivrance automatique d’une attestation pour les bénéficiaires de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH) pour les victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles, les titulaires d’une pension d’invalidité, ou encore pour certains bénéficiaires d’emplois réservés. Le texte permet également aux bénéficiaires de l’obligation d’emploi d’être mieux informés de leurs droits.

  • Agrément

Un arrêté précise les activités de services à la personne soumises à agrément et actualise le cahier des charges afférent. La garde et l’accompagnement d’enfants de moins de trois ans ou d’enfants de moins de dix-huit ans en situation de handicap sont ainsi concernés. De même que l’assistance dans les actes de la vie quotidienne ou l’aide à l’insertion sociale aux personnes âgées, handicapées ou atteintes de pathologies chroniques.

  • Médiation

Attendu depuis de longs mois, le projet de décret formalisant le nouveau dispositif de médiation à mettre en place dans les établissements publics de santé, sociaux et médico-sociaux est enfin dans sa dernière ligne droite avant publication. Le texte confirme donc l’installation d’un médiateur national, un poste occupé de manière plus ou moins officieuse depuis l’hiver 2017 par Édouard Couty, et de médiateurs régionaux ou interrégionaux.

  • Recours préalable

La loi de modernisation de la justice du XXIe siècle a unifié les contentieux de l’aide sociale et de la sécurité sociale, qui relèveront, à compter du 1er janvier 2019, de tribunaux de grande instance (TGI) et de cours d’appel spécialement désignés. Un nouveau décret d’application vient modifier certaines règles de procédure et d’organisation, concernant notamment le recours administratif préalable et le recours juridictionnel.

  • Aidants

Le décret déterminant les conditions d’application aux agents publics civils du dispositif de don de jours de congés aux aidants de personnes en perte d’autonomie ou en situation de handicap a été publié au Journal officiel (JO). Un second décret est spécifiquement dédié aux militaires.

  • Budgets prévisionnels

Pour la troisième année consécutive, les établissements et services médico-sociaux concernés par la démarche de transmission des propositions budgétaires ne sont pas tenus de transmettre leur budget prévisionnel de façon dématérialisée, via l’application harmonisation et partage d’information (Hapi). Une mesure « transitoire« , mise en œuvre « compte tenu de l’évolution en cours des applications informatiques de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA)« .

Circulaires et instructions

  • Mandataires judiciaires

La campagne budgétaire 2018 pour les services mandataires judiciaires à la protection des majeurs (SMJPM) vient d’être détaillée. Les modalités de détermination des dotations régionales limitatives, les orientations relatives à la fixation des dotations globales de financement, ainsi que l’impact de la réforme du système de participation sur le financement des services sont précisés par instruction.

  • Retraite anticipée

La Caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav) actualise le dispositif de retraite anticipée pour les assurés handicapés du régime général dans sa circulaire du 23 octobre. « Les assurés en situation de handicap peuvent bénéficier, sous certaines conditions, d’une retraite personnelle avant l’âge légal« , rappelle l’organisme. Le texte précise les conditions d’attribution, la situation de handicap reconnue ou encore les alternatives possibles en cas d’absence de justificatif de handicap.

Conventions collectives

  • Médecins spécialistes

La restructuration des branches professionnelles se poursuit. Un avis publié au JO du 7 octobre annonce la fusion de la convention collective nationale (CCN) des médecins spécialistes travaillant dans les établissements et services pour personnes inadaptées et handicapées, avec la CCN de 1966.

  • Branche de l’aide à domicile

Un avenant signé fin décembre 2017 par les partenaires sociaux de la branche de l’aide à domicile est étendu. Il s’attache à actualiser les dispositions conventionnelles au regard de l’ordonnance du 22 septembre 2017, relative au renforcement de la négociation collective et plus particulièrement de l’articulation entre l’accord d’entreprise, et les dispositions conventionnelles de branche.
Avis publié le 13 octobre au JO

  • CCN 66

Divers avenants et accords de travail applicables dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux à but non lucratif sont agréés, et notamment l’avenant relatif au régime de prévoyance de la CCN de 1966.
Arrêté publié le 31 octobre au JO

Lois

  • PLFSS 2019

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2019 a été adopté le 30 octobre en première lecture à l’Assemblée nationale. Les principaux amendements adoptés lors de ce premier examen ont permis d’étoffer la quarantaine d’articles concernant les secteurs sanitaire et médico-social, avec plus d’une dizaine d’articles additionnels au total dans ce champ. La suppression du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et du crédit d’impôt de taxe sur les salaires (CITS) a ainsi été validée, et une compensation spécifique pour le secteur de l’aide à domicile a été votée. Le dispositif d’innovation du système de santé, dit article 51, initié dans la précédente LFSS, à par ailleurs été amplifié sur le versant médico-social. Le Gouvernement a en revanche repoussé les propositions sur la dépendance et le handicap à des travaux ultérieurs. À noter également, une révision des règles d’assujettissement à la contribution de solidarité pour l’autonomie.

  • Pacte

L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi relatif à la croissance et la transformation des entreprises (Pacte) à la majorité absolue. L’ensemble des trois amendements relatifs aux recommandations pour favoriser l’accessibilité des personnes handicapées en entreprise, aux actions d’éducation citoyenne et inclusive des entreprises solidaires d’utilité sociale (Esus) et aux modalités d’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH) ont été adoptés.

  • Inclusion scolaire

Le 11 octobre, l’Assemblée nationale a rejeté une proposition de loi relative à l’inclusion des élèves en situation de handicap, essentiellement centré sur les aidants à la scolarité. Déjà rejetée en commission des affaires culturelles, le 4 octobre, cette proposition de loi a fait l’objet d’une motion de rejet déposée par le groupe La République en marche.

  • Elan

Le projet de loi Elan a été voté et adopté à la majorité absolue à l’Assemblée nationale lors du vote solennel le 3 octobre, avec 201 suffrages exprimés dont 129 pour l’adoption. Plusieurs parlementaires évoquent malgré tout leurs craintes de régression pour les droits des personnes handicapées. Le 16 octobre, le Sénat a également adopté le texte avec 201 votes favorables sur 328 exprimés.

  • AAH

Après un premier rejet en commission des affaires sociales le 17 octobre, les sénateurs ont une nouvelle fois, le 24 octobre, retoqué la proposition de loi visant à supprimer la prise en compte des ressources du conjoint dans la base de calcul de l’allocation aux adultes handicapés (AAH). L’objectif de ce texte, porté par quinze sénateurs communistes, était de mettre fin à une relation de dépendance financière.

  • Aidants

Le Sénat a adopté en première lecture la proposition de loi visant à favoriser la reconnaissance des proches aidants. Déposé par Jocelyne Guidez (Union centriste, Essonne), ce texte s’attache à une meilleure indemnisation du congé de proche aidant, mais vise également à améliorer l’information et l’accompagnement de ce public, à expérimenter un dispositif de relayage et à lever les contraintes en entreprise.

Jurisprudence

  • Récupération d’indus

Le Code de l’action sociale et des familles (CASF) et le Code général des collectivités territoriales encadrent tous deux le délai de prescription pour la récupération des indus d’allocation personnalisée d’autonomie (Apa), avec des durées qui diffèrent toutefois. Dans une décision du 5 octobre, le Conseil d’État précise l’articulation de ces deux textes.

  • Accessibilité

Saisi par un groupement d’associations, le Conseil d’État a validé l’arrêté du 28 avril 2017 relatif à l’accessibilité des établissements recevant du public et des logements. La haute instance a notamment donné son aval à la possibilité de mise en œuvre de solutions d’effet équivalent.

  • Caducité des autorisations

Dans une décision du 22 octobre, le Conseil d’État a souligné que la validité d’une autorisation de transfert de places entre deux Ehpad n’était pas subordonnée à l’existence d’un contrat de vente. La caducité du contrat n’entraîne donc pas automatiquement l’annulation de l’autorisation de transfert.

 

Cécile Rabeux


 

Antoine Perrin, directeur général de la Fehap

« Il n’y aura pas vraiment de surprise sur les résultats des attendus de la concertation grand âge » »

 

Publié le 02/11/18 – HOSPIMEDIA

En amont de la conférence de presse commune, le 6 novembre, des fédérations hospitalières FHF, FHP, Unicancer et Fehap, Antoine Perrin, directeur général de la fédération du privé non lucratif répond aux questions d’Hospimedia. Outre le projet de sécurité sociale 2019, il évoque l’avenir du secteur médico-social et la concertation grand âge.

Hospimedia : « Que retenez-vous du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2019 ?

Antoine Perrin : Les orientations hospitalières du PLFSS 2019 nous déçoivent profondément. Pour la deuxième année consécutive, alors que l’hôpital s’est montré particulièrement vertueux, étant en termes d’exécution bien en dessous du sous objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) qui lui avait été déterminé, il se voit finalement puni du dépassement de l’Ondam de ville. La réserve prudentielle hospitalière a été partiellement confisquée l’an passé pour apurer le dépassement de la ville, et cela est insupportable. Le PLFSS 2019 conforte nos craintes. D’ores et déjà, on retire 200 millions d’euros (M€) à l’hôpital, 200 M€ à la ville et 200 M€ au fonds d’intervention régional. Cela fait dix ans que les tarifs diminuent à l’hôpital… La Fehap, mais aussi les autres fédérations hospitalières, réclame la mise en place de sous Ondam indépendants. Chacun devenant responsable de son propre résultat. Aujourd’hui nos établissements se retrouvent dans le flou, entre un financement à l’activité et une enveloppe globale. Par ailleurs, le financement de la qualité et de la pertinence dans le PLFSS 2019 est un choix que la Fehap salue. Il reste toutefois à préciser les indicateurs et les modalités du dispositif. L’enveloppe qualité est passée de 60 millions d’euros l’an dernier, à 300 millions d’euros.

  1. : Comment envisagez-vous l’avenir du médico-social à travers notamment Ma Santé 2022 ?
  2. P. : Le secteur médico-social va être le thermomètre de la bonne marche de notre système sanitaire. Demain, la bonne santé des personnes âgées, des personnes en situation de handicap et j’ajoute des personnes vulnérables, quelle que soit l’origine de leur précarité, qu’elle soit psychique, physique ou sociale permettra de vérifier le fonctionnement de notre organisation. Si le système est imparfait, ce sont en effet ces personnes qui en pâtiront.
    Le niveau d’hospitalisation des personnes âgées à partir du domicile ou des établissements, et les passages aux urgences peuvent constituer des indicateurs sensibles. Ma Santé 2022 permettra aussi de donner une inflexion forte en faveur du domicile par l’intermédiaire du déploiement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) qui comprendront tous les professionnels de santé autour du domicile et pas seulement les médecins libéraux. Même si ces derniers ont un rôle important dans le dispositif. Dans certains territoires, les centres de santé, ayant plutôt recours au salariat, sont ou seront prédominants.Les personnes âgées polypathologiques à domicile ont en premier lieu besoin d’être accompagnées que ce soit par des bénévoles ou par leur famille. Elles ont également recours à des professionnels qui garantissent qu’elles se lavent bien, se nourrissent bien, prennent leurs médicaments, se rendent à leurs rendez-vous sociaux ou médicaux…
    Malheureusement, certaines personnes en situation de handicap se sont habituées à avoir un défaut d’accès à la santé jusqu’à parfois renoncer aux soins. Finalement, le pari de Ma Santé 2022 consiste non seulement à maintenir la qualité des soins proposés mais surtout à assurer le réinvestissement en santé des personnes fragiles.

« La Fehap mène actuellement un projet de guide prospectif présentant les différentes réponses d’accompagnement des personnes en situation de handicap demain. »

  1. : Comment se situe la Fehap dans ce cadre ?
  2. P. : La Fehap a un rôle de simulation, d’animation de la recherche et de l’innovation. En matière de handicap par exemple, la fédération a constitué deux commissions. L’une est dédiée à l’enfance-jeunesse et l’autre aux adultes. Les deux ont élaboré quatorze fiches (lire aussi notre article). La Fehap mène actuellement un projet de guide prospectif présentant les différentes réponses d’accompagnement des personnes en situation de handicap demain. Ce document, actuellement en cours d’élaboration, prendra en compte les bonnes pratiques de décloisonnement mais aussi l’évolution des métiers de l’accompagnement et de la formation, les différents dispositifs d’accompagnement du domicile, l’analyse des coûts, la révolution numérique et la domotique. À partir de ces éléments, le comité de pilotage du projet avec des adhérents sélectionnera des grands ensembles de concepts. Trois régions seront ensuite choisies pour dresser un état des lieux des dispositifs en place, mais aussi étudier ce qui est envisagé dans le cadre de l’article 51 du PLFSS 2018 et de la société inclusive. Nous souhaitons partir de ce que vivent les établissements. Ces trois régions serviront de test, et leurs résultats seront présentés lors de notre congrès de novembre 2019.

« Il n’y aura jamais assez de places dans les établissements, à modèle constant, pour accompagner dans les structures des personnes âgées de plus en plus dépendantes. Il faut donc obligatoirement réinvestir le domicile. »

  1. : Qu’attendez-vous de la concertation grand âge ?
  2. P. : La Fehap est représentée dans deux groupes de travail : parcours et métiers. Ce qui ne l’empêche pas de faire des propositions pour les autres thématiques étudiées dans lesquelles elle n’a pas de représentation. Au final, je pense qu’il n’y aura pas vraiment de surprise sur les résultats des attendus de la concertation grand âge. Il existe un consensus sur l’état des lieux actuel. Tout le monde s’accorde pour reconnaître que la dernière partie de vie des personnes âgées est difficile, et la vie en Ehpad douloureuse. Les professionnels souffrent, le secteur du domicile semble un peu en deserrance. Est aussi attendue demain une augmentation considérable du nombre de personnes âgées polypathologiques dépendantes. Il y aura échec, si on ne modifie pas notre modèle de prise en charge. Il n’y aura jamais assez de places dans les établissements à modèle constant pour accompagner dans les structures des personnes âgées de plus en plus dépendantes. Il faut donc obligatoirement réinvestir le domicile. Il y a toutefois deux points de vigilance à surveiller. Tout d’abord, pour que le domicile puisse être le lieu de vie préférentiel, il faut certes des professionnels de santé, des CPTS, une meilleure articulation en amont des différents acteurs, mais ce qui en premier fait qu’une personne âgée décompense à son domicile, c’est le défaut de lien social. La société va donc devoir changer son regard sur la vieillesse. Le deuxième point concerne le financement. Quels que soient les choix opérés, il faudra payer.
  3. : Quel sera le rôle des Ehpad ?
  4. P. : On a reproché aux Ehpad de devenir des lieux de soins aux dépens du projet de vie. Il faut donc réhabiliter le projet de vie mais à domicile. Et si l’âgé se trouve en institution, acceptons que le projet de vie ne soit plus en première ligne et que ce soit son projet de soins qui prédomine. Mais il faut alors limiter ce choix à certaines personnes. Cette évolution a déjà bien démarrée. Le milieu du domicile est en effet de plus en plus identifié. S’il est apparu très doucement, il est désormais bien présent. Le centre de gravité de la santé qui se trouvait par le passé dans les salles d’opération se trouve aujourd’hui à domicile.

« Clairement et différemment d’Unifed, il y a, avec cette future maison commune ou confédération, la volonté de convergence. Autre différence avec Unifed le droit de veto n’existera plus. »

  1. : Concernant la branche sanitaire, sociale et médico-sociale à but non lucratif (Bass), où en est le projet de maison commune ?
  2. P. : La Direction générale du travail vient de valider ce projet. Il est actuellement en finalisation pour repasser devant les instances notamment de la Fehap pour être officialisé avant la fin de l’année. L’objectif est de constituer une maison commune avec la Fehap, la Croix-Rouge française, Unicancer et Nexem dans le principe des ordonnances Macron sur le travail, et de partager des sujets communs de négociations dont l’aboutissement oblige tous les acteurs de la maison commune. Parmi ces thématiques se trouvent par exemple : la qualité de vie au travail, les parcours professionnels ou les nouveaux métiers. Concernant les sujets où les différents membres de la maison commune ont un point de vue très éloigné aujourd’hui, même s’ils ont le souci d’une convergence à long terme, dans un premier temps ils pourront négocier des évolutions séparément sans que cela oblige les autres membres. Ce sera le cas des discussions sur les classifications, la prise en charge de l’ancienneté ou de la technicité…
  3. : Nexem évoque ce projet de maison commune en parlant d’une confédération… quelle différence existe-t-il avec l’Union des fédérations et syndicats nationaux d’employeurs du secteur sanitaire, social, médico-social privé à but non lucratif (Unifed) ?
  4. P. : Maison ou confédération, il s’agit en effet du même projet que nous partageons. Sauf que nous n’avons pas encore choisi son nom. Clairement et différemment d’Unifed, il y a, avec cette future maison commune ou confédération, une volonté de convergence. Autre différence avec Unifed, le droit de veto n’existera plus. Nous voulons avancer ensemble.
  5. : Convergence signifie convention commune ?
  6. P. : Pourquoi pas ? S’il s’agit d’un objectif, il ne peut être immédiat. Au sein de la Fehap se trouvent des représentants d’établissements sanitaires. Ces derniers n’ont absolument pas les mêmes problématiques que ceux du médico-social relevant de la convention collective nationale du travail de 1966 (CCN 66), par exemple. Il est tout simplement hors de question en l’état de calquer nos conventions. Nous ne souhaitons pas que nos adhérents se sentent menacés. »

 

Propos recueillis par Lydie Watremetz

 



Lutte contre la douleur: l’appel commun de patients et de professionnels

Article31/10/2018

Dans un plaidoyer commun, onze associations de patients, syndicats de professionnels de santé et sociétés savantes, dont la Société française de gériatrie et de gérontologie (SFGG), appellent le gouvernement à redonner « un nouvel élan à la prise en charge de la douleur en France ».

En France, la prise en charge de la douleur est encore en souffrance, estiment trois associations de patients, deux syndicats de professionnels de santé et six sociétés savantes particulièrement concernés par le sujet.

De quoi lancer un appel pour lui « redonner un nouvel élan » et « reconnaître la douleur comme un enjeu déterminant pour notre système de santé, nécessitant un parcours de soins consolidé ».

Dans un texte de 4 pages présenté le 24 octobre au premier forum contre les douleurs, ils ont formulé une série de propositions d’actions selon 5 axes, dans « une nouvelle vision » de la lutte contre la douleur, qui soit à la fois intégrée, préventive, participative, protectrice et mobilisatrice.

Il s’agit tout d’abord de garantir aux patients à la fois une prise en charge adaptée et « un véritable parcours de soin et de suivi ».

Ensuite, il convient de mener « un travail de sensibilisation » sur la douleur et ses facteurs de risque de chronicisation « auprès des acteurs de santé, des structures médico-sociales, mais également du monde professionnel ».

L’une des proposition consiste à impliquer davantage les professionnels de santé de première ligne et les acteurs médico-sociaux dans les stratégies de prévention de la douleur et de sa chronicisation.

La lutte contre la douleur doit également avoir pour fil conducteur « l’écoute du patient et de son ressenti » pour que les professionnels puissent « définir un traitement spécifique ». Pour cela, il faudrait systématiser le recours aux outils d’évaluation de la douleur, notamment pour les douleurs silencieuses.

Concernant les populations vulnérables, dont les personnes âgées, la prise en charge de la douleur doit  » s’inscrire dans un parcours de vie, incluant un accompagnement social adapté au patient pour lui garantir le plus d’autonomie et réduire les risques de dégradation liés à sa condition ».

Les signataires préconisent notamment dans cet objectif de consolider les modalités de prise en charge de la douleur pour les populations les plus vulnérables, citant les résidents en Ehpad.

Enfin, pour relancer la dynamique française dans la lutte contre la douleur, qui s’est « significativement essoufflée depuis 2012 », il est nécessaire de donner à la stratégie de lutte contre la douleur « l’ambition et les moyens à la hauteur des enjeux à traiter ».

Les signataires demandent en conséquence de faire de la lutte contre la douleur, sous tous ses aspects, une priorité de la politique de santé du gouvernement sur le quinquennat et au-delà, conformément aux articles L1411-1, L4130-1 et L1110-12 du code de la santé publique et à leur application.

En France, il est estimé que 20% de la population souffre de douleur chronique modérée à sévère. La douleur est le premier motif de consultation tant dans les services d’urgence que chez le médecin généraliste, ce qui correspond à un surcoût annuel de 1,2 milliard d’euros, rappellent-ils, citant un livre blanc diffusé en 2017.

L’Académie de médecine a également recommandé, mi-octobre, que les structures spécialisées de douleur chronique soient pérennisées.

Les 11 signataires

Les trois associations signataires sont l’Association française de lutte antirhumatismale (Aflar), l’Association francophone pour vaincre les douleurs (AFVD) et Fibromyalgie France. Les deux syndicats de professionnels de santé sont la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) et la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF). Enfin, outre la SFGG, s’associent à cette action les sociétés françaises d’anesthésie et de réanimation (Sfar), d’études et de traitement de la douleur (SFETD), de médecine d’urgence (SFMU), de rhumatologie (SFR) et de médecine physique et de réadaptation (Sofmer).

Luu Ly Do Quang

 



Alzheimer: les activités psychosociales bien présentes en Ehpad

Article31/10/2018

Une vaste enquête menée auprès de structures d’accompagnement par la Fondation Médéric Alzheimer révèle que 98% des Ehpad proposent des interventions et des activités psychosociales aux malades et à leurs proches, alors qu’ils n’étaient que 72% à le faire en 2010.

« Depuis les années 2000, les interventions et activités psychosociales sont devenues, en France, un élément central de la prise en charge de la maladie d’Alzheimer », commente la fondation dans sa « Lettre de l’observatoire » d’octobre.

Elle a mené une enquête, par courriel et voie postale, auprès de 14.400 structures, « qu’il s’agisse des établissements d’hébergement, des accueils de jour, des lieux d’information ou de coordination gérontologique, des structures d’aide aux aidants ou des plateformes d’accompagnement et de répit », pour leur demander quelles étaient les interventions les plus souvent proposées aux malades et aux aidants, et comment elles s’appropriaient ces interventions.

L’enquête a recueilli un taux de participation de 67%.

Ces interventions et activités psycho-sociales « sont encore en cours de structuration et restent inégalement appropriées par les différents dispositifs de prise en charge et d’accompagnement », résume la fondation.

Elle relève deux « enseignements principaux ». D’abord, « les interventions psychosociales ont connu un essor considérable depuis 2010, en particulier dans les Ehpad et les USLD [unités de soins de longue durée]: 98% réalisent désormais des interventions en direction des personnes malades, alors qu’ils n’étaient que 72% en 2010 ».

« Ensuite, certaines activités comme la musicothérapie et les cycles de formation ont un développement plus limité, alors que leur efficacité est reconnue. Il convient donc de poursuivre les efforts pour développer et systématiser ces interventions », encourage la fondation.

Dans le détail, « 98% des établissements d’hébergement médicalisés (Ehpad et USLD), 27% des structures d’aide aux aidants et 12% des lieux d’information ou de coordination gérontologique proposent des activités et interventions destinées spécifiquement aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer (interventions à visée de réhabilitation, de soin et de bien-être, thérapeutique et relationnelle, fonctionnelle, ludique et culturelle et environnementale) ».

De plus, « 97% des plateformes d’accompagnement et de répit, 74% des structures d’aide aux aidants, 66% des accueils de jour, 48% des lieux d’information ou de coordination gérontologique et 51% des Ehpad et USLD ont mis en place, en interne ou de façon collégiale, des activités réservées uniquement aux proches aidants ».

Et « 95% des plateformes de répit, 68% des accueils de jour, 57% des structures d’aide aux aidants, 65% des Ehpad et USLD, et 34% des lieux d’information ou de coordination gérontologique organisent des activités impliquant le couple aidant-aidé ».

Des activités plus souvent proposées dans les Ehpad privés

La fondation détaille ensuite le type d’activités réalisées par type de structure. Pour les établissements d’hébergement, par exemple, « les informations sur les interventions et activités proposées aux personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et à leurs proches aidants ont été recueillies auprès des 6.557 établissements d’hébergement ayant répondu à l’enquête 2017 (61% de taux de retour), soit 4.846 Ehpad, 1.166 résidences autonomie, 359 USLD, 99 EHPA (établissements d’hébergement pour personnes âgées), 48 domiciles partagés ou collectifs (petites structures accueillant moins de 10 personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer), 30 établissements d’hébergement temporaire exclusifs et 9 établissements expérimentaux pour personnes handicapées vieillissantes », détaille-t-elle.

Ainsi, « parmi les Ehpad, les établissements du secteur privé commercial proposent ces activités plus souvent (61%) que ceux des secteurs privé non lucratif (51%) et public (46%) », note la fondation.

« Elles sont plus fréquemment proposées (58% contre 39%) lorsque l’Ehpad est doté d’un dispositif spécialisé Alzheimer: unité spécifique, unité d’hébergement renforcé (UHR), pôle d’activités et de soins adaptés (Pasa) ou établissement entièrement dédié aux malades », poursuit-elle. « Toujours parmi les Ehpad, ces activités sont plus souvent organisées lorsque la capacité de l’établissement est supérieure ou égale à 25 places (52% contre 31%). »

La fondation précise que 95% des établissements proposant des interventions pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer organisent des interventions à visée thérapeutique ou relationnelle.

« Ce type d’activité se rencontre dans la quasi-totalité des Ehpad (98%) et des USLD (95%) mais aussi dans 92% des domiciles partagés, contre seulement 75% des résidences autonomie et 63% des EHPA », remarque-t-elle. Et, « parmi les Ehpad, ceux qui sont dotés d’un dispositif spécialisé Alzheimer sont plus impliqués dans la mise en place de ces interventions (99% contre 96%), ainsi que ceux qui ont une capacité supérieure à 24 places (98% contre 90% en dessous de 25 places) ».

Parmi ces interventions à visée thérapeutique ou relationnelle, « la plus fréquemment pratiquée est l’entretien individuel avec un psychologue, proposé par 81% des établissements, tous statuts confondus, qui organisent des activités destinées aux personnes malades. En deuxième position viennent les rencontres intergénérationnelles (70%) ».

FAM lettre de l’observatoire 52

Par ailleurs, « 89% des établissements proposant des activités pour les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer organisent au moins une intervention à visée de soins et de bien-être », ajoute la fondation, entendant par là « des séances de gymnastique douce, de relaxation, de soins, de massage et d’esthétique ».

« C’est le cas de 92% des Ehpad, 90% des USLD et 94% des domiciles partagés, contre 61% des résidences autonomie et 82% des EHPA. Parmi les Ehpad, la pratique est plus répandue dans le secteur privé commercial (96%) que dans le privé non lucratif (92%) et le public (90%) », note-t-elle.

Par ailleurs, les interventions destinées aux proches aidants les plus souvent proposées par les établissements sont le soutien psychologique ponctuel et les entretiens et rencontres sur demande.

FMA – lettre de l’observatoire 52

La fondation détaille également, dans son document, l’évolution depuis 2011 de l’implication des établissements d’hébergement et des accueils de jour dans ces types d’intervention pour les personnes malades.

Valérie Lespez

Journaliste



La vaccination contre la grippe saisonnière, c’est le moment !

30 octobre 2018

La grippe peut entrainer des complications graves, en particulier pour les personnes âgées, les patients atteints de maladies chroniques ou les femmes enceintes. En Occitanie, plus d’un million de personnes fragiles sont concernées et doivent se faire vacciner sans attendre. C’est une priorité de santé publique pour l’Assurance Maladie et l’Agence Régionale de Santé.

Corps de texte

Un parcours vaccinal simplifié

Pour encourager et faciliter l’adoption de cette habitude, le parcours vaccinal a été simplifié. Ainsi, depuis le début de la campagne de vaccination lancée le 6 octobre dernier, toutes les personnes majeures pour qui la vaccination antigrippale est recommandée (personnes de 65 ans et plus, les personnes atteintes de certaines maladies chroniques tels qu’un diabète, une insuffisance cardiaque ou respiratoire, ainsi que les femmes enceintes, les personnes obèses, etc.) peuvent désormais retirer leur vaccin à la pharmacie, sur simple présentation de leur bon de prise en charge de l’Assurance Maladie.

Elles peuvent ensuite se faire vacciner par le professionnel de santé de leur choix : infirmier, médecin, sage-femme. Dans la région Occitanie, des pharmaciens volontaires ayant eu un avis favorable de l’ordre des pharmaciens et autorisés par l’ARS peuvent aussi vacciner. Voir la liste des pharmaciens

Pour les personnes de moins de 18 ans, la prescription médicale reste indispensable.

L’Agence régionale de santé Occitanie est mobilisée pour développer la couverture vaccinale contre la grippe en Occitanie. Au cours de l’hiver dernier, 250 cas graves de grippe ont été pris en charge par les services de réanimation dans les hôpitaux de la région. Près de 6000 personnes sont passées aux urgences pour une grippe ou un syndrome grippal. Pour éviter ces complications, plus d’un million de personnes fragiles doivent se faire vacciner sans attendre en Occitanie.

L’ARS Occitanie invite également les professionnels de santé à se faire vacciner contre la grippe, pour se protéger eux-mêmes et pour protéger leurs patients. Leur taux de vaccination reste encore insuffisant dans les établissements de santé et médico-sociaux. Cette priorité concerne aussi les personnels soignants des établissements qui accueillent des personnes âgées : l’hiver dernier 145 cas groupés d’infections respiratoires aigües ont été pris en charge dans des Ehpad de la région.

 

 

Maltraitance et négligence en Ehpad: l’organisation et la formation en question

Article30/10/2018

Pour Maurice Beccari, ancien directeur général de la Fédération nationale pour l’inclusion des personnes en situation de handicap sensoriel (Fisaf), certaines maltraitances envers les personnes âgées en Ehpad relèvent surtout de négligences à imputer à l’organisation, alors que d’autres sont le fruit d’une « méconnaissance totale des personnes accompagnées ».

Dans un récent avis, le défenseur des droits a repris à son compte la notion de « maltraitance institutionnelle » dans le médico-social, qui résulte selon lui d’absence de réaction à des actes isolés, mais peuvent être causée aussi par l’établissement lui-même.

Sur la même ligne, Maurice Beccari, membre de la commission permanente sur la bientraitance des personnes vulnérables, a souligné le lien entre la maltraitance envers les personnes accompagnées et celle envers les salariés lors du colloque national 2018 de la Fédération 3977 contre la maltraitance des personnes âgées et des adultes handicapés fin octobre.

La Fédération nationale pour l’inclusion des personnes en situation de handicap sensoriel et dys en France (Fisaf), dont il a été le directeur général pendant 22 ans, est une fédération de professionnels, a-t-il rappelé. Elle fédère, selon son site internet, 170 associations, établissements et services qui accueillent, forment et accompagnent plus de 15.000 personnes en situation de handicap sensoriel et dys grâce à un réseau de 4.000 professionnels représentant plus de 20 métiers.

« Dans une organisation, une institution, une association, une des premières choses à faire, c’est de travailler à la bientraitance de ses propres salariés parce que s’il y a maltraitance, elle peut être involontaire -le stress collectif, le manque de financement, des cadences accélérées […]- et il y a parfois des maltraitances par négligence qui sont dues à l’organisation ».

« Toutes les organisations devraient travailler sur ces questions de bientraitance des salariés », a-t-il insisté. « Paradoxalement -et il serait intéressant d’étudier d’une manière ‘psy’ ce paradoxe…-, dans le secteur médico-social et dans le secteur de l’économie sociale et solidaire, cette question-là n’est pas travaillée », a-t-il asséné. « C’est très bizarre. »

Par ailleurs, « parfois, la maltraitance est une conséquence de la méconnaissance totale des personnes accompagnées », a-t-il avancé, évoquant une expérience menée dans le centre de formation de la Fisaf avec des Ehpad du groupe Korian et la Croix-Rouge.

« Dans certains Ehpad, on ne connaît absolument rien aux conséquences des déficits sensoriels sur les personnes d’un âge avancé. Il y a, -même aussi chez les ‘ophtalmos’, les ORL-, une forme de naturalité de la dégénérescence chez les personnes en disant ‘c’est normal, il ne voit plus rien, il est vieux' » et donc, on ne fait rien pour améliorer la qualité de vie. « Et bien non! », a-t-il martelé.

« Cette méconnaissance est inscrite dans les gènes culturels des infirmières, des personnes qui accompagnent », a-t-il poursuivi. Il a rapporté l’histoire d’un résident d’Ehpad qui se plaçait, à partir d’une certaine heure, dans un coin de la salle de télévision de son établissement et se mettait à crier. Le personnel soignant parlait de « crise de démence ». Or « on s’est aperçu que son appareil auditif, qu’il mettait on ne sait pas pourquoi [à ces moments-là], était mal réglé et que les larsens avec la télé provoquaient des sons aigus » dans son oreille… « Il se lamentait, mais il n’était pas du tout dans une démence sénile. »

« Il y a beaucoup de maltraitances involontaires, par négligence », a-t-il conclu sur le sujet. « Cette maltraitance involontaire est encore plus dévastatrice, car elle pourrait facilement être éloignée, puisqu’il s’agit simplement de formation, d’acculturation… », a-t-il souligné.

« Maltraitants par défaut »

Un peu plus tôt dans la journée, Danièle Langloys, présidente d’Autisme France, avait également évoqué la méconnaissance de certains professionnels sur les troubles des personnes accompagnées et appelé à « la reconstruction de toutes les formations initiales et continues des professionnels ».

« Les professionnels ne s’aperçoivent pas qu’ils sont maltraitants par défaut. […] Quand on ne sait pas qu’on est maltraitant parce qu’on n’a pas eu la formation qui nous permet de repérer la maltraitance et d’y faire face, bien entendu, on est en difficulté », a-t-elle souligné.

Les professionnels « deviennent maltraitants faute de mieux, parce qu’on ne leur a pas appris d’autres formes d’intervention qui pourraient remédier à ces maltraitances et surtout faire en sorte qu’elles n’existent pas », a-t-elle insisté.

Lors du colloque, la secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, a annoncé « une nouvelle stratégie nationale de prévention et de lutte contre la maltraitance des personnes vulnérables » qui doit se décliner dans « un plan d’action pluriannuel (2019-2022) ».

Valérie Lespez

 

 



« Maltraitance institutionnelle »: le nécessaire déclic des directeurs

Article29/10/2018

Au tour du défenseur des droits de reprendre à son compte la notion de « maltraitance institutionnelle » dans les structures médico-sociales, et notamment dans les Ehpad. Dans un récent avis, il appelle à lever ce « tabou » et exhorte les directions d’établissement à prendre « conscience » d’un tel risque pour mieux l’anticiper.

Non, la maltraitance n’est pas le fait, seulement, d’actes isolés. Oui, elle peut se transformer en « maltraitance institutionnelle » en cas d’absence de réaction à ces actes. Et oui, l’établissement lui-même, peut être cause de maltraitance. C’est ce qu’explique le défenseur des droits dans un avis daté du 11 octobre, écrit à la demande de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale dans le cadre de la mission « solidarité, insertion et égalité des chances » du projet de loi de finances (PLF) 2019.

« La violence peut être envisagée comme une violence qui n’est pas seulement la résultante d’un acte, mais peut également trouver son origine dans la non-action, la non-réponse et donc la non-prise en considération des besoins de la personne concernée », y définit le défenseur des droits.

« La nature même de l’institution et la particulière vulnérabilité […] des personnes dépendantes, sont des facteurs de risque », ajoute-t-il.

Concernant « la maltraitance institutionnelle à l’égard des personnes dépendantes », le défenseur des droits rappelle que « plus de 20% des réclamations » traitées par son pôle droits des malades et dépendance concernent des maltraitances ou négligences dans des établissements de santé ou médico-sociaux  et que, « sur cette base, 80% des dossiers concernent le secteur médico-social et plus particulièrement les Ehpad ».

De plus, ses services « sont confrontés à des événements qui se produisent sans témoin et dans des conditions amenant à constater qu’il existe encore des espaces de non-droit », et qui sont le fait de « professionnels dont l’éthique et la déontologie ne font plus partie de leur référence ».

La tentation de « chercher un coupable »

Après avoir décrit les différents types de maltraitances ou négligences dans les Ehpad dont il est saisi, le défenseur des droits assure que la maltraitance institutionnelle y « reste encore taboue ».

« Au sein des établissements médico-sociaux, un acte de malveillance peut rester un acte isolé, individuel, si l’institution réagit rapidement et de manière proportionnée pour y mettre fin et éviter que l’acte ne se reproduise », souligne-t-il. Mais, « bien souvent, la maltraitance peut être qualifiée d’institutionnelle dans la mesure où l’institution laisse les faits perdurer ou se reproduire sans réagir », assène-t-il.

Il précise que la maltraitance institutionnelle « ne dilue pas les réponses individuelles mais souligne les responsabilités propres de l’institution dont la raison d’être est la protection des personnes vulnérables ».

Il assure aussi que « ces institutions ont encore des difficultés à accepter l’idée de leurs propres défaillances », tout en reconnaissant que « l’annonce d’un acte de maltraitance demeure un moment très difficile pour une institution et pour l’image qu’elle souhaite donner d’elle-même ».

Le défenseur des droits écrit également que « la maltraitance institutionnelle est plus diffuse, plus difficile à mettre au jour, à dévoiler et à faire cesser que les actes de maltraitance individuelle » et souligne que « sa prévention suppose la prise de conscience par les directions d’établissement d’un risque inhérent à toute institution et son anticipation, comme pour tous les risques pris en compte ».

Il estime que « les directions […] peuvent être tentées de chercher un coupable pour réduire la maltraitance en acte individuel » et que « le sentiment de culpabilité, dans l’équipe des professionnels, peut devenir un obstacle à la prévention et au traitement de la maltraitance, mais aussi à la prise en charge de la victime ».

Promouvoir la compréhension des situations de maltraitance

Le défenseur des droits liste ensuite les « problématiques liées à la structure elle-même » et qui « participent de la maltraitance institutionnelle », comme l' »accueil contre la volonté d’une personne ou un accueil inadapté à ses difficultés », l’accueil dans « une résidence très éloignée de la famille », l’accueil « totalement inadapté » comme celui de jeunes majeurs en situation de handicap orientés par les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) en maison d’accueil spécialisé (MAS) mais « placés en Ehpad ».

Il souligne aussi que « la plupart des saisines sont la conséquence de l’insuffisance des moyens humains et financiers ».

En regard, il recommande d’abord d' »améliorer la connaissance du phénomène de maltraitance » et d' »initier une campagne d’information grand public sur la lutte contre la maltraitance des personnes dépendantes en institution ».

Il réclame aussi « les moyens nécessaires pour améliorer la prise en charge des soins dans les Ehpad » en favorisant la télémédecine, « la présence infirmière la nuit en établissement afin de réduire les transferts ‘inutiles' » et l’attribution d’un « montant forfaitaire aux Ehpad situés dans les zones les moins pourvues en médecins généralistes pour permettre une prescription médicale hebdomadaire ».

Le défenseur des droits préconise également de « promouvoir l’identification, le signalement et la compréhension des situations de maltraitance en accompagnant les professionnels dans la mise en oeuvre de la bientraitance », de « renforcer la coordination des acteurs par la mise en place d’observatoires régionaux », de mettre en place un dispositif de médiation « effectif  » dans les établissements médico-sociaux, d’améliorer le dispositif d’évaluation de la qualité dans le secteur et d’engager une réflexion sur la liberté d’aller et venir.

Valérie Lespez

 

 



Maltraitance des personnes vulnérables: Sophie Cluzel promet un « plan d’action 2019-2022 »

Article29/10/2018

La secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel, a annoncé « une nouvelle stratégie nationale de prévention et de lutte contre la maltraitance des personnes vulnérables » dans le cadre d' »un plan d’action pluriannuel (2019-2022) ». Il s’agira surtout de renforcer les interventions et la prévention à domicile et auprès des personnes isolées et handicapées.

La lutte contre la maltraitance, un sujet doublement clé pour les Ehpad, qui, outre les personnes très âgées, vont de plus en plus être confrontés à l’accueil de personnes handicapées vieillissantes.

« Le gouvernement a décidé d’engager une nouvelle stratégie nationale de prévention et de lutte contre la maltraitance des personnes vulnérables pour mieux repérer, prévenir et traiter les situations de maltraitance, pour mieux diffuser les pratiques, dispositifs et outils existants, pour mieux sensibiliser le public et les professionnels, mais aussi les chercheurs et la société civile », a annoncé la secrétaire d’Etat le 24 octobre lors du colloque national annuel de la Fédération 3977 contre la maltraitance des personnes âgées et des adultes handicapés.

« Cette nouvelle stratégie se déclinera dans un plan d’action pluriannuel (2019-2022) », a-t-elle ajouté, soulignant que les travaux conduits au sein de la commission permanente bientraitance-maltraitance contribueront à le nourrir.

« Il nous faudra notamment réfléchir sur les différentes possibilités d’intervention dans le cadre des maltraitances familiales à domicile qui sont aujourd’hui majoritaires », a-t-elle spécifié.

« Je souhaite également que nous puissions accroître la prévention, l’information et la sensibilisation en direction des personnes les plus isolées, isolées géographiquement ou socialement. Il me paraît enfin capital d’améliorer la connaissance de ce phénomène, notamment pour les personnes en situation de handicap, car la première façon de lutter contre ce fléau est bien de le rendre visible », a-t-elle aussi souligné.

Rendu imminent du rapport de la commission sur la bientraitance

Interrogé en marge du colloque par APMnews, Alain Koskas, le président de la Fédération 3977 contre la maltraitance et membre de la commission permanente, a indiqué que la commission devait remettre son rapport en décembre.

Il a précisé que ce rapport allait être « très centré sur le traitement des alertes », à la fois « le circuit » d’une alerte, mais surtout « le retour que l’on doit faire aux alerteurs ».

Lors de son intervention, Sophie Cluzel a souligné que « les chiffres [de la maltraitance], même encore sous-estimés, sont loin d’être anodins ». Ainsi, « fin 2017, on comptait ainsi 724 situations avec maltraitance dont 53% de femmes et 43% d’hommes ».

« Comme pour les personnes âgées, les maltraitances [envers les personnes handicapées] sont surtout détectées au domicile (78% contre 21% en institution) et la forme de maltraitance la plus courante est la maltraitance psychologique (40%) puis viennent ensuite les maltraitances physiques à domicile (22%) et la négligence passive et médicale en institution », a-t-elle détaillé.

« La maltraitance envers les personnes handicapées, en raison de la nature même du handicap, peut être par ailleurs amplifiée par certains facteurs. En effet, le handicap, qu’il soit physique, mental ou sensoriel nécessite d’entreprendre des actions éducatives et soignantes. Dès lors, cette relation de dépendance devient potentiellement une relation à risque », a-t-elle aussi convenu.

Valérie Lespez

 



Nutrition et gaspillage alimentaire: et si votre Ehpad était accompagné?

Article26/10/2018

La Fnaqpa et le groupe associatif Adef résidences lancent le projet « Maison gourmande et responsable »: ils vont sélectionner 500 Ehpad de tous statuts partout en France pour les accompagner deux ans, moyennant une petite participation, sur les enjeux liés à la dénutrition et au gaspillage alimentaire. Seul impératif, disposer d’une cuisine sur place. Vous pouvez postuler jusqu’au 11 janvier!

En Ehpad, « plus de 2 millions de repas sont chaque jour servis à 600.000 résidents ». Cela engendre « plus de 115.000 tonnes de nourriture » jetées tous les ans « alors que, dans le même temps, près de 45% des résidents souffrent de dénutrition (souvent antérieure à leur arrivée en établissement) », rappellent la Fédération nationale avenir et qualité de vie des personnes âgées (Fnaqpa) et le groupe associatif d’Ehpad Adef résidences dans leur note de présentation de « Maison gourmande et responsable ».

Lancé mi-octobre, ce projet de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) vise à « améliorer la satisfaction des personnes âgées », « diminuer le nombre de personnes souffrant de dénutrition » et enfin « réduire le gaspillage alimentaire de l’établissement de 30 à 50% ».

Le postulat? Le fait de diminuer le gaspillage alimentaire entraîne la réduction du nombre de personnes âgées dénutries « lorsque les économies réalisées sont réinvesties pour la qualité dans l’assiette (produits, personnalisation…) et la satisfaction des résidents ».

Soutenu par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et par le réseau de régimes de retraite Agirc-Arrco, et en partenariat avec la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs (Fehap), le Syndicat national des établissements et résidences privés pour personnes âgées (Synerpa), la Fédération nationale des directeurs d’établissements et services pour personnes âgées (Fnadepa) et l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap), le projet a pour ambition « d’accompagner 500 Ehpad en France » pendant deux ans « dans la mise en oeuvre de cette démarche à la fois interne et collective (réseaux régionaux et nationaux). »

Le projet se déroulera en quatre étapes:

  • sélection des 500 Ehpad
  • définition d’une photographie personnalisée de la situation de chaque établissement pour aboutir à une photographie nationale
  • accompagnement des établissements
  • en janvier 2021, diffusion des résultats et d’une boîte à outils pour inciter d’autres Ehpad à se lancer à leur tour.

L’appel à candidatures est ouvert à tous les Ehpad de France (outre-mer inclus), sans distinction de taille ou de statut. Seul impératif, disposer d’une cuisine sur place (qu’elle soit autogérée ou déléguée) et s’engager à participer activement à l’ensemble du projet.

Vous pouvez postuler sur ce lien jusqu’au 11 janvier 2019.

Si vous êtes choisi, la contribution demandée sera de 700 € par an et par établissement, soit 1.400 € pour l’ensemble du projet. Une participation « à relativiser au regard des journées de formation, de l’outillage et du retour sur investissement escompté », soulignent la Fnaqpa et Adef résidences.

Un exemple pour se motiver? Dans l’Ain, l’Ehpad associatif Saint-Joseph de Jasseron est passé de 11,5 à 2,2 tonnes de déchets par an, soit 40.000 euros d’économies, en faisant la guerre au gaspillage alimentaire.

La Rédaction

 



Revivez l’odyssée des « mémés s’éclatent » au Parlement

Article25/10/2018

Les 5 « mémés » C. Beucler, P. Mercier, J. Dupré, C. Bazar et M. Cassis à l’Assemblée nationale avec M. Bovée, la directrice d’Ehpad et le député F. Barbier – Crédit: Ehpad du parc à Audincourt

Cinq « mémés » qui avaient buzzé avec un clip punk au printemps dernier, dont deux résidentes de l’Ehpad communal du Parc d’Audincourt (Doubs), ont été reçues mi-octobre à l’Assemblée nationale et au Sénat pour porter la cause des « vieux ». Maryline Bovée, la directrice de leur établissement, relate leur épopée à Gerontonews.

Paquerette Mercier et Mauricette Cassis sous les ors de la République – Crédit: Ehpad du parc à Audincourt

C’est l’histoire de deux résidentes de l’Ehpad communal du Parc d’Audincourt, dans le Doubs, et de trois dames âgées aidées par l’association belfortaine Colchique (Belfort), qui se sont retrouvées les 16 et 17 octobre sous les ors de la République, à Paris, pour hisser haut les couleurs du grand âge et porter un message d’inclusion auprès des pouvoirs publics.

Comment en sont-elles arrivées là?

Tout a commencé par un clip décalé concocté par l’équipe animation de l’établissement. Crête punk, skate, cigarette… les « mémés s’éclatent », comme elles se font appeler, y explosaient les codes de la vie en Ehpad.

Au départ diffusé lors du colloque « Citoyennâge » -initié par l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA)- fin avril à Sochaux, il a fini sa carrière sur YouTube, dans une vidéo qui cumule… près de 300.000 vues.

Un succès auquel Maryline Bovée, la directrice très engagée de l’Ehpad de 115 résidents, ne s’attendait pas. Elle a donc profité de l’élan médiatique impulsé pour aller plus loin.

Reste à charge, financement d’un risque dépendance, reconnaissance des personnes âgées en perte d’autonomie et des malades d’Alzheimer… ces combats relèvent « d’une politique de solidarité nationale », qui soit « ambitieuse et courageuse », a-t-elle souligné auprès de Gerontonews le 19 octobre.

La délégation dans l’Hémicycle de l’Assemblée nationale – Crédit: Ehpad du parc à Audincourt

Maryline Bovée a donc sollicité des élus du Doubs, Martial Bourquin, sénateur socialiste, et Frédéric Barbier, député LREM, qui se sont rendus à l’Ehpad au printemps, puis ont eux-mêmes invité les « chanteuses » au Parlement, relate la directrice.

Elle avait fait cette annonce début septembre lors du congrès des âges et du vieillissement, à Paris, où elle s’était rendue accompagnée de cinq des six « mémés » du clip.

Objectif Emmanuel Macron…

L’équipée dans la cour du Sénat – Crédit: Ehpad du parc à Audincourt

Le 16 octobre, elles sont revenues à la capitale accompagnées de quatre professionnelles de l’Ehpad (animatrice, psychologue, ergothérapeute et responsable RH) pour une visite guidée du Sénat. Martial Bourquin les a ensuite reçues « avec le champagne ».

L’occasion pour ces dames de porter leur message principal, qui est de « donner priorité » au grand âge et de « faire évoluer différentes situations dans le bon sens, avec, et surtout, du personnel en nombre ».

Les « mémés » avaient pour ambition d’être reçues à l’Elysée et de rencontrer Agnès Buzyn, la ministre des solidarités et de la santé, mais cela n’a finalement pas été possible, regrette la directrice de l’Ehpad.

L’équipée a toutefois croisé inopinément le premier ministre, Edouard

Le sénateur Martial Bourquin, le premier ministre Edouard Philippe et Maryline Bovée, directrice de l’Ehpad – Crédit: Ehpad du parc à Audincourt

Philippe, qui a pris quelques minutes pour la saluer et a pris « bonne note » du souhait de rencontrer le président de la République.

Mauricette Cassis survole Paris en ballon – Crédit: Ehpad du parc à Audincourt

Le lendemain, elles ont retrouvé le député Frédéric Barbier, qui avait organisé un survol de Paris en ballon, une visite de l’Assemblée nationale et un déjeuner au restaurant en présence de Ian Boucard, le député LR de la première circonscription du Territoire de Belfort.

… et Jean-Paul Gaultier

A nouveau une occasion pour les visiteuses d’exprimer leurs doléances au nom de l’équipe Citoyennâge du Doubs: rappeler que les résidents ne « demandent pas grand-chose », si ce n’est de se voir « accorder de l’attention » et « d’être considérés comme des citoyens ». Quant au personnel en établissement, il souhaite voir ses missions reconnues et considérées.

Ne restait plus qu’aux dames à remettre aux élus des cartons faits maison pour inviter Emmanuel et Brigitte Macron à l’Ehpad. Sur ce point, Maryline Bovée ne « lâche rien » et fait « le pari » de la réussite.

Si elle espère que la loi dépendance annoncée pour fin 2019 « aboutira à quelque chose », elle se dit « sceptique », de nombreuses montagnes ayant déjà accouché de souris dans ce domaine, selon elle.

Prochaine étape, l’organisation par les députés Frédéric Barbier et Ian Boucard d’Assises avec les familles et les résidents de l’Ehpad afin de recueillir des propositions qu’ils remettront à l’Assemblée nationale et au gouvernement.

Autre projet, un documentaire prévu pour France 3, qui devrait s’étendre sur plusieurs mois afin de rendre compte d’un défilé de mode décalé organisé dans l’Ehpad du Parc à Audincourt.

Le nouveau défi de Maryline Bovée? Solliciter Jean-Paul Gaultier pour créer les costumes, même si elle n’a pas l’ombre d’une piste pour contacter le grand couturier.

« On essaie d’être innovants. Si on se dit ‘les résidents vont être fatigués’ ou ‘on n’a pas les moyens’, on ne fait rien! », martèle cette directrice qui prône la « positive attitude ».

Les déplacements parisiens ont en partie été financés par une enveloppe allouée par les élus d’Audincourt (600 €), une cagnotte en ligne (1.200 €), et par un vide-grenier organisé à l’Ehpad (plus de 1.000 €).

L’établissement a complété « sur les budgets animation et formation », relate Maryline Bovée, selon laquelle « il faut se donner les moyens » d’atteindre son but.

Vous voulez revoir le clip des « mémés s’éclatent »? Yo!

Claire Beziau

 

 



Pierre Ricordeau officiellement nommé directeur général de l’ARS Occitanie

Article25/10/2018

Connu pour avoir joué le rôle de médiateur entre le ministère des solidarités et de la santé et les fédérations d’Ehpad sur le sujet de la réforme de la tarification, Pierre Ricordeau va remplacer Monique Cavalier à compter du 5 novembre à la tête de l’ARS Occitanie.

Ricordeau

Pierre Ricordeau, inspecteur général des affaires sociales, n’était jusqu’ici que pressenti pour prendre la tête de l’agence régionale de santé (ARS) Occitanie.

Il a été officiellement nommé à ce poste le 24 octobre en conseil des ministres, et débutera sa mission le 5 novembre.

Diplômé de l’Essec et de l’Institut des actuaires français, ancien élève de l’ENA (promotion Victor Hugo), Pierre Ricordeau a intégré l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) en 1991.

En 1995, il a été nommé adjoint au chef de bureau sur les transferts sociaux à la direction de la prévision au ministère de l’économie et des finances.

En 1996, il a rejoint la direction de la sécurité sociale (DSS) où il a occupé successivement les postes d’adjoint au sous-directeur du financement et de l’offre de soins (1997-1998), de chargé de fonctions de sous-directeur (par intérim) du financement et de l’offre de soins (1998-1999), de sous-directeur du financement et de l’offre de soins (1999-2000), de sous-directeur du financement du système de soins (2000-2001) et de sous-directeur des études et des prévisions financières (2001-2003).

Puis il a été chef de service, adjoint au directeur de la sécurité sociale (2003-2005).

Il a dirigé l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) de juillet 2007 à avril 2013, puis a été nommé secrétaire général adjoint des ministères chargés des affaires sociales. Il est devenu secrétaire général en septembre 2014 puis a quitté ce poste en novembre 2017.

Il est connu du secteur des Ehpad pour avoir été choisi comme « médiateur » entre le ministère des solidarités et de la santé et les fédérations d’établissements, en janvier 2018.

Cette mission l’a conduit à remettre, en avril, un rapport dans lequel il a fait des propositions sur la mise en place de la réforme de la tarification.

Depuis le 1er octobre, il fait partie du conseil d’orientation présidé par Dominique Libault et chargé de chapeauter la consultation « grand âge et autonomie ».

Pierre Ricordeau va succéder à Monique Cavalier, qui dirige l’ARS depuis janvier 2016 après avoir piloté celle de l’ex-région Midi-Pyrénées. Elle doit faire valoir ses droits à la retraite très prochainement.

La Rédaction

 

 


Développement durable | 23/10/2018

 

La nouvelle donne de l’alimentation collective va concerner les acteurs sociaux

par Nathalie Levray

© Tom_Bayer-AdobeStock

La loi Alimentation oblige les établissements de santé, sociaux et médico-sociaux a progressivement faire passer leurs restaurants collectifs aux produits de qualité, biologiques et aux alternatives végétariennes. L’aide alimentaire devient un des outils des collectivités pour participer à la lutte contre la précarité alimentaire des personnes vulnérables.

Définitivement adoptée le 2 octobre 2018, la loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous change la donne de l’alimentation collective sur trois points.

Objectif 20 % de produits bios

Les personnes publiques, les établissements d’accueil des enfants de moins de 6 ans ainsi que les établissements de santé, sociaux et médico-sociaux qui relèvent des personnes privées devront obligatoirement servir ou faire servir des produits biologiques, locaux ou écologiques à la table de leurs restaurants collectifs, gérés directement ou en concession.

Les repas devront être composés d’au moins la moitié de produits de qualité ou durables, en valeur, et les produits bios doivent représenter une part au moins égale à 20 %, en valeur.

Ces pourcentages s’appliquent à compter du 1er janvier 2022. L’achat de produits issus du commerce équitable doit en outre être développé. Un décret précisera la liste des produits figurant déjà dans la loi, les modalités de mise en œuvre de l’obligation, les conditions de son application progressive et les modalités de son suivi.

Obligation d’information

Une obligation d’information annuelle des usagers des restaurants collectifs est instaurée à compter du 1er janvier 2020.

Les gestionnaires des crèches devront informer et consulter régulièrement, par tous moyens utiles, les usagers de leurs cantines sur le respect de la qualité alimentaire et nutritionnelle des repas servis.

Dans les restaurants collectifs à la charge d’une personne morale de droit public ainsi que dans les établissements de santé, sociaux et médico-sociaux qui relèvent des personnes privées, les gestionnaires servant plus de deux cents couverts par jour en moyenne annuelle doivent présenter aux structures dirigeantes un plan pluriannuel de diversification de protéines incluant des alternatives végétariennes dans les repas proposés (art. 24, 29).

Haro sur le plastique

Pour lutter contre les perturbateurs endocriniens, les contenants alimentaires de cuisson, de réchauffe et de service en matière plastique sont interdits dans les restaurants collectifs des crèches.

L’interdiction s’applique à compter du 1er janvier 2025, sauf dans les collectivités territoriales de moins de 2 000 habitants, pour lesquelles la date butoir est repoussée au 1er janvier 2028. Dès le 1er janvier 2020, les bouteilles en plastique sont interdites (art. 28).

Situations de vulnérabilité

Les centres communaux et intercommunaux d’action sociale deviennent un acteur de la lutte contre la précarité alimentaire, aux côtés de l’État et de ses établissements publics, des collectivités territoriales, des acteurs économiques et des associations concernées.

Intégrée via un nouveau chapitre VI dans le code de l’action sociale et des familles (titre VI du livre II), cette politique publique doit favoriser l’accès à une alimentation sûre, diversifiée, de bonne qualité et en quantité suffisante aux personnes en situation de vulnérabilité économique ou sociale.

Aide alimentaire accompagnée

L’aide alimentaire, nouvellement définie à l’article L.266-2 du CASF, en devient un de ses volets et s’assortit obligatoirement de la proposition d’un accompagnement.

L’aide alimentaire sera obligatoire pour certains opérateurs de la restauration collective, publique comme privée, dans le cadre de la lutte contre le gaspillage alimentaire.

Une ordonnance, à intervenir dans un délai de douze mois de la loi, imposera en effet à tous les opérateurs de la restauration collective, publique comme privée, d’y participer en incluant l’approvisionnement durable (art. 61, 88, II).

Références

Thèmes abordés

Sommaire du dossier

 

 


Veille juridique | 15/10/2018

 

Les textes officiels parus entre le 1er et le 15 octobre 2018 par Véronique Garcia

 

Jurisprudence

Textes officiels

 

Le Point consacre un dossier à la dépendance

Brève18/10/2018

La une du Point le 18 octobre 2018

« Peut-on encore vieillir en France? » interroge la une du Point paru ce 18 octobre.

Derrière le titre un brin provocateur se cache un dossier plutôt fouillé sur le vieillissement de la population française.

L’hebdomadaire propose d’abord une enquête exposant dans l’Hexagone les enjeux démographiques et financiers conséquents à venir. Elle reprend des données de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), de la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et du think tank Matière(s) Grise(s).

Sur le financement, un encadré expose une proposition de l’ex-député socialiste de l’Essonne Jérôme Guedj, qui évoque, comme beaucoup d’observateurs du secteur, l’idée de la pérennisation de la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS), laquelle a vocation à disparaître en 2024.

S’ensuit un entretien avec la philosophe Cynthia Fleury sur la place de nos « vieux » dans la société, puis un résumé des pistes potentielles pour financer un 5e risque.

Le dossier se clôt par un « guide » de la perte d’autonomie qui informe les lecteurs sur les démarches à initier et les aides à solliciter lorsqu’un proche est concerné.



Des solutions au casse-tête de l’urgence de nuit en Ehpad

Article17/10/2018

Patrick Pelloux, Olivier Hanon et Renaud Marin La Meslée le 15 octobre 2018 aux Assises nationales des médecins coordonnateurs en Ehpad – Crédit: Patrick Dagonnot/EHPA

Comment mieux gérer l’urgence nocturne en Ehpad? Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France, milite pour « un protocole téléphonique » entre établissements et Samu, élargi aux week-ends et jours fériés. Quant à Renaud Marin La Meslée, président du Syndicat des généralistes et gériatres intervenant en Ehpad, il invite à repenser l’organisation des soins en établissement.

En Ehpad, la gestion des urgences peut s’apparenter à un vrai casse-tête une fois le soleil couché, comme l’a décrit Patrick Pelloux aux 17es Assises nationales des médecins coordonnateurs en Ehpad, organisées les 15 et 16 octobre par la société EHPA.

« Au Samu de Paris, j’ai régulièrement des appels angoissés de personnels d’Ehpad la nuit, le médecin coordonnateur n’est pas joignable, ce que je peux comprendre à 3h du matin, les dossiers sont inaccessibles et cela devient très compliqué. La seule solution à l’heure actuelle, c’est de prendre une ambulance et d’aller aux urgences », a raconté pour sa part Patrick Pelloux.

Et quand la personne âgée arrive aux urgences, « il n’y a pas le dossier, on va tout recommencer à zéro et il n’y a pas les souhaits de la personne pour savoir si elle peut être réanimée ou pas… Bref, on se retrouve avec des questions extrêmement compliquées », a-t-il poursuivi.

Il a aussi souligné « l’erreur », à son sens, d’avoir « spécialisé la gériatrie, la médecine générale, la médecine d’urgence » et d’avoir « créé des disciplines en silos […] où chacun a envie de faire ce qu’il a dans son silo et ne s’occupe pas de ce qui se passe à côté ».

« Cela pose un problème de coopération entre les systèmes et tout le monde a à y perdre dans cette désorganisation », a-t-il insisté.

Interrogé sur les différents documents de liaison qui existent pourtant déjà entre les Ehpad et les services d’urgence –dossier de liaison d’urgence (DLU), fiche de liaison – Patrick Pelloux a assuré qu’ils étaient utilisés de manière « marginale », suscitant des murmures désapprobateurs dans la salle. « Cela pourrait être mieux, on pourrait travailler de manière beaucoup plus étroite », a-t-il insisté.

L’urgentiste a estimé qu’il fallait améliorer « la transmission d’informations, l’anticipation sur les patients qui ne vont pas bien », tout en reconnaissant que « nous sommes au début de la pénurie de médecins urgentistes en France » et que de ce fait, « on est au cas par cas selon les régions ».

« Il faut que les Ehpad aient un protocole téléphonique avec le Samu, je suis prêt à travailler là-dessus avec vous, et il faut aussi protocoliser l’arrivée des sapeurs-pompiers », a-t-il proposé.

« Quand vous mettez bout à bout le travail de nuit de 18h à 8h du matin, les jours fériés, que vous rajoutez le samedi à partir de 14h et le dimanche, cela représente 65% du temps; ce qui veut dire que 65% du temps, le système de santé français est en permanence des soins… C’est donc le principal mode d’accès aux soins », a insisté Patrick Pelloux.

Et il a donné l’exemple de SOS Médecins « qui fait du très bon travail, mais qui sélectionne ses interventions » et « préfère ne pas aller en Ehpad de peur de ne pas être payé ». « Il n’y a pas d’obligation, et c’est cela qui pose problème », a-t-il assuré.

Cela dit, a relativisé Renaud Marin La Meslée, président du Syndicat des généralistes et gériatres intervenant en Ehpad (SNGIE), « la nuit et le week-end sont des périodes difficiles, mais l’hospitalisation des résidents en Ehpad n’est pas ce qui occupe l’urgentiste de façon majoritaire », même si « l’urgence face à la personne âgée est très compliquée, car elle exige une prise en charge globale ».

« Casser la cassure effrayante » entre le jour et la nuit

Interrogé sur les astreintes infirmières la nuit en Ehpad, pour lesquelles le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2019 prévoit, comme la LFSS 2018, une enveloppe de 10 millions d’euros, Renaud Marin La Meslée a estimé qu’il fallait « se poser la question de l’allocation de ressources rares ». Et « ce qui va le plus profiter à la qualité de vie au quotidien des résidents, c’est d’avoir davantage de personnes au jour le jour pour s’occuper d’elles », a-t-il ajouté.

« Je ne suis pas opposé aux infirmières de nuit… une fois qu’on aura comblé le déficit de soignants de jour », a-t-il résumé, sous les applaudissements nourris des médecins coordonnateurs dans la salle.

« Pour moi, la meilleure gestion de l’urgence, c’est un urgentiste qui vient dans l’Ehpad », a dit Renaud Marin La Meslée, président du Syndicat des généralistes et gériatres intervenant en Ehpad (SNGIE),

« Le bon sens voudrait que l’on installe dans tous les endroits où il n’y en a pas, ou plutôt plus […], des effecteurs de nuit dans les permanences de nuit », a-t-il ajouté.

Mais il a aussi remarqué qu’il était sans doute possible d’améliorer l’organisation des Ehpad. « Il y a des organisations des soins qui permettent de casser cette espèce de cassure effrayante pour la majorité des résidents et de leurs familles, qui est de passer, en une demi-heure, de 35 présents à deux présents dans le personnel. C’est difficile à corriger, mais cela peut quand même être amélioré, par exemple en faisant partir en sifflet les soignants de jour -une aide-soignante part à 19h30, une autre à 20h, une autre à 20h30…- et en faisant arriver en sifflet les soignants de nuit, avec une décroissance plus progressive du nombre de personnel », a-t-il proposé.

Un peu plus tôt dans le débat, le Pr Olivier Hanon, responsable scientifique de l’étude menée sur les années 2014, 2015 et 2016 en Ile-de-France sur l’impact des infirmières de nuit en Ehpad, avait expliqué qu’il y avait moins d’hospitalisations de résidents après un passage aux urgences, lorsque l’Ehpad avait accès à une infirmière la nuit (37% versus 55% pour les établissements sans infirmière de nuit), et que la durée d’hospitalisation était réduite de quatre jours pour les résidents d’Ehpad avec infirmière de nuit.

En revanche, « le recours aux urgences n’a pas changé », avait-il souligné. « On voit bien les limites du dispositif car les résidents sont adressés aux urgences » dans les mêmes proportions, qu’il y ait, ou non, une infirmière de nuit.

Gérer l’urgence en Ehpad: à lire aussi dans Gerontonews

L’agence régionale de santé (ARS) et la Société de gériatrie et de gérontologie d’Ile-de-France (SGGIF) ont rédigé 20 fiches pratiques afin d’orienter les infirmiers et aides-soignants à gérer des situations d’urgence en Ehpad, en l’absence de médecin sur place.

De son côté, l’ARS Hauts-de-France pilote un projet jusqu’à avril 2020 pour améliorer la gestion des urgences par les Ehpad.

Valérie Lespez

 



D3S en Ehpad: parution de 29 postes de directeurs vacants

Brève17/10/2018

 

Le Journal officiel a publié une trentaine d’avis de vacance d’emplois de directeurs d’établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux (D3S) en Ehpad, ainsi qu’une dizaine pour des postes de D3S adjoints dans le champ gériatrique.

Le Journal officiel a publié le 16 octobre 58 avis de vacance d’emplois de directeur ou directrice d’établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux (D3S).

Parmi eux, 14 postes permettent l’accès à l’échelon fonctionnel de la hors classe, dont quatre concernent des postes de directeur de centres hospitaliers (CH) et d’Ehpad:

  • CH de Crépy-en-Valois (Oise) et Ehpad de La Ferté-Milon (Aisne)
  • Ehpad « Résidence du Duc d’Aumale » à Aumale, Ehpad « Lefèbvre-Blondel-Dubus » à Gaillefontaine et Ehpad « Fondation Beaufils » à Forges-les-Eaux (Seine-Maritime)
  • CH de Vaison-la-Romaine et Ehpad de Malaucène (Vaucluse)
  • CH de Bruyères, CH de Rambervillers et Ehpad de Corcieux et de Bruyères (Vosges).

Parmi les autres avis d’emplois de directeur, 25 concernent des Ehpad:

Département Etablissement
Allier Ehpad « Les Cordeliers » au Donjon
Bouches-du-Rhône Ehpad « Un hameau pour la retraite » à Eyragues et Ehpad « Oustau di Daillan » à Maillane
Cantal Ehpad « Roger Jalenques » à Maurs
Cantal Ehpad « La Mainada » à Pierrefort
Cher Ehpad « Les rives de l’Arnon » à Lignières
Cher Ehpad « les Résidences de Bellevue » à Bourges
Gard Ehpad « Devillas » à Quissac et Ehpad « Le Brestalou » à Corconne
Isère Ehpad de Moirans
Haute-Loire Ehpad « Vellavi » à Saint-Didier-en-Velay
Loiret Ehpad « Petit Pierre » à Fay-aux-Loges
Mayenne Ehpad de Saint-Denis-de-Gastines
Nord Ehpad intercommunal à Boeschepe et Godewaersvelde
Nord Ehpad « Marguerite de Flandre » à Orchies
Nord Ehpad de Houplines
Puy-de-Dôme Ehpad de La-Tour-d’Auvergne
Puy-de-Dôme Ehpad « Les Vallons fleuris » à Brassac-les-Mines
Puy-de-Dôme Ehpad « Charles Andraud » à Sauxillanges
Hautes-Pyrénées Ehpad « Curie Sembres » à Rabastens-de-Bigorre et « Résidence l’émeraude » à Maubourguet
Pyrénées-Orientales Ehpad « Nostra casa » à Saint-Laurent-de-Cerdans
Haut-Rhin Ehpad « Le Séquoia » à Illzach-Modenheim
Haute-Saône Ehpad « La Chansonnière » à Saint-Désert et Ehpad « Maison du champ fleury » à Buxy
Sarthe Ehpad « Communauté des établissements gériatriques de la Vallée de la Sarthe » à Brûlon
Sarthe Ehpad « Delante » à Nogent-le-Bernard
Vosges Ehpad intercommunal « Centre d’hébergement, d’accueil et de soins des Vosges méridionales », à Plombières-les-Bains et au Val-d’Ajol
Yonne Ehpad de l’Isle-sur-Serein, Ehpad de Thizy et Ehpad de Noyers-sur-Serein

Une dizaine d’avis de vacance de postes d’adjoints

Le Journal officiel a par ailleurs publié le 13 octobre un avis de vacance concernant 22 emplois de D3S adjoints, dont 12 concernent des Ehpad ou le champ gériatrique.

  • un poste de chargé de l’Ehpad « La Roussilhe » d’Entraygues-sur-Truyère (Aveyron)
  • un chargé des coopérations territoriales au CH de Semur-en-Auxois et à l’Ehpad de Moutiers-Saint-Jean (Côte-d’Or)
  • un chargé du pôle de gérontologie clinique et de l’Ehpad « Anna Quinquaud » pour les CH de Guéret et de Bourganeuf et pour l’Ehpad de Royère-de-Vassivière (Creuse)
  • un chargé du pôle gériatrie et handicap au CH intercommunal Haute-Comté (Pontarlier) et au CH Saint-Louis d’Ornan (Doubs)
  • un délégué du CH de La-Guerche-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine) et chargé de la filière gériatrique aux CH de Vitré et de La-Guerche-de-Bretagne
  • un directeur adjoint pour le secteur ou département médico-social du CH de Calais et de l’Ehpad de Guines (Pas-de-Calais)
  • un directeur adjoint pour le secteur ou département médico-social du CH de Blois (Loir-et-Cher)
  • un chargé de missions au CH d’Agen-Nerac à Agen et un délégué à l’Ehpad « Les Terrasses » à Puymirol (Lot-et-Garonne)
  • un directeur adjoint au CH d’Argentan et dans les Ehpad de Trun, Ecouche et Carrouges (Orne)
  • un chargé des ressources humaines et des usagers à l’Ehpad « Alfred Blanc » de Faverges et « La Provenche » de Saint-Jorioz (Haute-Savoie)
  • un directeur adjoint au centre de gérontologie « Les Aulnettes » de Viroflay (Yvelines)
  • un référent (pour la fédération de géronto-psychiatrie) et un responsable administratif pour les filières handicap et personnes âgées au centre hospitalier Georges-Mazurelle de La-Roche-sur-Yon (Vendée), spécialisé en santé mentale
  • un chargé des coopérations territoriales au CH de Semur-en-Auxois et à l’Ehpad de Moutiers-Saint-Jean (Côte-d’Or).

La Rédaction



Médecins coordonnateurs: vers un diplôme unique pour contrer la pénurie

Article17/10/2018

Claude Jeandel et Anne David-Bréard au Assises nationales des médecins coordonnateurs le 15 octobre à Paris – Crédit: Claire Béziau/Gerontonews

S’inquiétant de la disparition de la capacité de gérontologie et d’un faible renouvellement des gériatres, plusieurs syndicats et associations finalisent l’élaboration d’un diplôme national unique qui permettrait de former les médecins coordonnateurs d’Ehpad de demain et plus largement, des médecins compétents sur les dispositifs de coordination pour les personnes âgées.

Denrée (souvent trop) rare en Ehpad, les médecins coordonnateurs souffrent en plus d’un contexte peu favorable à leur renouvellement.

« L’heure est grave », ont rappelé le Pr Claude Jeandel, président du conseil national des professionnels (CNP) de gériatrie et Anne David-Bréard, présidente du Syndicat national de gérontologie clinique (SNGC), aux Assises nationales des médecins coordonnateurs en Ehpad, organisées par la société EHPA les 15 et 16 octobre.

Pour commencer, la capacité de gérontologie, qui permettait jusqu’ici à n’importe quel médecin en exercice de pouvoir se réorienter vers la médecine de coordination, est en train de disparaître. Cette suppression « est imposée par les tutelles dès lors que l’on crée une ‘filiarisation’ de la spécialité de gériatrie, ce qui est un non-sens, car [la capacité] était une des rares passerelles dans le parcours professionnel d’un médecin », a lancé Claude Jeandel.

Par « filiarisation », Claude Jeandel évoque la transformation du diplôme d’études spécialisées complémentaires (DESC) en DES, qui oblige depuis 2017 les internes à choisir la gériatrie d’emblée dans leur cursus. Le problème, c’est que cette spécialisation n’attire pas les foules.

« Aujourd’hui, [la gériatrie est devenue] une spécialité de premier choix dès l’internat, en fin de 6e année. C’est très bien, car ça met la gériatrie sur le même pied que les autres spécialités », a commencé Anne David-Bréard. « Mais est-ce qu’on choisit d’être gériatre en début de carrière? Ne faut-il pas avoir un peu de maturité pour faire ce choix? », s’est-elle interrogée.

« Il va falloir du temps pour que les internes prennent l’habitude de choisir d’emblée la gériatrie, sachant qu’une fois qu’ils auront choisi, il n’auront plus d’autre possibilité », a complété Claude Jeandel.

La présidente du SNGC a rappelé qu’en 2017, sur 200 postes ouverts, seuls 171 avaient été pourvus dans toute la France.

En 2018, sur à nouveau 200 postes, « 164 ont été pris », a poursuivi Anne David-Bréard.

Cette situation a conduit certains acteurs du secteur à lancer des campagnes de communication punchy pour encourager les vocations.

« Bien évidemment, on ne peut se satisfaire de ça et de toutes façons, les DES ne serviront pas à renforcer le flot de médecins coordonnateurs nécessaires dans les Ehpad! », a assené Anne David-Bréard.

Certaines universités proposent des diplômes (DU), qui permettent de se former à la médecine de coordination en Ehpad, mais leur contenu est hétérogène.

Une échéance fixée à la rentrée 2019

Pour contrer la pénurie annoncée de médecins coordonnateurs en établissement, et notamment combler la disparition de la capacité, le CNP instruit actuellement « une réflexion collégiale », qui fédère les principaux professionnels du secteur concernés (lire l’encadré). Tout ce petit monde planche sur la création d’un diplôme national unique, en deux ans.

Le futur diplôme national qui aurait vocation à remplacer la capacité de gérontologie

Il s’agirait d’un projet de formation à deux niveaux: un niveau clinique (« module 1: pathologies du sujet âgé ») de 60 heures, sous forme de socle commun, qui durerait un an et collerait à l’une des missions des médecins coordonnateurs, qui est d’être « experts auprès de leurs collègues », a présenté Anne David-Bréard. Ce module « se baserait peut-être sur le programme » de feue la capacité.

Le second niveau, de 60 heures également, concernerait plus spécifiquement la coordination, « ce qui manquait peut-être » à la formation de la capacité. Il permettrait, au choix, de se former au métier de médecin coordonnateur en Ehpad (en choisissant le module 2) ou à celui de médecin des dispositifs de coordination spécifiques aux personnes âgées, comme les parcours Paerpa (avec le module 3).

Les modules 2 et 3 seraient complétés d’un stage pratique (10 jours en Ehpad pour le premier métier, et 20 jours en service gériatrique pour le second) et aboutiraient à un examen écrit.

Cerise sur le gâteau, les diplômés pourraient, moyennant validation d’acquis de l’expérience (VAE), prétendre par la suite s’ils le souhaitent à la qualification de gériatre auprès du Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom).

L’objectif serait de lancer le diplôme à la rentrée universitaire 2019 dans toutes les facultés, à la fois en présentiel et en e-learning pour le rendre accessible. « Il nous reste à vérifier le contenu du module 2 », a précisé Claude Jeandel.

« Il faudrait un signal fort des administrations centrales pour que ça se mette en place », a-t-il estimé, précisant être en contact à ce sujet avec la direction générale de la cohésion sociale (DGCS).

Claude Jeandel a précisé que le diplôme concernait « une formation initiale, même tardive », mais que, pour devenir médecin coordonnateur, « la formation professionnelle [au titre du] DPC [développement professionnel continu] » avait aussi « toute [sa] place ».

Former des médecins polyvalents à la gériatrie

Plus largement, l’accès à ce diplôme national et à cette qualification de gériatre (moyennant ensuite deux ans d’expérience) concernerait aussi potentiellement les médecins exerçant la médecine polyvalente (et majoritairement issus de la médecine générale), a souligné Claude Jeandel. Ceux-ci sont en effet dans un « no man’s land« , car « ils ne sont pas reconnus par les généralistes, et non rattachés à un conseil national professionnel ».

« Tous les ans, on a 200 à 300 postes de praticiens hospitaliers à pourvoir en gériatrie, [et comme] la moitié à peine le sont, la différence est comblée par ces médecins », a illustré le président du CNP.

« Imaginer qu’on va pourvoir aux besoins en gériatres par un DES […] est une gageure, ou alors il faut attendre 20 ans », a-t-il insisté.

Fin 2017, Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, avait admis qu’il serait « difficile d’ouvrir 500 postes de gériatre » par an. Elle avait déclaré souhaiter que « les autres praticiens, de médecine générale ou d’autres spécialités » puissent « se former à un moment X de leur carrière » à la gériatrie.

Les organismes impliqués dans l’élaboration d’un diplôme national unique

Sous la houlette du CNP de gériatrie:

  • L’association MCoor
  • la Fédération française des associations de médecins coordonnateurs en Ehpad (Ffamco-Ehpad)
  • le collège national des enseignants en gériatrie (CNEG)
  • la Société française de gériatrie et gérontologie (SFGG)
  • le SNGC
  • le Syndicat national des généralistes et gériatres intervenant en Ehpad (SNGIE)
  • le Syndicat des médecins coordonnateurs en Ehpad (SMC-Ehpad)
  • l’Association nationale des gérontologues et gériatres libéraux (Anggel).

Claire Beziau



Médecin coordonnateur: la mission de prescription bientôt clarifiée

Article16/10/2018

La mission de prescription du médecin coordonnateur en Ehpad est régulièrement débattue… et souvent mal comprise. C’est en tout cas ce que pense la direction générale de la cohésion sociale (DGCS), qui prépare une instruction de « clarification » sur le sujet. Tout en se montrant très réservée sur un éventuel élargissement de cette mission.

Le médecin coordonnateur doit-il devenir un médecin prescripteur comme un autre? Le sujet est désormais l’un des marronniers du secteur, alors même que les médecins coordonnateurs ne sont pas vraiment demandeurs.

Selon la réglementation, ces médecins doivent réaliser 13 missions, dont la 13e concerne la prescription « en cas de situation d’urgence ou de risques vitaux ainsi que lors de la survenue de risques exceptionnels ou collectifs nécessitant une organisation adaptée des soins ».

A nouveau, cette question revient sur le devant de la scène, plus exactement sur celle des 17es Assises nationales des médecins coordonnateurs en Ehpad organisées par la société EHPA, les 15 et 16 octobre.

Laurence Lavy, cheffe du bureau de la prévention de la perte d’autonomie et du parcours de soins à la DGCS, y a expliqué, le 15 octobre, que l’administration centrale avait animé un groupe de travail avec, notamment, les représentants des médecins coordonnateurs, de mars à juillet, dans l’objectif de réfléchir collectivement à l’attractivité de la fonction de médecin coordonnateur en Ehpad.

« Beaucoup d’enquêtes montrent les difficultés des Ehpad à remplir leurs obligations réglementaires de disposer d’un temps de médecin coordonnateur », a-t-elle souligné, évoquant pour certains établissements « parfois plus de six mois de poste vacant ». A cela s’ajoute une pyramide des âges loin d’être favorable, « avec dans les années à venir des départs massifs de médecins coordonnateurs [à la retraite] ». C’est dans ce cadre que le droit de prescription de ces praticiens a été abordé.

Selon la représentante de la DGCS, « face à une situation complexe qui est la prise en charge de personnes en Ehpad qui sont de plus en plus dépendantes, de plus en plus polypathologiques […], face à des images qu’on a tous vu de personnes âgées sur des brancards aux urgences, la solution parfois un peu simple, c’est de dire ‘Il y a un médecin dans les Ehpad, il n’a qu’à prescrire, cela évitera aux personnes âgées de se retrouver aux urgences tard le soir' ».

Cette « solution un peu simple », donc, rencontre pourtant un franc succès, puisque quasiment à chaque débat sur le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) -et la version 2019 n’échappe pas à la règle, a-t-elle convenu- des amendements sont déposés dans le sens de l’élargissement de ce droit de prescription. Une telle disposition était aussi inscrite dans la proposition de loi visant l’orientation pour l’avenir de la santé, déposée par le député Les Républicains de la Sarthe Jean-Carles Grelier, et discutée la semaine dernière, a-t-elle ajouté.

« Mais », a aussitôt ajouté Laurence Lavy, « ce n’est pas une réponse qui nous satisfait, car ce droit de prescription, les médecins coordonnateurs l’ont déjà. Certes il est encadré […] mais ce droit existe, et il est dangereux de simplifier la réponse et le message, car cela se fera forcément au détriment des missions de coordination, qui sont importantes et qui structurent vraiment le rôle du médecin coordonnateur », a-t-elle jugé.

Elle a estimé, en revanche, que cette mission existante de prescription « est assez mal comprise de certains médecins coordonnateurs, mais aussi des médecins traitants ».

« Nous souhaitons maintenant engager rapidement un travail de clarification, en lien avec les représentants des médecins coordonnateurs, des médecins traitants, et notamment le conseil de l’ordre des médecins, qui a un rôle important sur cette question », à travers « une instruction » qui viendra « clarifier ce qu’on entend par les ‘situations d’urgence’, les ‘situations exceptionnelles’ afin de mieux outiller les médecins coordonnateurs dans leur pratique quotidienne », a-t-elle annoncé.

Si ce travail doit être engagé « d’ici la fin de l’année » sur cette instruction, a-t-elle promis, elle a reconnu que, plus globalement, l’actuelle concertation grand âge et autonomie, « qui va interroger le modèle des Ehpad, pourrait changer la donne ».

Elle a souligné aussi que l’arrivée de la télémédecine dans les Ehpad ou celle des infirmières de pratique avancée (IPA) allaient aussi impacter les travaux.

Une 13e mission « volontairement floue »

Xavier Gervais, vice-président de la Fédération française des associations de médecins coordonnateurs en Ehpad (Ffamco-Ehpad), a rappelé qu’au moment de la rédaction de la 13e mission du médecin coordinateur, « on avait fait en sorte que ce soit relativement large et souple, voire peut-être un peu flou, pour permettre une certaine latitude de prescription » au médecin coordonnateur en cas d’absence du médecin traitant.

Ainsi, « cette notion de ‘situation d’urgence’ est volontairement floue […]. Ces situations peuvent être une douleur mal gérée ou pas gérée du tout […], ou une situation infectieuse qui nécessite un traitement immédiat », a-t-il cité.

« Cela peut être aussi la prescription, -et là on déborde un peu- du renouvellement de traitement parce que le médecin traitant n’est pas là… » a-t-il souligné, « mais attention, vous n’êtes pas là pour juste recopier la prescription d’un confrère, vous engagez votre responsabilité ». Donc « il y a un interphasage à faire avec le confrère et cela peut ne pas être anodin », a-t-il convenu.

Xavier Gervais a également tempêté contre « ces amendements [aux textes de loi] qui viennent à tout bout de champ, qui brouillent le message et, gentiment, qui tentent de nous transformer en médecin hospitalier… »

« C’est un bel exemple de réponse fausse et trop simpliste », a-t-il insisté. « Nous plaidons à la Ffamco pour rester dans le champ médico-social. »

Néanmoins, il a envisagé un élargissement du droit de prescrire -et cela a été évoqué dans le groupe de travail animé par la DGCS, a-t-il précisé- mais uniquement pour « des explorations, voire des traitements, dans le cadre de l’évaluation gérontologique standardisée dont il est souhaitable que chaque résident bénéficie annuellement […] pour pouvoir adapter le projet médical ».

« Nous regardons avec intérêt cette proposition », a répondu Laurence Lavy, car « au-delà, il y a l’idée d’avoir un échange plus régulier entre le médecin coordonnateur et le médecin traitant et que le médecin coordonnateur soit en quelque sorte l’expert gériatrique de proximité pour son collègue médecin traitant en ville et qu’il puisse diffuser les bonnes pratiques ».

Xavier Gervais a souligné que « le vrai problème derrière tout cela, c’est l’accès aux soins médicaux des résidents d’Ehpad ».

Et il a rappelé la demande de pouvoir rémunérer un temps de médecin traitant dans tous les Ehpad, et pas seulement par les Ehpad en tarif global, l’idéal étant que ce temps médical ne soit pas réalisé par le médecin coordonnateur, a-t-il insisté.

Valérie Lespez



La HAS publie quatre fiches-repères pour les Ehpad

Article15/10/2018

L’une des fiches porte sur la sécurité alimentaire et le lien social

 

Début octobre, la HAS a diffusé quatre fiches visant à améliorer les pratiques sur les normes de sécurité incendie, le projet personnalisé, la sécurité alimentaire et la commission de coordination gériatrique.

Voilà de la lecture pour les directeurs d’Ehpad, avec quatre nouvelles fiches-repère publiées début octobre par la Haute autorité de santé (HAS).

La première fiche porte sur les normes de sécurité incendie en Ehpad (structures J et U), et vise à « montrer qu’il est possible de créer un environnement ‘confortable, rassurant et stimulant’ conforme aux dispositions du règlement de sécurité incendie tout en répondant à l’exigence d’un accompagnement de qualité permettant le maintien du lien social du résident, quel que soit son état », précise la HAS sur son site internet.

La deuxième fiche concerne le projet personnalisé des résidents en Ehpad. Elle « rappelle aux professionnels les principes, les repères et les modalités pratiques pour associer étroitement les personnes, étape par étape, à la construction de leur projet, à sa mise en oeuvre et enfin à son évaluation. »

Une autre fiche-repère a trait à la sécurité alimentaire dans le cadre de la méthode HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point), souvent vue comme « contraignante », rappelle la HAS. Dans ce cadre, la fiche a pour objectif « d’identifier les pratiques compatibles avec cette méthode tout en contribuant à promouvoir les champs du possible par de nombreux exemples et illustrations et favoriser le maintien de l’autonomie de la personne âgée et de sa vie sociale. »

L’idée est de montrer aux directeurs et aux équipes « les possibilités que la démarche HACCP laisse aux résidents afin qu’ils puissent contribuer en toute sécurité et en toute créativité, en fonction de leurs envies, à la préparation de certains repas ou mets ou encore à toutes autres activités culinaires. »

Enfin, la dernière fiche-repère concerne « les objectifs, les modalités de mise en oeuvre et le fonctionnement de la commission de coordination gériatrique (CCG) ».

La HAS rappelle que « cette instance – qui se réunit au minimum deux fois par an et a un rôle consultatif – a vocation à être un lieu d’échanges et de réflexions partagés entre les professionnels salariés et libéraux, dont le médecin traitant, au bénéfice de la qualité de l’accompagnement des résidents au sein de chaque établissement ».

La Rédaction



Ehpad « lieu de vie »: de l’idée à la réalité

Article15/10/2018

Appliquée aux Ehpad, la formule « lieux de vie » revêt autant d’évidence que, parfois, de flou. Pour trois professionnels d’Ehpad et un psycho-gériatre hospitalier, elle se traduit par un travail concret de chaque instant qui passe par l’architecture, la vie sociale et la juste place donnée aux médicaments, ont-ils témoigné lors d’une table ronde organisée par la Fondation hôpitaux de Paris-hôpitaux de France.

L’Ehpad vu comme « lieu de vie et lieu d’envies »… un lieu commun? Sur le papier, replacer le résident et ses désirs au centre du projet d’établissement est louable. Mais à force d’être répété à l’envi, le concept tend à se vider de sa substance: ainsi, comment se traduit-il sur le terrain?

De fait, si la « vie » a parfois du mal à se frayer un chemin dans des structures accueillant des résidents de plus en plus dépendants, à force d’idées, d’énergie et de volonté, elle parvient à s’incarner au quotidien, ont témoigné des professionnels d’Ehpad et de services gériatriques publics invités le 11 octobre à une table ronde sur le sujet par la Fondation hôpitaux de Paris-hôpitaux de France, dans le cadre de l’opération « +de vie! » (lire l’encadré).

Raphaël Leichner et Marie-Pascale Mongaux-Masse – Crédit: Claire Béziau/Gerontonews

Marie-Pascale Mongaux-Masse, directrice de l’Ehpad public Village des aubépins à Maromme (Seine-Maritime), a rappelé que, même si on a abandonné le modèle des hospices, on est « tous un peu empêtrés » à propos du « vieillissement », un phénomène qui fait peur, mettant en miroir notre propre déchéance.

« Si on parle de soigner, qu’est-ce qu’on soigne? Qu’est-ce on qu’a envie de soigner? On s’est peut-être trompés à un moment en pensant qu’on pouvait soigner la vieillesse, on a pathologisé la vieillesse, alors qu’au fond, quand on est très âgé, on va avoir plusieurs pathologies, mais une personne malade […] reste une personne citoyenne à part entière, avec des besoins sociaux et de relations », a insisté cette directrice.

Elle a notamment déploré le fait qu’en Ehpad, de nombreuses initiatives, comme la présence d’un chien, soient vus comme « innovantes » ou « thérapeutiques » alors que les résidents « vivent chez eux! »

Marie-Pascale Mongaux-Masse a présenté son établissement, intégré au coeur d’une ville de 12.000 habitants depuis son ouverture en 2013. « Quand on est âgé et qu’on ne peut plus aller vers la ville, c’est la ville qui doit venir à nous » a-t-elle dit, décrivant une vie « rythmée par la cloche de l’église et les échanges, naturels, avec l’école de musique » toute proche.

La résidence elle-même est conçue comme un bourg avec « une place de village » et « une galerie de quatre commerces: salon de coiffure, d’esthétique, atelier de couture et brasserie » ouverts à tous les habitants de Maromme. « L’architecture a été pensée pour que la personne, même alitée, voie la vie à l’extérieur. »

Un modèle que « tout le monde a trouvé super » mais qui a peiné à attirer les habitants de la ville au début, a-t-elle relaté.

« Prendre soin du refus »

Angélique Vignon, Bruno Le Dastumer, Danuta Pieter et la journaliste Sophie Nouaille –

 

 

« L’architecture est le premier traitement non médicamenteux » a approuvé Bruno Le Dastumer. Ce psycho-gériatre, chef de pôle à l’hôpital Sainte-Périne (Paris, AP-HP), pilote la construction d’un nouveau bâtiment sur le site parisien, qui proposera 260 lits pour des personnes âgées atteintes de troubles cognitifs avec des symptômes comportementaux.

Il assume un positionnement « difficile » en tant que médecin. Dans un service où les troubles peuvent être « explosifs », il considère en effet les médicaments et les actions non médicamenteuses comme « complémentaires ».

« Il ne faut pas être naïf, toutes les approches non médicamenteuses ne régleront pas toutes les situations […] mais peut-être que grâce à [ces approches] on peut avoir de moins en moins de crises aiguës » qui, elles, nécessitent des médicaments. L’idée est notamment de « bien retracer l’histoire de vie du résident pour mieux comprendre ses réactions ».

Il s’interroge sur la place des soignants et sur leur façon « d’apporter un soin dans un cadre de lieu de vie, plutôt qu’essayer de redonner un peu de vie dans un cadre de soin ».

Il a notamment insisté sur la nécessité de « prendre soin du refus », par exemple celui d’une dame âgée qui rejette la douche. Les soignants « ont donc inventé » une autre manière de procéder. En demandant à la famille quelle musique était susceptible d’apaiser cette patiente, mais aussi en pratiquant « une toilette par étapes » sur 24 heures, « en négociant avec la famille » afin qu’elle comprenne « qu’on ne soit pas tous rutilants de pied en cap à 7h30 du matin ». Ainsi, cette dame étant incontinente, les soignants effectuent par exemple « la toilette du périnée la nuit » et d’autres parties du corps en journée.

Toujours dans le service de Bruno Le Dastumer, une cadre de santé a de son côté lancé « des séances de cinéma la nuit » efficaces pour les résidents qui déambulent.

Le psycho-gériatre réfléchit à lancer une étude scientifique sur les effets de ces dispositifs sur la consommation des psychotropes. « On ne montre pas qu’on les diminue », mais ceux-ci sont mieux « ciblés », assure-t-il déjà.

« Un agriculteur » et « un photographe de star » accompagnés différemment

Raphaël Leichner, psychologue-clinicien à l’Ehpad départemental du Creusot, en Saône-et-Loire, s’interroge particulièrement sur la façon de « donner du sens » au terme « lieu de vie » dans un établissement qui compte 360 résidents répartis dans quatre structures. Pendant la table ronde, il a particulièrement mis l’accent sur « la place donnée aux familles ».

L’établissement a mis en place plusieurs programmes: une crèche au sein de la structure début 2017, mais aussi des « médiations transgénérationnelles », qui explorent « le lien inconscient entre les générations » et auxquelles participent des personnes âgées atteintes de maladies Alzheimer ou apparentées et leurs proches. Une façon de « replacer le résident dans sa temporalité et dans sa génération entre les morts et les vivants » et de « rendre la famille actrice de l’accompagnement ».

Angélique Vignon, animatrice « passionnée » par son travail au sein de l’Ehpad hospitalier de la Colline, à Janzé (Ille-et-Vilaine), a assuré que cette structure de 149 résidents « innove et s’adapte ».

Elle a cité des médiations animales, des repas conviviaux avec les familles et les résidents (repas à thèmes, pique-niques à l’initiative des soignants vêtus de tenues civiles), et des échanges intergénérationnels avec des écoles et des assistantes maternelles, dont l’Ehpad sert de relais deux fois par mois.

Seul bémol, son sentiment de « [courir] après le temps », ce temps étant « lié au financement en Ehpad ».

Dans ces conditions, « comment accompagner dignement les personnes en les prenant en considération avec leur passé, leur histoire de vie? », a demandé Angélique Vignon. Difficile en effet d’accompagner de la même façon « un ex-agriculteur » et « un illustre photographe de stars parisien », a-t-elle expliqué.

« Souvent, on a l’impression que l’animation passe après le soin » alors que c’est « complémentaire », a-t-elle souligné.

L’opération « +de vie! »

Organisée chaque année par la Fondation hôpitaux de Paris-hôpitaux de France pendant un mois, l’opération « +de vie! »
permet de récolter de l’argent pour financer des actions susceptibles d’améliorer le quotidien des personnes âgées à l’hôpital et en maison de retraite publique. La 22e édition a été lancée le 3 octobre à l’Ehpad La Seigneurie de Pantin (Seine-Saint-Denis).

Danuta Pieter, déléguée générale de la fondation, dit avoir reçu cette année « 515 demandes de soutien pour un peu plus de 6 millions d’euros », d’où l’importance de la collecte.

En 2017, 3,3 millions d’euros ont été engagés pour soutenir 393 projets en Ehpad et en services gériatriques publics.

Claire Beziau

 



Aide à domicile

La Fepem estime à 67 000 le nombre d’emplois à créer d’ici 2040 pour accompagner les plus de 80 ans

Publié le 12/10/18 – 15h47 – HOSPIMEDIA

Le vieillissement démographique « interroge la capacité des territoires à répondre aux besoins d’accompagnement à domicile qui vont s’accroître« . La France compte actuellement 1,1 million de personnes âgées particuliers employeurs, dont 528 000 ont plus de 80 ans. Ce dernier chiffre pourrait atteindre 937 000 en 2040, « si le taux de recours à l’emploi à domicile et le volume horaire moyen rémunéré restent constants« , estime l’observatoire de la Fédération des particuliers employeurs de France (Fepem). Le dernier baromètre des emplois de la famille précise que les besoins d’accompagnement des plus de 80 ans s’élèveront, en emploi direct, à 153 800 emplois en équivalents temps plein, ce qui représente une hausse de 78%. Cela génèrerait un besoin de 67 100 emplois supplémentaires d’employés familiaux ou assistants de vie.

Les besoins des plus de 80 ans en emploi direct pourraient augmenter de 78% d’ici 2040. Le baromètre identifie également les territoires où devraient se concentrer les besoins en emplois direct à domicile. Si tous les départements seront touchés, des zones seront plus impactées : la côte atlantique, le Sud-Est, l’Alsace, une grande partie de l’Île-de-France ainsi qu’au nord-ouest de cette région. Certains départements dans lesquels la part des personnes âgées de plus de 80 ans devrait être en forte progression n’affichent pas, dans les projections de l’observatoire, un fort potentiel de création d’emplois d’ici 2040. Dans certains territoires en effet, le nombre des plus de 80 ans augmente, sans pour autant que le nombre total de personnes âgées évolue fortement. Dans ce cas, les besoins d’accompagnement restent limités en volume. Autre explication, le faible recours des personnes âgées à l’emploi à domicile. Ainsi, les territoires d’outre-mer, l’Île-de-France et le nord-ouest de la région, la façade Atlantique ainsi que les départements de l’Est concentreront l’essentiel des besoins de création d’emplois.

Les projections de l’observatoire ne prennent toutefois pas en compte les évolutions politiques, sociales et familiales, qui « pourraient cependant avoir une influence sur les besoins d’accompagnement futurs et donc sur les créations d’emplois« . Alors que la solidarité familiale pourrait s’affaiblir, le recours à un salarié à domicile « pourrait s’accroître afin de compenser le rôle des aidants« . Pour la Fepem enfin, les prochains départs à la retraite d’employés familiaux et d’aides à domicile « entraîneront d’importants besoins de renouvellement des effectifs qui viendront s’ajouter aux besoins liés à l’augmentation des personnes âgées à domicile« .

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Les besoins des plus de 80 ans en emploi direct pourraient augmenter de 78% d’ici 2040.

 

Cécile Rabeux



 

 

SSR

Plusieurs solutions sont mises en œuvre pour « faire sauter les blocages » entre MCO et SSR

Publié le 12/10/18 – 17h32 – HOSPIMEDIA

Le parcours des patients, associant situation sociale complexe et lourdeur de prise en charge, fait souvent l’objet de blocage au moment de leur sortie de MCO. Pour éviter la mobilisation de lits pendant plusieurs mois, différentes pistes utilisant les ressources SSR sont identifiées pour fluidifier les parcours.

Des services hospitaliers MCO, comme la réanimation, accueillent encore régulièrement des patients bed blockers (littéralement, les bloqueurs de lits) dont la sortie en aval peine à se dessiner. Pour assurer la continuité du parcours de ces patients, qui combinent souvent complexité sociale et lourdeur des soins, plusieurs solutions pour mailler la chaîne de soins ont été évoquées lors des quatrièmes journées de la coordination en SSR. Elles étaient organisées à Lyon (Rhône) par la coordination de la région Auvergne-Rhône-Alpes les 11 et 12 octobre.

Un équilibre financier grâce à la sortie de bed blockers

La création de soins de rééducation postréanimation (SRPR) permet de constituer un maillon entre MCO et SSR. Des SRPR existent notamment à Rouen (Seine-Maritime) et à Saint-Étienne (Loire). À l’initiative de l’ARS Île-de-France, un réseau de 96 lits SRPR en pneumologie et en neurologie a été constitué. Marc Pulik, chargé du parcours du patient en SSR à l’ARS, précise que ces SRPR, dont les lits sont tous occupés, bénéficient d’un équilibre financier. « Cet équilibre est aussi induit par les nouvelles recettes permises par la sortie des bed blockers », mentionne-t-il. La mise en œuvre de ces SRPR a également nécessité un travail d’acculturation entre les équipes avant de porter ses fruits.

Une coordination sur les cas complexes autour des équipes mobiles

La constitution d’équipes mobiles SSR, aux côtés des coordinations, est également une ressource permettant cette fois-ci de faciliter le retour du patient à domicile. « Nous intervenons quand il n’existe pas d’autres possibilités« , précise Martine Reymondon, praticien hospitalier spécialiste en médecine physique et réadaptation (MPR). L’intervention des équipes mobiles permet également de prendre en compte la dimension du handicap dans la prise en charge du patient.

Pour les patients dont la situation est complexe, des expérimentations de coordination des parcours complexes ont été mises en œuvre en Île-de-France et dans l’ancienne région Alsace. Cette coordination s’appuie notamment sur les équipes mobiles et les réseaux pour constituer un maillage de personnes ressources afin d’évaluer certains patients. Cette coordination va être pérennisée dans la région francilienne via les plateformes territoriales d’appui (PTA). En Alsace, le dispositif, financé à hauteur de 210 000 euros, n’est pas pérennisé par les instances. Il permet de traiter 400 patients par an, répartis sur deux groupements hospitaliers de territoire (GHT).

La prise en charge des addictions est également concernée par ce besoin de cibler les besoins de patients complexes. Bénédicte Pontier, médecin MPR au CHU de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) estime, après deux enquêtes flashs en Auvergne, que la durée moyenne de séjours de patients souffrant de démence alcoolique est de six mois en SSR. Une durée trop longue à son sens. Elle évoque la constitution d’une maison d’accueil spécialisée (Mas) pour accueillir ces patients. Cette Mas s’inscrit dans un complexe plus grand, avec notamment un Ehpad, afin de mutualiser les ressources et bénéficier de la présence d’un ergothérapeute par exemple.

Des unités de soins prolongés complexes créées

Enfin, l’ARS Île-de-France a décidé de constituer des unités de soins prolongés complexes (USPC) pour compléter le paysage des solutions de prises en charge en aval. « Ces unités concernent des patients trop lourds pour une prise en charge à domicile et qui ne sont pas acceptés dans des établissements médico-sociaux« , précise Marc Pulik. Les patients concernés ne disposent pas d’une possibilité d’amélioration de leur état mais celui-ci ne nécessite pas une prise en charge en service d’état végétatif chronique ou d’état pauci-relationnel (EVC-EPR). « Ces patients sont disséminés dans des SSR alors qu’ils ont besoin d’un lieu de vie« , poursuit-il.

Pour mener cette expérimentation, l’ARS prévoit un financement mixte entre sanitaire et médico-social. « Le prix de la journée sera plus élevé que celui des Mas ou de certains SSR« , avance Marc Pulik. Pour constituer ces USPC, l’intention est de reconvertir des USLD. « Nous avons constaté que les patients qui ont besoin d’une USLD n’y sont pas, car les prix de journée ne permettent pas leur prise en charge« , estime-t-il. Le modèle de ces nouvelles USPC s’apparente à celui des Mas sur les locked-in syndrome. L’ARS prévoit que leur activité sera majoritairement spécialisée en neurologie et concernera des patients de tous âges.

 

Jérôme Robillard, à Lyon

 



E-santé

La Drees est chargée de la mise en place du Health Data Hub

Publié le 12/10/18 – 23h23 – HOSPIMEDIA

Un hub central épaulé par cinq hubs locaux et un guichet unique pour faciliter l’accès à toutes les données de santé font partie des propositions de la mission dédiée au Health Data Hub que Jean-Marc Aubert, directeur de la Drees, devra mettre en musique. Agnès Buzyn attend une première version d’ici juin 2019.

Un guichet unique organisé en réseau pour faciliter l’accès aux données de santé au plus grand nombre et de manière sécurisée. C’est en substance ce qui est envisagé pour le Health Data Hub, dans le rapport remis officiellement ce 12 octobre à la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, et au secrétaire d’État au Numérique, Mounir Mahjoubi. Les trois pilotes, Dominique Polton, directrice de l’Institut national des données de santé (INDS), Marc Cuggia, professeur d’informatique médicale et praticien hospitalier au CHU de Rennes (Ille-et-Vilaine), et Gilles Wainrib, président-fondateur d’Owkin (lire notre article), en ont présenté les grandes lignes. Un travail dont la ministre et le secrétaire d’État ont salué la qualité à plusieurs reprises.

Un guichet unique

Concrètement, à l’issue des 114 auditions menées ces trois derniers mois et du benchmark international réalisé pour l’occasion, plus de cent cas d’usage des données de santé ont été identifiés, a indiqué lors de la remise du rapport Marc Cuggia. La mission a envisagé de construire le Health Data Hub autour de quatre piliers : promouvoir une politique de partage avec une gouvernance unifiée par le biais d’une évolution du cadre législatif ; allouer les moyens pour utiliser le patrimoine de données ; disposer d’une structure s’apparentant à un tiers de confiance et s’appuyant sur une logique de coconstruction ; identifier les projets pilotes pour obtenir des résultats à court terme. Ainsi, vis-à-vis des utilisateurs, le Health Data Hub constituerait un guichet unique auprès duquel l’accès à toutes les données du catalogue serait sollicité. L’objectif étant, comme l’a rappelé Gilles Wainrib, de faciliter et de simplifier cet accès, « un point qui est largement remonté lors des auditions« . Dans le détail, il est proposé dans le rapport de mettre en place un seul comité éthique et scientifique à géométrie variable, qui adopterait des règles proches de celles du système national des données de santé (SNDS). Ce dernier pourrait « se réunir une fois par mois pour statuer sur les demandes d’accès au catalogue » et mobiliserait alors plusieurs experts « selon la nature du projet« .

40 M€ de budget annuel

« Une première estimation du coût du développement et de fonctionnement du Health Data Hub a été réalisée sous l’hypothèse d’une montée en puissance progressive de la plateforme technologique« , est-il indiqué dans le rapport. Pour atteindre le niveau d’ambition visé, un budget annuel de près de 40 millions d’euros (M€) devra lui être attribué. Dans le détail, ces 40 M€ seront nécessaires pour le fonctionnement complet en année pleine du hub. 6,4 M€ serviraient à financer la plateforme technologique, 6,5 M€ les compétences des hubs locaux, 11,4 M€ l’accompagnement des projets, 3,4 M€ au hub central et 12 M€ de dotations aux producteurs de données. Les trois membres de la mission ont souligné la nécessité d’un soutien public pérenne. À terme, il rendra des services mais doit bénéficier d’une période d’incubation avant de trouver son équilibre économique. Les coûts fixes au départ « seront importants » et impliquent un « soutien public spécifique au démarrage avant la définition d’un modèle de partage de valeur plus pérenne« . 8 M€ seraient nécessaires pour 2019.

Réseau de hubs locaux

Le Health Data Hub, qui devrait prendre la forme d’un groupement d’intérêt public (GIP), ne sera pas que central mais configuré en réseau, notamment par le biais de hubs locaux, « chargés de mettre en œuvre l’offre de services, dont un pourrait être dédié à la recherche sur les données de biologie et santé« , est-il indiqué dans le rapport. Seuls quelques-uns seront mis en place, a expliqué Dominique Polton, notamment pour ne pas multiplier les acteurs. Il est ainsi envisagé d’en créer cinq d’ici 2020, « probablement interrégionaux« . Ces derniers, sélectionnés par appel à projets entre septembre et décembre 2019 en fonction des financements reçus, devront : collecter et gérer les données ; accompagner dans l’utilisation de la donnée ; gérer la plateforme technologique ; animer l’écosystème ; protéger les données personnelles et accompagner les procédures d’habilitation. Des initiatives conduites sur le terrain ont permis de porter cette idée, a noté Dominique Polton. Interrogé par Hospimedia à ce sujet, Marc Cuggia a expliqué que, par exemple, c’est ce que fait typiquement l’entrepôt de données de santé mis en place dans le Grand-Ouest (lire notre article). Il pourrait donc tout à fait prétendre au statut de hub local.

De premiers projets pilotes

L’offre de services standardisée du hub retenue par la mission s’articule autour de quatre axes : donner accès aux données de santé, soutenir la collecte et la consolidation des données de santé ; accompagner la valorisation/l’analyse des données de santé ; soutenir l’écosystème et assurer le lien avec la société civile. Chacun de ces services fera l’objet de conditions d’accès détaillées dans les chartes producteur et utilisateur accompagnant le hub et encore à mettre en place. En outre, a précisé Dominique Polton, il est prévu que le Health Data Hub « accompagne des projets de bout en bout« , retenus par le biais d’appels à manifestation d’intérêt récurrents. Le rapporteur, Stéphanie Combes, de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a d’ailleurs indiqué qu’il faudrait sélectionner de premiers projets pilotes d’ici début 2019 pour des résultats fin 2019. Cela permettrait d’apporter une vision concrète de ce que peut apporter le Health Data Hub mais aussi d’éprouver progressivement les outils et ses modes de fonctionnement. Dans le rapport, il est proposé d’accompagner chaque semestre trois à cinq projets prioritaires.

La Drees comme pilote

« On peut espérer une première version du Health Data Hub fin 2019« , a indiqué Stéphanie Combes. Agnès Buzyn s’est montrée plus ambitieuse et souhaiterait, au regard de l’urgence de la situation et du calendrier « extrêmement contraint« , qu’une première version voit le jour en juin 2019. Elle a confié ce 12 octobre le pilotage de la structuration du Health Data Hub à Jean-Marc Aubert, directeur de la Drees, « une administration centrale étant la plus à même dans la durée à assumer ce dossier ». « Je souhaite aussi que la nouvelle structuration apparaisse dans un article de la prochaine loi Santé qui sera discutée en 2019« , a ajouté Agnès Buzyn. Le but est de faire évoluer le SNDS pour l’élargir pour qu’il couvre plus de données. Précisément, a expliqué Stéphanie Combes, qu’il intègre toutes les données financées par la solidarité nationale et non plus uniquement au programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI) et au système national d’information interrégimes de l’assurance maladie (Sniiram). Des arbitrages gouvernementaux sont attendus de manière plus globale sur le Health Data Hub mais ils devraient reprendre pour l’essentiel les propositions de la mission, qui a d’ailleurs été invitée par la ministre de la Santé à poursuivre le travail engagé.

Calendrier prévu par la mission :

  • à fin 2018 : cadrage détaillé de modèle opérationnel du hub, identification des partenaires, rédaction des chartes, cadrage des projets expérimentaux à lancer, identification des bases clés à intégrer ;
  • mi-2019 : lancement d’un produit minimum viable de la plateforme avec des premiers utilisateurs tests issus des projets expérimentaux, mise en œuvre de la gouvernance définie et ingestion des premières bases de données ;
  • fin 2019 : lancement de la première version de la plateforme et ouverture à tous de l’offre des services du hub ;
  • fin 2020 : amélioration de l’organisation des processus et des outils, enrichissement du catalogue de données et création des premiers hub locaux ;
  • fin 2021 : déploiement d’un réseau de hub locaux sur le territoire.

Géraldine Tribault

 

 

 


 

Veille juridique | 15/10/2018

Les textes officiels parus entre le 1er et le 15 octobre 2018 par Véronique Garcia

Jurisprudence

Textes officiels

 


Bouleversements technologiques: des propositions pour parer les professionnels de santé

Article12/10/2018

La révolution technologique et numérique, c’est maintenant, et elle implique déjà de nombreux changements pour les professionnels du sanitaire et du médico-social. Le think tank #Leplusimportant a publié 20 propositions destinées à mieux préparer ces derniers aux futurs changements.

Robotique, intelligence artificielle, ou tout simplement informatique et numérique: ces questions se déploient encore lentement en Ehpad mais vont prendre de plus en plus d’importance dans les années à venir dans le champ de la santé et du médico-social.

D’où la création du think tank associatif revendiquant son indépendance #Leplusumportant en 2017. Présidé par Mathias Dufour, qui a été directeur adjoint du cabinet de l’ancienne ministre de la santé Roselyne Bachelot et qui travaille aujourd’hui comme consultant chez McKinsey, l’organisme « a pour ambition d’éclairer l’impact des ‘disruptions’ technologiques sur les métiers, compétences et parcours professionnels de demain et de proposer des mesures en faveur des professionnels concernés », indique-t-il dans un communiqué publié fin septembre.

Il a publié 20 propositions concernant le secteur de la santé et qui s’articulent autour de 4 axes:

  • transformer le modèle de recrutement et de formation initiale
  • accélérer la transition à large échelle des compétences et des conditions d’exercice des professionnels en activité
  • soutenir et éclairer les professionnels
  • faciliter le changement institutionnel.

Par exemple, il suggère de déployer un programme d’accompagnement des enseignants actuels à l’exploitation des technologies pour leur démarche pédagogique (serious game, simulations…).

Il propose aussi de mandater l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) pour mettre en place une veille sur les nouvelles technologies et pour formuler des recommandations sur les impacts de travail de celles-ci.

Il lance l’idée de mener une étude pour objectiver l’impact des technologies sur les métiers et les compétences des professionnels de santé. Il suggère de placer les technologies et l’évolution des métiers en lien avec celles-ci « au coeur du dialogue social » dans les établissements de santé.

Il propose de « redéfinir le cadre éthique de l’exercice des professionnels de santé dans le contexte des nouvelles technologies » et de « mettre en place un plan d’investissement » pour financer l’adaptation des compétences médicales et paramédicales.

Les propositions sont soumises à consultation publique jusqu’à fin décembre.

Elles seront discutées lors d’un séminaire de travail, programmé le 7 février 2019 et placé sous le patronage de la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn.

La Rédaction

Journalistes

 



 

Politiques du grand âge: qui doit prendre le leadership de la gouvernance territoriale?

Article12/10/2018

Le colloque organisé par Monique Iborra s’est tenu à Paris le 4 octobre 2018 – Crédit: M.T.

ARS, départements, communes… Quel leadership pour les politiques du grand âge sur le territoire? Le directeur général de l’ARS Pays-de-la-Loire, Jean-Jacques Coiplet, le président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle, Mathieu Klein, et la déléguée générale adjointe de l’UNCCAS, Hélène-Sophie Mesnage, ont débattu de la question lors d’un colloque à l’Assemblée nationale.

C’est le moment d’avancer ses pions. Si, dans le cadre de la concertation grand âge et autonomie, sont prévues des discussions sur la gouvernance nationale dans le cadre d’un éventuel 5e risque, la gouvernance territoriale des politiques vieillesse sera aussi au coeur des débats.

La semaine dernière, des acteurs locaux des politiques vieillesse étaient invités à donner leur vision par la députée Monique Iborra (La République en marche, Haute-Garonne), qui organisait un colloque sur le modèle, la gouvernance, donc, et le financement de l’accompagnement du grand âge.

Jean-Jacques Coiplet, directeur général de l’agence régionale de santé (ARS) Pays-de-la-Loire, a insisté en préambule sur le fait que, plus qu’une « régulation », les ARS mettaient en oeuvre une « coconstruction » avec les acteurs.

« Je ne pense plus, aujourd’hui, qu’il puisse y avoir un leadership unique, qui, à lui tout seul, serait en capacité de répondre à tous les enjeux. C’est d’autant plus important qu’on doit répondre aux parcours de vie, qui dépassent même les parcours de santé », a-t-il estimé.

« Les ARS doivent être au rendez-vous des attentes et des transformations sur les territoires. Ainsi, les Ehpad doivent être repensés comme une étape dans un parcours de vie, et non comme une fin », en devenant « des plateformes de service, d’expertise et d’accompagnement en faveur des personnes âgées en perte d’autonomie », a-t-il décrit.

« Ce serait en quelque sorte des ‘maisons de promotion de la santé’ au sens large de l’Organisation mondiale de la santé [OMS], qui proposeraient -et ça existe déjà- des accompagnements temporaires, de jour ou de nuit, par des équipes pluridisciplinaires qu’elles soient mobiles ou fixes, de la télémédecine, de la domotique […], et des réponses séquentielles intra- ou extra-muros pour les personnes accompagnées », a-t-il défini.

« Elles emporteraient la fin de la distinction entre Ehpad et USLD [unités de soins de longue durée] », a-t-il ajouté.

« Ces maisons pourraient s’organiser sur une échelle intercommunale, départementale, interdépartementale. Se pose la question de savoir s’il n’est pas nécessaire de conserver cependant une animation, une coordination, un pilotage régional, permettant de nous assurer que les réponses en termes d’équité et d’accès et en particulier pour les personnes les plus précaires, sont bien assurées », a précisé Jean-Jacques Coiplet.

« Le financement de ces maisons d’accueil et d’accompagnement pourrait être un forfait autonomie […] qui permettrait d’avoir une réponse graduée, distinguant l’accompagnant en parcours simples ou parcours complexes », a-t-il ajouté.

« Et, continuons à rêver, pourquoi ne poserions-nous pas non plus, quelle que soit la source de financement, la nécessité de fusionner les tarifs actuels hébergement/APA [allocation personnalisée d’autonomie] et soins, en y intégrant, en partie, un volet valorisant la prévention, la préservation des capacités et l’empowerment des personnes », a proposé le directeur général de l’ARS.

« Si les modalités de financement évoluent vers une approche d’accompagnement des parcours de santé et de prévention de la perte d’autonomie, si la recherche d’équité et de coordination territoriales s’imposent, si simplicité et lisibilité des processus de contractualisation, de financement et d’autorisation se posent, alors évidemment, on peut se poser la question du triple financement versus un double financement… », a-t-il ajouté.

« Si on est dans une dynamique de promotion de la santé, vous pouvez imaginer quel pourrait être le financeur… », en plus des usagers, a-t-il avancé.

« Il faut une collaboration effective et bien organisée entre Etat et territoires »

« J’aime les choses claires et pour qu’elles le soient, il faut que chaque étage de la République assume pleinement ses responsabilités », a rétorqué Mathieu Klein, président du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle.

« Je crois à l’Etat comme le garant de la solidarité nationale. C’est sa responsabilité que les citoyens soient égaux devant l’accès aux prestations et que les territoires soient équitablement traités, considérés, pour que les territoires les plus pauvres n’aient pas un poids financier beaucoup plus lourd que les plus riches », a-t-il insisté.

« Or aujourd’hui, le système est devenu un colosse aux pieds d’argile. Faut-il revenir à une forme de recentralisation globale? Je ne le crois pas. Par contre, ce que je crois, c’est que l’Etat s’assure qu’il prend pleinement en charge le financement de la solidarité nationale et contractualise en retour avec les territoires, pour assurer l’accompagnement des projets de vie des personnes », a-t-il expliqué.

« La proximité n’apporte rien dans le financement de la prestation, mais la proximité est un atout quand elle permet de mettre en mouvement les acteurs dans l’accompagnement des personnes », a-t-il insisté.

« La loi d’adaptation de la société au vieillissement conforte le conseil départemental comme le chef de file [des politiques de l’autonomie]. Or nous voyons bien que la frontière est très étroite » entre l’accompagnement et la partie liée aux soins, a-t-il avancé. Il faut donc qu’il y ait « une bonne relation entre l’ARS et le conseil départemental, qu’ils soient capables de dialoguer, de rédiger des CPOM [contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens] intelligents. Mais cela repose sur une bonne volonté territoriale qui est souvent de mise, mais fragile », a-t-il relevé.

Après avoir clarifié le financement, « l’Etat peut, au niveau régional, définir des orientations stratégiques. Mais ensuite, je plaide pour un chef de filat départemental, non pas au sens que ce serait le conseil départemental d’aujourd’hui qui devrait être le seul pilote, mais il faut simplifier en confiant à l’autorité territoriale, dans une logique véritable de décentralisation et pas de déconcentration, la pleine et entière légitimité sur la base d’un contrat d’objectif avec l’Etat. Mais l’Etat sera d’autant plus légitime qu’il aura pris sa part dans le financement de la solidarité nationale », a-t-il proposé.

« Il faut donc une collaboration bien organisée et effective entre l’Etat et les territoires. C’est le sens du chef de filat, mais un chef de filat qu’il faut dépoussiérer », a-t-il insisté.

« Un territoire ni trop loin ni trop près »

De son côté, la déléguée générale adjointe de l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (UNCCAS), Hélène-Sophie Mesnage, a estimé qu' »il n’y a pas un modèle de gouvernance unique, surtout dans un contexte d’évolution du paysage territorial, de contextes territoriaux différents qui obligent à des réponses adaptées liées aux configurations propres à chaque territoire, en respectant ou en garantissant le principe républicain d’égal accès de tous aux équipements et services dont ils ont besoin ».

Interrogée pour savoir si les CCAS étaient demandeurs d’une place plus grande dans la gouvernance des politiques vieillesse, elle a répondu qu’ils étaient « demandeurs de davantage de concertation si cela permet d’améliorer les réponses et d’optimiser les logiques de gouvernance ».

Après, « il y a une limite qui est liée à la question fondamentale des moyens. Il y a beaucoup de CCAS gestionnaires de services à domicile qui se demandent s’ils ne vont pas, eux-mêmes, mettre la clé sous la porte », a-t-elle assuré, rappelant que les CCAS représentaient, « au niveau national 10% des Ehpad, 60% des résidences autonomie, 26.000 aides à domicile pour 200.000 bénéficiaires ».

Enfin, le président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), Pascal Champvert, a estimé qu’en matière de gouvernance, « il faut trouver le bon équilibre, le bon territoire, qui ne soit ni trop loin ni trop près ».

« Cela peut être le département, cela peut être la métropole, nous n’avons pas de religion là-dessus, mais il faut des élus pas trop loin des gens pour mettre de l’huile dans les rouages », a-t-il souligné. Et il a ajouté qu’il fallait « impérativement, un pilotage, une coordination nationale, qui peut être porté par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) ».

Valérie Lespez



Aide sociale en Ehpad: une réforme sur les rails?

Article11/10/2018

Dans une note que Gerontonews a pu consulter, la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, missionne l’Inspection générale des affaires sociales pour formuler des propositions de réforme sur le dispositif d’habilitation à l’aide sociale des Ehpad par les départements et sur l’aide sociale à l’hébergement délivrée pour les résidents.

Une réforme de l’aide sociale à l’hébergement (ASH) sera-t-elle menu de la loi dépendance de 2019? Cette note adressée par Agnès Buzyn à l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) le laisse présager.

Le sujet de l’ASH fait figure de serpent de mer dont nombre d’acteurs du secteur  s’accordent à dire depuis longtemps qu’il doit effectuer sa mue. D’autant plus que, ces dernières années, certains conseils départementaux ont encouragé, si ce n’est contraint des établissements à se déshabiliter.

Dans leur rapport sur les Ehpad rendu en mars dernier, les députées Monique Iborra (La République en marche, Haute-Garonne) et Caroline Fiat (France Insoumise, Meurthe-et-Moselle) se sont par ailleurs prononcées pour une telle réforme.

Dans la perspective de la concertation nationale grand âge et autonomie, Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé, a donc chargé l’Igas d’un rapport sur « l’habilitation à l’aide sociale et l’aide sociale à l’hébergement en Ehpad », dans une note que Gerontonews a pu consulter le 10 octobre.

Datée du 25 juillet, elle est adressée à Nathalie Destais, cheffe de l’Igas. La ministre y rappelle, en citant la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), que le tarif hébergement médian en Ehpad s’élevait à 1.949 € par mois en 2016 (ndlr, 1.953 € en 2017), et que « le reste à charge », qui « excède souvent les ressources » des résidents, les oblige à « solliciter leurs obligés alimentaires ou l’ASH des départements ».

« Ce dispositif vise à garantir une accessibilité financière des Ehpad pour environ 120.000 personnes en 2015 […], pour un coût de 1,3 milliards d’€ à la charge des départements », relève Agnès Buzyn, avant de détailler le principe de la procédure d’habilitation.

Le rapport attendu pour fin octobre

A partir de là, la ministre souligne trois « constats » bien connus.

D’abord, elle pointe « une sous-occupation des places habilitées à l’aide sociale par les bénéficiaires de cette aide, puisque selon les données de l’enquête EHPA 2015, les Ehpad comptabilisent près de 442.000 places habilitées, occupées fin 2015 par 120.000 bénéficiaires ».

Ensuite, elle évoque « un non-recours important à l’aide sociale », sans plus de détails.

Enfin, Agnès Buzyn cite le « mouvement de déshabilitation engagé par certains départements » et qui reste, selon elle, « à documenter ».

« Je souhaite que la mission investigue en profondeur le fonctionnement de l’ASH et celui de l’habilitation à l’aide sociale », écrit la ministre, afin « de confirmer ou d’infirmer » les constats pré-cités.

La mission devra ensuite élaborer « des propositions de réforme de l’ASH en corollaire de l’habilitation à l’aide sociale afin de mieux garantir l’accessibilité financière des Ehpad », en tenant « compte de l’impact des réformes sur la trajectoire financière des départements et sur les ressources des établissements ».

Elle devra présenter « plusieurs scénarios avec leurs avantages et inconvénients ».

Le rapport est attendu pour fin octobre, et « devra être articulé avec les réflexions sur le financement de la perte d’autonomie et la prise en charge des personnes âgées à l’horizon 2030 », souligne Agnès Buzyn.

De source compétente, les inspecteurs diligentés pour la mission sont Maryse Fourcade et François-Mathieu Robineau.

Claire Beziau

Journaliste

 



La reconnaissance des proches aidants sera intégrée à la future loi dépendance

Article11/10/2018

Les récentes propositions de loi sur la reconnaissance des proches aidants ne seront pas soutenues par le gouvernement, dans la mesure où le sujet « sera complètement inclus » dans la réforme qui suivra la concertation grand âge et autonomie, a annoncé Agnès Buzyn lors d’une audition au Sénat.

La question des aidants sera intégrée à la loi dépendance prévue pour fin 2019, a assuré la ministre des solidarités et de la santé le 10 octobre devant les sénateurs de la commission des affaires sociales. Elle y a été auditionnée en compagnie de Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, en préalable à l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2019.

La ministre a affirmé avoir « l’ambition de développer une politique vraiment ambitieuse d’accompagnement et de valorisation des aidants dans le cadre de la réforme sur l’autonomie et [le] grand âge ».

Elle était interrogée par la rapporteure du PLFSS pour la branche famille, Elisabeth Doineau (UC, Mayenne), quant au soutien éventuel du gouvernement à la proposition de loi de Jocelyne Guidez (UC, Essonne) relative à la reconnaissance des proches aidants, adoptée le jour même par la commission des affaires sociales du Sénat, qui prévoit notamment d’indemniser le congé de proche aidant.

« Notre proposition est d’attendre aujourd’hui les conclusions de la concertation grand âge et autonomie qui sont attendues pour la fin de l’année/début 2019″, a poursuivi la ministre.

« Il y a un atelier spécifique sur les aidants et la lutte contre l’isolement notamment, avec des réflexions qui concernent le bilan de la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement, le non-recours aux droits, la rémunération du congé aidants, c’est complétement inclus dans la réforme », a-t-elle assuré.

« Il nous semble donc prématuré d’inclure des mesures ‘aidants’ dès cette année alors que nous avons l’ambition de porter une réforme globale sur la prise en charge de la perte d’autonomie », a-t-elle conclu sur ce point.

Agnès Buzyn avait préalablement précisé que ces mesures concerneraient bien l’ensemble des aidants, et non pas uniquement ceux de personnes âgées.

La reconnaissance des proches aidants avait déjà fait l’objet d’une proposition de loi de Pierre Dharréville (GDR, Bouches-du-Rhône) à l’Assemblée nationale, examinée en séance publique en mars dernier et alors renvoyée en commission des affaires sociales.

Bruno Decottignies

 



 

 

Semaine bleue : semaine nationale des retraités et des personnes âgées

Publié le : 10 octobre 2018

« Pour une société respectueuse de la planète : ensemble agissons ! » : des manifestations se déroulent partout en France jusqu’au 14 octobre autour de ce thème retenu pour l’édition 2018 de la Semaine bleue. Des prix ont été décernés à des acteurs de terrain pour récompenser leurs initiatives locales.

A l’occasion de la Semaine bleue qui a lieu du 8 au 14 octobre, des manifestations référencées sur une carte interactive sont organisées comme tous les ans pour sensibiliser le grand public :

– sur la contribution des retraités à la vie économique, sociale et culturelle,

– sur les préoccupations et difficultés rencontrées par les personnes âgées,

– sur les réalisations et projets des associations.

Un concours a récompensé les meilleures actions organisées à l’échelon d’un département, d’un canton, d’une commune, d’un établissement autour de la thématique de l’année « Pour une société respectueuse de la planète : ensemble agissons ! ». Six prix ont été décernés par les institutions participantes (Ministère des solidarités et de la Santé, Fondation de France, CNAV…).

Le projet « Le jardin pôtes’agés » du CCAS de Mourenx dans les Pyrénées-Atlantiques a par exemple été récompensé par le prix de la CNAV. Les personnes âgées de la ville sont invitées à participer à la réhabilitation du jardin potager situé au sein du restaurant scolaire en y plantant des légumes anciens.

Pour en savoir plus sur ce projet ainsi que les autres projets primés, consultez les résultats du concours sur le site de la semaine bleue.

 



 

CPOM en Ehpad: la route est encore longue

Article10/10/2018

Crédit: iStock/unizyne

Alors que la DGCS prévoyait la signature de 1.055 CPOM en Ehpad en 2017, seuls 770 contrats ont été paraphés. En prenant en compte le champ du handicap, le taux de réalisation de la programmation était de 62% cette année-là, selon un diaporama de la DGCS que Gerontonews a pu consulter.

Où en sont les signatures de contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM) en Ehpad?

La loi « vieillissement » les rend obligatoire depuis début 2017, avec une montée en charge prévue sur cinq ans.

Le démarrage est plutôt lent, à en juger par le diaporama présenté par la direction générale de la cohésion sociale (DGCS) lors du dernier comité de suivi de la réforme de la tarification, le 27 septembre.

Le document, que Gerontonews a pu consulter, présente les résultats (quantitatifs) d’une enquête réalisée à l’été 2018 auprès des agences régionales de santé (ARS).

Il y est indiqué que 17 questionnaires ont été exploités, montrant « une exhaustivité des ARS ».

Il y a un an, le document présenté par la DGCS faisait état de 8.600 CPOM programmés sur la période 2016-2021, dont 5.961 pour les Ehpad et 2.639 pour les établissements et services médico-sociaux (ESMS) pour personnes handicapées (PH).

Le nouveau diaporama présente une actualisation de cette programmation. Le nombre de signatures de CPOM prévues en Ehpad sur la période a baissé (5.722) tandis qu’il a augmenté pour les ESMS-PH (2.837), soit un total de 8.559 contrats programmés.

En Ehpad, après 107 en 2016, le nombre de contrats signés au 31 décembre 2017 est bien inférieur aux prévisions (770 contre 1.055 programmés).

Un taux de réalisation de 18% à fin juin 2018

Par rapport aux prévisions, dans les deux secteurs, la DGCS a estimé le nombre de CPOM signés en 2017 à 565 sur les 1.162 programmés. Elle fait état d’un taux de réalisation de 62%.

Cette année-là, c’est la Nouvelle-Aquitaine qui remporte la palme, avec 123 CPOM signés, à comparer toutefois à 239 programmés.

Viennent ensuite Auvergne-Rhône-Alpes (92 signatures pour 158 prévues) et Provence-Alpes-Côte-d’azur (Paca) (79 contrats signés pour 91 programmés).

Pour 2018, elle estime le nombre de CPOM signés au 30 juin à 312 sur les 1.732 programmés pour l’année entière, soit un taux de 18%.

Pour l’heure, le Centre-Val-de-Loire tient le haut du pavé (71 signatures sur 86 prévues), suivi de la Bretagne (45 contre 134) et, ex-aequo, de l’Occitanie et des Pays de la Loire (40 CPOM déjà signés sur respectivement 194 et 108 prévus cette année).

La DGCS a ainsi modifié sa programmation:

Programmation initiale Nouvelle programmation
2018 1.163 1.212
2019 1.292 1.346
2020 1.150 1.227
2021 1.194 1.166

Pour les deux secteurs, c’est la région Auvergne-Rhône-Alpes qui prévoit de signer le plus de contrats (près de 1.200, dont plus de 900 en Ehpad). Elle est suivie de la Nouvelle-Aquitaine (un peu plus de 800 CPOM prévus en Ehpad), et de l’Occitanie (600 CPOM en Ehpad). Inversement, moins de 50 signatures sont prévues en Martinique, dans la zone Océan indien, en Guyane et en Guadeloupe.

Moins de 600 CPOM interdépartementaux ou régionaux prévus

Sur la période 2017-2021, le nombre de signatures de CPOM multi-activités prévues s’élève à 795, contre 440 dans la première programmation.

Une part importante est observée dans la région Hauts-de-France (40%), puis en Guyane (14,3%) et en Normandie (13,7%). Selon le graphique présenté, il n’y en aurait pas en Paca, en Corse et dans l’Océan indien.

Sur l’ensemble de la France, 246 CPOM interdépartementaux ou régionaux sont programmés (contre 547 dans la première programmation), avec une part relativement faible en général, oscillant de 0% à 8% (ce plus fort taux est observé en Ile-de-France). Alors que la part prévue dans la région Grand-Est atteignait 66% dans la première version (seule exception dans le graphique), elle est désormais de 4,5%.

Claire Beziau

 



 

Concertation grand âge: les fédérations d’Ehpad vont se réunir en novembre

Article09/10/2018

Une semaine après le lancement de la concertation grand âge et autonomie, les premiers groupes de travail ont commencé à plancher. Les principales fédérations d’Ehpad, éparpillées dans les dix ateliers, prévoient de se réunir à mi-parcours, courant novembre, pour disposer d' »une vision à 360 degrés » sur le chantier et mutualiser leurs desiderata, ont indiqué la Fehap et le Synerpa à Gerontonews.

A plusieurs, on est plus fort: c’est le constat des principales fédérations d’Ehpad, qui sont en train de s’organiser pour se réunir « mi-novembre ».

L’objectif consistera à faire un point sur les travaux de la concertation grand âge et autonomie, a indiqué à Gerontonews le 8 octobre Jean-Christian Sovrano, le directeur de l’autonomie et de la coordination des parcours de vie de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs (Fehap).

De fait, le chantier de la concertation, lancé le 1er octobre, est parti sur les chapeaux de roue.

Outre un site internet grand public, il prévoit la tenue d’ateliers d’experts, scindés en dix thématiques, qui doivent se réunir quatre fois, d’octobre à janvier 2019.

Si la composition des groupes de travail est encore en cours d’affinage, Jean-Christian Sovrano a confié à Gerontonews le 8 octobre que la fédération serait intégrée à deux d’entre eux, sur les « Métiers » et les « Parcours des personnes âgées », ce dernier étant présidé par Dominique Libault, le pilote du chantier.

Une « déception » pour la Fehap, qui espérait être associée à l’atelier sur les « nouveaux financements », auquel est notamment intégré la Mutualité française.

De fait, afin de « partager les informations » entre les groupes de travail, auxquels les fédérations sont diversement intégrées, Jean-Christian Sovrano a indiqué que les fédérations d’Ehpad projetaient de se réunir « en novembre » afin d’élaborer « des propositions socles » et « peser un peu » sur certains sujets. Les groupes de travail induisant « une vision fragmentaire », les échanges permettront « d’avoir une vision à 360 degrés ».

Des auditions prévues en plus des groupes de travail

Interrogée par Gerontonews ce 9 octobre, Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Syndicat national des établissements et résidences privés pour personnes âgées (Synerpa), a précisé qu’une telle réunion serait organisée « mi-novembre », une fois que les groupes de travail se seraient déjà réunis deux fois.

« Comme [les participations des fédérations aux groupes de travail] sont émiettées et que chacune est positionnée dans deux ou trois groupes différents », l’idée sera « d’avoir une vision panoramique pour se battre ‘contre’ ou au contraire trouver les dénominateurs communs pour nous permettre d’être plus forts » sur certaines propositions, a-t-elle souligné.

Le groupe « Métiers », auquel est intégré le Synerpa, a déjà commencé à plancher le 8 octobre, a-t-elle poursuivi.

Il est dirigé par Alice Casagrande, directrice de la formation et de la vie associative à la Fehap. Le contenu de la première réunion, « assez » général », a permis de fixer « le cadre et l’objectif », a rapporté Florence Arnaiz-Maumé.

Le Synerpa participera également à l’atelier « Panier de biens et services et reste à charge », dirigé par Jean-Philippe Vinquant, le directeur général de la cohésion sociale (DGCS). Le groupe commercial LNA Santé, adhérent du Synerpa, y est également intégré.

Enfin, la confédération syndicale participera au groupe l' »Offre de demain pour les personnes âgées en perte d’autonomie » avec son adhérent, Colisée. L’atelier est dirigé par Anne Burstin, directrice de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), et Marc Bourquin, directeur de l’autonomie de l’agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France.

Florence Arnaiz-Maumé a ajouté que le Synerpa allait, en plus, être auditionné par les membres du groupe « gouvernance et pilotage », à la demande de Dominique Libault.

Par ailleurs, la confédération prépare, pour début novembre, le lancement d’une plateforme intitulée « Horizon 2030 » qui contiendra les contributions de ses adhérents à la concertation et, notamment des réflexions, sur « la transformation de l’offre » et celle « des métiers ».

Monique Iborra rejoint le conseil d’orientation de la concertation

la composition du conseil d’orientation du dispositif, révélée par Gerontonews, s’est encore enrichie de la députée Monique Iborra (La République en marche, Haute-Garonne), qui l’a annoncé dans un tweet le 8 octobre.

Un autre parlementaire et deux membres de l’Association des départements de France (ADF) doivent encore être désignés.

 

 



France Silver Eco publie un état des lieux de la « silver économie »

Brève09/10/2018

C’était une promesse de l’association France Silver Eco au lancement de son observatoire national, début mars 2018: centraliser les données de la filière « silver économie » pour mieux les objectiver.

L’association a publié un premier « état des lieux », lequel « s’inscrit dans le pilier des données socio-économiques et démographiques de l’observatoire », indique-t-elle dans un communiqué diffusé fin septembre.

« Ce document est un travail de compilation à destination des acteurs de l’écosystème, afin de mettre à leur disposition un guichet unique recensant les données chiffrées sur le marché dans son ensemble », précise France Silver Eco.

Il recense les huit secteurs concernés par la filière (santé, sécurité et autonomie, habitat, services à la personne, loisirs et sport, tourisme, transport, nutrition et alimentation) liées au vieillissement de la population.

Il livre ensuite des données chiffrées relatives aux pratiques de consommation des seniors, à leur état de santé ou encore à leurs lieux de vie (par exemple, pour les Ehpad, le nombre d’établissements et de places en France et le tarif hébergement mensuel moyen) permettant de « refléter l’évolution de l’offre et de la demande dans les secteurs prioritaires concernés par la ‘silver économie' ».

La Rédaction



Ehpad: un reste à charge moyen de 2.000 euros par mois en GIR 1 et 2

Article08/10/2018

Crédit: Fotolia/polymanu

Après déduction de l’APA et de l’ASH, le reste à charge mensuel des résidents les plus dépendants en Ehpad s’élève en moyenne à 2.000 euros, selon l’Observatoire de la Mutualité française. Ce montant cache d’importantes disparités départementales… et des coûts également élevés à domicile.

« Les personnes âgées les plus dépendantes s’acquittent de restes à charge élevés », soit « 2.000 euros en moyenne en établissement et jusqu’à 4.000 euros à domicile », indique la Mutualité française, dans son communiqué présentant le rapport de son observatoire intitulé « Santé, perte d’autonomie: impacts financiers du vieillissement », publié début octobre.

Il précise que « la notion de reste à charge [RAC] correspond aux montants qui restent à la charge des Français, et de leur éventuelle couverture assurantielle privée, une fois déduits les financements publics ».

Dans la première partie de son étude, intitulée « des réalités », il a séparé ce RAC selon deux grandes dépenses: celles de santé, c’est-à-dire le reste à charge après remboursement de l’assurance maladie obligatoire, et celle de la perte d’autonomie, c’est-à-dire le RAC après déduction de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) et de l’aide sociale à l’hébergement (ASH).

Ainsi, sur la perte d’autonomie, « après prise en compte des aides dont peuvent bénéficier les personnes […], le RAC en GIR 1 et 2 » atteint les 2.000 euros par mois en moyenne et il « culmine à plus de 3.100 euros par mois à Paris et dans les Hauts-de-Seine ».

L’observatoire détaille: pour trois ans d’hébergement complet en établissement, il faut compter, en moyenne « 89.100 euros », soit 2.474 euros par mois. Or, le montant des aides cumulées (APA, ASH) sur ces trois années atteint 17.100 euros, soit 475 euros par mois. Autrement dit, « le RAC moyen cumulé est donc de 72.000 euros » en trois ans, soit 2.000 euros par mois.

En comparaison, « le salaire médian des retraités était de 1.770 euros par mois en 2015 », rappelle l’observatoire.

« Ce RAC moyen cumulé est plus important pour les femmes que pour les hommes, notamment parce que leur durée moyenne d’hébergement est supérieure. En moyenne, une femme réside en Ehpad durant 2 ans et 9 mois, contre 2 ans pour un homme », explique-t-il.

Contrairement aux idées reçues, le maintien à domicile peut s’avérer encore plus coûteux: le RAC mensuel pour une personne maintenue à domicile « s’étagerait de 2.500 euros à 4.050 euros en fonction du revenu de la personne âgée », note l’observatoire. Et pour « bénéficier d’une aide à temps plein », il faut compter « 4.750 euros par mois ».

Au total, « en France, la prise en charge de la perte d’autonomie coûte 30 milliards d’euros. Cette somme est financée à hauteur de 23,7 milliards d’euros par les pouvoirs publics et la solidarité nationale, tandis que 6,3 milliards d’euros sont à la charge des ménages », rapporte la Mutualité française dans son communiqué.

Ce document « constitue une première étape dans la mobilisation du mouvement mutualiste en amont de la loi sur la dépendance annoncée pour l’année 2019 », précise la Mutualité française. Et « des propositions fortes seront bâties d’ici la fin de l’année », assure le président de la fédération, Thierry Beaudet, dans l’éditorial du dossier.

La réforme du « RAC zéro » laissera des patients sur le carreau

Hors perte d’autonomie, le vieillissement est aussi une importante cause de RAC concernant les dépenses de santé.

L’étude montre d’abord que 3,3 millions de personnes (soit 5% de la population) supportent un reste à charge élevé, c’est-à-dire supérieur à 1.700 euros -équivalent à un mois de revenu moyen disponible- par an. Et parmi ces Français, la moyenne du RAC annuel est de 2.900 euros, un RAC « 6,3 fois plus élevé que celui de l’ensemble de la population », note l’observatoire.

« Les dépenses de santé non prises en charge par la sécurité sociale peuvent être élevées parce que les prix pratiqués excèdent les tarifs de la sécurité sociale ou bien parce que les dépenses se cumulent, notamment du fait du vieillissement », ajoute-t-il.

L’observatoire relève que trois « facteurs concourent à créer » ces situations: l’hospitalisation, les maladies chroniques ou les affections de longue durée (ALD) et enfin, les coûts élevés en optique, audioprothèse et dentaire.

Selon lui, la réforme du « 100% santé », également appelée « RAC zéro » permettrait à « 60% des patients, qui aujourd’hui supportent un RAC élevé » de passer « sous le seuil de 1.700 euros ».

Cela signifie que 40% des personnes continueront à avoir un reste à charge élevé, notamment des personnes qui auront connu au moins une hospitalisation dans l’année, « même si leur RAC est appelé à diminuer avec la réforme », précise l’Observatoire de la Mutualité française.

Ces chiffres montrent, selon Thierry Beaudet, que « ni la prise en charge des affections de longue durée par la sécurité sociale ni la réforme du ‘RAC zéro’ n’empêchent la survenance de restes à charge importants pour nos concitoyens, notamment les plus âgés et les plus fragiles ».

Inquiétudes face à l’avenir

Dans une seconde partie du dossier, intitulé « des perceptions », la Mutualité a fait appel à Harris interactive, un institut de sondage qui a réalisé une étude quantitative, du 7 au 14 mai, auprès d’un échantillon de 1.079 personnes, représentatives des Français âgés de 45 ans et plus, c’est-à-dire « les plus concernées par le sujet ».

Plus de la moitié de ces sondés (54%) ont déclaré avoir confiance en l’avenir. Cependant, ils se montrent inquiets « à l’égard des questions de santé: diminution des capacités ou physiques ou intellectuelles (79% déclarent s’en inquiéter beaucoup ou plutôt), risque de maladie (77%), des inquiétudes qui augmentent avec l’âge ».

Par ailleurs, 77% et 72% des sondés sont préoccupés par le risque de dépendance pour soi-même et pour ses proches. Et 9 d’entre eux sur 10 considèrent qu’il s’agit d’un sujet « qui devrait être prioritaire pour les pouvoirs publics (90%) ».

« En outre, la majorité des Français âgés de 45 ans et plus se sentent mal préparés, d’un point de vue financier, au risque de dépendance, que ce soit pour eux-mêmes (66%) ou pour leurs proches (63%) », décrit l’observatoire. Et « plus de 7 Français sur 10 âgés de 45 ans et plus se disent mal informés sur les différents sujets concernant la dépendance ».

A la question de savoir qui devrait « contribuer en priorité au financement de la prise en charge de la dépendance », 54% des sondés répondent en premier « la sécurité sociale », selon ce sondage. Au total, ils sont 64% à la citer, contre 49% qui évoquent les mutuelles.

« Aujourd’hui, seuls 21% des Français âgés de 45 ans et plus déclarent détenir un contrat couvrant le risque de perte d’autonomie. La plupart de ceux qui n’en ont pas déclarent ne pas envisager d’y souscrire, que ce soit pour eux-mêmes (seuls 20% seraient tentés de le faire) ou en prévision d’un rôle d’aidant éventuel (5%). La raison principale invoquée est le coût jugé trop important de ce type de dispositif (50%), devant le manque d’information (25%) et le sentiment que ce type de contrat est inutile (21%) », détaille l’observatoire.

La Rédaction

 



Accompagnement des personnes âgées: place aux modèles innovants!

Article08/10/2018

Le colloque organisé par Monique Iborra s’est tenu à Paris le 4 octobre 2018 – Crédit: M.T.

En matière d’accompagnement novateur des personnes dépendantes, les exemples fourmillent déjà. Lors d’un colloque à l’Assemblée nationale, plusieurs opérateurs sont revenus sur trois modèles à différents stades d’aboutissement pour appuyer le fait que de nouveaux modèles doivent continuer à être développés en plus ou à la place des Ehpad.

C’est désormais un fait établi, la prise en charge des personnes âgées doit évoluer. En amont ou dans le sillage de la concertation grand âge et autonomie ouverte par Agnès Buzyn, de nombreux débats sont organisés sur le sujet.

Le 4 octobre, soit trois jours après le lancement du chantier, la députée Monique Iborra (La République en marche, Haute-Garonne), connue pour la co-rédaction d’un rapport sur les Ehpad, organisait un colloque sur le modèle, la gouvernance et le financement de l’accompagnement du grand âge.

Le Pr Claude Jeandel, président du conseil national professionnel (CNP) de gériatrie, intervenant en tant que membre du directoire de la Fondation partage et vie, a rappelé que « nous sommes amenés à innover au plan social et organisationnel au regard de la double transition […] épidémiologique des maladies chroniques et incapacitantes […] et démographique ».

« Répondre à ce double enjeu implique de réorganiser non seulement nos organisations mais aussi nos concepts », a-t-il relevé.

Claude Jeandel est ensuite revenu sur M@do, qualifiée à sa création, en 2013, de « maison de retraite à domicile », en Corrèze.

M@do, a-t-il explicité, est « une prestation complète, polyvalente et coordonnée comprenant des soins et des services domestiques 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 à raison de 3 à 6 passages par 24 heures, en s’appuyant sur une structure de coordination constituée ».

La structure de coordination est constituée d’une plateforme de téléassistance, « adossée à un case manager avec une double compétence d’Idec [infirmière coordinatrice] et d’assistante sociale », d’intervenants à domicile (auxiliaires de vie sociale et aides-soignants), d’un médecin coordonnateur, une garde itinérante de nuit -« c’est essentiel; ce qui amène les personnes en Ehpad, c’est souvent l’absence de garde de nuit », a-t-il souligné-, des professionnels de santé libéraux (infirmiers, médecins, ergothérapeutes), des objets connectés à domicile (détecteurs, balisage lumineux, boite à clés numérique, tablette tactile, cahier de liaison dématérialisé) et des places d’Ehpad réservées en cas de besoin.

La population cible est « d’une trentaine de personnes, sur un territoire limité pour éviter que les déplacements des professionnels n’excèdent 20 minutes entre deux usagers ».

« On tente ainsi de transposer au domicile les services et les prestations d’un Ehpad, qu’il s’agisse de prestations hôtelières, d’accompagnement et de soins, en s’appuyant sur la téléassistance », a-t-il résumé.

« Cette expérimentation est financée par l’ARS [agence régionale de santé] sur la base d’un forfait soins, comme en Ehpad, et par les départements grâce à l’APA [allocation personnalisée d’autonomie] à domicile », peut-on lire dans le diaporama présenté par le gériatre.

Le coût moyen journalier est de 100 à 105 euros avec un coût moyen hébergement journalier hors APA de 50 à 55 euros et « un coût annuel à la place de 37.000 euros versus 42.000 euros » en Ehpad, a-t-il souligné.

Selon un bilan à cinq ans décrit dans son diaporama, l’expérimentation est « économiquement viable avec pour 30 bénéficiaires une dotation soins de 500.000 euros (sur laquelle émarge notamment la garde itinérante soignante de nuit), un coût global d’aide à domicile de 1.586 euros par mois (dont téléassistance et domotique) » et « un reste à charge moyen de 800 euros par mois hors ticket modérateur, inférieur aux autres alternatives ».

Des lits d’accueil d’urgence médico-sociale à la Croix-Rouge

A sa suite, Ingrid Lauvray, déléguée personnes âgées-domicile à la Croix-Rouge française, a listé différentes initiatives de prises en charge alternatives à l’Ehpad dans son réseau, comme les lits d’accueil d’urgence médico-sociale.

Dans le cadre d’un projet Paerpa (parcours des personnes âgées en risque de perte d’autonomie), à Bordeaux, un Ehpad de la Croix-Rouge propose un accueil en urgence d’une durée de 15 jours « quand ça craque à domicile ». « On intervient aussi en cas de maltraitance », a-t-elle ajouté.

Au-delà de « la mise en sécurité immédiate » permise par cet accueil d’urgence, « l’idée est de reprogrammer le retour à domicile dans de bonnes conditions, puisqu’on en profite aussi pour bien évaluer la situation de la personne », a-t-elle précisé.

Ces lits sont occupés « 250 jours par an » et bénéficient d’un financement spécifique de l’ARS Nouvelle-Aquitaine.

Ingrid Lauvray a également évoqué un autre modèle, « la collaboration entre l’Ehpad et le Ssiad [service de soins infirmiers à domicile] », avec l’exemple de l’Ehpad Stéphanie, à Sartrouville (Yvelines), qui expérimente pour deux ans Ehpad@dom, un service de soins et d’accompagnement des personnes âgées à domicile.

Elle a notamment fait valoir dans ce projet « le partage des postes de soignants » entre Ehpad et domicile, « la synchronisation des plans de formation » ou encore « la mutualisation des astreintes » et « le pilotage commun de la qualité et de gestion du risques ».

La file active est de 24 personnes âgées, a-t-elle précisé.

120 résidents pour 120 soignants dans le futur village Alzheimer

Le Pr Hélène Amieva, directrice de l’équipe Sepia Inserm U219 à Bordeaux, associée au projet de « village Alzheimer » de Dax, a rappelé que l’idée de ce village, financé par le conseil départemental des Landes, est de « mettre à disposition tous les moyens nécessaires pour que les personnes démentes continuent d’avoir une vie sociale ».

Elle a remarqué que l’injonction faite au résident d’Ehpad « vous êtes ici chez vous, vous devez vous sentir chez vous » est « complètement paradoxale »: « Comment se sentir chez soi dans un établissement qui est constitué d’une enfilade de chambres, avec des personnels en blouse blanche et des horaires contraints? », a-t-elle souligné.

« C’est ce code-là que veut casser le village Alzheimer, en reconstruisant l’image d’un véritable village, construit autour d’une place, avec quelques commerces, avec des quartiers, des maisonnées et des personnes qui ont la possibilité de se croiser, de discuter », a-t-elle décrit, ajoutant qu’il y avait quatre quartiers, avec un parc de 5 hectares.

Les personnes seront réparties à « sept ou huit par maisonnée, en fonction des affinités, des catégories socio-culturelles […] », a-t-elle ajouté.

Elle a souligné que l’idée était de « faire tout ce qu’on fait en Ehpad, mais de la manière la plus naturelle possible ». Elle a pris l’exemple des ateliers mémoire: « Qui se réveille le matin heureux de se dire qu’il va participer à un atelier mémoire?… »

Le village est construit avec « des commerces, un restaurant, un café, une médiathèque » pour permettre aux personnes de développer « des routines du quotidien ».

Le deuxième défi du village est de « casser l’image de l’hébergement de ces personnes âgées démentes », a poursuivi Hélène Amieva.

Le troisième défi, c’est celui de la recherche et de l’évaluation -et c’est une innovation française car le village conçu au Pays-Bas il y a 10 ans qui a inspiré le modèle français n’avait pas cette dimension, a-t-elle rapporté.

Précisant qu’il y aurait, dans ce village, « 120 résidents pour 120 soignants », elle a reconnu que « la question qu’on doit absolument se poser, c’est ‘est-ce que cela vaut le coup?’ On a besoin d’objectiver cela. »

« L’innovation sociale ne sera constructive que si les projets s’adossent à des organismes de recherche », a-t-elle insisté. « Sans cela, on va être face à une multitude d’initiatives mais dont on ne saura que faire, car on sera partagé entre une idée intéressante mais qui représente un coût » et un investissement dont on ne saura pas s’il est bénéfique.

Valérie Lespez

 



Grippe: les professionnels d’Ehpad invités à se faire vacciner

Brève08/10/2018

C’est reparti pour la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière, qui a débuté le 6 octobre, et se poursuivra jusqu’au 31 janvier 2019, ont annoncé la direction générale de la santé (DGS), la Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam), Santé publique France et la Mutualité sociale agricole (MSA) dans un communiqué commun.

Le vaccin est recommandé pour les personnes de 65 ans et plus et celles atteintes de certaines maladies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque ou respiratoire, etc.).

Un courrier d’incitation à la vaccination antigrippale a également été envoyé par l’assurance maladie aux directeurs des Ehpad, car vous le savez, la vaccination est recommandée chez les professionnels des établissements médico-sociaux en contact avec des personnes à risque de grippe sévère.

L’objectif est ainsi de soutenir les actions de sensibilisation menées à la fois auprès des professionnels de santé et des résidents.

En outre, tous les établissements de santé et les établissements médico-sociaux ont été destinataires d’une note du ministère des solidarités et de la santé leur rappelant l’importance de la vaccination de leur personnel contre la grippe saisonnière.

Santé publique France a attribué à la grippe 13.000 décès sur la période 2017-2018, dont 93% chez les plus de 65 ans.

La Rédaction

 



Veille juridique | 01/10/2018

Les textes officiels parus entre le 15 et le 30 septembre 2018 par Véronique Garcia

 


 

Les expérimentations Paerpa seront prolongées jusqu’à fin 2019

Article03/10/2018

Prévues initialement jusqu’à fin 2018, les expérimentations Paerpa (personnes âgées en risque de perte d’autonomie) n’ont pas encore livré toutes leurs clés. Le temps de peaufiner l’analyse de leurs impacts, elles seront prolongées d’un an dans le cadre de l’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2018 sur les innovations organisationnelles et financières.

Dominique Libault ne fait pas que piloter la concertation grand âge et autonomie, lancée le 1er octobre.

Il préside aussi le comité de pilotage national du dispositif Paerpa, ces parcours qui encouragent la coordination entre les acteurs sanitaires, médico-sociaux et sociaux au profit de la prise en charge des plus de 75 ans, en s’appuyant sur de nouvelles instances de concertation et sur des financements dérogatoires.

Et comme il l’avait assuré fin juin à l’occasion d’un bilan de ces expérimentations, celles-ci vont bien être prolongées, jusqu’à fin 2019, a-t-il annoncé en compagnie de la directrice de la sécurité sociale (DSS), Mathilde Lignot-Leloup, lors d’une conférence de presse le 28 septembre.

Leur date limite est pour le moment fixée au 31 décembre 2018. Mais cette échéance sera trop courte pour bien appréhender leur impact.

Après le lancement de neuf territoires Paerpa fin 2013 et début 2014, leur nombre a été porté à 18 en 2016 sur l’ensemble des agences régionales de santé métropolitaines ainsi qu’en Martinique et en Guadeloupe.

Ils couvrent 11% de la population des 75 ans et plus (698.638 personnes âgées) et ont bénéficié de 19 millions d’euros au titre du fonds d’intervention régional (FIR) en 2017 (soit 27 € d’investissement supplémentaire par personne âgée), précise le dossier de presse.

Généralisation en 2020

« Juridiquement, la LFSS 2018 a arrêté toutes les expérimentations qui se terminaient […] en incitant à se poser la question » sur ce qu’il faut prolonger, sur quelle durée et pour quels objectifs, a rappelé Mathilde Lignot-Leloup, lors de ce point d’étape sur la mise en oeuvre et les perspectives des Paerpa.

« Nous avons décidé de prolonger d’un an l’expérimentation, en 2019, pour avoir un an de plus d’évaluation et de capitalisation sur ce qui marche et qui peut être réintégré dans le droit commun », a-t-elle ajouté.

Dans le cadre de l’article 51, des expérimentations de portée nationale peuvent en effet être autorisées après avis du comité technique de l’innovation en santé, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et de la santé. Un arrêté est donc attendu pour intégrer les expérimentations Paerpa dans ce cadre, a indiqué la DSS. Cette prolongation devrait permettre d’affiner l’analyse du dispositif avant une généralisation en 2020. Les évaluations menées, très récentes, ont très peu pris en compte la 2e vague, a observé Dominique Libault.

Une évaluation quantitative d’analyse d’impact a été conduite par l’Irdes et ses résultats ont été diffusés en juin.

Celle-ci « démontre qu’à ce stade, les dispositifs Paerpa (y compris le projet personnalisé de santé -PPS) ont permis de mobiliser les acteurs de soins primaires afin d’améliorer les prises en charge des personnes âgées les plus fragiles mesurées à travers les indicateurs sensibles aux soins primaires » mais « le manque d’impact visible sur les indicateurs hospitaliers interroge sur la possibilité de réduire les hospitalisations et les réadmissions, uniquement par une mobilisation des acteurs de ville ».

Des « impacts importants » au niveau local

Malgré un « effet moyen global non significatif sur l’ensemble des territoires à ce jour », des impacts déjà importants sur des données disponibles de 2015 et 2016 ont été visibles sur la polymédication et des prescriptions inappropriées dans le Nord-Pas-de-Calais (-3% et -9%), le recours aux urgences non suivies d’hospitalisation en Lorraine (-23%), les hospitalisations non programmées et hospitalisations évitables en Bourgogne (-15% et -23%) et les hospitalisations non programmées en Midi-Pyrénées (13%), est-il précisé dans le dossier de presse.

« On aura dans quelques mois les données aussi sur 2017 », ce qui donnera « un peu plus de recul », a observé Mathilde Lignot-Leloup.

La prolongation d’un an doit également servir à un approfondissement des études, une amélioration des retours d’expériences des acteurs et des usagers, la consolidation des bonnes pratiques et des compléments sur les mesures d’impacts médico-économiques.

Pour Luc Duquesnel, cogérant de la société interprofessionnelle de soins ambulatoire (Sisa) du pôle de santé libéral du Pays de la Mayenne, Paerpa a « révolutionné l’approche de la prise en charge » sur certains territoires en permettant des échanges entre professionnels, mais cela n’est pas bien évalué actuellement.

La prolongation vise aussi à mieux articuler des éléments du programme avec les dispositifs en cours de déploiement (plateforme territoriale d’appui -PTA-, communautés professionnelles territoriales de santé -CPTS-…).  »

Une accélération en 2018

Selon des données de l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap), 11.200 PPS ont été élaborés entre décembre 2014 et juillet 2018, avec une hausse de 13% entre 2017 et 2018.

Mathilde Lignot-Leloup a observé que le nombre de sollicitations émanant des professionnels et reçues par les coordinations territoriales d’appui (CTA) avait augmenté de 32% entre 2017 et 2018, à 260.546 (juillet 2018).

Au sein des CTA, l’Anap a aussi recensé 243.595 sollicitations de personnes âgées, 385.940 demandes d’informations et d’orientations, 137.267 appuis à la coordination entre professionnels (+50% entre 2017 et 2018), 80.198 appuis à la coordination demandés par les établissements de santé (+32%) et 4.500 personnes âgées de plus de 75 ans par trimestre bénéficiant d’un repérage du risque de perte d’autonomie au sein d’un établissement de santé.

En Mayenne, Luc Duquesnel et Thiphaine Heurtault, présidente de Palex (plateforme d’appui libérale à l’exercice coordonné), ont indiqué que le dispositif avait été élargi aux situations complexes quel que soit l’âge, c’est-à-dire incluant des personnes en situation de handicap et de précarité.

Le Pr Claude Jeandel, président du conseil national professionnel (CNP) de gériatrie et également pilote Paerpa sur l’agglomération de Montpellier, a indiqué que le dispositif avait été étendu aux plus de 60 ans et devrait s’ouvrir aux territoires adjacents.

Pour ces acteurs de terrain, la « révolution culturelle » nécessaire au déploiement de Paerpa prend du temps mais devrait accélérer la mise en place de nouveaux dispositifs de coordination, comme les CPTS. « On a posé des jalons », a fait valoir Luc Duquesnel.

Caroline Besnier

 



15 départements ont vu leurs dépenses sociales baisser en 2017

Article03/10/2018

La croissance des dépenses sociales départementales ralentit depuis 2016, et l’an dernier, 15 d’entre eux les ont même vu baisser, selon le 6e rapport annuel de la Cour des comptes sur « Les finances publiques locales ». En cause notamment, la réduction du nombre de bénéficiaires de l’APA ou encore la mise en oeuvre de la facturation différentielle pour les paiements aux Ehpad.

Les départements parviennent à contenir leurs dépenses, notamment sociales, certains les ayant même vu diminuer en 2017, indique la Cour des comptes dans son épais rapport (420 pages), rendu public fin septembre.

Elle y étudie notamment les dépenses sociales des départements, dont celles liées aux allocations individuelles de solidarité (AIS), à savoir le revenu de solidarité active (RSA), l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) et la prestation de compensation du handicap (PCH), ainsi que leur impact budgétaire.

De manière générale, « l’effort des départements pour mieux maîtriser leurs dépenses de fonctionnement, manifeste en 2016, s’est maintenu sur les dépenses de personnel et les subventions versées mais s’est atténué sur les achats de biens et de services et les autres charges de gestion courante », remarque la Cour.

« Cependant, la situation financière des départements reste fragile car elle dépend étroitement de facteurs conjoncturels en particulier les évolutions des dépenses sociales (allocations individuelles de solidarité et frais d’hébergement, notamment des mineurs non accompagnés). De plus, les situations locales recouvrent des réalités disparates car le niveau des dépenses sociales est souvent déconnecté de celui de la richesse fiscale », ajoute-t-elle.

Stabilité des dépenses de RSA mais augmentation de celles d’APA

« Encore très soutenue en 2015 (+3,3%), la croissance des dépenses sociales des départements, qui représentent plus de la moitié de leurs charges de fonctionnement, s’est nettement ralentie en 2016 (+ 2,1%) », rappelle la Cour des comptes. « Ce mouvement s’est poursuivi en 2017 (+1,6%) », annonce-t-elle.

Elle explique que le ralentissement de l’augmentation des dépenses sociales directes (+1,4%) est dû à la quasi-stabilité des dépenses de RSA (+0,6%), après une croissance soutenue en 2015 (+6,9%) et en 2016 (+3,2%), « due à la diminution de 11.000 du nombre de ménages bénéficiaires (-0,6%) ».

« Cette stabilité a atténué l’impact de l’augmentation des autres aides directes, liées à la prise en charge des personnes âgées dépendantes (+1,4%) et des personnes handicapées (+2,3%) », assure-t-elle.

« Les aides indirectes comprenant notamment la prise en charge des mineurs non accompagnés (MNA), en forte hausse, ont progressé de 2,1% », soit la plus forte augmentation depuis 2015. « Cette progression excède 10% dans les départements de l’Allier, des Hautes-Alpes, du Rhône et du Tarn. Elle atteint 20% en Seine-Saint-Denis », écrit-elle.

Et elle souligne donc qu’en 2017, 15 départements ont enregistré une réduction de leurs dépenses sociales. Il s’agit des Alpes-Maritimes, de la Charente, de la Corrèze, de la Creuse, de l’Essonne, des Hauts-de-Seine, de la Haute-Marne, du Haut-Rhin, de la Haute-Saône, de l’Oise, de Paris, du Puy-de-Dôme, de la Savoie, du Val-de-Marne et de la Vendée.

Pour deux départements, la Corrèze et Paris, cette réduction est constatée pour la deuxième année consécutive.

Elle rapporte que, « selon le département des Alpes-Maritimes, cette diminution de ses dépenses sociales serait due à des transferts de compétences à la métropole Nice-Côte-d’Azur (fonds de solidarité pour le logement, fonds d’aide aux jeunes, prévention spécialisée) » et que « le département de la Charente met en avant la baisse du nombre de bénéficiaires de l’APA et des bourses pour les transports scolaires transférées à la région ».

« Dans certains départements (Creuse et Hauts-de-Seine), la baisse des dépenses sociales s’explique, au moins en partie, par la mise en oeuvre de la facturation différentielle pour les paiements aux établissements accueillant des personnes âgées dépendantes ou des personnes handicapées », c’est-à-dire « la part calculée après récupération des revenus de la personne bénéficiaire et la participation de ses obligés alimentaires », observe-t-elle.

Poursuivre les efforts d’économie

« Hors transferts de compétences en matière de transport […], les recettes réelles de fonctionnement des départements ont progressé de 1,64 milliard d’euros (+ 2,5 %) en 2017, soit à un rythme identique à celui de 2016 », souligne aussi la Cour.

« La baisse des dotations et participations (0,6 milliards d’euros) a été entièrement due à la réduction pour la quatrième année consécutive de la DGF [dotation globale de fonctionnement] (1,09 milliards d’euros) au titre de la contribution des collectivités locales au redressement des finances publiques », précise-t-elle.

De plus, « si la baisse de la DGF a représenté 1,6% en moyenne des recettes réelles de fonctionnement des départements, elle a atteint plus de 5% pour certains d’entre eux (Finistère, Loire-Atlantique, Nord, Pas-de-Calais, Somme, Yvelines) », note-t-elle.

Au total, en 2017, « hors transferts des compétences ‘transport’ aux régions, la croissance soutenue de la fiscalité des départements leur a permis de nouveau de compenser largement la baisse de la DGF », ajoute-t-elle.

« A compter de 2018, les recettes de fonctionnement des collectivités locales devraient connaître une progression plus rapide en raison de la stabilité retrouvée des concours financiers de l’Etat et de la croissance toujours soutenue de leurs produits fiscaux jusqu’en 2020, avant une éventuelle refonte de la fiscalité locale », assure la Cour.

« Dans ces conditions, la réalisation d’une trajectoire d’évolution des dépenses de fonctionnement conforme au plafond de 1,2% par an devrait entraîner une amélioration de l’épargne nette des collectivités dépassant largement le besoin de financement des investissements prévisibles au regard de l’effet de cycle électoral », observe-t-elle.

La Cour des comptes recommande enfin à toutes les collectivités locales, départements mais aussi régions et « bloc communal », « conformément à l’objectif d’évolution de la dépense locale définie par le Parlement, [de] poursuivre les efforts d’économie, en veillant notamment à contenir les charges de personnel, en agissant sur les effectifs, le temps de travail et le régime indemnitaire, ainsi que sur les autres charges de fonctionnement dont les achats de biens et de services ».

Valérie Lespez

 

 



Entrée en établissement: une décision sous haute tension

Article03/10/2018

Crédit: Fotolia/Rido

Pour les personnes âgées et leur entourage, la question d’une entrée en établissement charrie son lot d’angoisses, ce qui freine la discussion avec l’intéressé(e) et engendre parfois une décision dans l’urgence, peu compatible avec une adaptation sereine à la future structure, montre une enquête du Crédoc.

On se doutait que, dans les familles, la question de l’entrée en établissement n’était pas une sinécure.

Cette enquête, réalisée cet été par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) pour le think tank Terra Nova, AG2R La Mondiale et le groupe Caisse des dépôts, le confirme.

Le but était d’éclairer « le processus de choix et décision dans les familles sur les lieux de vie et d’accueil pour les personnes âgées », qui reste « relativement méconnu », indique le Crédoc dans l’introduction de sa note de synthèse. Il a interrogé un échantillon représentatif de 2.014 personnes, âgées de 18 ans et plus, sélectionnées selon la méthode des quotas.

Publiée fin septembre, l’enquête montre d’abord que près d’1 sondé sur 3 a un proche vivant actuellement ou ayant vécu en structure d’accueil pour personnes âgées et que 9% pensent être bientôt concernés soit pour eux-mêmes, soit pour un parent. Ainsi, « 36% des 35 ans et plus sont ainsi concernés directement ou indirectement, soit près de 15 millions de Français si l’on extrapole à l’ensemble de la population de cet âge », analyse Terra Nova dans sa propre synthèse.

Parmi les « concernés », une entrée en structure d’accueil signifie en priorité « soulager ses proches » (84%) et « perdre son autonomie de choix » (82%). « Evoluer dans un milieu sécurisant » est tout de même cité par 72% des personnes confrontées au sujet.

Le « soulagement » cité s’explique en grande partie par les raisons qui motivent l’entrée en structure d’accueil, remarque Terra Nova.

Ainsi, « parmi les 36% des enquêtés les plus concernés, 8 sur 10 citent ‘l’état de santé et l’âge’ de la personne parmi les deux motivations principales; entre 5 et 6 sur 10, le fait qu’il n’y avait ‘plus de solution de maintien à domicile’; et 3 sur 10, le fait que ‘les proches ne pouvaient plus aider' ».

Plus de 4 sondés concernés sur 10 n’ont pas abordé la question

Parmi les personnes « bientôt concernées » par l’entrée d’un proche en établissement (pour un proche ou pour elles-mêmes), 84% se disent préoccupées par cette perspective contre 34% seulement dans l’ensemble de l’échantillon.

« Un résultat qui suggère que les inquiétudes sont d’autant plus grandes que l’on s’approche de la décision et que le processus de choix n’est pas encore finalisé », décrypte Terra Nova.

« Cette anxiété explique sans doute la difficulté à en parler dans ce même groupe: alors même que la perspective de l’entrée en structure d’accueil est reconnue comme prochaine, 42% déclarent que la question n’a encore jamais été abordée dans leur entourage ».

Qui aborde le sujet? L’initiative revient « dans 45% des cas aux enfants et petits-enfants, et dans seulement 28% des cas à l’intéressé; les autres parents, le conjoint, le médecin, les aidants professionnels se partageant les 27% restants. »

« Autrement dit, l’évocation du sujet relève d’abord d’un face-à-face entre les enfants et leurs parents », traduit le think tank.

« Plus on s’approche du moment du choix, plus on anticipe la contrainte »

D’une manière générale, la décision d’entrée en institution n’est attribuée directement et uniquement aux personnes âgées que dans 2 cas sur 10 en moyenne selon les sondés « concernés ».

Les auteurs de l’enquête notent toutefois que les parts respectives de la concertation et de la contrainte varient selon les groupes interrogés.

Les répondants déjà concernés considèrent que, dans 43% des cas, l’intéressé(e) a « accepté d’entrer en structure d’accueil après discussions », que, dans 20% des cas, il/elle « n’a pas été en capacité d’exprimer son souhait » et que, dans seulement 17% des cas, il/elle « est entré(e) en structure d’accueil sans son accord ».

En revanche, ceux qui seront « bientôt » concernés sont plus pessimistes: ils estiment que, dans 39% des cas, l’intéressé(e) « ne souhaite pas entrer en structure d’accueil », que, dans moins de 10% des cas, il/elle n’est pas en capacité de s’exprimer, et que, dans 25% des cas seulement, il/elle « va accepter […] après discussions ».

« Manifestement, plus on s’approche du moment du choix, plus on anticipe la contrainte. Inversement, la part de la discussion et de la concertation semble plus importante quand il s’agit de décrire un choix passé et déjà réalisé », fait observer Terra Nova.

Le think tank précise que les situations de contrainte « s’observent plus fréquemment dans les milieux modestes ou les plus en difficulté: la part de ceux qui évoquent la contrainte est de 25% chez les non-diplômés (+4 points par rapport à la moyenne générale), 24% chez les ouvriers (+3 points), 30% chez ceux qui déclarent un état de santé peu satisfaisant (+9 points) ».

Un tiers médiateur pour « débloquer la parole »?

Dans le cas de difficultés à ouvrir la discussion, l’échéance du choix est souvent différée « jusqu’à une crise (chute, problème cardio-vasculaire, accident domestique, etc.) qui ne laisse plus le temps de préparer correctement l’entrée en établissement », observe Terra Nova.

Ainsi, « la contrainte exercée souvent au dernier moment et fréquemment dans des contextes de crise […] se double d’une situation de choix extrêmement restreint pour les familles: la décision d’entrée en institution étant prise tardivement et parfois brusquement, la possibilité de privilégier des solutions alternatives à l’Ehpad n’existe quasiment plus, augmentant le sentiment d’une perte d’autonomie de choix chez les intéressés. Tout cela n’est pas gage d’une bonne intégration dans la structure d’accueil et peut expliquer les difficultés des résidents à accepter leur nouvelle vie par la suite. »

A la fin de l’enquête, le Crédoc évoque « l’intérêt de développer des lieux moins médicalisés pour favoriser une prise en charge ‘avant la crise' ». Si les sondés sont relativement informés de l’existence de solutions intermédiaires (résidences autonomie, logement intergénérationnel ou encore habitat partagé), le Crédoc note que « celles-ci sont plus rares » et « inégalement réparties sur le territoire ».

Terra Nova propose de son côté « la médiation d’un tiers » pour faciliter les discussions sur le sujet. « Si l’on comprend que, sur un sujet aussi intime, la famille proche soit aux premières loges, on peut toutefois se demander si [une telle médiation] ne serait pas souhaitable, quand elle est possible, pour débloquer la parole et partager la charge de l’échange », suggère-t-il.

Claire Beziau

 



France Alzheimer livre 10 propositions pour améliorer la prise en charge

Article02/10/2018

France Alzheimer a soumis au gouvernement 10 propositions pour répondre « concrètement aux difficultés rencontrées quotidiennement par les personnes malades et par leur famille », alors que les médicaments symptomatiques ne sont plus remboursés.

Alors que les médicaments « anti-Alzheimer » ne sont plus remboursés depuis le 1er août et que le plan maladies neurodégénératives (PMND) 2014-2019 entre dans sa dernière ligne droite, l’association « tire la sonnette d’alarme et appelle à la mobilisation des autorités publiques » dans un communiqué diffusé le 20 septembre, veille de la journée mondiale de lutte contre cette maladie.

Avec un « faible budget », le PMND a eu un impact « faible » pour les familles. Aucune mesure d’envergure n’est attendue d’ici à la fin 2019 et aucune mesure n’a été annoncée dans le cadre de la stratégie « Ma santé 2022 ».

Aucune mesure concrète d’accompagnement des malades n’a été non plus présentée depuis la confirmation du déremboursement des médicaments « anti-Alzheimer », fin mai, poursuit l’association, tout en reconnaissant qu’une réforme sur la dépendance se prépare.

« En l’absence d’engagements de la part du gouvernement et d’Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé », France Alzheimer et maladies apparentées réitère 10 propositions (non exhaustives), selon quatre priorités, qui ont déjà été soumises à plusieurs reprises sans avoir été entendues.

Au sein de la première priorité, améliorer le parcours diagnostique, l’association appelle à:

  • réduire les inégalités territoriales d’accès à un bilan diagnostic complet en développant les consultations mémoire de proximité, assurées en milieu hospitalier par une équipe pluridisciplinaire
  • encourager les parcours de diagnostic en ville et à l’hôpital en permettant la prise en charge par l’assurance maladie des évaluations neuropsychologiques réalisées par les libéraux
  • doter les professionnels de santé d’outils simples d’orientation de leurs patients et des familles vers les différents dispositifs d’accompagnements post-diagnostic.

Deuxièmement, il s’agit de proposer aux personnes malades des parcours de soins adaptés et pour cela, il faut:

  • accroître l’offre en termes de structures du domicile et de l’établissement de façon à mieux les répartir sur l’ensemble du territoire
  • renforcer le nombre de places en Ehpad dans des conditions financièrement abordables pour les familles
  • mieux former les professionnels intervenant sur toute la chaîne du soin aux spécificités de la maladie d’Alzheimer et des maladies apparentées.

La troisième priorité consiste à reconnaître et soutenir les proches aidants et dans cette optique, France Alzheimer préconise de:

  • soutenir le développement de structures adaptées de répit sur l’ensemble du territoire
  • augmenter et préserver le nombre de places d’hébergement temporaire et en faciliter l’accès géographique et financier
  • lever les restrictions d’accès et d’utilisation du droit au répit de 500 € prévu par la loi « vieillissement » de décembre 2015 et augmenter son montant.

Enfin, l’association appelle à soutenir la recherche et pour cela, de « créer une agence nationale de recherche et d’expertise » afin de piloter, orienter et financer la recherche sur la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées.

Luu Ly Do Quang

 



 

Concertation grand âge et autonomie: les objectifs des 10 groupes de travail

Article01/10/2018

Dix groupes de travail vont plancher jusqu’en janvier 2019 dans le cadre de la concertation sur le grand âge et l’autonomie. Au-delà de la question du financement, ils couvrent l’ensemble du champ, de la prévention à l’évolution de l’offre de prise en charge, en passant par le parcours des personnes âgées.

Top départ. Pour préparer le projet de loi sur la réforme de la prise en charge de la dépendance, annoncé par Emmanuel Macron pour fin 2019, la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a lancé le débat public et la concertation sur le « grand âge et l’autonomie » ce 1er octobre, avec un dispositif à plusieurs étages alliant consultation grand public et travail d’experts.

Ceux-ci seront notamment mis à contribution sous la forme de 10 groupes de travail, que le conseiller d’Etat Dominique Libault a été chargé de piloter.

Ces « ateliers », plus exactement, selon la terminologie ministérielle, se réuniront entre octobre 2018 et janvier 2019 en quatre grandes étapes: « diagnostic, priorisation des objectifs, approfondissement des pistes retenues, formulation des propositions, puis formalisation et validation des conclusions », précise le ministère dans son dossier de presse.

Le premier porte sur la « gouvernance » et le « pilotage ».

Il a pour objectif « d’élaborer des propositions permettant de sécuriser, de clarifier et de pérenniser une architecture de gestion et de pilotage du risque de perte d’autonomie liée au grand âge ».

« Il étudiera le ou les périmètres envisageables pour un cinquième risque de la sécurité sociale, pouvant, à une échéance à définir, inclure la prise en charge du handicap. »

« Il précisera les évolutions des rôles des différents acteurs rendues nécessaires par la création de ce cinquième risque » et « identifiera notamment le niveau de portage du risque financier, ainsi que les modalités de pilotage et de gestion territoriales des politiques menées ».

« Cet atelier définira des scénarii d’évolution de la gouvernance et du pilotage, emportant ou non la création d’une nouvelle branche » et « envisagera des modifications structurelles pouvant redéfinir l’équilibre actuel entre l’Etat, la sécurité sociale, la CNSA [Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie] et les conseils départementaux ».

L’atelier 2 est sur la thématique « Panier de biens et services et reste à charge ».

Il devra « proposer des droits et prestations universels, simples, lisibles, à domicile comme en établissement, et modulés en fonction des ressources des personnes ».

« Il définira le périmètre, le niveau et les conditions d’ouverture des prestations financées par la solidarité collective. Il s’attachera à préserver la liberté de choix des personnes âgées en harmonisant les restes à charge entre la prise en charge à domicile et en établissement. »

Il devra explorer « différents scénarii de maîtrise des restes à charge, qu’[ils] aient ou non été évoquées par de précédents rapports », est-il précisé.

Le troisième atelier porte sur les « nouveaux financements ».

Il doit « proposer des schémas de financement de la couverture du risque de perte d’autonomie liée au grand âge, en fonction de l’évolution du panier de biens et services et des dernières projections démographiques », en tenant compte des « perspectives financières des autres branches de la sécurité sociale ».

« Les schémas de financement pourront s’appuyer sur la création de nouvelles recettes et instruments financiers comme sur la recherche de gains d’efficience et la mobilisation de financements privés (mobilisation du patrimoine, développement des supports assurantiels) », est-il précisé.

« La possibilité de développer de nouveaux instruments de mobilisation du patrimoine immobilier sera également étudiée. »

Le « parcours des personnes âgées » est le thème du 4e atelier.

Il s’agira de « définir un droit à un service de qualité, indépendant de la prestation monétaire, en prenant comme point de départ les attentes des personnes âgées ».

« Cet atelier recensera les difficultés d’orientation, les irritants majeurs des usagers, et modélisera une ou plusieurs cibles d’un service de proximité pour la personne âgée dépendante (lieux d’aiguillage, guichet unique, voies de médiation, etc.). »

« Les travaux identifieront les mesures nécessaires à une simplification de l’accès au système d’aide et de soin, à une plus grande réactivité et à une meilleure continuité de la prise en charge et des parcours », est-il ajouté.

La « prévention et [le] bien vieillir » sont au coeur de l’atelier 5.

Il a pour objet de « renforcer la structuration de la politique de prévention de la perte d’autonomie pour retarder sa survenue ou limiter sa lourdeur, pour améliorer la qualité de vie des personnes âgées et de leurs aidants et freiner l’accroissement de la dépense publique ». Il « a vocation à formuler des propositions de nature à approfondir et à rationaliser l’effort de prévention de la perte d’autonomie liée au grand âge ».

Les « métiers » seront portés par l’atelier 6.

Il devra faire des « propositions d’amélioration de l’attractivité des métiers et des carrières de l’aide et du soin aux personnes âgées » et explorer « les leviers d’amélioration de la qualité de vie au travail, ainsi que les moyens de lutter, notamment au niveau de la formation initiale, contre les stéréotypes pouvant dégrader l’image de ces métiers ».

A noter que « la construction de passerelles vers les nouveaux métiers, notamment le métier d’assistant médical [prévu par la stratégie de transformation du système de santé, ndlr], fera l’objet de propositions ».

L’atelier 7 est dévolu aux « aidants, familles et bénévolat ».

Il s’agit de « renforcer la reconnaissance et l’accompagnement des aidants, d’accroître leur capacité à mettre en oeuvre concrètement le droit au répit, sur l’ensemble du territoire. Des scénarii d’élargissement des droits des aidants pourront être étudiés ». Seront aussi étudiées « les possibilités et les conditions de recours aux bénévoles, aux volontaires du service civique ou du futur service national obligatoire pour rompre l’isolement des personnes âgées en perte d’autonomie ».

L’atelier 8 porte sur l' »offre de demain pour les personnes âgées en perte d’autonomie ».

Il « aura pour mission de proposer des scénarii d’évolution de l’offre de prise en charge des personnes âgées, en établissement comme à domicile ».

« Ses travaux porteront notamment sur les modalités d’un renforcement du pilotage de l’offre par la qualité, à travers les leviers de la tarification, de la contractualisation, de la mesure de la satisfaction des usagers. »

Il devra identifier « les freins à la diversification de l’offre d’hébergement et de prise en charge » et explorer « les voies d’une meilleure intégration des services aux personnes âgées, sur le modèle de plateformes, et interrogera la pertinence du modèle de l’Ehpad pour porter cette évolution ».

L’atelier 9 porte sur le « cadre de vie » et le 10e sur « l’hôpital et la personne âgée ».

Il s’agira, pour ce dernier, « d’une part, de renforcer l’adaptation de l’hôpital à la personne âgée et d’autre part, de faire de l’hôpital un pôle d’expertise gériatrique pour la médecine de ville, les établissements et services ».

« L’atelier formulera des propositions sur la prise en compte du grand âge à l’hôpital, à travers plusieurs axes de travail: optimisation des séjours hospitaliers, prévention de l’hospitalisation, impact de l’hospitalisation sur le niveau de dépendance, appréhension globale des problématiques du grand âge dans la formation des personnels et l’organisation des services hospitaliers », est-il précisé.

Enfin, un groupe de travail « Données de gestion et interopérabilité des systèmes d’information » est annoncé, dans l' »objectif de cartographier et de prioriser les besoins d’échanges de données utiles d’une part au pilotage de l’activité et à la régulation du secteur, et d’autre part à l’amélioration de la fluidité et de la continuité des parcours individuels ».

Valérie Lespez

 

 



 

La concertation grand âge et autonomie fera entendre toutes les voix

Article01/10/2018

Agnès Buzyn a lancé la concertation le 1er octobre 2018 – Crédit: Valérie Lespez/APMnews

Préalable à une future loi dépendance, la grande concertation sur la prise en charge de nos « vieux » a été lancée ce 1er octobre: à des degrés divers, le dispositif mis en place donnera la parole à tous les acteurs concernés de près ou de loin par le sujet, entre consultation citoyenne grand public, tenue de forums en région et ateliers d’experts réunissant notamment les fédérations professionnelles du secteur.

C’est le grand jour: la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a ouvert la concertation nationale autour du grand âge et de l’autonomie ce 1er octobre, qu’elle avait annoncée en mai lors de la présentation de sa « feuille de route grand âge et autonomie ».

« Lancement des travaux pour une réforme ambitieuse », annonce le ministère dans son dossier de presse, ratissant « large », comme il qualifie lui-même le « champ » concerné par la concertation.

Il s’agit d’abord de « permettre le libre choix des personnes âgées, l’exercice de leurs droits et leur consentement aux mesures les concernant », d' »identifier les moyens d’une prévention plus efficace de la perte d’autonomie et d’une politique de recherche plus ambitieuse », puis de « simplifier le parcours des personnes âgées en assurant une continuité et une plus grande rapidité dans la prise en charge ».

Il s’agit ensuite de « définir les mesures nécessaires pour soutenir les aidants familiaux et trouver de nouvelles formes d’accompagnement solidaire des personnes âgées, par le bénévolat notamment », d' »apporter des réponses aux enjeux de formation, de qualité de vie au travail et d’attractivité des métiers pour les personnels intervenant dans l’accompagnement et le soin aux personnes âgées », de « rénover les aides et les prestations pour les rendre plus lisibles, plus équitables, en maîtrisant les charges financières pour les familles », mais aussi d' »apporter des améliorations tangibles au cadre de vie des personnes âgées, dans les domaines de l’adaptation des logements, des mobilités, de l’accès au numérique et aux services publics ».

Il s’agit enfin de « définir les modalités de financement des prises en charge à domicile et en établissements afin d’en garantir l’accessibilité pour les familles » et d' »accroître la qualité des prestations en établissement et à domicile en liant le montant des dotations publiques à la qualité des prestations proposées et en développant les enquêtes de satisfaction ».

Toucher les populations plus jeunes

Pour cela, le ministère a prévu un dispositif à plusieurs étages, qui émailleront cette fin d’année pour aboutir en janvier 2019 à des propositions concrètes en vue d’élaborer la future loi « dépendance » annoncée par Emmanuel Macron.

copyright : ministère des solidarités et de la santé

  • Le ministère met d’abord en avant « une consultation citoyenne inédite par son ampleur », sur la thématique: « Comment mieux prendre soin de nos aînés? ».

Cette consultation se déroulera sur la plateforme Make.org, qui « est une solution digitale de consultation capable de mobiliser massivement les Français » car elle « s’appuie sur un dispositif de recrutement unique par son ampleur, notamment au travers des réseaux sociaux ». Elle doit permettre à « chaque citoyen » de « se prononcer sur les propositions faites par d’autres citoyens et proposer à son tour sa propre idée ».

La plateforme doit permettre « par son format inédit, de toucher les populations plus jeunes pour qu’elles puissent s’exprimer sur cet enjeu de société », espère aussi le ministère.

  • En plus de cette consultation, il est prévu la mise en place de « groupes d’expression pour écouter la parole des personnes âgées, aidants et professionnels (aides-soignants, kinésithérapeutes, infirmières à domicile…) ».

Ainsi, « entre novembre 2018 et janvier 2019, près de 60 personnes participeront à des entretiens individuels et à des groupes d’expression », indique le ministère, sans plus de précision dans son dossier.

  • En outre, des forums régionaux sont prévus « pour faire remonter les attentes et les analyses des acteurs locaux », détaille-t-il.

« Plusieurs forums seront organisés en France métropolitaine et en outre-mer par les agences régionales de santé [ARS], avec l’appui des caisses d’assurance retraite et de santé au travail [Carsat] », ajoute-t-il.

Ils « s’échelonneront entre décembre 2018 et janvier 2019 pour permettre aux acteurs locaux de s’exprimer et de livrer leur analyse. Institutionnels, opérateurs du système d’aide et de soin, associations de bénéficiaires et d’aidants seront ainsi sollicités pour faire part de leurs difficultés et leurs besoins, de leurs demandes à l’égard des pouvoirs publics mais aussi partager idées et bonnes pratiques », complète-t-il.

Un conseil d’orientation et un comité scientifique

Toutes ces consultations alimenteront la « concertation nationale réunissant référents et experts pour formaliser des propositions concrètes », indique-t-il ensuite.

Ces ateliers « se réuniront entre octobre 2018 et janvier 2019 en quatre grandes étapes: diagnostic, priorisation des objectifs, approfondissement des pistes retenues, formulation des propositions, puis formalisation et validation des conclusions », précise le ministère.

Le pilotage de la concertation est assuré par Dominique Libault, avec pour adjoint Jean-Louis Rey, inspecteur général des affaires sociales (Igas) en service extraordinaire, ancien directeur de l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss).

Un conseil d’orientation, présidé par Dominique Libault, « se prononcera sur la stratégie retenue et sur les propositions formulées ».

Enfin, un comité scientifique, regroupant « chercheurs en sciences sociales et médecins », devra intervenir « sur les enjeux et les priorités de la réforme, sur des missions d’expertise et d’analyse des pistes de travail envisagées ». Il sera quant à lui présidé par le Pr Bruno Vellas du CHU de Toulouse, a annoncé Dominique Libault le 1er octobre.

Valérie Lespez

 

 



« Oui, on peut bien vivre dans un Ehpad » : à Suresnes, un exemple innovant mise sur l’autonomie et l’attention

 

 

Avec le vieillissement de la population, le thème des maisons de retraites est devenu central. Certaines souffrent d’une mauvaise image, mais d’autres présentent des  modèles novateurs, avec du personnel attentionné.

© Fournis par Francetv info
La journée internationale des personnes âgées, lundi 1er octobre, place sous les projecteurs les maisons de retraites et la question, souvent taboue, du placement. Ces établissements souffrent souvent d’une image déplorable, appuyée par des témoignages et des reportages dénonçant des situations de maltraitance. Il existe pourtant nombre d’Ehpad innovants, au personnel attentif, où l’accent est mis sur l’autonomie. C’est le cas notamment d’une structure à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine.

Les résidents sont acteurs des repas

À l’Ehpad de La Chesnaye, faire travailler la mémoire et les gestes du quotidien passe aussi par le quotidien alimentaire : dans une pièce à part, installée dans un cadre chaleureux, un repas thérapeutique dont les résidents sont acteurs est organisé tous les midis avec une dizaine de résidents souffrant d’Alzheimer. « L’utilisation de la fourchette, la reconnaissance des aliments, savoir ce que l’on va boire ou manger n’est pas évident pour certaines personnes, explique Marie Richardeau, psychomotricienne. Cela se travaille et on va donc impliquer les personnes dans le service, dans le repas. Cela leur permet de retrouver les gestes… et parfois l’appétit. »

Dans cet établissement public, les résidents paient entre 2 600 et 3 300 euros par mois. Avec les aides sociales, certains versent moins de 500 euros par mois. Si la participation est modeste, le taux d’encadrement est élevé, puisque l’on compte 85 agents pour 100 résidents. La cuisine est réalisée sur place et les pensionnaires bénéficient de nombreuses animations.

Une autre image des Ehpad

« Oui, on peut bien vivre dans un Ehpad, assure Damien Jean, le directeur de l’établissement. À condition effectivement que le taux d’encadrement soit suffisant et qu’il soit ouvert sur son environnement. Les personnes âgées vous diront qu’elles sont bien ici ! » Comme lui, Malika Benyamina, cadre de santé, veut montrer une autre image que celle des reportages télévisés où la maltraitance est présente. « Mon quotidien est de respecter les résidents : on n’est pas chez nous, nous sommes chez les résidents », insiste-t-elle.

Pourquoi les médias ne passent pas pour voir ce qu’on fait de bien, pour montrer que les maisons de retraite ne sont pas des mouroirs ?

Malika Benyamina

à franceinfo

À La Chesnaye, il y a certes des médecins, mais aussi un travail de tous les jours sur le non médicamenteux, le bien-être, et cela se ressent, affirme son personnel : les résidents ont moins de troubles du comportement. Ils sont moins anxieux, plus apaisés.



 

 

Enquête : les Français et le lien intergénérationnel

Selon la 2e édition du Baromètre ANPERE – Opinion Way, 65% des Français considèrent l’aide aux personnes âgées comme « normale et quotidienne »…

© Reuters Enquête : les Français et le lien intergénérationnel Reprise de l’école, retour au travail : la rentrée est souvent très animée après une période estivale synonyme de détente, vacances en famille ou sorties entre amis pour de nombreux Français. Pourtant durant ces moments d’effervescence, les personnes âgées, en particulier après 85 ans, souffrent parfois de solitude et d’isolement…

Dans ce contexte sociétal, ANPERE, première association française d’assurés, présente les résultats de la 2e édition de son Baromètre : les Français et le lien intergénérationnel. Cette étude nationale met en lumière l’intérêt des Français pour des valeurs humaines et sociales : la solidarité entre les générations…

L’entraide : une valeur sociale importante !

Cette étude montre que l’entraide et la solidarité sont des valeurs essentielles entre les générations. Si celles-ci sont principalement envisagées à l’intérieur du cercle familial, elles ne s’y limitent pas… Ainsi, 3 français sur 10 ont effectué des actions d’entraide en dehors du cercle familial durant l’année passée. Il s’agit principalement d’une aide par un service ou par un bien pour 56% des personnes interrogées et de tâches du quotidien pour 22%.

De plus, on remarque que plus on avance en âge et plus on est susceptible d’aider : 21% des 18-24 ans contre 19% en 2016 ont déjà effectué des actions ou des gestes d’entraide au cours des 12 derniers mois en dehors du cadre familial contre 19% en 2016, alors qu’ils sont 43% des plus de 60 ans.

Cette situation reste stable par rapport à 2016 où on compte 46% des plus de 60 ans. Pour 40% des répondants, la solidarité entre les générations est synonyme d’aide aux personnes âgées, qui apparaît comme nécessaire (pour 69% des individus) et normale (pour 65%).

La famille joue un rôle primordial dans le lien intergénérationnel

« Nous constatons que les Français sont de plus en plus enclins à aider leurs proches »… L’entraide familiale concerne 60% des Français en 2018, contre 51% en 2016 (celle-ci n’inclut pas l’aide que fournissent les parents à leurs enfants au sein du foyer). Dans la majeure partie des cas, il est question d’aide par le service ou par le bien (71%)…

Cette observation se confirme lorsque nous interrogeons les individus ayant une personne en perte d’autonomie dans leur famille – cela concerne 27% des personnes interrogées (contre 11% en 2016).

Parmi elles, 9 sur 10 fournissent à la personne en perte d’autonomie diverses formes d’aides, telles que du soutien moral à 69% (écoute, présence, accompagnement, disponibilité), une aide sur des tâches quotidiennes à 56% (ménage, petits travaux) ou encore un accompagnement dans la gestion des problèmes médicaux à 51%.

Ainsi, la famille représente le cercle au sein duquel le lien intergénérationnel ne cesse de se renforcer…

Une perception différente selon les générations

En 2018, les jeunes majeurs (18-24 ans) et les plus de 70 ans sont identifiés comme étant les populations ayant le plus besoin d’aide. Il est intéressant de constater que cela était déjà le cas deux ans plus tôt. Si en 2016, 44% des personnes interrogées considéraient que la catégorie des 18-24 ans était celle ayant le plus besoin d’aide, elles ne sont plus que 37% à le penser en 2018.

De même, 57% des personnes considéraient que les 70 ans et plus avaient le plus besoin d’aide en 2016, contre 67% en 2018. En 2016, 40% des Français estiment que la solidarité se renforce auprès des plus jeunes, mais les chiffres de 2018 laissent supposer que cette tendance commencerait à s’inverser…

Méthodologie

Cependant, les besoins de ces deux catégories ne sont pas les mêmes. Les jeunes ont besoin en priorité d’aide pour entrer dans la vie active (à 71%) et d’aide financière (à 55%), tandis que les plus de 70 ans ont surtout besoin d’aide pour gérer les tâches quotidiennes (à 54%) et leurs problèmes médicaux (à 52%).

De plus, il existe un décalage de perception entre les plus jeunes et les seniors quant à leurs besoins respectifs : si 63% des jeunes pensent que les seniors attendent de leurs descendances un accompagnement dans la gestion de leurs problèmes médicaux, les seniors ont une vision plus pragmatique de leur besoin puisque qu’ils attendent d’eux une aide dans leurs tâches quotidiennes (ménages, informatique, petits travaux, …).

Ce sondage a été réalisé selon la méthode des quotas, auprès d’un échantillon de 1044 individus représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Elle a été menée en ligne du 19 au 24 avril 2018…

Note de l’éditeur : La société de demain se construit aujourd’hui. Ses piliers : égalité des sexes, inclusion économique, droits des minorités, écologie, laïcité, bioéthique. Microsoft News vous fait vivre ces révolutions du quotidien. Retrouvez chaque jour les histoires de celles et ceux qui font évoluer la société.

 



Simulateur de vieillissement : comment se glisser dans la peau d’une personne âgée ?

 

Comment mieux comprendre les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes âgées ? Appréhender au plus près les obstacles auxquels ils doivent faire faire à chaque instant ? Avec un simulateur de vieillissement, aidants, personnel soignant, médecins ou étudiants peuvent se glisser dans la peau d’une personne âgée et s’immerger quelques heures dans le monde du troisième âge.

Rédigé par MEWJ79, le 30 Sep 2018, à 8 h 00 min

Se servir un verre d’eau et le boire, se coiffer, enfiler un peignoir… Comment comprendre ce que vit une personne âgée en effectuant ces gestes les plus simples ? C’est ce que permet de  découvrir le simulateur de vieillissement, un équipement qui met littéralement les employés des maisons de retraite dans la peau d’un de leurs pensionnaires.

Une combinaison-simulateur de vieillissement pour mieux comprendre les difficultés des seniors

Les découvertes de différents cas de maltraitance dans certains établissements d’accueil pour personnes âgées font régulièrement surface et, vieillissement de la population oblige, deviennent un réel problème de société. La combinaison de vieillissement et autres simulateurs de déficiences physiques constituent donc un excellent outil pour prévenir les violences envers ce public fragile que sont les personnes âgées ou vieillissantes ou souffrant de handicap.

Comment mieux comprendre les effets du vieillissement sur le corps ? © ESB Professional

Ce genre d’expérience est d’ailleurs menée dans plusieurs Ehpad français. Tour à tour, l’ensemble du personnel revêt une combinaison de vieillissement pour comprendre ce que vit, au quotidien, une personne âgée.  Le but : changer la façon de se comporter avec les patients.

Elle est composée d’une coque rigide que l’on dispose sur le dos, de mitaines, de genouillères et de guêtres. Et pour ressentir le poids de l’âge, le tout est plombé…

Des membres raidis et des mouvements restreints

Cet harnachement doit servir à comprendre, en l’éprouvant soi-même, ce que ressent une personne âgée au quotidien : les mouvements sont restreints puisque la colonne vertébrale est totalement raidie, de même que les mains, les membres inférieurs et supérieurs. Avec cette combinaison, les gestes les plus anodins comme marcher, s’agenouiller ou saisir un objet, deviennent extrêmement compliqués à réaliser.

Vidéo d’un atelier mené par les étudiants en gérontologie, gériatrie de l’Université de Montpellier

Cet outil, imaginé dans les années 1970 par des ingénieurs japonais sensibilisés au vieillissement de la population, offre un effet immédiat aux utilisateurs.

Les poids aux chevilles et aux poignets simulent, eux, la fonte musculaire et la lourdeur des membres. En outre, on peut ajouter des lunettes pour appréhender la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge) et la cataracte, gants pour perdre la sensibilité digitale, ou encore un simulateur de tremblements.

Améliorer les capacités d’empathie et changer son comportement

Pour les participants, cette expérience a pour but de renforcer la capacité d’empathie quant aux conditions de vie des personnes fragiles. Elle confronte les aidants aux difficultés spécifiques propres à chacun des gestes anodins du quotidien, y compris ceux qui nous paraissent faciles.

Bienveillance et patience © Alexander Raths

Avec ce carcan sur le corps, on ressent par exemple l’arthrose, très fréquente et qui limite les mouvements. En le vivant, on comprend beaucoup mieux le quotidien de ceux qui en sont affectés. Le but est toujours le même : comprendre les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes âgées ou fragiles pour pouvoir s’adapter et changer sa façon de se comporter avec eux… Apprendre à être bienveillant et plus patient.

 



La FHF réclame un plan d’urgence pour les établissements

Article28/09/2018

Estimant que « les voyants sont au rouge », le conseil d’administration de la FHF réclame dans une motion la mise en place d’un plan d’urgence pour les établissements publics de santé et médico-sociaux d’ici la fin de l’année et dès le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2019.

« C’est aujourd’hui que les établissements publics sanitaires, sociaux et médico-sociaux ont besoin d’une bouffée d’oxygène », estime la Fédération hospitalière de France (FHF) dans un communiqué diffusé le 26 septembre, dans la foulée de la réunion de son conseil d’administration.

Elle considère que « la situation criante de tensions financières et de surcharge des professionnels appelle des mesures d’urgence pour apporter aujourd’hui des solutions à cette phase aiguë ».

La fédération demande la mise en place de plusieurs actions pour soulager financièrement l’hôpital public.

Elle appelle aussi à l' »accélération des mesures nécessaires pour reconnaître et sauvegarder le caractère d’intérêt général du secteur médico-social public ».

Cette motion a été votée à l’unanimité des membres du conseil d’administration présents (41 personnes), est-il précisé dans le communiqué.

Près d’un milliard d’euros d’économies pour 2019, selon la FHF

Concernant le PLFSS 2019, la FHF estime que les « effets d’annonce » de la hausse de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam), qui prévoit +2,5% en 2019 au lieu des 2,3% prévus en moyenne sur le quinquennat dans la loi de programmation des finances publiques pour 2018-2022, « masquent » près d’1 « milliard € d’économies » demandées aux établissements publics en 2019.

« Ce PLFSS n’amorce pas le virage de transformation annoncé par le président de la République », a fait valoir Frédéric Valletoux, président de la FHF, cité dans le communiqué.

La fédération souligne aussi que le plan stratégique « Ma santé 2022 », présenté le 18 septembre par le gouvernement, constitue « une première étape importante et positive dans la transformation du système de santé », en étant « porteuse d’évolutions à long terme ». Mais selon la FHF, ce plan ne permet pas « de répondre à la situation d’urgence que connaissent les hôpitaux et les structures de soins médico-sociales publiques ».

La réforme « ne doit pas occulter le quotidien intenable des professionnels de santé ; c’est ce qui manque dans cette réforme… et dans sa traduction dans le PLFSS », a insisté Frédéric Valletoux.

La Rédaction

 



Troubles du comportement: une thérapie de synchronisation bénéfique en Ehpad

Article28/09/2018

L’Ehpad du Domaine de la source à Roquefort-la-Bédoule – Crédit: Ehpad Domaine de la source

Adepte des thérapies non médicamenteuses, Thierry Bautrant, gérontopsychiatre et directeur de l’Ehpad privé commercial le Domaine de la source, à Roquefort-la-Bédoule en Provence, a démontré dans une étude que certaines modifications environnementales visant à favoriser le rythme veille-sommeil permettaient de diminuer l’incidence de trois troubles du comportement liés aux démences.

Profil incongru que celui de Thierry Bautrant, à la fois psychiatre, gérontopsychiatre et… directeur de l’Ehpad privé commercial indépendant le Domaine de la source à Roquefort-la-Bédoule, qu’il a lui-même fait construire dans les Bouches-du-Rhône en 2006, et qui accueille 85 résidents.

Ces différentes casquettes lui donnent « une vision globale » de la maladie d’Alzheimer et des personnes âgées, a-t-il expliqué à Gerontonews fin septembre.

Fervent défenseur des thérapies non médicamenteuses (TNM), il a bénéficié d’un soutien de l’agence régionale de santé (ARS) Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Paca), via un fonds d’intervention régional (FIR), pour expérimenter une thérapie de « synchronisation » dans son établissement pendant six mois, de janvier à juin 2017.

Thierry Bautrant a travaillé notamment pour cette étude avec Caroline Franqui, praticien hospitalier au centre gérontologique départemental de Marseille.

L’objectif était d’évaluer si certaines modifications apportées à l’environnement jouaient sur l’incidence et la durée des symptômes psycho-comportementaux des démences (SPCD) la nuit en unité Alzheimer.

L’un des plafonds lumineux installés pour l’étude – Crédit: L’Ehpad du Domaine de la source

L’unité a été agrémentée de dalles lumineuses au plafond

Une des horloges installées dans l’unité Alzheimer – Crédit: L’Ehpad du Domaine de la source

(recréant le ciel), d’horloges murales. Le personnel faisait varier l’intensité lumineuse et diffusait des musiques différentes selon l’heure de la journée. Enfin, les blouses des équipes de jour et de nuit n’avaient pas la même couleur.

Les soignants présentes dans l’unité (la nuit, deux aides-soignantes formées en tant qu’assistantes de soins en gérontologie -ASG), ont évalué 19 résidents sur trois SPCD posant particulièrement problème la nuit: l’opposition (agitation, agressivité), la déambulation excessive et les cris.

Sur le total des personnes âgées, 17 étaient des femmes, et l’âge moyen était de 86,3 ans. Six avaient une maladie d’Alzheimer diagnostiquée, deux une démence fronto-temporale et pour 11 d’entre elles, la cause de la démence n’était pas diagnostiquée.

L’étude s’est déroulée en deux parties: une phase trois mois avant l’introduction des modifications, et l’autre phase trois mois après, d’après l’étude que Gerontonews a pu consulter.

Moins de déambulations excessives en début de nuit

Sur la période entre 18 heures et minuit, le nombre de résidents ne manifestant aucun SPCD est passé de 2 à 7 après l’introduction des éléments de synchronisation, un critère qui n’a pas été jugé statistiquement significatif.

En revanche, les modifications apportées ont fait la preuve de leur efficacité sur la déambulation excessive, dont l’incidence et la durée ont significativement diminué sur la période vespérale, conclut Thierry Bautrant. Il l’explique par le fait que « la déambulation est le trouble très important dans l’angoisse du soir, le cri et l’opposition étant plus linéaires, réparties sur toute la nuit. Le changement d’environnement effectué en début de nuit joue donc plus sur la déambulation que sur les autres troubles », a-t-il précisé à Gerontonews.

Au-delà de la nuit, l’efficacité de la thérapie a surtout porté ses fruits sur une période de 24 heures, avec moins d’oppositions, de cris et de déambulations (également moins longues), à un niveau statistiquement significatif pour les trois SPCD cette fois.

Thierry Bautrant concède que les SPCD ont été évalués de manière subjective « car la TNM est très lié au soignant », et sur un même groupe de résidents (absence d’un autre groupe dit « contrôle »).

Il souligne en revanche qu’il s’agit à sa connaissance de la première étude s’intéressant à l’impact de modifications concernant uniquement l’environnement matériel sur trois SCPD fréquents. Il rappelle aussi que les modifications environnementales sont « faciles à mettre en place », « à un coût raisonnable », « sans danger » pour les résidents et surtout « sans sollicitation supplémentaire des soignants ».

Les résultats de cette étude ont été présentés fin septembre au congrès de la société francophone de psychogériatrie et de psychiatrie de la personne âgée, à Marseille, et devraient bientôt être publiés dans le Journal of the American Medical Directors Association (JAMDA).

Expérimentation de Pasa de nuit dans 21 Ehpad

Le directeur d’Ehpad et gérontopsychiatre s’est vu confier par l’ARS le pilotage d’une nouvelle expérimentation de pôles d’activités et de soins adaptés (Pasa) « de nuit ».

Il ne s’agit pas de locaux spécifiques dans lesquels ont lieu des activités nocturnes, à l’image des Pasa de jour, précise Thierry Bautrant à Gerontonews, mais bien de modifier l’environnement, à l’image de sa première étude, et d’y associer la mise en place de TNM dites « personnalisées » (lire l’encadré), en réponse à d’éventuels troubles du comportement.

Au total, 21 Ehpad, dont celui de Thierry Bautrant -qui a donc étendu les modifications environnementales de l’unité Alzheimer à tout l’établissement-, ont démarré l’expérimentation en janvier 2018, une évaluation étant prévue, à l’aide de « grilles », jusqu’à fin 2019.

Sur deux ans, chaque établissement se verra attribuer 200.000 euros, permettant de financer une ASG tous les soirs et un temps d’ergothérapeute de 0,25%.

« On commence à voir des choses intéressantes », affirme Thierry Bautrant, mettant tout de même un bémol sur l’appropriation des TNM par les soignants. Même si les 21 établissements sélectionnés disposaient déjà « d’un bon niveau » sur le sujet, le gérontopsychiatre a mis au jour un « besoin de formation » du personnel et la nécessité de mettre en place « un référent » dans chaque Ehpad. S’y ajoutent des médecins « pas encore à l’aise avec les TNM ».

« Il y a des TNM qui marchent, on en est aux prémices, il ne faut pas attendre de résultats scientifiques pour agir car les gens souffrent », fait remarquer Thierry Bautrant, évoquant « l’épuisement du malade et des aidants ».

Les TNM « personnalisées »

Sans renier le recours aux psychotropes en cas de besoin, Thierry Bautrant se dit à l’origine de la notion de « TNM personnalisées ».

Estimant que, telles quelles, ces « thérapies » n’en sont pas vraiment, il part du principe que « les TNM peuvent être soignantes ». Or, « si vous voulez que ces thérapies soient [réellement] thérapeutiques [sic] », il convient de les relier aux troubles du comportement et aux projets personnalisés des résidents, assure-t-il.

Il encourage donc ses soignants, lors de réunions hebdomadaires, à transmettre leurs observations concernant les troubles du comportement des résidents atteints de démence, puis à débusquer, en équipe, l’origine de ces troubles (par exemple l’anxiété vespérale) et enfin, à identifier ce qui fonctionne pour chaque résident.

Claire Beziau

 



Déficiences sensorielles: un Ehpad charentais dépiste les résidents et les personnes âgées du territoire

Article27/09/2018

L’Ehpad Sainte-Marthe a déjà organisé trois journées de dépistage – Crédit: Ehpad Sainte-Marthe

L’Ehpad associatif Sainte-Marthe, situé à Saint-Front, en Charente, organise des journées de bilans visuels, auditifs et bucco-dentaires pour les résidents et pour les plus de 60 ans toujours à domicile, dans le cadre d’une expérimentation financée par l’ARS Nouvelle-Aquitaine sur trois ans.

Dans la série « l’Ehpad vu comme pôle ressources de proximité sur son territoire« , l’établissement charentais Sainte-Marthe, géré par l’association Cos à Saint-Front, a remporté un appel à candidatures de l’agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine fin 2017 pour mener une action de prévention de la santé et de maintien à domicile, relate le Cos dans un communiqué.

« Depuis avril 2018, des bilans visuels, auditifs et bucco-dentaires sont proposés au sein de l’Ehpad pour les résidents, ainsi que pour les personnes âgées de plus de 60 ans vivant à domicile dans un périmètre de 20 km alentour. Une navette est mise à disposition par l’Ehpad pour véhiculer les personnes les moins mobiles », précise-t-il.

L’Ehpad Sainte-Marthe propose notamment des bilans visuels – Crédit: Ehpad Sainte-Marthe

Les bilans bucco-dentaires sont réalisés par deux chirurgiens-dentistes de l’Union française de la santé bucco-dentaire ; les bilans visuels, par l’orthoptiste d’un cabinet d’ophtalmologie situé dans une commune avoisinante et enfin les bilans auditifs, par une infirmière de l’Ehpad formée spécifiquement.

Des infirmières convaincues

Sylvie Veillon, qui dirige l’établissement, précise à Gerontonews avoir proposé cette formation, d’une durée de deux jours, à une infirmière « naturellement très intéressée par le projet ».

Lors des journées de dépistage, « une autre infirmière est mobilisée pour accueillir le public extérieur, le rassurer et l’aider à s’installer ».

Selon la directrice, cette action de prévention « a tellement de sens pour les infirmières » qu’elle n’a rencontré « aucune résistance » de leur part. « Elles savent que la diminution des capacités sensorielles accélère la survenue de la dépendance. La prévention, le repérage des déficiences sensorielles et l’ensemble des réponses à y apporter sont un réel challenge pour elles ainsi que pour toute l’équipe du COS Sainte-Marthe », poursuit-elle.

Les bilans sont adressés à chaque médecin traitant, avec selon les cas, le déclenchement ou l’accélération d’une prise de rendez-vous chez un spécialiste.

Cette action de dépistage, une « première » dans la région, s’appuie sur des professionnels de santé volontaires, et « répond à un réel besoin », précise le Cos dans son communiqué.

En effet, « plus de 45 personnes de plus de 60 ans étaient inscrites à la première journée de bilan organisée le 26 avril ». La deuxième journée de dépistage, le 19 juin, a accueilli 49 personnes, dont 14 de l’extérieur.

Enfin, la dernière journée en date, le 20 septembre, a permis de recevoir 40 personnes à dépister, dont 26 extérieures à l’Ehpad.

Prévue sur trois ans, cette expérimentation est financée à hauteur de 80.000 € par l’ARS Nouvelle-Aquitaine pour la première année, notamment pour l’équipement en matériel.

Sylvie Veillon précise à Gerontonews que l’enveloppe serait de 20.000 € par an pour 2019 et 2020.

Claire Beziau

 

 



Démences: l’effet « inédit » d’animations lumineuses sur table

Article27/09/2018

Emeline De Haro, la psychologue de l’Ehpad Omeris Le 6ème à Lyon, avec une résidente autour de la Tovertafel – Crédit: Omeris

Développée aux Pays-Bas, la Tovertafel* est un dispositif permettant à des personnes atteintes de démences de jouer, par le toucher, avec des images lumineuses projetées sur une table, explique à Gerontonews son distributeur français, Max Bayle de MJ Innov. Convaincu de l’intérêt de cet outil stimulant les sens et le lien social, le groupe commercial Omeris souhaite le déployer dans ses 16 Ehpad, témoigne, enthousiaste, Sylviane Paravy, sa directrice hôtellerie, restauration et achats.

La Tovertafel*? Un nom un peu barbare pour un procédé très simple: un vidéo-projecteur fixé au plafond qui diffuse des jeux, sous formes d’images mobiles, sur (n’importe quelle) table placée en-dessous. Les résidents peuvent ainsi interagir avec les animations lumineuses (éclater des bulles de savon ou encore jouer avec un ballon de plage), grâce à des capteurs infrarouges réagissant aux mouvements lents.

Des haut-parleurs complètent le tout pour une expérience immersive du point de vue sonore.

Traduit du néerlandais par « table magique », le dispositif, novateur, a été conçu et développé aux Pays-Bas par l’ingénieure en design industriel Hester Le Riche.

Le professeur de neuropsychologie Erik Scherder lui a demandé de créer un outil pour stimuler les personnes atteintes de troubles cognitifs, explique à Gerontonews Max Bayle, cogérant de MJ Innov, l’unique distributeur français de la Tovertafel*. Se sont ensuivis quatre ans et demi de recherche scientifique, au bout desquels Hester Le Riche a rendu une thèse doctorale en lien avec l’université de Delft.

Elle y a recensé différentes expériences de jeu convenant aux personnes à différents stades de démence. Elle y conclut que « pour toutes les personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer, quel que soit le stade, les expériences de jeu liées à la sensation, la relaxation et la réminiscence sont susceptibles de convenir ». Ces constats lui ont permis d’élaborer un prototype, si bluffant qu’elle a créé une société, Active Cues, pour le commercialiser, raconte Max Bayle.

La première Tovertafel* a été vendue en mars 2015. Depuis, 2.000 ont été installées, principalement aux Pays-Bas, mais aussi en Allemagne, en Suède, au Royaume-Uni, et tout récemment dans l’Hexagone, avec une quinzaine d’Ehpad de tous statuts déjà concernés.

Aujourd’hui, 14 jeux, diversement stimulants ou apaisants, ont été développés, en coconception avec des soignants, des familles et des résidents. « L’idée est de remettre en activité les résidents autour de la table », résume Max Bayle.

Hester Le Riche, la conceptrice, a évalué la Tovertafel* « à petite échelle », concède-t-elle pour sa part dans le résumé de sa thèse consulté par Gerontonews. Elle assure que, selon le personnel soignant d’un établissement, le dispositif « réduit l’apathie des personnes âgées atteintes de démence modérée à sévère en augmentant leur activité physique et leur interaction sociale ».

« Bien qu’il soit difficile de tirer des conclusions sur les effets généraux de la Tovertafel* à partir de cette étude d’évaluation, les résultats sont prometteurs et en phase avec les expériences des maisons de retraite qui ont acquis une Tovertafel* pour leurs résidents », écrit-elle encore.

« Des réactions pas vues avec d’autres technologies »

Une assertion peu objective de la part de la conceptrice du produit, mais confirmée par Sylviane Paravy, directrice hôtellerie, restauration et achats du groupe d’Ehpad Omeris.

Elle-même a découvert la Tovertafel* dans une vidéo sur internet, et a été convaincue en quelques minutes.

« Quand j’ai vu le comportement des résidents qui la testaient, je me suis dit immédiatement que ce produit-là avait un intérêt extraordinaire. Il provoquait des réactions que je n’avais encore pas vues avec d’autres technologies ».

Ni une ni deux, en mai dernier, elle convie MJ Innov au siège d’Omeris, afin de s’assurer du sérieux du produit, en présence d’animateurs.

« A voir leur réaction, je me suis dit qu’il fallait la faire découvrir à toutes nos maisons et toutes nos équipes », se remémore-t-elle.

Parmi les jeux qui l’ont marquée, « la projection de feuilles d’arbres qui bougent comme poussées par le vent, avec des coccinelles que les résidents doivent venir toucher. Quand ils avancent la main, les feuilles s’écartent, et quand ils touchent l’insecte, il part se cacher ailleurs », le tout avec le son du vent diffusé par les haut-parleurs.

Autres exemples, « des cerfs-volants à pousser, avec la sensation d’être en bord de mer avec le bruit des vagues », ou encore « des proverbes à compléter ».

MJ Innov propose des démonstrations de deux heures mais Sylviane Paravy a négocié des tests plus longs dans plusieurs établissements.

Chose faite dans l’Ehpad Le 6e à Lyon pendant six semaines, de fin juin à début août, avec une évaluation réalisée par la psychologue de la structure, Emeline De Haro.

Là encore, l’étude reste uniquement qualitative et limitée dans sa méthodologie, puisque la psychologue ne s’est basée que sur des observations lors de séances de 15 minutes à une heure, en individuel ou en groupe de maximum cinq résidents. Sur 54 résidents, 30 ont testé l’outil.

Dans ses conclusions, consultées par Gerontonews, elle qualifie le dispositif de « thérapeutique », et note des bénéfices sur les plans cognitif, émotionnel, relationnel et enfin physique et moteur. Elle relève aussi des points positifs sur les soignants, avec des professionnels qui peuvent utiliser l’outil « rapidement, sans contrainte » ni temps de préparation. Elle cite « des sourires, des éclats de rire, un partage d’émotions communes, des confidences sur des anecdotes passées » avec les résidents pendant les séances.

En octobre 2018, la Tovertafel* sera testée dans un autre Ehpad du groupe, la résidence Joseph-Forest située à Villefranche-sur-Saône (Rhône) et accueillant des résidents parkinsoniens. Là encore, il est question de l’évaluer.

Côté matériel, il suffit d’installer le vidéoprojecteur au plafond et de placer une table en-dessous. Une télécommande permet de sélectionner le jeu souhaité, explique Sylviane Paravy, qui souhaite valider l’acquisition des dispositifs cet automne, pour une mise en place en 2019 dans tous les Ehpad Omeris qui le souhaiteraient (ils sont 16 au total). « Idéalement, une location nous conviendrait », précise-t-elle.

Max Bayle, pour le distributeur MJ Innov, explique que cette formule de leasing n’est pas encore possible mais en réflexion, « afin que les Ehpad puissent passer la dépense en charges et pas en investissement ».

D’autant qu’une Tovertafel* coûte 6.490 euros hors taxes (vidéo-projecteur avec huit jeux, installation, formation, mise à jour des jeux et service après-vente de deux ans) et que chaque nouveau jeu revient à 240 euros.

Claire Beziau

 



« Ma Santé 2022 » c’est une meilleure organisation des professionnels de santé au bénéfice des patients mais aussi pour eux-mêmes.

Corps de texte

Emmanuel Macron, Président de la République, Agnès Buzyn, Ministre des solidarités et de la santé et Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation présentent les avancées concrètes pour transformer notre système de santé dans sa globalité.

Replacer le patient au cœur du soin

Avec la mise en place des parcours de soins, ce n’est plus au patient de faire le lien entre les différents professionnels de santé, mais c’est aux soignants de se coordonner.

L’objectif est de rassembler les soignants en ville et les soignants à l’hôpital autour d’un projet de santé adapté aux besoins des Français dans les territoires. Toutes les structures, privées, comme publiques, travailleront ensemble.

Ma santé 2022 permettra de :

  • Garantir la possibilité pour chaque Français d’avoir un médecin traitant
  • Garantir l’accès à un rendez-vous tous les jours de la semaine jusqu’en soirée et le samedi matin
  • Développer les actions de prévention
  • Maintenir à domicile le plus possible les personnes fragiles, âgées ou présentant plusieurs pathologies
  • Faciliter l’accès de tous les patients à des médecins spécialistes…

Redonner du temps aux médecins pour soigner

Pour libérer du temps médical, Ma Santé 2022 va aussi s’appuyer sur des nouveaux métiers, comme les assistants médicaux (création de 4 000 postes) qui pourront assurer un certain nombre de missions à leur place.

Ma Santé 2022 fait aussi de la qualité et de la pertinence des soins un enjeu prioritaire.

Repenser l’offre hospitalière

Avec notamment des hôpitaux de proximité pour les soins du quotidien (médecine, gériatrie, réadaptation). Les premiers « Hôpitaux de proximité » seront labellisés en 2020 (objectif de 500 à 600 d’ici 2022), plus que jamais nécessaires dans un contexte de vieillissement de la population et d’augmentation des maladies chroniques.

Des rémunérations au forfait pour certaines pathologie chroniques (ex : la prise en charge du diabète à l’hôpital) et une prime à la qualité seront introduites.

Pour accompagner la mise en œuvre de Ma Santé 2022, l’objectif national qui définit l’évolution annuelle des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) sera relevé à +2,5% pour accélérer le déploiement des communautés professionnelles de territoire, le financement des nouvelles fonctions d’assistants médicaux, l’organisation des Hôpitaux de proximité et le soutien à l’investissement hospitalier.

Repenser la formation et la carrière des soignants

Le numerus clausus et les épreuves nationales classantes seront supprimés. 2 objectifs principaux : une orientation progressive encourageant les passerelles et la diversification des profils et une définition plus pertinente des choix de spécialités des étudiants.

Les 10 mesures phares de Ma Santé 2022

  1. Création dès 2019, de financements au forfait pour la prise en charge à l’hôpital des pathologies chroniques dont le diabète et l’insuffisance rénale chronique pour leur partie hospitalière.
    Ces financements seront élargis à partir de 2020 à d’autres pathologies et cette démarche inclura par la suite la prise en charge en ville en vue d’une meilleure coordination ville-hôpital.
  1. Déploiement de 1000 Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) pour mailler le territoire national à l’horizon 2022. Une stratégie nationale de déploiement sera arrêtée d’ici fin 2018 et une négociation conventionnelle sera engagée dès 2019 pour donner un cadre pérenne de financement aux CPTS.
  1. Soutien financier au développement des assistants médicaux auprès des médecins libéraux à condition que ces derniers exercent en groupe, s’inscrivent dans un exercice coordonné ou une CPTS et s’engagent sur un bénéfice mesurable pour la population en matière d’accès aux soins (augmentation patientèle, réduction des délais de RDV…), dans le but de libérer du temps médical et de permettre aux médecins de se concentrer sur les soins.
  1. Labellisation dès 2020 des premiers « Hôpitaux de proximité », avec l’objectif de reconnaissance de 500 à 600 établissements. Ces derniers assureront des missions hospitalières de proximité, en médecine polyvalente, soins aux personnes-âgées, soins de suite et de réadaptation, consultations de spécialités, consultations non programmées, et devront disposer d’un plateau technique de biologie et d’imagerie, d’équipes mobiles et d’équipements en télémédecine.
  1. Réforme du régime des autorisations des activités de soins, dans une logique de gradation des soins entre proximité, soins spécialisés, soins de recours et de référence, organisées à des échelles territoriales nécessairement différentes et en s’appuyant sur des seuils d’activité quand cela est pertinent au regard des enjeux de qualité et de sécurité des soins. Elle se fera en plusieurs phases et aboutira dès 2020 sur de nouvelles normes pour certaines activités particulièrement structurantes pour les territoires, notamment les services d’urgence, les maternités, les services de réanimation, l’imagerie et la chirurgie.
  2. Création d’un statut unique de praticien hospitalier, associé à la suppression du concours PH, pour faciliter l’entrée dans la carrière, diversifier les parcours professionnels (reconnaissances des valences non cliniques) et faciliter l’exercice mixte.
  1. Redonner au service son rôle de « collectif » dans l’organisation des activités de soins et le management de l’équipe soignante ; favoriser la reconnaissance collective par la création d’un dispositif d’intéressement lié aux projets d’amélioration de la qualité de service ; prise en compte des compétences en management dans la nomination des responsables médicaux.
  1. Elargissement des compétences de la commission médicale d’établissement pour renforcer la participation des médecins au pilotage des hôpitaux.
  1. Suppression du Numerus clausus et refonte des premiers cycles des études en santé autour de processus d’orientation progressifs encourageant les passerelles et la diversification des profils.
  1. Réforme du 2ème cycle des études médicales et suppression des épreuves classantes nationales pour une orientation tenant mieux compte des compétences et aptitudes des élèves et de leur projet professionnel.

 



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Sécurité sociale | 26/09/2018

PLFSS 2019 : retour à l’équilibre pour la sécu

Le projet de financement de la sécurité sociale pour 2019 a été présenté à la presse le 25 septembre, conjointement par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, et Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics. Il reflète les mesures annoncées tout au long de l’année 2018 y compris celles du récent Plan pauvreté. L’ambiance est au satisfecit : non seulement le déficit combiné du régime général et du fonds de solidarité vieillesse pour 2018 ne dépassera pas un milliard d’euros (un mieux de 1,2 milliard par rapport à la prévision), mais la situation est redressée pour 2019 avec un solde positif prévisionnel de 0,7 milliard d’euros. De plus, le désendettement se poursuit, avec « une dette sociale apurée en 2024 » selon M. Darmanin. Il reste toutefois à rembourser 105 milliards d’euros à fin 2018. Une réforme globale de notre système de prestations sociales est annoncée.

 



 

 

Une certaine idée des vieux en 2030

Article26/09/2018

Alors que doit prochainement s’ouvrir le « débat citoyen » devant aboutir à une loi sur la prise en charge de la dépendance fin 2019, le think tank Matière(s) grise(s) publie une étude prospective sur les personnes âgées, esquissant leurs futurs besoins, et donc leurs probables attentes, à l’horizon 2030.

Bien malin qui peut exactement prédire vers quels profils tendront exactement les personnes âgées dans 12 ans, et surtout, quels seront leurs besoins et aspirations.

Mais des pistes méritent d’être creusées, et certaines interrogations, d’être formulées.

Impossible en effet d’évacuer le sujet, après la feuille de route présentée par la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, en mai, prévoyant un débat citoyen sur le grand âge, qui s’ouvrira le 1er octobre, a annoncé le ministère dans un communiqué ce 26 septembre.

Ce débat aboutira à une loi dépendance en 2019.

« Logique de demande plutôt que d’offre »

Sans attendre, les acteurs du secteur se saisissent de l’enjeu, d’où cette première étude publiée par le think tank Matière(s) grise(s), lequel a été initié au printemps par le cabinet EHPA Conseil & Formation et 16 opérateurs du secteur.

Publié le 20 septembre, le document prospectif brosse donc un portrait des personnes âgées à l’horizon 2030.

« Cette réflexion n’a d’autre ambition que de constituer une première pierre dans le jardin des contributions qui ne manqueront pas de fleurir dans les prochains mois », précisent les auteurs de l’étude, Anna Kuhn-Lafont, Luc Broussy et Jérôme Guedj.

« Nous n’avons pas la prétention de révéler des données inédites, mais avons la ferme ambition de mettre en exergue celles utiles aux débats à venir », écrivent-ils aussi, conscients des limites de l’exercice.

Ils rappellent qu’une des réflexions de la feuille de route d’Agnès Buzyn concerne « la définition du socle de biens et de services qui doivent être à l’avenir accessibles à toutes les personnes âgées pour accompagner le vieillissement et la perte d’autonomie ».

Sur ce point, ils expliquent que leur étude « invite précisément à partir des besoins exprimés » à définir « qualitativement ce socle » et l’affirment tout de go: « L’objet de cette étude n’est pas de se focaliser sur le nombre de places d’Ehpad à créer ou du nombre de résidences services seniors à développer. Mais bien de partir des besoins attendus, liés aux profils des âgés de 2030, dans une logique de demande plutôt que d’offre. »

Ils insistent sur le fait « qu’il s’agit moins de prévoir le futur que de travailler sur des hypothèses plausibles, dont la seule formulation aujourd’hui doit permettre de guider la décision pour préparer demain ».

Partant de là, ils s’appuient sur des données institutionnelles (Insee, Drees, Haut conseil de l’âge, HCAAM…) et sur des entretiens avec des acteurs du secteur (chercheurs, gériatres et sociologues notamment), se concentrant sur trois axes prévisionnels: la trajectoire démographique, l’état de santé et de perte d’autonomie, et enfin les revenus des personnes âgées en 2030.

Ils reconnaissent qu’un travail de projection existe sur ces points mais pas sur « les phénomènes de nature sociologique » (lieux d’habitation, nature des logements, environnement familial, mobilité, consommation notamment), ainsi que « la capacité à les projeter dans le temps ».

Vieillissement des banlieues et des baby-boomers

Les auteurs mettent d’abord en avant une « triple massification du vieillissement », avec trois tendances qui se détachent: le vieillissement de la population dans son ensemble, l’explosion du nombre de personnes âgées très dépendantes, et enfin la hausse massive du nombre de personnes très âgées et fragiles, mais valides. Ils évoquent aussi le cas des personnes handicapées vieillissantes.

Ensuite, le think tank se pose la question des territoires où vieillira la population, reprenant notamment des spécificités régionales déjà soulevées par un récent rapport du Commissariat général à l’égalité des territoires.

Il pointe deux phénomènes en particulier, qui sont un vieillissement accéléré prévisible en Martinique et en Guadeloupe, ainsi qu’un vieillissement progressif dans les quartiers dits « prioritaires de la ville », autrement dit, les banlieues.

Dans une troisième partie, le think tank zoome sur les revenus des personnes âgées d’ici 12 ans, soulignant une tendance de hausse continue des revenus des retraités de +6% et une légère baisse du niveau de vie de cette population par rapport aux actifs.

L’épargne devrait par ailleurs se concentrer dans les mains des plus âgés, « ce qui redonnera de l’actualité aux scénarios qui militent pour une mobilisation du patrimoine (formules de viager et de prêt hypothécaire) », notent les auteurs.

Ceux-ci soulignent par ailleurs que « la massification [du vieillissement] s’appliquera à toutes les tranches de revenus et de niveaux de vie […]. On aura autant besoin de places habilitées à l’aide sociale que d’Ehpad ou de résidences seniors pour des personnes à plus hauts revenus », estiment-ils.

Enfin, les auteurs mettent l’accent sur la « révolution sociologique » que constituera la future génération de personnes âgées, et notamment « celle des premiers baby-boomers qui parviendra à l’âge de 85 ans » en 2030.

Contrairement à leurs parents, ils auront été « biberonnés aux valeurs de liberté et d’autonomie » et au respect de leurs droits, et pourraient révolutionner « la façon d’appréhender la prise en charge du vieillissement ».

Vers un sondage annuel sur les envies des plus anciens?

Dans son étude, le think tank relève aussi « le caractère parcellaire des données relatives à la connaissance des personnes âgées », tant en termes épidémiologiques que sur la recherche en sciences humaines et sociales et enfin, en ce qui concerne les aspirations de nos « vieux ».

Il se positionne en faveur d’une étude d’opinion annuelle sous forme d’un baromètre qui permettrait de sonder les plus de 70 ans et comporterait un volet prospectif.

Rappelons par ailleurs qu’Agnès Buzyn a confié au Haut conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA) une mission sur la prise en charge des personnes âgées à horizon 2030, dont les conclusions sont imminentes.

Claire Beziau

Journaliste

 



 Bioéthique: le CCNE pour un « nouveau plan gouvernemental de développement des soins palliatifs »

Article26/09/2018

Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a rendu le 25 septembre son avis sur la révision de la loi de bioéthique. Il invite à « ne pas modifier » la loi Claeys-Leonetti sur la fin de vie, mais pousse en faveur d’une amélioration de l’existant concernant la connaissance de cette loi et les soins palliatifs.

Pour toiletter la loi de bioéthique, qui a déjà sept ans, les citoyens ont été consultés début 2018 sur différentes thématiques dans le cadre d’états généraux, dont le CCNE a produit une synthèse en juin. Mais il n’avait pas encore rendu son propre avis.

Il l’a présenté le 25 septembre en conférence de presse à Paris.

Le CCNE y donne son point de vue sur la prise en charge de la fin de vie, mais cette thématique n’aura pas sa place dans la loi relative à la bioéthique puisqu’une loi spécifique, la loi Claeys-Leonetti, lui est consacrée.

Dans ses principales propositions, le comité consultatif invite d’ailleurs à « ne pas modifier la loi existante sur la fin de vie ».

Lors des états généraux de la bioéthique, la question a « fait l’objet d’échanges très riches, souvent passionnés », a fait observer le Dr Sophie Crozier, neurologue, qui a présenté ce volet « fin de vie » lors de la conférence de presse.

Plusieurs points « ont fait l’objet d’un consensus » lors de ces états généraux: « la nécessité d’améliorer les conditions de fin de vie en France », le constat que les avancées techniques de la médecine « engendrent parfois des situations de survie », ou encore le « besoin » de chacun « d’être respecté dans son autonomie de décision ».

« Par ailleurs, le CCNE appelle à une extrême prudence concernant la possibilité éventuelle d’une transgression de la loi pour des situations exceptionnelles. On ne peut en effet ignorer les difficultés, voire l’impossibilité, pour le législateur, de définir la notion de ‘circonstance exceptionnelle’ ou de ‘situation extrême’ de façon suffisamment claire et précise pour éviter que la possibilité de déroger au principe n’aboutisse à affaiblir ou à faire évoluer celui-ci, afin qu’il ne soit remis en cause de manière implicite », a détaillé le Dr Crozier.

Mieux appliquer la loi existante

Le CCNE « insiste sur l’impérieuse nécessité » que la loi Claeys-Leonetti « soit mieux connue et mieux appliquée et mieux respectée ».

Pour cela, il souhaite que soit mis en place « un nouveau plan gouvernemental de développement des soins palliatifs », qui « soit financé avec pour objectif principal l’amélioration de l’information à l’égard du corps médical » sur les dispositions de la loi existante.

Le plan viserait également au développement de « la formation » et de « la recherche » grâce à « la création effective d’une filière universitaire et la publication d’appels à projet de recherche relatifs à la fin de vie et à la médecine palliative ».

Le CCNE rappelle que « seuls les résultats de travaux de recherche rigoureux seront de nature à nourrir utilement un débat […] souvent passionné et idéologique » et note que ce plan pourrait également permettre le développement de « la formation initiale et continue de l’ensemble des acteurs de santé », qui est nécessaire « pour aboutir à une véritable ‘culture palliative’, intégrée à la pratique des professionnels de santé ».

Lors de la conférence de presse, le Dr Crozier a insisté sur « l’importance de développer une réflexion éthique dans les études médicales, de promouvoir des actes réflexifs et des actes de dialogues, afin de mieux comprendre les demandes formulées par les patients », et pour que « la volonté du patient soit entendue et comprise ».

Réduction des inégalités territoriales

Le CCNE souhaite aussi que ce plan puisse réduire « les inégalités territoriales » et faciliter « une organisation de proximité des soins palliatifs en favorisant le maintien à domicile lorsque celui-ci est souhaité et en renforçant le champ et les missions des équipes mobiles de soins palliatifs ».

« Ce plan devra enfin permettre la valorisation de l’acte réflexif et discursif qui peut conduire à des décisions justes en fin de vie pour éviter les actes médicaux inutiles, ou disproportionnés au regard de la situation des patients, tout comme prioriser les soins relationnels et d’accompagnement des personnes (en particulier pour faciliter l’anticipation de ce qui peut advenir et favoriser l’élaboration de directives anticipées) », note le comité.

Il exprime par ailleurs « la volonté que soit réalisé un travail de recherche descriptif et compréhensif des situations exceptionnelles, auxquelles la loi actuelle ne permet pas de répondre, et qui pourraient éventuellement faire évoluer la législation ».

Pour « une plus grande retenue » dans la régulation du numérique en santé

Autre sujet, la diffusion du numérique en santé, considérée comme prioritaire par le CCNE. Le comité souhaite que le recours au droit opposable soit actuellement « circonscrit au maximum », tout en proposant d’engager une réflexion sur la création d’instruments de régulation de type « droit souple ».

Il suggère l’inscription au niveau législatif du principe fondamental d’une garantie humaine du numérique en santé, c’est-à-dire la garantie d’une supervision humaine de toute utilisation du numérique en santé.

Il propose également une plateforme nationale sécurisée de collecte et de traitement des données de santé.

L’avis n°129 servira au gouvernement afin de préparer le projet de loi relative à la bioéthique, qui doit être prêt à l’automne et dont il est prévu qu’il soit adopté en 2019.

La Rédaction

Journalistes

 



Ce que prévoit le PLFSS 2019 pour les Ehpad

Article25/09/2018

Crédit: Shutterstock/vladwel

Le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2019 est arrivé! Il prévoit une hausse de l’objectif national de dépenses d’assurance maladie (Ondam) médico-social de 2,2%, à 20,8 milliards d’euros. Côté Ehpad, il suit la droite ligne de la feuille de route présentée par Agnès Buzyn en mai dernier.

Que réserve le PLFSS 2019 aux Ehpad? Ses grandes lignes ont été présentées ce 25 septembre par le ministère des solidarités et de la santé et Bercy, à l’issue de la réunion de la Commission des comptes de la sécurité sociale (CCSS).

Selon un dossier de presse diffusé par le gouvernement, la progression prévue de l’Ondam médico-social est moins élevée que les deux années passées. Elle était en effet de 2,6% dans le PLFSS pour 2018 et de 2,9% dans le PLFSS pour 2017, contre 1,9% en 2016, 2,2% en 2015, 3% en 2014 et 4% en 2013.

Cela dit, le ministère des solidarités et de la santé et Bercy annoncent, dans leur dossier, une hausse de l’objectif global des dépenses (OGD) du secteur médico-social -qui comprend l’Ondam médico-social et une partie des recettes propres de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA)- à +2,7% pour 2019, sans plus de détails.

L’augmentation de l’Ondam général dans le PLFSS pour 2019 est de 2,5%.

Des engagements conformes à la feuille de route grand âge

Les mesures destinées au secteur des personnes âgées mises en avant dans le dossier de presse sont celles déjà annoncées dans le cadre de la feuille de route « autonomie et grand âge » présentée fin mai par la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn.

Ainsi, dans l’objectif d’accélérer la réforme de la tarification des Ehpad et de leur permettre d’atteindre leur forfait soins cible dès 2021, et non pas en 2023 comme prévu initialement, une enveloppe de « 360 millions d’euros supplémentaires sur la période 2019-2021 » est allouée, « dont 125 millions d’euros dès 2019 ».

« En complément, une enveloppe de 18 millions sera dégagée à nouveau en 2019 pour qu’aucun établissement ne voie ses dotations diminuer », dans le cadre de la neutralisation des effets de la réforme sur le forfait dépendance de certains établissements.

Le gouvernement chiffre ensuite d’autres autres engagements pris lors de la présentation de la feuille de route:

  • « 50 millions d’euros sont consacrés à améliorer l’offre d’accompagnement des services d’aide à domicile par la refonte de leur mode de financement, l’amélioration de la qualité des services, de leur accessibilité et le recrutement de personnel »
  • 10 millions d’euros sont prévus, comme l’an dernier, pour la généralisation de la présence d’infirmiers de nuit en Ehpad d’ici à 2020
  • 30 millions d’euros seront alloués en 2019 pour le financement de plans de prévention en Ehpad pilotés par les agences régionales de santé (ARS)
  • 15 millions d’euros pour le développement de l’hébergement temporaire en Ehpad destiné aux personnes sortant d’hospitalisation.

Il est également indiqué dans le dossier de presse que 130 millions d’euros seront consacrés « au financement de la modernisation des établissements médico-sociaux ».

La Rédaction

Journalistes

 

 



Agitation et démence: échec des soins centrés sur la personne

Article21/09/2018

Crédit: Fotolia/Kzenon

Une approche de soins centrés sur la personne n’a pas démontré d’efficacité clinique pour améliorer la prise en charge de l’agitation des résidents atteints d’une démence, selon les résultats d’une étude britannique.

Des soins centrés sur la personne ne permettraient pas significativement d’atténuer l’agitation des personnes atteintes de démence.

Le Pr Claire Surr de l’université de Leeds (Royaume-Uni) et ses collègues se sont intéressés à une telle méthode de soins appelée le Dementia Care Mapping (DMC), développée par l’université de Bradford. Il s’agit d’un outil d’évaluation des facteurs qui peuvent influencer le comportement et d’actions à mettre en oeuvre par les équipes de soins.

Plusieurs études ont donné des résultats contradictoires sur cette approche en institution, rappellent les chercheurs dans le résumé de leur communication orale.

Dans cet essai clinique multicentrique, pragmatique, dont les résultats ont été présentés à l’Alzheimer’s Association International Conference (AAIC) fin juillet à Chicago, ils ont voulu évaluer le rapport médico-économique de cette approche auprès de 987 résidents dans 50 maisons de soins (les care homes britanniques), randomisés entre les soins DMC et la prise en charge habituelle.

Dans chaque résidence randomisée dans le groupe interventionnel, deux membres de l’équipe de soins ont suivi une formation complète à la méthode DMC.

L’analyse a porté sur 657 résidents. A six mois de suivi, le score d’agitation mesuré par l’inventaire de Cohen-Mansfield (CMAI) était de 43,35 points parmi les résidents ayant été pris en charge selon la méthode DMC et de 45,47 points dans le groupe contrôle, une différence qui n’était pas statistiquement significative.

A 16 mois de suivi, il n’y avait plus du tout de différence entre les deux groupes.

Aucun résultat n’était en faveur d’une amélioration avec la méthode DMC, que ce soit les autres troubles du comportement, la qualité de vie ou le recours aux antipsychotiques et/ou aux hypnotiques.

L’approche DMC n’était pas coût-efficace dans cette étude.

Les chercheurs soulignent que l’observance était difficile, avec seulement un quart des résidences ayant achevé plus d’une séance de formation sur les trois prévues.

Dans cet essai, la méthode DMC des soins centrés sur la personne n’a pas été efficace cliniquement ni coût-efficace dans la prise en charge de l’agitation de patients atteints de démence vivant en maisons de soins, concluent les chercheurs.

Luu Ly Do Quang

Journaliste

 



Moins de 1.500 décès attribuables à la canicule de l’été 2018

Article24/09/2018

Crédit: iStock/Mocho1

Les fortes chaleurs de cet été ont provoqué moins de 1.500 décès supplémentaires, en majorité chez les 75 ans et plus, a annoncé la ministre des solidarités et de la santé, dressant un parallèle positif, mais pas si pertinent, avec la canicule de 2003.

Depuis 2003, chaque épisode caniculaire est l’occasion de rappeler au (mauvais) souvenir des Français l’hécatombe qui avait touché les personnes âgées cette année-là, et de comparer les chiffres.

Ainsi, 2018 n’est pas un si mauvais cru, a souligné la ministre des solidarités et de la santé le 21 septembre sur le plateau de CNews, assurant que moins de 1.500 décès supplémentaires étaient attribuables aux fortes chaleurs de cet été.

Agnès Buzyn s’exprimait en amont d’une réunion, programmée à la mi-journée, de l’ensemble des acteurs impliqués dans la gestion de l’épisode de chaleur estivale.

Sur le plateau de CNews, elle a mentionné un « excès de mortalité évidemment attendu chez les personnes très âgées », mais 10 fois moindre que celui de l’été 2003, où avaient été enregistrés 15.000 à 20.000 décès supplémentaires, et moindre que lors des derniers épisodes caniculaires.

« Cela prouve vraiment que la mobilisation et la prévention dans tous les secteurs ont porté leurs fruits », a commenté la ministre, estimant que 3% à 5% des passages aux urgences durant les fortes chaleurs de cet été étaient liés à la canicule, et se félicitant que les services n’aient pas été engorgés, notamment grâce à l’investissement des communes, des médecins et des infirmiers.

« Compte tenu de l’intensité de l’épisode subi cette année », la surmortalité « a été limitée », a entériné le ministère de la santé dans un communiqué diffusé à la suite de la réunion de bilan orchestrée par la ministre. « Anticipation, information, prévention, mobilisation: la réponse sanitaire et médico-sociale a permis de contenir l’impact sanitaire de cette canicule. »

Des caractéristiques climatiques beaucoup moins sévères qu’en 2003

Caractéristiques de la canicule de juillet 2018 par rapport aux autres canicules survenues en France depuis 1999 – synthèse nationale (source: Santé publique France)

Une synthèse publiée le même jour par Santé publique France a toutefois nuancé ces propos, puisqu’elle montre que les caractéristiques climatiques de l’été 2018 ont été « loin » de celles de 2003.

L’agence sanitaire indique qu’au niveau national, « cette canicule présente des caractéristiques climatiques comparables à celles de fin juin 2015, plus intense et sévère que 2006 mais loin des caractéristiques d’août 2003 ».

Au cours des périodes de dépassement des seuils d’alerte et sur l’ensemble des départements concernés, un total de 1.480 décès en excès ont été observés, soit une surmortalité de 15%. La population des 75 ans et plus a été la plus touchée, avec 931 décès sur les 1.480, mais le taux de surmortalité était comparable à celui de la population générale, avec 14,2%. L’impact relatif le plus important a été relevé chez les 65-74 ans (+26 %).

Ainsi, « la surmortalité observée pendant la canicule de 2018 se rapproche de celle observée en 2015 [avec 1.739 décès supplémentaires] », indique Santé publique France, soulignant que « ceci est cohérent avec la similarité de ces canicules en termes d’intensité, de sévérité et d’étendue géographique ». Ce chiffre est inférieur aux 3.000 décès en excès qu’avait annoncés l’Institut de veille sanitaire (InVS) en octobre 2015.

Les canicules de 2016 et 2017 avaient pour leur part été associées à une surmortalité plus faible (respectivement 378 et 474 décès supplémentaires), car moins étendue pour la première et moins intense pour la deuxième.

Par ailleurs, 5.676 passages aux urgences, dont 58% conduisant à une hospitalisation, et 1.963 consultations SOS médecins, ont été enregistrés pour pathologies en lien avec la chaleur (PLC) pendant la canicule de l’été 2018 (du 24 juillet au 11 août). Sur cette période, les PLC ont représenté en moyenne 0,55% de l’activité totale des urgences et 1,24% de l’activité SOS médecins.

Toutes les classes d’âges étaient concernées, bien que l’impact ait été plus important chez les personnes de 75 ans et plus: ces dernières ont représenté la moitié des passages aux urgences pour PLC et les deux tiers des hospitalisations suivant ces passages.

La Rédaction

Journalistes

 



Privé non lucratif: les directeurs d’établissements fiers mais inquiets

Article24/09/2018

Les directeurs d’établissements sanitaires, sociaux, médico-sociaux du secteur privé non lucratif se disent fiers, à 92%, de travailler dans leur secteur d’activité, mais 73% « ressentent une perte de confiance dans la pérennité des moyens de financement des structures » selon un sondage Opinionway réalisé pour la Fehap, le groupe Aéso, Macif Sgam et Malakoff Médéric.

Le regard des directeurs d’établissements dans le privé non lucratif sur leur secteur s’avère plutôt mitigé. Ce sondage a été dévoilé par la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne privés non lucratifs (Fehap) lors du 7e rendez-vous parlementaire du secteur privé non lucratif, le 20 septembre à l’Assemblée nationale.

« Les directeurs des structures privées non lucratives […] éprouvent de la fierté à travailler dans notre secteur d’activité », s’est réjoui le président de la Fehap, Antoine Dubout, en clôture de ce rendez-vous, selon son discours écrit dont Gerontonews a eu copie.

« Leur appartenance au secteur privé non lucratif est avant tout un choix: celui de donner du sens à leur travail en assurant un service d’utilité publique et de disposer des marges de manoeuvre nécessaires à la conduite de leur établissement », a-t-il ajouté.

« Ils font preuve d’un engagement à toute épreuve », a souligné Antoine Dubout. « Pourtant, ils ne se sentent pas reconnus par les autorités publiques pour ce qu’ils apportent à la société civile et éprouvent de l’inquiétude et une perte de confiance dans la pérennité des moyens de financement de leurs structures », s’est-il désolé, indiquant aux parlementaires compter sur eux « à l’approche du PLF [projet de loi de finances] et du PLFSS [projet de loi de financement de la sécurité sociale] 2019 […] pour mener les batailles de l’inclusion, de la proximité, de la qualité, de l’équité et de l’autonomie ».

Dans le détail, 95% des sondés assurent travailler dans le secteur non lucratif « pour donner du sens à leur mission en assurant un service d’utilité publique », peut-on lire dans un communiqué diffusé par la Fehap, et 74% ont effectivement choisi ce secteur « afin de disposer des marges de manoeuvres nécessaire à la conduite de leur établissement ».

Ils sont 61% à mettre « au centre de leurs préoccupations » de directeur « la qualité des soins et de l’accompagnement » et 52% « l’amélioration de la qualité de vie au travail ».

Deux-tiers des directeurs inquiets

Pour autant, les directeurs interrogés se sentent peu valorisés et éprouvent un sentiment d’inquiétude concernant les politiques publiques qui régissent leur secteur.

Ainsi, « 64% ne se sentent pas ou peu reconnus/valorisés par les autorités publiques pour ce qu’ils apportent à la société civile ». Dans un autre ordre d’idées, ils sont 66% à estimer « que leur quantité de travail ne leur permet pas d’avoir un bon équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle », rapporte la Fehap.

La fédération souligne aussi que « deux tiers » des directeurs « qualifient leur état d’esprit d’inquiet ».

Ainsi, plus de 73% « ressentent une perte de confiance dans la pérennité des moyens de financement des structures », dont 76% pour les financements publics et 66% pour les avantages fiscaux.

De plus, 78% estiment que « le secteur privé non lucratif de la santé et des solidarités est insuffisamment pris en compte par les politiques publiques ».

Pourtant, la majorité des directeurs (52%) pense que « les réformes menées par le gouvernement sont pertinentes et ont du sens ». Mais 76% estiment « qu’elles ne sont pas déployées avec la bonne méthode et de façon judicieuse », et 89% qu' »elles ne bénéficient pas des moyens financiers nécessaires ».

« Suffisamment informés » mais pas préparés aux futures mutations

Concernant l’évolution de leur métier, 69% des directeurs se disent « suffisamment informés concernant les grandes évolutions sociétales à venir (mutation du travail, vieillissement de la population…) », mais moins de la moitié (47%) se dit préparée concernant ces évolutions sociétales et seuls 13% se sentent plutôt accompagnés par les pouvoirs publics concernant ces dernières », assure la Fehap.

« Plus de 80% des directeurs d’établissement ont bénéficié d’une ou de plusieurs formations au cours des deux dernières années », ajoute-t-elle, mais ils éprouvent néanmoins toujours un besoin de formation juridique (45%), en gestion (33%) et sur le numérique (32%).

Enfin, 84% des directeurs jugent que « le cadre légal et réglementaire est contraignant », et 63% pensent que « les critères de fixation des tarifs et dotations ne sont pas transparents ».

Valérie Lespez

Journaliste



 

Le collectif Une société pour tous les âges pour une « prestation universelle autonomie »

Article19/09/2018

Dans la perspective de la future loi dépendance, ce collectif, qui réunit, depuis 2006, des professionnels du secteur médico-social, des représentants d’usagers et de familles et de personnes en situation de handicap, remet sa doléance sur le tapis: la création d’une prestation universelle faisant converger les droits des personnes handicapées et en perte d’autonomie, quel que soit leur âge.

Une « prestation universelle autonomie » qui couvre tous les besoins, soit ouverte à tous, avec la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) comme opérateur. Ce voeu, formulé par le collectif « Une société pour tous les âges », n’est pas nouveau, mais est réitéré dans la perspective d’une future loi dépendance, récemment annoncée par Emmanuel Macron.

Regroupant des professionnels du secteur médico-social (comme l’Association des directeurs au service des personnes âgées -AD-PA), des représentants d’usagers et de familles (Fédération nationale des associations et amis des personnes âgées et de leurs familles -Fnapaef), des personnes en situation de handicap (APF-France Handicap), et des personnes qualifiées, ce collectif est né il y a 12 ans « afin que le droit formel de compensation individuelle des situations de handicap, inscrit dans la loi du 11 février 2005 devienne un droit effectif quel que soit l’âge », a-t-il rappelé lors d’une conférence de presse à Paris, le 18 septembre.

Il remet donc sur le tapis la vieille question d’une convergence des dispositifs de compensation d’une perte d’autonomie à tous les âges et quelle qu’en soit l’origine.

Le collectif réclame ainsi toujours la suppression des fameuses barrières d’âge à 75 et 60 ans pour l’accès aux prestations relatives au handicap. « Comme un couperet, cette barrière vous fait basculer d’un droit individuel complet, la PCH [prestation de compensation du handicap] à un dispositif forfaitaire relevant d’une logique d’aide sociale, l’APA [allocation personnalisée d’autonomie] », a rappelé Pascale Ribes, vice-présidente de l’APF France Handicap.

« Elle entraîne une prise en charge différente selon que l’on déclare une maladie d’Alzheimer, par exemple, à 59 ou à plus de 60 ans », a complété Annie de Vivie, fondatrice d’AgeVillage et coordinatrice du collectif. A 59 ans, « vous aurez un plan de compensation de votre situation de handicap qui sera quasi le double de ce que vous auriez à 61 ans », a-t-elle illustré.

Revoir les termes du débat

Pourtant, la loi du 11 février 2005 a inscrit la suppression des limites et des barrières liées à l’âge. « Si les personnes handicapées ont encore des motifs d’insatisfaction […], le traitement de la perte d’autonomie survenant au-delà de 60 ans est misérabiliste », a dénoncé Lucien Legay, vice-président de la Fnapaef. Les personnes âgées attendent depuis 2010 l’application de l’article 13 de la loi, qui, supprimant cette barrière de l’âge, leur donnerait une égalité de traitement ».

Mais avant de penser « financement » de la prise en charge, il est urgent de revoir les termes du débat, à commencer par celui de « dépendance », a estimé Romain Gizolme, directeur de l’AD-PA.

« Nous parler de loi ‘dépendance’… nous craignons d’être très loin du sujet! D’abord parce que la question devrait être celle de l’autonomie et qu’il ne s’agit pas que de traiter des questions médicales […]. La question est sur le modèle de société envisagé pour permettre à ces gens de pouvoir continuer à se réaliser et à exercer un certain nombre de droits. Or aujourd’hui, on voit bien que ce n’est pas tout à fait dans les préoccupations », a-t-il déploré.

Agnès Buzyn, la ministre des solidarités et de la santé, a bien affirmé en avril la nécessité de définir un « modèle » avant de le financer, mais sans évoquer la question de la convergence des droits ni mettre en cause la gouvernance des dispositifs consacrés aux personnes handicapées d’un côté et aux personnes âgées de l’autre.

Réviser la gouvernance des dispositifs handicap et grand âge

Or, c’est bien ce que réclame Une société pour tous les âges.

Jean-Claude Henrard, gérontologue honoraire membre du collectif, dénonce sur ce point « deux dispositifs parfaitement inégaux », soulignant que la définition des populations cibles constitue « un problème majeur ».

« Comment définit-on les gens qualifiés de dépendants? Quand on regarde les textes, les lois, on oscille sans arrêt entre dépendance et autonomie », a-t-il fait remarquer. Il estime que « la France se singularise par un flou conceptuel, qui a des conséquences considérables en matière de gouvernance. Quand on sépare les gens en situation de handicap des personnes âgées qualifiées de dépendantes, on a deux dispositifs qui complexifient les choses ».

S’y ajoute « une fragmentation » des dispositifs « au niveau national, local » et « au niveau de la dispensation des aides et des soins individuels ». Rien que pour les toilettes, on a des possibilités différentes entre les services de soins infirmiers à domicile [Ssiad] avec une aide-soignante relativement bien formée, en passant par l’auxiliaire de vie sociale jusqu’à l’employée de maison au noir, a-t-il illustré.

Autre exemple pris par le collectif, l’évaluation du niveau de dépendance avec la grille Aggir, un outil dont l’utilisation est jugée « pas suffisamment fiable » puisqu’employée par des équipes internes aux départements, lesquels sont aussi les financeurs de l’APA.

« Des innovations » sur la coordination ont bien été produites, a admis Jean-Claude Henrard, citant les parcours Paerpa, mais il a regretté leur statut expérimental.

Dénonçant des « dispositifs peu efficaces en matière de qualité de vie et coûteux », il a appelé à « définir clairement les responsabilités en termes de gouvernance: par exemple, qui est responsable, les agences régionales de santé [ARS], les départements? », s’est interrogé le médecin honoraire, avant de questionner l’intérêt des conférences départementales des financeurs pour la prévention de la perte d’autonomie, qui n’ont « pas grand sens car la prévention, ça se passe tout au long de la vie […] Chaque fois, on rajoute des dispositifs faute de mise à plat », a-t-il regretté.

« Le financement doit être envisagé dans sa globalité. Si on ne fait pas des réformes en matière de gouvernance, tant au niveau de l’organisation du financement, de la planification et de la dispensation des soins, on continuera à avoir un dispositif inefficace et inefficient », a-t-il martelé.

Pas « d’illusion » sur la création d’un 5e risque

« Il faut aller vers des critères qui permettent la création d’un 5e risque », a-t-il avancé, ajoutant qu' »il ne faut pas se faire d’illusion, il n’y aura pas de création d’un 5e risque. Mais il faut que les différentes étapes dans la définition des besoins soient homogènes de façon à éviter cette discrimination [par l’âge] ».

Annie de Vivie a de son côté admis que les membres du collectif étaient « moins optimistes qu’[ils avaient] pu l’être, mais on remet sur le devant de la réflexion cette question de la gouvernance qui échappe aux discours. On entend ‘financement’, ‘offre’ mais pas ‘gouvernance’. Or c’est l’enjeu clé, associé à la discrimination liée à l’âge », a-t-elle insisté.

Par ailleurs, l’idée de se baser sur « une solidarité nationale » ne signifie pas pour autant le refus « d’un système mixte », notamment avec des offres émanant d’acteurs du monde mutualiste, des institutions de prévoyance et de l’assurance, ont précisé les membres du collectif.

Néanmoins, cette solidarité devrait « relever d’une caisse nationale avec des outils nationaux et une gouvernance nationale, avec une logique équivalente sur les territoires », a appuyé Annie de Vivie, même si « le type de réponse ne sera peut-être pas le même » partout.

Claire Beziau

Journaliste



 

Qualité des soins: une incitation financière pour les Ehpad en 2022

Article19/09/2018

Après les hôpitaux, qui y auront droit dès 2019, les Ehpad recevront une incitation financière pour favoriser la qualité des soins sur la base d’indicateurs de qualité transversaux, a annoncé l’exécutif dans le cadre de la présentation de la stratégie « Ma santé 2022 », présentée le 18 septembre.

L’amélioration de la qualité et de la pertinence des prises en charge constitue un axe du plan « Ma santé 2022 », présenté le 18 septembre.

« Favoriser la qualité, c’est assurer au patient qu’il recevra le bon soin par le bon professionnel au bon moment (la pertinence des soins), c’est prendre davantage en compte son vécu et ses retours d’expérience, mais aussi lui donner accès à une information qui lui permette de devenir acteur de sa santé », explique le ministère des solidarités et de la santé dans son dossier de presse.

Il s’agit d’aller davantage vers une logique de parcours de soins visant à limiter, tout au long de la prise en charge, les actes redondants ou les pratiques non pertinentes. Grâce aux travaux de la Haute autorité de santé (HAS) et de l’assurance maladie, les travaux d’amélioration de la qualité et la sécurité des soins seront de plus en plus partagés avec la communauté médicale et soignante.

Le gouvernement prévoit dans ce cadre la mesure systématique d’indicateurs d’efficacité clinique et d’expérience patient sur les 10 parcours présentant le plus d’enjeux en santé publique et une diffusion des résultats.

« Au-delà des indicateurs de sécurité (comme les taux de réhospitalisation), les indicateurs d’expérience patient visent à mesurer l’amélioration rapportée par le malade de son état de santé à la suite d’un épisode de soins ou tout au long d’un parcours: par exemple, après une chirurgie de la cataracte, il s’agira de mesurer la capacité du patient à lire le journal; sa capacité à monter l’escalier après une chirurgie de la hanche ou du genou, mais aussi sa qualité de vie pour les pathologies chroniques. »

Des financements forfaitaires pour les pathologies chroniques

Sept premières pathologies ont été choisies: la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), l’obésité morbide, la maladie coronarienne stable, l’insuffisance rénale chronique, la maladie de Parkinson, l’accident vasculaire cérébral (AVC) et le diabète.

Des financements au forfait seront créés pour les pathologies chroniques en commençant par le diabète et l’insuffisance rénale chronique dès 2019, puis élargis à partir de 2020 à d’autres pathologies. Cette démarche vise à inciter les professionnels et les structures à développer les actions de prévention, d’éducation du patient et à assurer la fonction de coordination des soins nécessaires à une prise en charge de qualité. Elle s’ouvrira par la suite sur la ville et les coordinations ville-hôpital.

Dès l’an prochain, les établissements hospitaliers recevront un financement accru pour favoriser la qualité. L’enveloppe allouée sera portée à 300 M€ contre 60 M€ aujourd’hui. Cette incitation financière sera attribuée sur la base d’indicateurs de qualité transversaux, entre 7 et 10, contre 35 aujourd’hui.

Elle se mettra en place de façon progressive et concernera en 2019 les seuls établissements de santé médecine, chirurgie, obstétrique (MCO), soins de suite et de réadaptation (SSR) et hospitalisation à domicile (HAD). D’ici 2022, elle s’appliquera aussi pour les soins de ville, les Ehpad et la psychiatrie.

Enfin, la Haute autorité de santé (HAS) étendra la mesure de la satisfaction des usagers en Ehpad, soins de suite et de rééducation (SSR) et HAD, avec des travaux qui débuteront en 2019.

La Rédaction

 



Alzheimer : face à la maladie de sa sœur, une Montpelliéraine raconte son combat

  • Joëlle Charbit accompagne sa sœur au quotidien. G. R.

Publié le 19/09/2018

Une Montpelliéraine aide sa sœur malade depuis avril 2017. Témoignage.

Difficile de mettre un nom sur une maladie. « Quand on a fait examiner ma sœur pour la première fois, en 2014, on ne lui a pas fait passer d’IRM, et Alzheimer n’a pas été diagnostiqué », explique Joëlle Charbit, aujourd’hui âgée de 70 ans.

En avril 2017, cette Montpelliéraine est revenue des États-Unis, où elle vivait depuis quatorze ans, pour s’occuper de sa sœur Maryse. « En trois ans, son état psychologique avait empiré. Je l’ai ramenée dans la maison familiale, à Castelnau-le-Lez. »

Un déchirement pour la sœur aînée, qui vivait seule sur la Côte d’Azur après avoir vendu sa pharmacie. « Elle se baignait tous les jours dans la mer. Elle ne comprenait pas pourquoi on l’emmenait loin de chez elle. Elle était démunie, donc très agressive. »

Cette fois, l’IRM pose le bon diagnostic mais la nouvelle est « un choc ». « C’est comme si j’avais reçu un coup de bambou sur la tête », témoigne Joëlle, qui va alors se consacrer totalement à sa sœur âgée de 75 ans. Un terrible engrenage. « Elle a pris toute la place dans mon quotidien. C’était un stress permanent. »

Maryse a rapidement son propre studio dans la maison mais elle veut sortir seule. « Elle escaladait le portail de deux mètres, fermé à clé, et les gendarmes la ramenaient avec le chien ! Elle ne se croyait pas malade et ne voulait voir aucun médecin. Elle nous disait qu’on lui volait son argent. »

Débordée, Joëlle s’enferme dans un cercle vicieux. « Je ne voyais plus mes amis qui d’ailleurs ne voulaient pas voir ma sœur. Je ne prenais plus mes médicaments. Je devais m’occuper de tous les problèmes administratifs. J’étais épuisée psychologiquement. J’ai fait une dépression. »

Un voyage aux États-Unis pour aller se ressourcer auprès de ses enfants, début 2018, est écourté par l’état de santé de Maryse qui se dégrade vite. « Elle a régressé. Elle a besoin de présence humaine, de stabilité, de repères. »

« J’ai retrouvé le sourire »

Joëlle revient au bout d’un mois mais, cette fois, elle va chercher de l’aide. « J’ai enfin demandé le dossier d’APA (Allocation personnalisée d’autonomie). Quand je l’ai rempli, il était devenu introuvable. En fait, Maryse l’avait caché dans le jardin ! Elle me l’a rapporté le jour où je l’ai refait. »

En poussant la porte de France Alzheimer, Joëlle a reçu une aide décisive. « Ils m’ont orienté vers Ciel bleu, un accueil de jour où Maryse se rend désormais trois jours par semaine. Il y a les ateliers de mobilisation cognitive à France Alzheimer qui contribuent à la rendre épanouie. Les séances d’orthophonie l’ont aussi stabilisée. Et bientôt, une auxiliaire de vie viendra régulièrement à la maison. »

Autant de moments qui permettent aussi à Joëlle de se reposer. De son côté, celle-ci a suivi « un atelier de formation des aidants familiaux qui m’a énormément aidée. On y apprend notamment qu’il faut impliquer les personnes malades, alors qu’on a tendance à tout faire à leur place. »

Si elle se remet tout juste d’une opération de l’épaule, Joëlle a pu compter sur l’aide décisive de son mari pendant deux mois pour s’occuper de Maryse. L’importance de ne pas être seule, encore et toujours…

« J’ai retrouvé le sourire, conclut Joëlle. J’adore ma sœur. C’est mon aînée et quand nous étions jeunes, je l’admirais beaucoup. Elle était très cultivée. Mais un jour, elle s’est arrêtée de lire. Au début, c’était dur de la voir comme ça. Mais tout ce qui m’importe aujourd’hui, c’est qu’elle soit heureuse. »

Guillaume Richard

 

 



Stratégie « Ma santé 2022 »: l’offre gériatrique de proximité renforcée

Article18/09/2018

Emmanuel Macron le 18 septembre 2018 – Crédit: Caroline Besnier/APMnews

Comment transformer le système de santé à l’aune du vieillissement de la population? En labellisant 500 à 600 hôpitaux de proximité, centrés notamment sur la gériatrie et la prise en charge des pathologies chroniques, répondent le président de la République et la ministre des solidarités et de la santé dans leur stratégie « Ma santé 2022 » présentée ce 18 septembre.

Jour J pour les acteurs du sanitaire et du médico-social: ce 18 septembre, Emmanuel Macron et Agnès Buzyn ont annoncé 54 mesures dans le cadre de la stratégie nationale de transformation du système de santé à quatre ans, baptisée « Ma santé 2022 ».

Cette stratégie, lancée en février par le premier ministre Edouard Philippe, s’est affinée en mars avec la présentation de cinq chantiers par Agnès Buzyn, la ministre des solidarités et de la santé.

A la suite de ces travaux, la stratégie présentée ce 18 septembre définit des engagements prioritaires. Si aucun chapitre n’est spécifique aux Ehpad, ceux-ci sont notamment concernés dans l’axe « organiser l’articulation entre médecine de ville, médico-social et hôpital pour mieux répondre aux besoins de soins en proximité ». L’objectif est de répondre à l’un des constats évoqué dans le dossier de presse du ministère transmis à cette occasion: « le vieillissement de la population et le développement des pathologies chroniques entraînent un besoin de coordination entre professionnels, insuffisante aujourd’hui ».

Reprenant une proposition du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) présentée en juin, l’une des mesures consiste à labelliser de 500 à 600 hôpitaux de proximité d’ici à 2022. Autrement dit, créer une nouvelle catégorie d’établissements visant à renforcer les plus petites structures ne disposant ni d’obstétrique, ni de chirurgie, explique le ministère.

Une gradation de l’offre sur trois échelons

Le ministère propose une gradation de l’offre de soins sur trois échelons. Les hôpitaux de proximité, donc (médecine, gériatrie, réadaptation), les établissements hospitaliers de recours (chirurgie, maternité,…) et les établissements de référence ultraspécialisés (CHU).

Il s’agit de « repositionner et revaloriser des soins hospitaliers de proximité, plus que jamais nécessaires dans un contexte de vieillissement de la population et d’augmentation des maladies chroniques », indique le ministère dans le dossier de presse.

D’ici à 2022, les hôpitaux de proximité labellisés se verront confier 6 missions:

  • la médecine polyvalente, la gériatrie, les soins de suite et de réadaptation (SSR)
  • le suivi des maladies chroniques les plus fréquentes
  • les consultations avancées de spécialités médicales et chirurgicales en liaison avec les établissements voisins
  • l’utilisation de plateaux techniques en imagerie, biologie et explorations « ouverts aux professionnels de santé de ville », également en liaison avec les autres établissements locaux
  • la mise en place d’équipes mobiles de soins
  • la télémédecine, via des équipements spécifiques.

Dans son discours, le président de la République a émis le souhait d’associer les établissements privés à cette offre de soins de proximité.

Le ministère précise que ces établissements se verront garantir une « gouvernance locale forte » par les groupements hospitaliers de territoires (GHT) et que leur financement sera adapté aux spécificités de leurs missions.

La transformation du système de santé implique également la mise en place d’un financement au forfait des pathologies chroniques, qui seront au coeur des missions de ces établissements.

Les CPTS organiseront la coopération entre sanitaire et médico-social

Autre mesure phare, créer un millier de communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) pour mailler le territoire national à l’horizon 2022.

Les CPTS ont été créées par la loi de santé du 26 janvier 2016 pour constituer un espace d’organisation et de coordination des professionnels de santé de ville autour d’une population donnée.

Leur déploiement entre également dans le cadre de la gradation de l’offre de soins par échelons souhaitée par l’exécutif.

Les CPTS se verront confier la responsabilité de 6 missions prioritaires correspondant aux besoins premiers de la population:

  • la réalisation d’actions de prévention
  • la garantie d’accès à un médecin traitant pour tous les habitants du territoire
  • la réponse aux soins non programmés, c’est-à-dire la possibilité d’obtenir un rendez-vous dans la journée, en cas de nécessité. Cette mission inclut la création d’équipes mobiles gériatriques supplémentaires dans les territoires pour prévenir l’hospitalisation en urgence des personnes-âgées.
  • l’organisation de l’accès à des consultations de médecins spécialistes dans des délais appropriés
  • la sécurisation des passages entre les soins de ville et l’hôpital, notamment pour anticiper une hospitalisation ou pour préparer la sortie d’un hôpital après une hospitalisation
  • le maintien à domicile des personnes fragiles, âgées ou polypathologiques.

A ce titre, les CPTS organiseront la coopération avec les établissements de santé, publics et privés, et ceux d’hospitalisation à domicile et du médico-social de leur territoire.

« Cela permettra notamment de mieux assurer la continuité des prises en charge pour les patients souffrant de pathologies chroniques engagés dans des parcours de soins complexes », est-il souligné dans le dossier de presse.

Pour accompagner le développement des CPTS, une stratégie nationale « sera arrêtée d’ici fin 2018 et une négociation conventionnelle sera engagée dès 2019 pour donner un cadre pérenne de financement à celles-ci », est-il indiqué dans le dossier de presse.

L’exécutif souhaite que l’inscription des professionnels dans un cadre d’exercice coordonné et la participation effective aux missions territoriales confiées aux CPTS deviennent un principe inscrit au coeur de l’exercice.

Ces principes deviendront « une condition pour bénéficier de certains dispositifs d’appui et de financements de l’Etat et de l’assurance maladie », est-il précisé dans le dossier de presse.

Selon le territoire, elles couvriront entre 20.000 et 100.000 habitants. Il n’y aura « pas un même modèle plaqué d’en haut », a affirmé Emmanuel Macron lors de son discours à l’Elysée. Les CPTS « n’auront sans doute pas la même forme selon les territoires », a-t-il ajouté.

Leurs représentants participeront à la commission médicale (CME) et au conseil de surveillance des hôpitaux de proximité.

Dans un axe relatif à la formation et aux métiers, Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé « un effort indemnitaire » pour les aides-soignantes en Ehpad.

Près de 3,5 milliards d’euros consacrés à la stratégie

Si certaines mesures de la stratégie « Ma santé 2022 » seront inscrites dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2019, d’autres, comme la définition du statut des hôpitaux de proximité, feront l’objet d’un projet de loi début 2019, a-t-on appris en amont du discours d’Emmanuel Macron.

Les pouvoirs publics consacreront 3,42 milliards d’euros au plan de transformation du système de santé entre 2019 et 2022, dans le cadre des crédits mobilisés au sein de l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam), dont la progression a été fixée, pour 2019, à 2,5% (contre 2,3% en 2018).

La Rédaction


 

Emmanuel Macron annonce « un effort indemnitaire » pour les aides-soignants en Ehpad

Article18/09/2018



La stratégie nationale de transformation du système de santé à l’horizon 2022, présentée par le gouvernement ce 18 septembre, inclut un volet « métiers et formations » et un effort en faveur des soignants en Ehpad, a annoncé le président de la République.

Il n’est pas chiffré, mais il est annoncé: « un effort indemnitaire sera mis en oeuvre, en particulier pour les aides-soignantes qui exercent dans les Ehpad », a déclaré Emmanuel Macron le 18 septembre lors de la présentation de « Ma santé 2022 », la stratégie nationale de transformation du système de santé à l’aune des quatre prochaines années.

Outre l’articulation entre médecine de ville, médico-social et hôpital, avec la labellisation d’Hôpitaux de proximité centrés notamment sur la gériatrie, le plan évoque un axe sur « l’adaptation des métiers et les formations aux enjeux de la santé de demain ».

Dans ce volet du plan, l’exécutif insiste sur la nécessité d’accompagner les parcours des professionnels, à la fois pour répondre aux attentes de mobilité, développer les compétences et favoriser les dynamiques de coopération.

En plus de la revalorisation indemnitaire des aides-soignants en Ehpad, la stratégie prévoit une réflexion spécifique à ouvrir sur les conditions d’emploi en seconde partie de carrière des professions paramédicales. « En lien avec la feuille de route ‘personnes âgées’ et la mission sur la dépendance qui vient d’être confiée à Dominique Libault, une attention particulière sera portée aux aides-soignants dont les conditions d’exercice ont évolué, sans que les conséquences n’en soient tirées », souligne le ministère des solidarités et de la santé dans le dossier de presse présenté le 18 septembre.

Développer la formation d’ASG

Il prévoit ainsi une actualisation des référentiels d’activités-compétences et de formation des aides soignants afin de mieux répondre aux réalités de leur exercice. Le reclassement des aides soignants accédant au grade d’infirmier doit par ailleurs être amélioré.

Une autre mesure porte sur le « développement de la formation d’assistant de soins en gérontologie afin d’améliorer les conditions de formation et la reconnaissance des professionnels » exerçant dans ce secteur.

Toujours pour les professionnels paramédicaux, la pratique avancée, initiée en 2018 avec l’exercice infirmier, doit être progressivement élargie à d’autres professions paramédicales.

Elle sera « reconnue statutairement pour les professionnels exerçant à l’hôpital public et prise en compte dans le cadre des négociations conventionnelles pour ceux exerçant en libéral », selon le dossier de presse du ministère. Les premiers étudiants préparant le nouveau diplôme d’Etat reconnu au grade de master ont été accueillis à la rentrée dans une dizaine d’universités accréditées.

Une prime spécifique pour reconnaître l’engagement des professionnels dans des protocoles de coopération doit être créée en 2019.

La Rédaction

 



Soins de longue durée aux plus âgés: légère accélération des dépenses en 2017

Article17/09/2018

Crédit: iStock/kupicoo

Les dépenses de soins de longue durée aux personnes âgées se concentrent essentiellement en Ehpad et en Ehpa. En 2017, la progression de ces dépenses s’est légèrement accélérée, notamment dans le secteur privé, selon la Drees, sans avoir le « recul » nécessaire pour pouvoir l’expliquer.

En 2017, les soins de longue durée aux personnes âgées se sont élevés à 11 milliards d’euros, note la direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) dans ce panorama.

Intitulé « les dépenses de santé en 2017 », le document a été présenté à la commission des comptes de la santé et publié le 10 septembre. La Drees y fait notamment le point sur la répartition de la prise en charge de la consommation des soins et de biens médicaux (CSBM), dont la progression a ralenti en 2017 (+1,3%).

Les soins de longue durée aux personnes âgées correspondent à ceux délivrés dans le secteur hospitalier public au sein des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes ou non (Ehpa et Ehpad, 76% de la dépense totale), en unités de soins de longue durée (USLD, 9%) et par des services de soins infirmiers à domicile (Ssiad, 15% de la dépense).

En 2017, ces dépenses ont été financées par l’objectif global de dépenses médico-sociales pour personnes âgées (OGD) à hauteur de 10 milliards d’euros, dont 9,1 milliards de l’assurance maladie au titre des contributions au financement des Ehpa, Ehpad et Ssiad, et 0,9 milliard de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA).

Ainsi, l’essentiel des dépenses s’est concentré sur les personnes hébergées en établissements (9,3 milliards d’euros), soit 89% pour les soins en Ehpad et en Ehpa et 11% pour les soins en unités de soins de longue durée (USLD, dépense stable depuis 2010).

« Portés notamment par le vieillissement de la population, les soins de longue durée aux personnes âgées ont augmenté de 4,4% par an en moyenne entre 2008 et 2017 », observe la Drees. La progression était très forte en 2008 et 2009 (respectivement +8,9% et +14,3%), en raison du développement des capacités des Ssiad et des Ehpad et du renforcement de leur médicalisation, dans le cadre du plan solidarité grand âge.

Le rythme d’évolution a ensuite diminué pour revenir à un rythme d’environ +4% entre 2011 et 2013 puis a fortement ralenti pour atteindre +1,6% en 2016, en raison du « resserrement de la contrainte financière » portant sur l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) médico-social.

En 2017, la progression des dépenses accélèrent à nouveau légèrement (+2,3%), tirée principalement par les soins en Ehpa et Ehpad privés (1,7 point) alors que les soins en Ehpa et Ehpad publics ainsi que les Ssiad y contribuent seulement pour 0,4 point.

La Drees écrit précisément: « Cette inflexion est principalement le fait de la composante des soins en Ehpa-Ehpad privés, premier facteur de croissance en 2017 ».

Interrogée par Gerontonews, elle indique que « l’année 2017 étant la première année de mise en place de la réforme de la tarification des Ehpad », le recul « manque » pour « expliquer la croissance de la composante des soins en Ehpa-Ehpad privés ».

Elle ajoute que « la hausse de 2017 peut relever d’autres facteurs que les effets de cette réforme, notamment la sous-consommation de l’Ondam hospitalier (qui s’est traduite fin 2017 par le dégel de 100 millions d’€ au profit de la CNSA pour le financement de l’objectif global de dépenses médico-sociales), le vieillissement de la population, (très probablement) » ou encore « la poursuite de la création de nouvelles places ».

Dépenses de soins de longue durée aux personnes âgées (Drees à partir des données de la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam)

Les établissements d’accueil public sont majoritaires avec 40% de la dépense totale contre 36% pour les établissements privés (à but lucratif ou non). La part des établissements publics recule tendanciellement au profit des établissements privés, qu’ils soient ou non à but lucratif.

La Drees indique par ailleurs que 586.400 lits étaient proposés en établissements pour personnes âgées dépendantes, contre 35.000 en établissements pour personnes âgées non dépendantes. Le nombre de places en Ehpa a diminué de 6,2% par an en moyenne depuis 2008 alors que celui des places en Ehpad a augmenté de 2,7% par an en moyenne depuis 2008.

« Ce changement radical dans la structure s’explique en premier lieu par des transferts entre Ehpa et Ehpad et des conversions d’USLD en Ehpad, ainsi que par un facteur démographique » (accroissement au sein de la population hébergée en institutions de la proportion de personnes âgées très dépendantes), souligne la Drees.

La dépense totale liée aux Ssiad progresse de 2,7% en 2017, contre +0,9 % en 2016, pour s’établir à environ 1,6 milliard d’euros.

Accélération de la croissance des dépenses pour adultes handicapés

La Drees détaille également les dépenses de soins de longue durée pour les personnes handicapées dans les établissements et services médico-sociaux. En 2017, elles se sont élevées à 11,3 milliards d’euros (OGD médico-social pour les personnes handicapées), dont 11 milliards au titre de l’Ondam médico-social et 0,3 milliard de la CNSA.

La Drees met en avant le fait que les dépenses consacrées aux adultes handicapés (2,9 milliards d’euros) croissent désormais plus vite que celles pour les enfants (+3,8% par an en moyenne entre 2010 et 2016, contre +1,9%).

« Cette progression est à rapprocher de l’amorce d’un rattrapage de l’offre des ESMS en faveur des adultes, d’une plus grande continuité de prise en charge des jeunes adultes handicapés, ou encore des enjeux liés au vieillissement des personnes handicapées », explique-t-elle.

Caroline Besnier

 



 

La Puma, ou la révolution silencieuse de l’Assurance maladie

17 septembre 2018 |

Depuis 2016, la famille déjà nombreuse des acronymes en vigueur dans le système de santé compte un nouveau membre : la Puma, pour « Protection universelle maladie ». Quatre lettres qui ont remplacé l’ancienne Couverture maladie universelle (CMU) de base. Derrière la valse des appellations, c’est une transformation en profondeur qui se joue au sein de l’Assurance maladie.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la Puma ne désigne pas la femelle du puma, mais la protection universelle maladie, qui a remplacé la CMU de base au 1erjanvier 2016. Un changement qui s’est opéré à l’ère de Marisol Touraine et qui a peu fait parler de lui. Derrière l’apparente discrétion de cette réforme se cache pourtant une petite révolution qui transforme la nature même de notre Assurance maladie, et dont les effets vont progressivement se faire sentir.

« Avant, l’affiliation à l’Assurance maladie était structurée autour de l’activité professionnelle, alors qu’avec la Puma, le critère principal est d’avoir une résidence stable sur le territoire national », résume Stéphane Gobel, responsable de la ligne « Santé Info Droits » chez France Assos Santé, la fédération qui regroupe les associations de patients. En clair, au lieu d’être couvert par la Sécu parce qu’on travaille, qu’on a travaillé ou qu’on est un ayant-droit de quelqu’un qui travaille, on est couvert tout simplement parce qu’on habite en France.

Et si ce changement peut paraître assez abstrait, il a en réalité des implications très importantes, à commencer par la fin du statut d’ayant-droit. Les enfants pourront bien sûr continuer à être pris en charge sur l’Assurance maladie de leurs parents, mais pour les conjoints, c’est terminé : ils adhèrent à la Sécurité sociale à titre individuel, et ont jusqu’au 31 décembre 2019 pour s’affilier à la Puma. Voilà qui permet d’éviter les situations de rupture de droit qui peuvent arriver lors de divorces, par exemple.

Des effets concrets

Autre changement de taille, déjà pleinement entré en vigueur celui-là : contrairement à ce qui se passait avec la défunte CMU, l’ouverture des droits à la Puma se fait sans limite de durée. Voilà qui met fin aux interminables démarches que les bénéficiaires de la CMU devaient, en fonction de leur statut, accomplir tous les ans ou tous les trois ans pour renouveler leur couverture sociale. Résultat : une simplification administrative qui se ressent jusque dans les locaux des Caisses primaires d’assurance maladie (CPAM).

La mise en œuvre de la Puma aurait en effet d’après un rapport publié l’année dernière par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas)« grandement contribué » à désengorger les caisses, qui ont connu une diminution significative des contacts téléphoniques et physiques entre 2015 et 2016 (respectivement -10 % et -17 %). Le même document affirme que selon plusieurs opérateurs sociaux, « les ruptures de droit à la couverture maladie de base [sont] devenues exceptionnelles » depuis la mise en place de la Puma.

Chez France Assos Santé, où l’on a l’habitude d’aider les personnes en difficulté avec l’administration sanitaire, on a également senti la différence. « Il y a moins de changements de caisses, moins de risques de ruptures de droit et nous avons beaucoup moins d’appels sur ces questions », témoigne Stéphane Gobel. Seul bémol : la situation des personnes étrangères, que la Puma n’a, d’après l’Igas comme d’après France Assos Santé, pas permis d’améliorer significativement.

Un changement d’ère

Mais les changements introduits par la Puma ne sauraient être résumés à une simple rationalisation administrative. « La Puma fait partie de ces mesures qui, prises individuellement, peuvent paraître mineures, mais qui prises dans leur ensemble changent tout de même le sens du modèle de la Sécurité sociale créée en 1945 », estime Claude Le Pen, professeur d’économie de la santé à l’université Paris-Dauphine. Pour rappel, la Sécu de 1945 était gérée à parité entre les syndicats et le patronat, et l’Etat s’immisçait très peu dans ses affaires internes. Financée par des cotisations prélevées sur les salaires, elle ne s’est élargie aux travailleurs indépendants que progressivement, et aux inactifs que récemment.

Mais depuis les années 1990, un double mouvement s’est amorcé : la reprise en main de la Sécurité sociale par l’Etat d’une part, et sa déconnexion de la sphère du travail d’autre part. Les symboles en sont respectivement le plan Juppé qui a créé l’Objectif national de dépenses de l’assurance maladie (Ondam) par lequel les députés limitent l’augmentation des dépenses de santé, et la loi Aubry qui a créé la CMU. « C’est ce qui me fait dire que nous ne sommes plus dans la Sécu de 1945, mais dans celle des années 1990 », affirme Claude Le Pen. Reste à savoir si la création de la Puma est le parachèvement de cette évolution, ou si elle n’en constitue qu’une nouvelle étape.

Adrien Renaud

 



 

 

Val-d’Oise: l’hôpital Simone-Veil ouvre une unité cognitivo-comportementale à Eaubonne

Brève17/09/2018

L’hôpital Simone-Veil devait ouvrir ce 17 septembre sur son site d’Eaubonne une unité cognitivo-comportementale (UCC) destinée aux patients souffrant de la maladie d’Alzheimer, a annoncé l’établissement dans un communiqué.

Dotée d’une équipe pluridisciplinaire d’une vingtaine d’ETP -médecin spécialisé, infirmiers, assistants de soins en gérontologie, psychologue, psychomotricien, ergothérapeute et assistante sociale-, cette nouvelle unité propose une prise en charge temporaire à l’hôpital « au sein d’un environnement sécurisé et adapté ».

L’UCC, qui pourra accueillir 11 patients, propose un programme personnalisé de réhabilitation cognitive et comportementale de courte durée sur la base d’un bilan médico-psycho-social. Ce programme d’activités « structuré et fondé sur des thérapies non médicamenteuses permet de stabiliser, voire de diminuer, les troubles du comportement, de mettre en place des stratégies compensatoires du déficit cérébral, d’assurer les soins préventifs d’une situation de crise, de maintenir voire d’améliorer l’adaptation aux actes de la vie quotidienne et de diminuer le recours aux psychotropes sédatifs », explique l’établissement.

« Au terme d’un séjour n’excédant pas 5 semaines, le patient est à nouveau évalué, puis orienté vers son domicile, un Ehpad ou une autre unité de soins », précise-t-il. Les aidants du patient à son domicile « sont régulièrement rencontrés au cours du séjour afin de prendre connaissance de l’environnement matériel et social du patient, de leur proposer un soutien psychologique, et d’anticiper avec eux les modalités de sortie de l’unité ».

La Rédaction

 



 

La FHF crée une mission sur l’intelligence artificielle en santé

Article17/09/2018

La FHF va se doter d’une mission sur l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine de la santé et du médico-social afin de « susciter » et de « soutenir » les projets ayant recours à ces technologies et d’anticiper leurs impacts sur le secteur.

Les progrès des technologies d’IA amènent le secteur sanitaire et médico-social à « repenser les métiers et les parcours » et à réfléchir à « une nouvelle utilisation des données pour améliorer la qualité des soins au bénéfice des patients », a souligné Cyrille Politi, conseiller transition numérique de la Fédération hospitalière de France (FHF) lors des universités d’été de la fédération organisées le 5 septembre à Paris.

La mission de la FHF devra permettre une approche multidisciplinaire des impacts de l’IA sur le système de santé, afin d’accompagner des projets ayant recours à ces technologies dans les secteurs sanitaire et médico-social « tout en garantissant la protection des données personnelles des patients et en veillant à l’égalité d’accès aux innovations technologiques », a-t-il poursuivi.

Il s’agira notamment de « capitaliser les expériences » d’utilisation de l’IA en santé en partageant leurs résultats et en identifiant les difficultés rencontrées afin de « pouvoir vulgariser ces questions d’IA auprès de l’ensemble des établissements qui souhaiteraient se lancer ».

La mission accompagnera l’émergence de projets, notamment en aidant les établissements dans la contractualisation de partenariats avec des industriels et des acteurs du monde de la recherche, et en apportant une expertise et un appui opérationnel aux structures engagées dans des expérimentations.

Elle sera composée d’un membre de chaque commission permanente de la FHF, d’un représentant du Fonds recherche et innovation de la fédération, et d’un représentant de chaque projet ayant recours à l’IA déjà identifié dans des établissements.

Parmi ces projets, Cyrille Politi a cité l’utilisation d’algorithmes pour prédire le parcours du patient lors de son arrivée aux urgences au sein du groupe hospitalier Bretagne Sud, l’IA au service de l’imagerie dans le domaine de la psychiatrie et de la santé mentale au centre hospitalier spécialisé (CHS) de Thuir (Pyrénées-Orientales) et l’apport des technologies d’IA dans la prise en charge de soins de suite et de réadaptation (SSR) au CHU de Dijon.

Les travaux de la mission seront également ouverts au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, aux opérateurs de l’Etat impliqués dans la transformation des secteurs sanitaire et médico-social, au comité mixte des systèmes d’information de la FHF qui travaille avec les industriels du numérique en santé, ainsi qu’au comité des délégués à la protection des données personnelles de la fédération.

Le lancement de la mission est « imminent » et la FHF présentera un point d’avancement de ses travaux lors du salon HIT (Health-IT), à l’occasion de la prochaine édition de la Paris Healthcare Week en mai 2019, a indiqué Cyrille Politi.

Enquête sur l’impact de l’IA sur les métiers

En parallèle à la mise en place de cette mission, la FHF et son Fonds recherche et innovation vont ouvrir dans les prochaines semaines une enquête en ligne sur l’impact de l’IA sur les métiers de la santé.

L’objectif est de « détecter les usages les plus pertinents de cette technologie dans les différents métiers de la santé, afin de créer des formations, identifier de nouveaux métiers, et évaluer le degré de complétion ou de substitution entre l’humain et l’IA », a expliqué Enguerrand Habran, directeur du Fonds recherche et innovation de la fédération.

L’étude, qui sera diffusée dans les établissements sanitaires et médico-sociaux, va porter sur l’ensemble des tâches composant quelque 250 métiers de la santé identifiés par la FHF, qu’il s’agisse de professions médicales ou non.

Pour chacun des métiers, les répondants seront invités à choisir une tâche spécifique et à répondre à une vingtaine de questions permettant de caractériser cette tâche et d’évaluer dans quelle mesure elle peut être assurée par une intelligence artificielle.

Dans le métier de pharmacien hospitalier par exemple, l’une des tâches qui fait l’objet d’un questionnaire en ligne est l’analyse pharmaceutique des prescriptions.

L’étude posera également la question de « l’acceptabilité » du remplacement de l’homme par la machine pour chacune des tâches identifiées.

Elle se déroulera sur deux ans pour couvrir l’ensemble des tâches et des métiers de la santé, mais proposera régulièrement des résultats au fur et à mesure que les réponses recueillies permettront d’aboutir à une conclusion sur l’impact de l’IA.

Raphael Moreaux

Journaliste

 



 

Le besoin d’appui par l’Anap « reste important » dans le médico-social

Article14/09/2018

Sophie Martinon, directrice générale de l’Anap – Crédit: Anap

Le secteur médico-social a besoin d’un investissement « constant » de la part de l’Anap, a expliqué sa directrice générale, Sophie Martinon, dans un entretien à APMnews. Pour épauler ses utilisateurs plus efficacement, l’agence veut mieux identifier leurs besoins et améliorer le recours à son offre.

Quoi de neuf à l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap), dont les gestionnaires d’Ehpad sont normalement des familiers?

Tour d’horizon des améliorations prévues par l’agence pour encore mieux les accompagner, avec sa directrice générale. Sophie Martinon a été interrogée par APMnews (site du groupe d’information APM International, dont fait partie Gerontonews), le 4 septembre, en amont des Universités d’été de la performance en santé que l’Anap organisait à Bordeaux les 7 et 8 septembre.

APMnews: Quels sont les grands chantiers de la rentrée pour l’Anap?

Sophie Martinon: Nous avons signé le 18 mai un nouveau contrat d’objectifs et de performance [COP] avec l’Etat qui confirme nos orientations stratégiques pour les trois prochaines années et représente une nouvelle étape dans l’action de l’agence. Le contrat met l’accent sur deux orientations extrêmement importantes et structurantes.

La première vise à ce que l’agence soit la plus proche possible de ses utilisateurs. Cela signifie qu’il faut être en capacité d’identifier les besoins de chacun de nos utilisateurs, c’est-à-dire à la fois les équipes de prise en charge (soins par exemple), celles des fonctions de soutien et support ainsi que les personnes engagées dans la structuration et la coordination des parcours en santé et dans le dialogue de gestion.

Nous souhaitons être en capacité d’identifier le contexte dans lequel ces quatre grandes catégories d’utilisateurs s’inscrivent, les ressources dont ils disposent et leurs compétences pour leur proposer une offre plus adaptée par rapport à aujourd’hui et actualisée plus régulièrement. L’idée est d’aller vers une plus grande modularité avec, par exemple, un socle et des modules plus avancés en fonction des besoins des professionnels, différents dans un petit hôpital et dans un CHU.

Pour mener les projets d’informatisation dans le secteur médico-social,  nous avons déjà proposé une offre adaptée aux professionnels qui ont en général des ressources moins importantes et moins de compétences disponibles sur les sujets numériques. Depuis la mise en ligne en avril, nous avons enregistré entre 4.000 et 5.000 documents vus sur ce thème.

Il faudra ensuite évaluer la satisfaction et l’utilisation des offres proposées.

Le deuxième objectif du COP vise à amplifier la connaissance et le recours à notre offre en passant par les professionnels eux-mêmes. Au sein du secteur santé et médico-social, il y a plus de 2 millions de professionnels, c’est impossible de s’adresser à eux directement. La vraie question pour nous porte donc sur comment les accompagner dans leur projet de changement d’organisation et pour leur mise en mouvement, comment les convaincre de modifier leur organisation pour améliorer le service rendu au patient ou à l’usager et comment leur apporter concrètement un appui.

A cet effet, l’Anap veut développer ce qui s’appuie sur des relations entre pairs et sur une diffusion par capillarité, comme cela se fait déjà. Le pouvoir de conviction d’un professionnel qui parle à un autre professionnel est évidemment bien supérieur à nos actions de communication. L’enjeu est d’animer des réseaux de professionnels et de s’appuyer encore plus sur des collectifs existants (associations de professionnels, organismes de formation initiale et de formation continue, sociétés savantes, conférences hospitalières,…).

L’Anap a signé l’année dernière un partenariat avec l’Association française des directeurs des soins [AFDS]. Pour moi, il y a une place pour l’animation et la structuration de réseaux de pairs à l’initiative des professionnels ou de l’agence, comme cela s’est fait dans le champ numérique, tout d’abord dans le champ sanitaire puis dans le médico-social et à la ville. Ce que nous avons fait sur le numérique, nous sommes en train de le faire sur le développement durable. D’autres thématiques sont en réflexion. Cette animation, qui favorise les relations horizontales, passe par les outils numériques et les rencontres entre professionnels.

APMnews: Ces orientations ont-elles conduit à des changements d’organisation au niveau de l’agence?

Sophie Martinon: Nous avons changé notre organisation pour être en mesure d’atteindre ces objectifs stratégiques. Nous avons créé une fonction de responsable utilisateurs. Quatre responsables utilisateurs ont été nommés fin mai pour recueillir les besoins et mettre en cohérence l’offre proposée. S’agissant de l’animation de réseaux, un département a été structuré également fin mai.

APMnews: Quelles sont les prochaines échéances pour l’Anap?

Sophie Martinon: Les « cercles » [de diffusion des bonnes pratiques] organisés par l’Anap se poursuivent avec un évènement le 4 octobre sur les plateaux médico-techniques et un autre le 20 novembre sur l’organisation des séjours hospitaliers. L’agence organise également le 25 septembre la journée nationale du numérique en santé qui accueillera plus de 400 professionnels des champs sanitaire, médico-social et de la ville.

Sur la synchronisation des temps médicaux et non médicaux, une expérimentation est en cours dans quatre agences régionales de santé (ARS): Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Paca), Hauts-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle Aquitaine.

Conformément aux objectifs des politiques menées par le ministère de la santé, il y a également des attentes très fortes sur les parcours en santé, notamment sur la convergence des structures de coordination et l’usage des outils numériques. L’agence s’inscrit vraiment dans cette dynamique-là et va appuyer les professionnels dans la diffusion des meilleures pratiques et la mutualisation des expériences réussies. Elle peut à la fois faciliter la création de nouvelles structures et la convergence des structures actuelles.

Sur le champ médico-social, il faut aussi que l’Anap soit constante dans son investissement et poursuive son intervention car il y a un besoin d’accompagnement et d’appui qui reste important. Sur le tableau de bord de la performance dans le médico-social, il y a eu plus de 1.200 téléchargements des premiers enseignements pendant l’été.

APMnews: Qu’est-ce que l’Anap peut apporter aux directeurs d’hôpital engagés dans la mise en place des groupements hospitaliers de territoire (GHT)?

Sophie Martinon: Ces sujets doivent se travailler dans la durée. Que ce soit la mise en place des coopérations ou la construction d’une équipe médicale de territoire, tout est affaire de confiance entre les acteurs, ce qui prend beaucoup de temps. On peut faciliter et outiller les démarches, sur les sujets de prise en charge (mise en oeuvre ou déclinaison des projets médico-soignants partagés) ou de soutien et de support. Un outil sur les fonctions de restauration est en cours de test et l’Anap accompagne les équipes qui l’utilisent.

APMnews: Pourquoi avoir choisi le thème de l’évolution des missions et des compétences pour vos universités d’été?

Sophie Martinon: Le thème a été choisi pour rassembler le plus largement possible. Il s’est imposé assez naturellement car il est en continuité avec le thème de l’an dernier, l’innovation organisationnelle.

On se demande si l’innovation organisationnelle débouche sur de nouveaux métiers et inversement, on se demande s’il faut adapter l’organisation aux nouveaux métiers. Il y avait aussi la volonté de penser et de débattre de l’évolution des métiers alors que le système de santé lui-même est toujours en mouvement, ce qui fait bouger les points de repère et les appuis. Les grandes tendances (le vieillissement, l’augmentation des pathologies chroniques, le progrès médical, le numérique,…) ont un impact sur le cadre -le système de santé-, ce qui nous oblige à repenser les métiers.

Ce thème nous permet aussi de mettre l’accent sur les professionnels, qui sont la grande richesse du système de santé, et de montrer la motivation pour améliorer les pratiques et le service rendu aux usagers. Les deux dernières années, l’Anap a reçu entre 80 et 100 candidatures pour une présentation lors d’un des 8 ateliers de retour d’expérience alors qu’auparavant, il y en avait une trentaine.

L’Anap attendait environ 600 personnes aux Universités d’été, comme en 2017, a précisé Sophie Martinon.

Caroline Besnier

 

 



Veille juridique | 14/09/2018

Textes officiels

 



13 septembre 2018

LA FFIDEC ENTAME UN TOUR DE FRANCE

La FFIDEC a organisé le 14 juin dernier à Nantes sa première journée régionale. Une occasion de renforcer son ancrage territorial et de favoriser les échanges sur des thématiques communes.

La journée régionale de la FFIDEC organisée le 14 juin dernier à Nantes était une vraie première. Son objectif ? Mobiliser les infirmières coordinatrices qui évoluent bien souvent de manière isolée et qui n’ont que trop rarement l’occasion de se rencontrer. « Nous avons fait le constat que celles-ci avaient beaucoup de mal à se déplacer pour des manifestations nationales, par manque de temps et de moyens, alors même que le besoin d’échanger autour de leurs vécus étaient très fort. Cette journée nous a prouvé que cette formule pouvait être intéressante puisqu’elle a rassemblée plus de 100 professionnelles, des Idec certes, mais également des cadres de santé et des infirmières hospitalières. Nombre d’entre-elles venaient de la région Pays-de-Loire mais certaines sont venues de plus loin », raconte Blandine Delfosse, présidente de la FFIDEC.

La journée a alterné des séances plénières et des temps plus pratiques, organisés sous la forme d’ateliers, de manière à susciter les échanges et les retours d’expériences. L’idée également était de travailler sur des thématiques précises, « de manière à creuser certains sujets en profondeur ». La question des soins palliatifs par exemple est un sujet pour lequel les Idec sont directement visées, notamment depuis l’adoption de la loi sur la fin de vie. Même si les Ehpad ne sont généralement pas dotés de plateau technique permettant de gérer ce type de problématiques, les équipes peuvent mener de nombreuses actions, « mais les Idec ne sont pas toujours au fait des dernières réformes et peuvent être désarmées ».

L’idée de cette journée était bien de les informer sur ce qu’elles peuvent ou ne peuvent pas faire au regard des textes, mais également leur permettre de rencontrer des acteurs du territoire qui travaillent sur ce sujet. Etaient ainsi présentes les services de l’HAD, des représentants des réseaux territoriaux de soins palliatifs et plusieurs associations intervenant dans ce domaine. C’est le cas de Compas, un dispositif territorial d’appui aux soins palliatifs intervenant sur Nantes et son agglomération. « Notre mission est de soutenir et former les professionnels des 161 établissements adhérents et au 156 libéraux sur les questions de la prise en charge et l’accompagnement en soins palliatifs », explique Solenn Leparoux, infirmière coordonnatrice au sein de l’association. Selon elle, les infirmières présentes lors de cette journée sont bien souvent esseulées et ne connaissent que très peu leurs différentes obligations, notamment sur les directives anticipées et la personne de confiance. « Il s’agissait donc de leur montrer qu’elles ne sont pas seules et qu’il existe de nombreuses formules ­permettant d’éviter l’hospitalisation des résidents en fin de vie. » Un message qui semble être passé. « Depuis le 14 juin, nous avons été contactés par plusieurs établissements pour des conseils et des formations, ce qui prouve une véritable prise de conscience de l’utilité de collaborer. »

Une autre manière de faire avancer la cause des Idec

Une autre thématique chères aux Idec largement abordée de cette journée est celle du management, qu’il s’agisse à la fois de recruter les aides-soignantes, mais aussi de faire en sorte qu’elles travaillent ensemble, en dépit du turn-over important dans les Ehpad et des absences. La journée s’est achevée par une remise de prix sur les initiatives les plus intéressantes pour tenter de répondre à ces problématiques. « Certes, il est important de partager des difficultés mais aussi les expériences qui marchent. Il y en a beaucoup dans les territoires qui méritent également d’être valorisées, avec la possibilité pour certaines ­professionnelles de pouvoir s’en inspirer », rappelle Blandine Delfosse. La prochaine étape du tour de France de la FFIDEC aura lieu à Lyon le 19 octobre prochain, une occasion une nouvelle fois d’échanger autour de thématiques communes. « Depuis sa création, la FFIDEC s’est beaucoup mobilisée sur le plan politique pour faire évoluer le statut des Idec sur le plan législatif avec un succès relativement mitigé. Aujourd’hui, nous souhaitons renforcer notre ancrage territorial en mobilisant partout dans les territoires, le national cela viendra ensuite, tout naturellement ». Une façon comme une autre de faire avancer la cause des Idec.

Le périmètre d’intervention des IPA dévoilé
Les infirmiers en pratique avancée (IPA) auront-ils vocation à intervenir en Ehpad ? La question demeure à la suite de la publication le 20 juillet dernier de plusieurs textes venant préciser les domaines d’intervention de cette nouvelle profession. Une chose est certaine cependant, les IPA seront amenés à régulièrement collaborer avec les établissements. Selon les textes publiés, l’IPA dispose de compétences élargies par rapport à celle de l’infirmier diplômé d’Etat. Dans ce cadre, un nouveau diplôme d’Etat reconnu au grade de master sera délivré à l’issue d’une formation universitaire de deux ans (bac+5 au lieu de bac+3 pour le DE d’infirmier). L’IPA devra participer à la prise en charge globale des patients dont le suivi est confié par un médecin. Il apporte son expertise et participe à l’organisation du parcours entre les soins de premiers recours, les médecins spécialistes et les établissements et services de santé ou médico-sociaux. Ses principaux domaines d’intervention sont, à l’heure actuelle, les pathologies chroniques stabilisés, l’oncologie et les maladies rénales. Même si l’IPA ne sera pas amené à intégrer les Ehpad à court terme, il ne devrait donc pas tarder à devenir l’un de ses interlocuteurs privilégiés en cas notamment d’absence du médecin traitant.

La FFIDEC auditionnée par la DGCS

Comme bon nombre d’autres fédérations, la FFIDEC a été auditionnée le 8 juin dernier par la DGCS dans le cadre du groupe de travail sur l’avenir de la profession de médecin coordonnateur. « Cette audition nous a permis de revenir sur les contraintes de notre profession mais aussi sur ses carences, notamment le défaut de statut et de véritable référentiel métier », raconte Blandine Delfosse. La FFIDEC en a profité pour présenter ses différents travaux sur ce sujet, notamment le projet de décret élaborée par la Fédération détaillant les différentes missions des Idec en structure gériatrique. Cinq missions principales ont été ainsi présentées. La première consiste à organiser et coordonner la production de soins au sein de la structure gériatrique dans un souci de continuité et de qualité, la deuxième est de contribuer au déploiement de la politique institutionnelle, au regard du cadre réglementaire défini par les autorités de tarification, la troisième est de gérer les ressources humaines et de manager les équipes, la quatrième, de garantir la production de bonnes pratiques gériatriques. La dernière et cinquième mission, consiste à promouvoir et coordonner les partenariats de la filière gérontologique et gériatrique dans une dynamique de mutualisation des moyens et de collégialité. Bref, tout un programme que les Idec auront largement l’occasion de détailler et de discuter avec les principales fédérations de médecins coordonnateurs.

Lors de cette audition, la DGCS a d’ailleurs reconnu que le statut des Idec mérite évidemment d’être précisé, au regard notamment des missions des médecins. Cette démarche est d’autant plus nécessaire pour assurer la qualité en établissement, que les Idec, contrairement aux médecins coordonnateurs, sont présentes de manière continue en établissement et assument un certain nombre des missions de ces derniers sans pour autant que cela soit reconnu. De la même manière, l’arrivée probable des infirmiers en pratique avancée (IPA) au sein des Ehpad (voir encadré) devrait largement questionner la place des Idec dans les établissements. « Ceux-ci seront bien souvent plus diplômés que ces dernières et devraient selon la loi devenir des interlocuteurs privilégiés des médecins coordonnateurs. Il convient donc de réfléchir au positionnement des Idec dans ce nouveau contexte ». La DGCS a annoncé la mise en place dans les mois qui viennent, d’un nouveau groupe de travail pour réfléchir aux évolutions nécessaires pour la profession d’Idec. La suite donc au prochain épisode.



13 septembre 2018

REDONNER DU SENS AU SOIN POUR ÉVITER LES BURNOUT

Selon Martine Soudani, médecin coordonnateur au sein du Centre d’action sociale de la ville de Paris, une des pistes pour favoriser le bien être des professionnels en établissement est bien de redonner du sens à l’acte de soin. Un objectif qui suppose de porter un autre regard sur la perte d’autonomie.

Favoriser la qualité de vie au travail des soignants : l’objectif est ambitieux mais encore difficilement accessible pour bon nombre de professionnels, notamment chez les médecins coordonnateurs. Si les moyens, la gouvernance ou encore l’organisation sont régulièrement évoqués pour tenter de favoriser cette fameuse QVT, certains considèrent que celle-ci passe par un autre regard porté sur les résidents dépendants et sur les polypathologies dont ils souffrent bien souvent. C’est le cas de Martine Soudani, médecin coordonnateur au Centre d’action sociale de la Ville de Paris. Selon elle, devant la multiplication des soins et les besoins croissants des résidents, il n’est évidemment pas question de diminuer le nombre des actes de soins mais de les optimiser. Plutôt que de multiplier les actes de façon mécanique, il semble nécessaire de proposer en amont une approche pluridisciplinaire vis-à-vis du résident. Dans ce cadre, la mise en place d’un projet de soin établi en collégialité, notamment avec le résident et sa famille, paraît essentielle. Cette étape a notamment pour objectif de mieux comprendre les attentes de la personne, mais également les raisons de son refus d’être accompagnée. Il s’agit aussi plus globalement de penser une nouvelle approche de la dépendance bien trop souvent associée à la perte d’autonomie.

En effet, si le professionnel tente, au travers de ses échanges avec ses collègues et la famille, d’avoir une vision positive de la dépendance, en s’appuyant sur les nombreuses capacités restantes de la personne, sur son histoire et son parcours, de la vision qu’il a de sa propre dépendance, alors il apprendra à relativiser certains comportements, à adapter sa réponse au regard d’une histoire personnelle et donnera un nouveau sens à son métier, ce qui contribuera à renforcer son sentiment d’utilité et donc sa qualité de vie au travail.

Un savoir-faire pas toujours suffisant

Le temps passé à la préparation d’un projet de soin solide comportant une procédure d’évaluation débutant dès la visite d’admission puis complétée par une évaluation gériatrique standardisée à partir de réunions collégiales et pluridisciplinaire, contribuera largement au bien-être de soignants « Au sein de ces rencontres, un temps de parole suffisant pour chacune des disciplines doit être assuré. Dans cette optique, il n’est pas inutile de proposer des maquettes de réunion de façon à atteindre cet objectif », explique Martine Soudani.

La vision actuelle de la perte d’autonomie, le tout protocole préconisé bien souvent par les tutelles, la volonté de masquer les incapacités des résidents, est sans doute à la source du mal-être des soignants et de nombreux burnout. Bien évidemment, ce changement de logique passe par une culture différente qui doit irriguer le projet de l’établissement et qui suppose bien souvent des formations. La direction de l’établissement doit en effet prendre conscience que prendre soin des personnes très régressées est possible et partager cette autre culture du soin. « Il appartient au médecin coordonnateur d’impulser cette dynamique en faisant en sorte que les personnels présents au sein de l’établissement se rencontrent et se parlent. Pour convaincre le directeur qui ne voit pas toujours l’utilité de ces échanges alors qu’il doit organiser la continuité des soins avec un faible quota du personnel soignant, le médecin coordonnateur peut proposer de développer de nouvelles méthodes comme l’art-thérapie ou les thérapies non-médicamenteuses. Au-delà des bienfaits de ces dernières, ces nouvelles méthodes, qui peuvent être aussi plus séduisantes pour le directeur que le soin pur, auront le mérite de susciter une démarche pluridisciplinaire. »

De la même manière, les soignants doivent être convaincus que leur savoir-faire n’est pas toujours suffisant et qu’ils doivent accéder à un savoir-être en constante évolution, qui ne peut être abordé qu’en interdisciplinarité en tenant compte des compétences de chacun. Il s’agit donc d’un énorme défi à partager, dont le médecin coordonnateur peut-être le promoteur et qui passe sans doute par une autre vision de la société sur la perte d’autonomie des personnes âgées.

 



Evolutions du système de santé: Agnès Buzyn appelle à repenser les ressources humaines

Article13/09/2018

Agnès Buzyn aux Universités d’été de l’Anap à Bordeaux (Photo Aurélie Franc)

L’innovation en santé, le numérique et le décloisonnement entre sanitaire et médico-social nécessitent une « réflexion indispensable » sur les ressources humaines, sur les organisations du travail et sur la formation des professionnels de santé, estime la ministre des solidarités et de la santé.

A quelques jours de la présentation de la réforme du système de santé par le président de la République, Emmanuel Macron, le 18 septembre à l’Elysée, Agnès Buzyn s’est exprimée lors des universités d’été organisées les 7 et 8 septembre à Bordeaux par l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap).

Après avoir rappelé les axes de la stratégie nationale de santé lancée fin 2017, elle a souligné la nécessité de « mettre en oeuvre un changement profond dans l’organisation des soins » pour que les professionnels de santé puissent « évoluer dans un environnement propice et retrouver du sens et du plaisir au travail ».

La ministre a évoqué l’importance de travailler sur le « changement de la nature même du travail », l’évolution des métiers, les nouveaux modes de fonctionnement en équipes, les nouvelles aspirations mais aussi les conditions de fidélisation et d’accompagnement des professionnels de santé et l’évolution des pratiques managériales.

La ministre a mis en avant les évolutions des métiers et des pratiques rendues nécessaires par l’innovation en santé, le numérique et le décloisonnement entre l’hôpital, la ville et le médico-social qui replace le patient au centre des réflexions.

Pour elle, de nouvelles fonctions et de nouvelles modalités de collaboration entre professionnels découlent de nouvelles modalités de coordination des parcours patients à l’échelle des territoires, du renforcement de la prévention, de l’émergence des pratiques avancées et de la délégation de tâches et du déploiement de la télémédecine.

« Comprendre ces évolutions amène à reconsidérer et réexaminer les métiers et les exercices pour en conserver la finalité mais pas nécessairement les modalités », a-t-elle observé.

« Quelle reconnaissance donner à cet exercice territorial, comment organiser et accompagner ces nouveaux modes d’exercice coordonnés, comment faire vivre une équipe de professionnels au sein d’un territoire? », s’est interrogée Agnès Buzyn. « Autant de questions qui résonnent avec des thèmes autour du management et les opportunités offertes par le numérique. »

La ministre a aussi insisté sur l’évolution des relations entre patients et professionnels, en rappelant la nécessité de faire du patient un « partenaire informé » accompagné et suivi par les professionnels hors des murs des hôpitaux.

« Saisir les évolutions du système doit permettre de réinterroger et renouveler les relations entre l’ensemble des acteurs qui interagissent au quotidien », a-t-elle conclu.

Caroline Besnier

 



Future loi dépendance: les complémentaires dans les starting blocks

Article13/09/2018

Laure Chatel (CNP Assurances), Frédérique Garlaud (CNAVTS), Christian Schmidt de la Brelie (Klesia) et Isabelle Hebert (MGEN) au colloque de Matière(s) grise(s) – Crédit: Patrick Dagonnot/EHPA

Des représentants de la Mutualité française, de l’Organisme commun des institutions de rente et de prévoyance (Ocirp) et de CNP Assurances ont posé leurs premiers jalons pour la future loi de prise en charge de la dépendance, et notamment ceux d’une « assurance dépendance » venant compléter un financement par la solidarité nationale.

La future loi de prise en charge de la dépendance, annoncée pour 2019 par Emmanuel Macron, attise la réflexion et affûte les positions des acteurs du secteur.

Le président de la République a notamment cité, en juillet devant les parlementaires, la dépendance comme étant « un nouveau risque social », dont il fallait « construire, pleinement, le financement et l’organisation ».

Outre des opérateurs du grand âge, des acteurs du monde mutualiste, des institutions de prévoyance et de l’assurance étaient invités le 10 septembre à livrer leurs desideratas sur le sujet lors d’un colloque organisé par le think tank Matière(s) grise(s), initié par le cabinet EHPA Conseil & Formation.

L’occasion d’avancer leurs premiers pions, dans l’attente du début des discussions officielles.

L’Ocirp, union d’institutions de prévoyance spécialisées dans la protection de la famille, et la Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF), par les voix de leurs directeurs généraux respectifs, Pierre Mayeur et Albert Lautman, ont rappelé leurs travaux communs actuels sur le sujet, via la création d’un « lab autonomie », qui réunit donc des institutions de prévoyance et des acteurs mutualistes « pour réfléchir au financement de la perte d’autonomie », a précisé Pierre Mayeur.

« C’est une démarche assez humble d’essayer de trouver des solutions ensemble et de considérer qu’on n’a pas forcément la vérité révélée ou le contrat du siècle », a-t-il assuré. « Il n’y a pas de solution unique, mais des solutions communes qu’il faut essayer de promouvoir et être dans une démarche de préconisations aux pouvoirs publics, qui nous semblent en attente de réflexions sur le sujet », a-t-il ajouté.

Des besoins à hauteur de « 9 à 10 milliards d’euros est un horizon de financement qui a été cadré par le président de la République. Dans ces 9 à 10 milliards d’euros, il y aura probablement un peu d’argent public supplémentaire […] mais il y a une partie qui repose sur une assurance complémentaire », a-t-il estimé.

L’Ehpad hors les murs « pas nécessairement moins cher »

Le financement de la dépendance, c’est surtout la question du financement de l’hébergement en Ehpad, a-t-il souligné. Mais aussi à domicile « si demain, on veut aller vers l’Ehpad hors les murs », a ajouté Albert Lautman, « et cela ne coûte pas nécessairement moins cher, contrairement aux idées reçues ».

« Dans cette démarche commune, nous avons essayé de définir les convergences des acteurs du non-lucratif », a poursuivi le directeur général de la Mutualité française.

« On peut penser que la dépendance a un lien avec la santé et vouloir raccrocher l’assurance dépendance à des garanties santé; les caisses de retraite peuvent penser que le risque a un lien avec la retraite; les assureurs habitation peuvent penser qu’il y a un lien avec l’habitation et se dire qu’ils ont quelque chose à proposer… Finalement, il y a beaucoup de modèles différents, qu’on a tendance à opposer les uns aux autres », a-t-il avancé.

« Nous avons essayé de mettre ça de côté et de voir ce qui nous rapprochait », a-t-il expliqué, citant, comme « premier élément commun aux acteurs non lucratifs », que « ce qui doit être au coeur du financement de la perte d’autonomie, c’est d’abord la solidarité nationale ».

Est donc prôné « un système à deux étages, avec la solidarité nationale au coeur du dispositif. Comme ça ne pourra pas tout financer, on est contraint de se résoudre à l’idée de développer des financements complémentaires et l’assurance dépendance paraît incontournable », a-t-il développé.

« Une des premières conditions », dans ce contexte, c’est que « l’outil de mesure de la perte d’autonomie doit être celui des pouvoirs publics », en l’occurrence la grille Aggir, a-t-il ajouté.

« Nous travaillons aussi sur l’évolution de l’offre, l’adaptation des services à proposer aux adhérents en faisant un peu de prospective », a-t-il avancé, lorgnant du côté des « nouvelles technologies », Pierre Mayeur insistant, lui, sur le fait que « la question des aidants doit faire partie du débat ».

« Nous travaillons à essayer de faire, d’ici la fin de l’année, des propositions », a promis Albert Lautman.

S’inspirer du modèle mutualiste

Isabelle Hébert, directrice générale de la Mutuelle générale de l’éducation nationale (MGEN), a rappelé que, depuis de nombreuses années, la MGEN proposait une garantie dépendance « en inclusion dans la totalité des contrats » et des garanties « dépendance additionnelles », ce qui permettait « un modèle plus soutenable ».

« Historiquement, la MGEN proposait une même offre pour les personnels du ministère de l’éducation nationale, dans le cadre d’un référencement par le ministère, avec de la santé, de la prévoyance et de la dépendance en inclusion », a-t-elle expliqué. « Depuis un an, il y a un nouveau référencement [avec les ministères] éducation, jeunesse et sport et culture, et a été décidé… de ne pas inclure la dépendance… La plupart des autres ministères ont, aussi, décidé de ne pas inclure la dépendance dans les garanties. Ce qui est un peu paradoxal » au vu du débat qui s’annonce, a-t-elle souligné.

« Je ne pense pas qu’on puisse aller beaucoup plus loin dans les solutions assurantielles, la panoplie complète existe », a estimé de son côté, Laure Chatel, directrice économie sociale à CNP Assurances.

« Pour autant, c’est un marché qui manque de dynamisme et on a pas mal de défis et de leviers à activer », a-t-elle convenu.

Elle a souligné qu’il fallait « un pilotage nécessaire de ces solutions », puisque « l’essence même de ce risque fait qu’on ne pourra jamais le connaître complètement, on ne pourra jamais anticiper complètement les progrès de la médecine à 20 ans, 30 ans », etc.

Elle a estimé elle aussi qu’un autre « enjeu fort, pour la lisibilité des contrats », était de s’appuyer sur la grille Aggir, ce qui « veut dire aussi pousser pour être membre actif de la gouvernance de cette grille ».

Laure Chatel a également cité comme « sujets majeurs » l' »accessibilité sur le coût et le mode d’adhésion », « la cible [étant] les classes modestes ».

« La solution obligatoire est la seule qui puisse permettre la mutualisation la plus large possible et rendre accessible en termes de coût la couverture et pour ce faire, s’inspirer du modèle mutualiste me semble une évidence », a-t-elle conclu.

Valérie Lespez

Journaliste

 



Formation: un opérateur de compétences unique pour la santé et le médico-social?

Article12/09/2018

Un récent rapport rendu public par le ministère du travail préconise de mettre en place un opérateur de compétences de formation professionnelle regroupant les professions de la santé et du médico-social… tout en appelant à veiller à une réelle prise en compte des « spécificités du secteur médico-social ».

Ce rapport, rendu public le 10 septembre, a été rédigé dans le cadre d’une mission confiée par la ministre du travail, Muriel Pénicaud, à Jean-Marie Marx, haut-commissaire aux compétences et à l’inclusion par l’emploi, et René Bagorski, directeur des relations avec les partenaires sociaux au sein de l’Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa).

Ce document de 49 pages porte sur la transformation des opérateurs paritaires de collecte agréés (OPCA) en opérateurs de compétence (OPCO), dans le cadre de la loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » publiée le 6 septembre au Journal officiel. Cette loi concerne le système d’apprentissage, la formation professionnelle continue et l’assurance chômage, ainsi que la politique d’insertion professionnelle des travailleurs handicapés.

Les OPCO sont chargés « d’assurer le financement des contrats d’apprentissage et de professionnalisation », d' »apporter un appui technique aux branches adhérentes pour la gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences (GPEC), et pour leur mission de certification », ainsi que de fournir un service de proximité aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) et « promouvoir l’alternance », est-il rappelé dans le rapport.

Jean-Marie Marx et René Bagorski préconisent de créer un opérateur « santé » regroupant les professions de la santé et médico-sociales, car ils estiment qu’il existe une « forte cohérence de métier, de filière, d’enjeux de société, autour de la même activité du soin, quel que soit le statut ».

Ils soulignent également l’intérêt de regrouper ces professions pour faire face au vieillissement de la population et répondre aux enjeux du développement de l’e-santé, ou encore l’existence de « nombreuses trajectoires professionnelles » entre les différents secteurs, de « métiers communs marqués par des difficultés de recrutement » et de « certifications communes ».

Actuellement, les cliniques sont regroupées au sein de l’OPCA Actalians, tandis que la branche sanitaire, sociale, médico-sociale, privée à but non lucratif est rattachée à l’OPCA Unifaf. Les établissements de santé publics sont quant à eux rattachés à l’Association nationale pour la formation des hospitaliers (ANFH), un opérateur spécifique.

Les spécificités du médico-social: un « enjeu majeur »

Deux points de vigilance sont toutefois soulignés concernant cette éventuelle mise en place d’un seul opérateur pour les professions du sanitaire et du médico-social.

  • Tout en jugeant nécessaire une « mise en cohérence par les compétences », les auteurs de ce rapport soulignent le fait que, pour le moment, « dans le domaine de l’hôpital et des Ehpad, et même si les métiers sont les mêmes, les secteurs public, privé et associatif ont des opérateurs aujourd’hui différents. »
  • Qui plus est, mettre en place un seul opérateur serait synonyme d’importants travaux en termes de « gouvernance à construire ». De ce point de vue, « le secteur du médico-social (personnes âgées, personnes handicapées) présente des spécificités par rapport au monde de la santé (hôpital, médecine de ville), qui seront un enjeu majeur pour le futur opérateur de compétences », insistent-ils.

La vigilance serait d’autant plus de mise que, dans le secteur de la santé entre autres, le dialogue social entre branches est parfois « inexistant » et que ses « branches proches ne partagent pas la volonté de se regrouper au sein d’un même opérateur », pointent les auteurs du rapport.

Résultat: Jean-Marie Marx et René Bagorski considèrent qu’il faut laisser aux branches « l’initiative sur les conditions de réalisation [de mise en place d’un seul opérateur] », tout en jugeant que l’Etat doit montrer « clairement » ses ambitions pour encourager les partenaires à se « mettre en mouvement ».

Le rapport en faveur d’une réduction à 11 opérateurs

La mission préconise plus largement de regrouper les secteurs économiques en 11 opérateurs de compétences (construction, mobilité, commerce, santé…), contre 18 OPCA de branches et 2 OPCA interprofessionnels actuellement. L’objectif affiché est d’affirmer des « critères de cohérence » des métiers et des compétences, de filière, d’enjeux communs de compétences, de formation, de mobilité de service de proximité et de besoin des entreprises.

A noter que dans un référé adressé en juin à Muriel Pénicaud sur « les fonctions d’encadrement, de coordination et d’évaluation des opérateurs de la formation professionnelle », la Cour des comptes avait quant à elle appelé « à consolider la fonction de contractualisation entre l’Etat et les opérateurs, à développer la coordination de ceux-ci, à améliorer l’allocation des moyens vers les priorités arrêtées au niveau national et à mieux évaluer la performance du système ».

Jean-Yves Paillé

Journaliste

 



11/09/2018 – 21 septembre : Journée Mondiale de la maladie d’Alzheimer

La Fondation Médéric Alzheimer publie un livre plaidoyer

Par Juliette Viatte
Mots clés associés : ActualitésSanté

La Fondation Médéric Alzheimer propose aujourd’hui avec ce livre plaidoyer une photographie de l’état des connaissances et des pratiques sur la maladie d’Alzheimer.

 

La France compte à ce jour 1,1 million de personnes vivant avec la maladie d’Alzheimer ou une maladie apparentée. Elles seront 1,7 million en 2030 et 2 millions en 2040.

La Fondation Médéric Alzheimer propose aujourd’hui avec ce livre plaidoyer une photographie de l’état des connaissances et des pratiques sur la maladie d’Alzheimer envisagée dans ses dimensions biomédicale, éthique, économique, juridique, sociale et sociétale, mais il se veut d’abord un programme d’action, structuré en 12 défis :

1. Rester le plus longtemps possible en bonne santé cognitive

2. Ralentir l’évolution des déficiences et minimiser leur impact

3. Garantir le respect des libertés et des droits fondamentaux

4. Prévenir et réguler les modifications de l’humeur et du comportement

5. Maximiser le bien-être, l’estime de soi et le sentiment d’appartenance

6. Soutenir les aidants familiaux et les renforcer dans leurs compétences

7. Définir des bouquets de services et les ajuster en fonction des besoins

8. Mieux articuler réponse sanitaire et accompagnement psychosocial

9. Soutenir les professionnels et organiser l’intervention de bénévoles

10. Bâtir une société sensibilisée, étayante et inclusive

11. Répondre aux questions : qui va prendre soin et qui va payer ?

12. Adapter l’organisation du travail, l’habitat et le cadre légal

Chacun de ces défis est étayé par des priorités de recherche et des propositions d’action. À l’heure où s’engage un débat public sur la dépendance, le vieillissement cognitif, qui constitue un de ses principaux déterminants, mérite d’être examiné sous le prisme des sciences humaines et sociales. Il faut également étudier les pistes concrètes d’amélioration qui existent, et sont encore insuffisamment exploitées.

L’ouvrage de 163 pages est assorti d’un abrégé et d’un tableau de synthèse qui récapitulent les priorités de recherche et les propositions concrètes d’action.

La maladie d’Alzheimer occasionne des coûts importants pour les familles et pour la collectivité, de l’ordre de 32 milliards d’euros par an en France actuellement. Fidèle à sa mission d’utilité publique, la Fondation Médéric Alzheimer souhaite mettre à la disposition de tous les publics – personnes malades, familles, décideurs publics et privés, acteurs associatifs, professionnels de terrain, donateurs – ses éléments d’analyse et ses propositions. « Elle forme le voeu qu’ils alimentent la réflexion collective et enrichissent les politiques publiques et les pratiques en vue de dessiner des solutions innovantes propres à améliorer les conditions de vie des personnes malades et de leurs proches. En douze ans, si nous conjuguons nos efforts, ces objectifs sont à notre portée », affirme t-elle dans son communiqué de lancement.



Autonomie des personnes âgées : une campagne d’information sur les aides et les solutions proposées

Publié le : 03 septembre 2018Mis à jour le : 12 septembre 2018

La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) lance une campagne d’information sur les aides et les solutions possibles pour faire face à une situation de perte d’autonomie liée à l’âge. Elle relaie ainsi l’information délivrée par le portail www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr, dont la mission d’information du grand public représente une mesure phare de la loi d’adaptation de la société au vieillissement.

Conduite avec le soutien du ministère des Solidarités et de la Santé, cette campagne participe de la volonté de promouvoir un meilleur accès aux solutions d’accompagnement portée par la feuille de route en faveur des personnes âgées annoncée par la Ministre en mai dernier.

La campagne s’articule autour :

Consultez le communiqué de presse pour en savoir plus.

Retrouvez toutes les informations sur les aides et les solutions disponibles pour faire face à une situation de perte d’autonomie sur le portail d’information www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr.



11/09/2018 – Groupe SOS Seniors

Des ateliers de réalité virtuelle pour les résidents de l’EHPAD d’Aulnay sous Bois du Groupe SOS

Par Juliette Viatte
Mots clés associés : AnimationActualitésEHPADSociétésIDF

Le premier atelier, réalisé en collaboration avec « Commune Image », a eu lieu le 30 août dernier à l’EHPAD Camille Saint-Saëns à Aulnay-sous-Bois.

 

La réalité virtuelle est une technologie qui permet de plonger une personne dans un monde artificiel créé numériquement. Il peut s’agir d’une reproduction du monde réel (forêt, plage, …) ou bien d’un univers imaginaire.

Cette immersion se fait à l’aide d’un casque de réalité virtuelle qui place un système d’affichage 3D directement devant les yeux de la personne. Certains modèles sont équipés de capteurs qui détectent les mouvements de la tête pour permettre à l’utilisateur de regarder autour de lui. Les images sont alors recalculées en temps réel pour se synchroniser avec la direction du regard.

Grâce à la collaboration avec « Commune Image » les résidents de l’EHPAD d’Aulnay-Sous-Bois ont pu voyager dans l’espace sur les traces de Thomas Pesquet l’astronaute Français. L’expérience vécue par les résidents de l’EHPAD fût à la fois visuelle et auditive.

Un questionnaire de satisfaction individuel leur a été administré à la fin de chaque voyage pour récolter leurs impressions. Ils ont tous été admiratifs devant cette nouvelle technologie et ravis de leur visite dans une navette spatiale. Suite aux réactions positives des résidents, l’expérience est à renouveler.

Reste à savoir quel sera leur prochain voyage ?



Le plaidoyer de la Fondation Médéric Alzheimer sur « le défi » du vieillissement cognitif

Article11/09/2018

Crédit: Istock/alexsl

Dans un livre invitant à « préparer la France à relever le défi du vieillissement cognitif », elle prend pour la première fois publiquement position sur la manière dont il faut, selon elle, répondre à cet enjeu.

Créée en 1999, la Fondation Médéric Alzheimer, reconnue d’utilité publique, mène chaque année des études notamment sur la prise en charge des malades d’Alzheimer dans les Ehpad, récompense des établissements de santé et médico-sociaux pour leurs initiatives et a une importante activité de recherche.

Forte de sa démarche fondée sur « la volonté constante d’associer toutes les parties prenantes -pouvoirs publics, chercheurs, acteurs de terrain- et de promouvoir l’innovation sociale », de sa « veille permanente sur l’ensemble des dimensions de la maladie », de « sa vocation à servir l’intérêt général », et de « sa double nature d’opérateur direct de la recherche et de mécène », selon les termes de la présidente, Hélène Jacquemont, la fondation donne à lire, à travers ce plaidoyer, publié le 10 septembre, ses recommandations pour « trois chantiers pour 2030 », à savoir « organiser la prévention, améliorer l’accompagnement, bâtir une société inclusive ».

« Organiser la prévention, améliorer l’accompagnement, bâtir une société inclusive, trois chantiers pour 2030 », abrégé du livre plaidoyer, Fondation Médéric Alzheimer

La présidente rappelle aussi, dans l’avant-propos de ce plaidoyer de 163 pages, que la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a présenté, le 30 mai, une « feuille de route grand âge et autonomie ». « Ce livre-plaidoyer, même si sa rédaction a débuté avant cette annonce ministérielle, doit être lu comme la réponse de la Fondation Médéric Alzheimer à l’invitation au dialogue faite par [la ministre] », souligne Hélène Jacquemont.

La fondation développe d’abord quatre « convictions », ainsi résumées dans un « abrégé » du plaidoyer:

  • « face à un phénomène aussi complexe que les syndromes démentiels, une approche globale est impérative »
  • compte tenu des contraintes économiques, « il va falloir sortir d’une logique du ‘toujours plus’ pour entrer dans une logique d’innovation »
  • « il est temps d’arrêter de se focaliser sur les échecs, pour s’intéresser davantage à ce qui ‘marche' »
  • « il faut apprendre à regarder les syndromes démentiels comme des handicaps cognitifs évolutifs ».

« En se fondant sur les connaissances et les pratiques observées en France et à l’étranger », elle propose ensuite « 12 grands défis pour 2030 ». Pour chacun d’eux, elle fait deux propositions, qui « ne sont pas nécessairement coûteuses », mais qui « requièrent l’implication de tous les acteurs: pouvoirs publics nationaux et territoriaux, acteurs du soin et de l’accompagnement, chercheurs académiques, associations, monde du travail et de la protection sociale, experts et, bien sûr, personnes directement concernées ».

« Pour que cette stratégie puisse réussir et porter ses fruits, il est impératif qu’elle s’accompagne d’un surcroît de recherche », prévient-elle aussi. D’où les deux « priorités de recherche » pour chacun des 12 défis.

Certains de ces défis concernent très directement les professionnels de santé et du médico-social.

Mieux articuler réponse sanitaire et accompagnement psychosocial

Ainsi, le défi n°7 vise à « définir des bouquets de service et les ajuster en fonction des besoins ». Pour cela, il faut « déterminer les bouquets de services standard » en fonction de l’évolution de la maladie et « rendre plus lisible l’offre d’accompagnement sur les différents territoires et l’aide que chaque métier ou dispositif peut apporter aux différents moments de la maladie ».

En matière de recherche, la fondation insiste sur la nécessité d' »étudier les zones géographiques sur lesquelles il convient de faire porter l’effort pour garantir, dans le futur, un accès équitable à l’offre de soutien et d’accompagnement ».

Le défi n°8 consiste à « mieux articuler réponse sanitaire et accompagnement psychosocial ». Il s’agit de « déployer largement les modalités innovantes d’organisation qui améliorent l’accueil aux urgences, les sorties d’hôpital, la télémédecine en Ehpad et le ‘relayage’ lors d’une hospitalisation de l’aidant ». Il s’agit aussi de « dépasser le modèle unique de l’Ehpad en diversifiant la palette des réponses et en expérimentant la viabilité de différentes formes d’habitat alternatif et inclusif ».

Les axes de recherche à privilégier consistent à « cibler les actions à mener pour que l’âge et la présence de troubles cognitifs ne constituent pas des facteurs d’inégalités d’accès aux soins, notamment à des soins palliatifs de qualité » et « expérimenter des modes de coopération plus efficients entre les différents professionnels […] en précisant les règles de partage des informations ».

Le 9e défi est de « soutenir les professionnels et organiser l’intervention des bénévoles ». La fondation souhaite que soit expérimentée « l’intervention de personnes en difficulté cognitive dans la formation des professionnels », et que soient créées « des occasions » pour que les professionnels « puissent se transmettre leurs savoir-faire et travailler de manière autonome et en équipe ».

Elle veut aussi que soient fixées « des normes opposables en matière de taux d’encadrement, notamment en établissement », et que soit accrue « l’attractivité des métiers, en améliorant les conditions de travail et en revalorisant les carrières ».

Pour la recherche, il s’agit d' »identifier les contenus et les modalités de formation les plus efficaces pour donner aux professionnels la capacité de faire face aux situations complexes », à domicile et en établissement », ainsi que « les facteurs qui favorisent le recrutement, l’implication et la fidélisation des bénévoles d’accompagnement, en tenant compte des motivations très diverses qui peuvent être les leurs ».

« Qui va prendre soin et qui va payer? »

La fondation propose aussi de répondre à ces questions: « Qui va prendre soin et qui va payer? » (défi n°11).

Elle encourage à « faire en sorte que le financement de la perte d’autonomie soit efficient et équitable et tienne compte des différences qui existent entre les territoires, les genres et les générations » et conseille d' »entreprendre des actions pour une répartition plus équitable entre les hommes et les femmes de l’accompagnement quotidien » des malades.

Pour la recherche, il faut « estimer combien seront les personnes en perte d’autonomie cognitive dans les prochaines années, quels seront leurs besoins et de quels soutiens familiaux elles pourront bénéficier » et « étudier comment améliorer le financement et la gouvernance des politiques publiques […], tant au plan national qu’à l’échelle des territoires ».

Mais, pour la fondation, le premier défi à relever est de permettre aux personnes de « rester le plus longtemps possible en bonne santé cognitive », en menant « des campagnes pour sensibiliser le public aux comportements qui favorisent la santé cognitive, en insistant sur les mesures de prévention globale des maladies chroniques » et en testant « à grande échelle un programme de prévention ‘multidomaine’ pour des personnes ayant un risque élevé de développer un syndrome démentiel ».

En matière de recherche, la fondation propose notamment de « comprendre les raisons qui expliquent la baisse de la fréquence des syndromes démentiels dans certaines populations pour identifier de nouveaux facteurs protecteurs et de nouveaux facteurs de risque modifiables ».

Le deuxième défi mis en avant consiste à « ralentir l’évolution des déficiences et minimiser leur impact », en organisant « le déploiement concret (formation des professionnels, remboursement) des interventions psychosociales » et en encourageant le « soutien entre pairs ».

Le troisième défi est de « garantir le respect des libertés et des droits fondamentaux ». Le défi n°4 vise à « prévenir et réguler les modifications de l’humeur et du comportement », avec notamment l’idée de « lancer une campagne nationale pour réduire les prescriptions abusives de neuroleptiques et créer les conditions pour mettre durablement en place des alternatives non médicamenteuses ».

Le défi n°5 consiste à « soutenir les aidants familiaux et les renforcer dans leurs compétences », le défi n°10 souligne la nécessité de « bâtir une société sensibilisée, étayante et inclusive », et le 12e d’« adapter l’organisation du travail, l’habitat et le cadre légal ».

 

Valérie Lespez

 



Xavier Montserrat va préparer la création de l’ARS Mayotte

Brève07/09/2018

Actuellement directeur de la délégation territoriale de Mayotte de l’agence régionale de santé (ARS) Océan Indien, Xavier Montserrat devrait être nommé directeur général adjoint (DGA) chargé de préfigurer l’ARS Mayotte d’ici 2020, a appris APMnews de sources concordantes.

Une offre d’emploi avait été publiée mi-juillet par la Bourse interministérielle du travail (Biep) pour recruter un DGA au sein de l’ARS Océan Indien amené à prendre la tête de l’ARS Mayotte.

La nomination à ce poste de Xavier Montserrat devrait être prochainement officialisée par la nouvelle directrice de l’ARS Océan Indien, Martine Ladoucette.

Ancien élève de l’Ecole supérieure des sciences économiques et commerciales (Essec) et de l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP), il a notamment dirigé le centre hospitalier de Tréguier (Côtes-d’Armor) pendant 6 ans, entre 2008 et 2014, avant de rejoindre le conseil départemental des Côtes-d’Armor en tant que directeur de la prospective, de l’ouverture et du développement durable.

En novembre 2016, il avait été nommé à la tête de la délégation territoriale de Mayotte de l’ARS Océan Indien.

Le nouveau DGA aura pour mission de préparer la nouvelle ARS de Mayotte, de développer et piloter la politique de santé dans l’île et de « gérer la délégation de l’île de Mayotte, en assurant l’encadrement des services et des agents ».

La création d’une agence indépendante pour l’île avait été confirmée mi-avril par le premier ministre, Edouard Philippe, et confirmée deux mois plus tard par la ministre des outre-mer, Annick Girardin, dans le cadre de l’annonce de 53 engagements de l’Etat pour venir en aide à Mayotte.

La procédure de recrutement avait été lancée en juillet et devait s’achever avant le 1er septembre.

Geoffroy Lang

Journaliste

 



Risque accru de démence pour les adultes buvant trop d’alcool… ou pas du tout

Article07/09/2018

Les adultes de 40-60 ans consommant trop d’alcool ou, à l’inverse, pas du tout, présentent un risque significativement augmenté de développer une démence plus tard dans la vie, selon des données de suivi sur 23 ans publiées par le British Medical Journal (BMJ).

Ces résultats, publiés le 31 juillet dans le BMJ, « renforcent les données selon lesquelles une consommation excessive d’alcool est un facteur de risque de démence » et « incitent à préconiser des seuils plus bas de consommation pour favoriser un meilleur vieillissement cognitif », souligne la première auteure de l’étude, Séverine Sabia (Inserm U1018/université de Paris Saclay), dans un communiqué de l’Inserm.

Mais « en aucun cas, les résultats observés chez les abstinents ne doivent encourager les personnes ne buvant pas à commencer à boire de l’alcool », alerte-t-elle, avançant les données de Santé publique France selon lesquelles « la consommation d’alcool est responsable [chaque année] en France de 49.000 décès par cancer, cirrhose, psychose et dépendance alcoolique ».

De précédentes études avaient montré des effets délétères de la non-consommation et de la consommation excessive d’alcool sur le risque de démence, mais ces données étaient peu solides, estiment les chercheurs, dans la mesure où la consommation d’alcool, généralement évaluée chez des personnes plus âgées, ne reflète pas forcément la consommation réelle tout au long de la vie.

Dans cette étude prospective, l’objectif de Séverine Sabia et de ses collègues a donc été d’étudier l’association entre la consommation d’alcool à l’âge adulte (les plus jeunes ayant 35 ans à l’inclusion) et le risque de développer une démence plus tard dans la vie.

Ils ont pour cela travaillé à partir des données de 9.087 fonctionnaires britanniques âgés de 35 à 55 ans au moment du recrutement, réalisé entre 1985 et 1988. Ces personnes ont été suivies pendant une durée moyenne de 23 ans. Leur consommation d’alcool et leur dépendance à l’alcool ont été évaluées à intervalles réguliers, entre 1985 et 1993. Leur âge moyen sur cette période était de 50 ans.

Au total, 397 participants ont développé une démence au cours du suivi, avec un âge moyen au diagnostic de 76 ans.

Les abstinents alcooliques étaient le plus souvent des femmes et des personnes au statut socio-économique peu élevé. Les personnes consommant l’équivalent de 8 à 112 grammes d’alcool en moyenne par semaine (soit entre 1 et 11 verres par semaine, un verre en France correspondant à environ 10 grammes d’alcool) avaient tendance à préférer le vin. Ceux buvant plus de 11 verres par semaine consommaient de préférence de la bière.

Après ajustement sur les covariables sociodémographiques, les participants ayant fait preuve d’abstinence alcoolique au cours de leur vie présentaient un risque augmenté de 47% de développer une démence par rapport à ceux buvant entre 1 et 11 verres par semaine.

Le surrisque des participants buvant plus de 11 verres d’alcool par semaine n’était pas significatif sur le plan statistique, avec 8% d’augmentation par rapport à ceux buvant 1 à 11 verres par semaine. En revanche, au-delà de 11 verres par semaine, chaque dose supplémentaire de 56 grammes d’alcool (5-6 verres) par semaine était associée à une augmentation de 17% du risque de démence.

Le fait d’être hospitalisé pour une maladie chronique liée à l’alcool était associé à un risque augmenté d’un facteur 4,3 de développer une démence. La dépendance à l’alcool (score au questionnaire Cage supérieur à 2) était également un facteur délétère, doublant le risque de démence.

Les chercheurs indiquent qu’une partie de l’excès de risque observé chez les abstinents était liée à un risque augmenté de maladies cardiométaboliques (accident vasculaire cérébral, coronaropathies, diabète…). Lorsque seuls les abstinents n’ayant pas développé de maladie cardiométabolique au cours du suivi étaient considérés, le risque de démence était augmenté de 33%, contre 47% pour l’ensemble des abstinents.

Les auteurs concluent que ces résultats plaident en faveur d’une révision à la baisse des recommandations relatives à la consommation d’alcool -« bien supérieures » à 11 verres par semaine dans plusieurs pays- afin de favoriser un meilleur vieillissement cognitif de la population.

En France, les recommandations de santé publique en matière de « risque acceptable » sont de 10 verres par semaine et pas plus de 2 verres par jour, rappelle l’Inserm dans son communiqué.

Sylvie Burnouf

Journaliste

 



06/09/2018 – Formation

Prévention des chutes graves chez la personne âgée : l’ARS Île-de-France propose des formations en ligne

Par Juliette Viatte
Mots clés associés : FormationActualitésSanté

Éviter des chutes chez la personne âgée, prévenir les blessures liées à ces chutes … Pour tout connaître de ces problématiques, l’ARS Île-de-France lance une formation en accès libre sur son site Internet.

Ces modules s’inscrivent dans la continuité de la campagne « Pare à Chute » pour le dépistage et la prévention du risque de chutes graves, déployée par l’ARS Île-de-France de 2016 à 2017. Ils sont un moyen de prolonger et d’étendre la démarche. Au total, la formation se compose de 25 modules regroupés en deux grandes parties :

1. Chutes de la personne âgée : comprendre, prévenir et réagir

Cette première partie s’adresse :

– A tous professionnels de santé en relation avec les personnes âgées ;

– Aux aidants des personnes âgées ;

– Aux personnes âgées elles-mêmes.

2. Comment éviter les chutes graves : déployez le « Pare à chute » !

Cette deuxième partie s’adresse aux équipes professionnelles de structures sanitaires ou médico-sociales souhaitant initier la démarche « Pare à Chute », afin de les aider dans la conduite de projet d’amélioration des pratiques.

Les modules sont composées d’une vidéo sous-titrée accompagnée de la transcription du texte (pour 24 d’entre eux), de liens utiles, de documents ou d’outils complémentaires relatifs au sujet du module.

Chaque module peut être suivi indépendamment des autres.

La campagne «Pare à Chute, maîtriser le risque»

Les chutes sont fréquentes et entraînent chaque année en France près de 9 000 décès chez les personnes de plus de 65 ans. La multiplicité des recommandations, des facteurs de risque, des acteurs et des préventions (primaire, secondaire, tertiaire) rendent le sujet complexe. La campagne «Pare à Chute, maîtriser le risque», s’est déroulée de février 2016 à avril 2017. Son objectif était d’éviter les chutes graves par la mise en oeuvre de pratiques à fort impact. Plus de 300 structures sanitaires et médico-sociales ont bénéficié de l’accompagnement méthodologique de l’ARS. L’expérience développée à cette occasion permet de mettre à disposition les grilles d’audit et les outils de mise en oeuvre des actions d’amélioration.



Dépendance: Dominique Libault chargé de piloter la réflexion sur la réforme

Article06/09/2018

Ce conseiller d’Etat pilotera à compter d’octobre plusieurs groupes de travail afin de préparer le projet de loi sur la réforme de la prise en charge de la dépendance, a annoncé le 5 septembre le premier ministre, Edouard Philippe, à l’issue d’un séminaire gouvernemental.

Le chef du gouvernement a confirmé à cette occasion le lancement de 6 chantiers sociaux prioritaires, respectivement consacrés à l’activité (lutte contre la pauvreté, santé au travail et assurance chômage) et à la refonte du modèle social français (hôpital et système de santé, retraites et dépendance).

Le président de la République, Emmanuel Macron, présentera le plan pauvreté jeudi 13 septembre et la réforme du système de santé mardi 18 septembre. Il avait annoncé pour 2019 une réforme des retraites et de la dépendance le 13 juin lors du congrès de la Mutualité française à Montpellier, avant de confirmer ces annonces devant le Parlement réuni en congrès le 9 juillet.

S’agissant de la dépendance, Edouard Philippe a annoncé « le lancement de groupes de travail début octobre, sous la présidence de Dominique Libault, et un projet de loi qui interviendra […] en 2019 ».

« La société se transforme, la population active vieillit, la population globale vieillit, et vit plus longtemps, ce qui est une très grande nouvelle mais ce qui pose la question de la transformation de notre organisation sociale, de nos financements, pour prendre en compte ce phénomène qui est appelé à se développer de la dépendance », a observé le chef du gouvernement.

« Nous voulons aborder le sujet calmement, avec méthode, dans la concertation mais résolument car ne pas le prendre en compte et ne pas préparer les solutions pérennes, durables, crédibles, sur cette question, ce ne serait pas être à la hauteur de la tâche », a-t-il ajouté.

Dominique Libault, âgé de 57 ans, est directeur de l’Ecole nationale supérieure de sécurité sociale (EN3S) et préside le Haut conseil du financement de la protection sociale (HCFiPS) depuis le 1er septembre. Ancien directeur de la sécurité sociale (DSS), il préside par ailleurs le comité de pilotage des expérimentations sur les parcours de soins des personnes âgées (Paerpa).

Diplômé de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris, licencié en droit et ancien élève de l’Ecole nationale d’administration (ENA), il a commencé sa carrière comme administrateur civil à la direction de la sécurité sociale (DSS) en 1987.

Après avoir effectué sa mobilité au ministère de la culture (1991-1993), il a exercé les fonctions de secrétaire général du Conseil supérieur de la Mutualité (1993-1995) avant de travailler de juillet 1993 à mai 1995 au cabinet de la ministre des affaires sociales, de la santé et de la ville, Simone Veil, en tant que conseiller technique.

Il est ensuite retourné à la DSS où il a gravi tous les échelons, devenant sous-directeur de l’accès aux soins (juin 1995-novembre 1995) puis sous-directeur du financement et de la gestion de la sécurité sociale (décembre 1995-juillet 2000), avant d’être nommé chef de service, adjoint au directeur, et enfin directeur en octobre 2002.

Nommé conseiller d’Etat au tour extérieur en janvier 2012, Dominique Libault est en service détaché depuis mai 2012 pour diriger l’EN3S. Il a été prolongé dans ses fonctions pour une durée de cinq ans en mai 2017.

Vincent Granier

Journaliste

 



 

Majeurs protégés: publication du nouveau dispositif de financement des mandataires judiciaires

Article05/09/2018

Le nouveau dispositif de financement des mandataires judiciaires à la protection des majeurs (MJPM) est détaillé dans un décret et un arrêté, parus respectivement dans les éditions du 1er et du 2 septembre du Journal officiel.

Le décret paru le 1er septembre prévoit la révision du barème de participation financière des personnes sous mesure de protection juridique et adapte en conséquence l’article R311-0-8 du code de l’action sociale et des familles (CASF) relatif à l’annexe au contrat de séjour et à la déclaration de sauvegarde de justice médicale pour certains résidents d’établissements sociaux et médico-sociaux, est-il résumé dans la notice du texte.

Celui-ci détaille les indicateurs qui permettent de calculer le coût des mesures de protection, à savoir la nature des missions de protection (assistance et conseil, représentation, assistance et perception des revenus), le lieu de vie de la personne protégée (établissement social, médico-social, de santé ou domicile), ses ressources et son patrimoine.

Il précise aussi la manière dont la participation de la personne protégée est calculée. Sont notamment prises en compte l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) et l’allocation aux adultes handicapés (AAH). Il indique aussi les conditions de versement de cette participation au mandataire judiciaire.

Il est aussi souligné que lorsque la participation de la personne protégée calculée est inférieure à la rémunération du mandataire, « le mandataire perçoit un financement public égal à la différence entre la rémunération et la participation. Ce financement est versé par l’Etat dans le cadre d’une convention entre ce financeur et le mandataire judiciaire à la protection des majeurs. »

L’arrêté publié le 2 septembre fixe quant à lui la formule de calcul qui s’applique, et le coût de référence de la mesure de protection, fixé à 142,95 euros.

En juin dernier, la Fédération nationale des mandataires judiciaires indépendants à la protection des majeurs (FNMJI) avait écrit à la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, pour s’inquiéter de cette réforme. « Comment l’Etat peut-il décemment annoncer tenir compte et protéger ses concitoyens vulnérables lorsqu’il octroie à un MJPM exerçant à titre individuel la somme de 142,95 euros brut/mois soit 70 euros net/mois pour assumer une mesure de curatelle renforcée au bénéfice d’une personne titulaire de l’AAH vivant à domicile? », s’inquiétait-elle.

« Comme si cela ne suffisait pas », elle citait également « des baisses significatives des indicateurs (voire leur disparition) qui selon [ses] estimations entraînera mécaniquement des baisses sur le coût des mesures de protection de plusieurs pourcents en laissant miroiter l’augmentation de la mission de subrogé curateur/tuteur, qui reste une mesure de protection qui ne représente que 0,1% des mesures de protection ».

« Si nous étions favorables à la suppression ou la simplification de certains indicateurs, cela était conditionné à une revalorisation de nos missions et de la prise en compte de la réalité des charges de travail », soulignait-elle.

« Comment le législateur peut-il sans cesse augmenter les obligations d’une profession sans jamais s’interroger sur les moyens à y consacrer et sur les modalités de règlement de la contribution de l’Etat? », interrogeait-elle, déplorant également d’autres mesures techniques présentes dans les textes publiés en ce début septembre.

Valérie Lespez

 



 

Vers 60% d’acompte pour la réduction d’impôt « hébergement en Ehpad »

Article05/09/2018

Le futur acompte de la réduction d’impôt « hébergement en Ehpad » sera porté à 60%, dans le cadre de l’instauration du prélèvement à la source en 2019, annoncé le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, ce 5 septembre sur France Info.

Mettant un terme à plusieurs jours d’incertitude sur le maintien d’une réforme au potentiel « choc psychologique » dans un contexte économique délicat, le premier ministre, Edouard Philippe, avait annoncé le 4 septembre sur TF1 que l’impôt sur le revenu serait bien prélevé à la source à compter du 1er janvier 2019.

Interrogé sur les atermoiements de ces derniers jours au sein de l’exécutif, il avait estimé qu’il ne fallait pas « confondre exigence et hésitation ». « Le président de la République a dit (…) qu’il était sur ce sujet d’une exigence totale, qu’il voulait être certain que cette réforme, qui est une bonne réforme, ne viendra pas diminuer leur pouvoir d’achat [des contribuables, NDLR], mais améliorera pour beaucoup d’entre eux leur situation en matière de trésorerie », avait-il souligné.

« Tout une série de tests » ont été faits, avait-t-il ajouté, deux jours après la publication dans Le Parisien d’un document confidentiel de la direction générale des finances publiques (DGFIP) qui tire un « bilan calamiteux » de la phase de test du prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu.

Parmi les décisions prises, l’exécutif a fait « en sorte que tous ceux qui font des dons aux associations et bénéficient d’une réduction d’impôts puissent bénéficier en trésorerie de la réforme. Ca veut dire qu’il n’y aura pas de perte en trésorerie », avait-il annoncé.

Invité de France Info ce 5 septembre au matin, Gérald Darmanin a dit avoir « apporté des précisions au président de la République et, à sa demande, des modifications afin d’améliorer le dispositif ».

Interrogé sur ces modifications, il a confirmé qu’un « geste » était fait pour les Français bénéficiant de crédits et réductions d’impôts. « Nous allons augmenter le pourcentage de remboursement ou d’acompte des crédits d’impôts dès le mois de janvier. Cela veut dire que le 15 janvier et chaque 15 janvier, tous les Français qui font des crédits ou ont des réductions d’impôts se verront avancer sur leur compte en banque 60% de ces crédits __[au lieu des 30% précédemment annoncés]!=https://www.gerontonews.com/Reduction-d-impot-un-acompte-pour-les-residents-d-Ehpad-en-janvier-2019-NS_CZ4PA96MW.html__ », a-t-il expliqué.

Cette mesure concerne les quelque 5 millions de personnes qui font des dons aux associations ou aux syndicats, « tous ceux qui font de l’investissement locatif », toutes les personnes ayant des crédits d’impôts « au nom du service à la personne »… et les réductions d’impôt accordées aux personnes en Ehpad, a détaillé Gérald Darmanin.

Pour rappel, cette réduction d’impôts concerne les résidents d’Ehpad qui payent le tarif hébergement et au moins une partie du tarif dépendance. Pour ces résidents, la réduction d’impôt est égale à 25% des sommes réglées pour l’hébergement et la dépendance durant l’année avec un plafond à 10.000 euros par personne hébergée, déduction faite des éventuelles aides touchées (allocation personnalisée pour l’autonomie -APA- et/ou aide sociale à l’hébergement -ASH), rappelle le ministère de l’économie sur son site internet.

« Il n’y aura aucun perdant en trésorerie dans la réforme du prélèvement à la source », a assuré le ministre de l’action et des comptes publics, tout en prévenant qu’il fallait maintenant que le Parlement « valide » ces propositions.

La Rédaction

 



 

 

FRANCEINFO. Études de médecine : le gouvernement veut en finir avec le numerus clausus et le concours en fin de première année

Toutefois, l’idée n’est pas de supprimer le numerus clausus pour laisser la porte ouverte à une dérégulation du nombre de médecins. Pour remplacer le système actuel, deux options sont à l’étude.

Des étudiants en médecine de l’Université de Poitiers, le 4 février 2016. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

 

Solenne Le HenRadio France

 

C’est la fin d’une institution vieille de plus de 45 ans pour les médecins. Le gouvernement souhaite mettre fin au numerus clausus ainsi qu’au concours en fin de première année, tel qu’il existe actuellement, révèle franceinfo mercredi 5 septembre. Ils permettaient jusqu’à présent de limiter le nombre de médecins en France grâce à un concours très sélectif en fin de première année. Dans chaque université, les étudiants passeront, comme partout ailleurs, des partiels, qui leur permettront d’aller en deuxième année.

Un mode de sélection très décrié

Le concours actuel, qui sélectionne un candidat sur sept, fait la part belle au bachotage. En 2017, sur les près de 60 000 candidats, seulement 8 200 ont été reçus en médecine l’an dernier, soit à peine 15% des participants. Le Premier ministre Edouard Philippe et Emmanuel Macron l’ont dit à plusieurs reprises : tout cela ne fait pas forcément ensuite de bons médecins, de bons praticiens. Il faut diversifier le recrutement aujourd’hui bien souvent réservé, aux étudiants qui peuvent se payer une prépa privée en plus ou se payer le luxe de redoubler.

Toutefois, l’idée n’est pas de supprimer le numerus clausus pour laisser la porte ouverte à une dérégulation du nombre de médecins. Une déferlante est difficilement envisageable, car les universités ne pourront peut-être pas forcément pousser leurs murs. Sur le terrain, pas sûr non plus de trouver autant de stages que d’étudiants. Deux situations qui pourraient limiter naturellement l’ouverture.

Deux options en remplacement

Pour remplacer le système actuel, le concours sera remplacé dans chaque université par des partiels très classiques. Ensuite, deux options sur la table. Soit le gouvernement ouvre complètement les vannes, ce qu’on appelle le numerus apertus, et alors libre à chaque université de former autant de médecins qu’elle le souhaite. La seconde option est de garder une forme de sélection, à l’issue de la licence, en fin de troisième année, avec, peut-être, un concours. Sur ces deux options, la question n’est pas encore tranchée.

Les recalés n’auront pas « perdu leur temps », car ils bénéficieraient de passerelles pour se diriger vers d’autres débouchés dans les métiers de la santé, a indiqué une source proche du dossier à franceinfo. D’ailleurs, les effets se verraient seulement dans 10 ans. L’idée est vraiment de réformer les études de santé, les rendre « plus modernes, plus humaines ». Des études qui ont déjà fait l’objet d’aménagements avant l’été, avec la suppression des examens classant en fin de sixième année.



Montpellier : Futurapolis Santé de retour en octobre

05/09/18

Après une première édition réussie l’année dernière, Futurapolis Santé se tiendra à nouveau à l’Opéra Comédie de Montpellier les 12 et 13 octobre. Un grand rendez-vous dédié à la santé et à l’innovation, imaginé par le magazine Le Point en partenariat avec la Ville et la Métropole, comme le penchant héraultais de la version Toulousaine de Futurapolis, consacrée elle aux nouvelles technologies.

Deux jours de conférences, d’échanges et de découvertes à travers un programme imaginé par la rédaction du Point avec la présence de grands spécialistes, scientifiques, chercheurs, philosophes… qui apporteront leurs réflexions sur notre monde et son avenir.

Démonstrations

En parallèle aux conférences, la galerie des découvertes proposera des démonstrations dans un espace pédagogique mettant en avant le savoir-faire locale d’entreprises et d’inventeurs dans le domaine de la santé.

Une manifestation entièrement gratuite, dont le programme sera dévoilé à la rentrée, qui promet au public de partir « à la découverte du corps humain à travers des images somptueuses commentées par les plus grands spécialistes ».

 



Se sentir utile pour bien vieillir? Pas évident en Ehpad, répondent les seniors

Article04/09/2018

Le troisième baromètre européen réalisé par Ipsos pour la Fondation Korian pour le bien-vieillir révèle que les plus de 65 ans, considérant que l’on n’est vieux qu’à partir de 79 ans, se sentent toujours plutôt en forme… et désireux d’être utiles. Un voeu difficilement compatible avec la vie en Ehpad, pour plus de la moitié des seniors interrogés.

Les seniors européens vont bien, mais un peu moins qu’il y a deux ou trois ans. Et ils se sentent majoritairement utiles. Mais de là à être heureux et utile en Ehpad… les plus de 65 ans sont sceptiques -pour une bonne moitié d’entre eux, l’affaire semble difficile! Tels sont quelques-uns des principaux résultats de la troisième édition européenne du baromètre de la Fondation Korian pour le bien-vieillir, dévoilés le 4 septembre lors d’un point presse à Paris.

Sentiment de bien-être ou d’utilité, relation aux autres, utilisation des nouvelles technologies ou anticipation de la dépendance… Afin de mieux connaître « l’état d’esprit des personnes âgées d’aujourd’hui », et pour confronter la vision du vieillissement des 65 ans et plus à celle des 15-64 ans, Ipsos a interrogé plus de 8.000 personnes, dont 4.025 âgées de 65 ans et plus, dans quatre pays européens -France, Allemagne, Belgique et Italie.

Premier enseignement, pour les seniors européens, on n’est une « personne âgée » qu’à partir de 79 ans, quand pour les moins de 65 ans, la « frontière » se situe à 70 ans…

Si la grande majorité des plus de 65 ans (67%) se déclarent tant physiquement que psychologiquement en forme, cette perception commence ceci étant à décliner à partir de 80 ans et plus (58%).

Reste que la plupart des seniors indiquent toujours ressentir des sentiments amoureux (44% pour l’ensemble et 36% des 80 ans et plus), se sentent encore physiquement attirés par certaines personnes (43% au global et 34% des 80 ans et plus) et ont régulièrement des relations sexuelles (36% et 20% des 80 ans et plus).

Bien-être: les femmes souffrent plus que les hommes

Le sentiment des seniors de bien vivre leur âge reste lui aussi très élevé, mais il s’érode depuis maintenant quatre ans, passé de 87% en 2014 à 74% en 2018. Le sentiment que la vie est une source de plaisir diminue d’ailleurs aussi (84% en 2014 et 75% cette année).

Cette « baisse de moral » est particulièrement marquée en France, où le sentiment de bien vivre son âge atteint cette année son plus bas niveau historique (69% soit 7 points de moins qu’en 2016). Une tendance que la Fondation Korian analyse, sans entrer pour autant dans les détails, comme étant « sans doute la conséquence des différentes mesures intervenues au cours des 12 derniers mois ». Le sentiment d’intégration sociale des seniors français recule lui aussi, une très forte majorité d’entre eux considérant que la société dans son ensemble, et notamment les pouvoirs publics, les tiennent pour quantité négligeable.

Autre point marquant: cette érosion du moral des seniors touche plus particulièrement les femmes, qui, rappelle Korian, perçoivent en moyenne des retraites plus faibles et sont plus souvent confrontées à la solitude (veuvage).

Elles ne sont ainsi que 75% parmi les 65-69 ans à déclarer que la vie est une source de plaisir, soit un écart de 7 points par rapport aux hommes du même âge, et seulement 57% parmi les plus de 80 ans, soit un écart de -23 points par rapport aux hommes du même âge. Cette « inégalité hommes/femmes » dans la capacité à bien vivre son âge, s’aggravant très fortement au fil de l’avancée en âge, « doit être mieux appréhendée par les aidants professionnels et familiaux », commente la Fondation. Laquelle insiste: « à la veille de réformes importantes, notamment en France, qui vont toucher à la prise en charge de la perte d’autonomie », elles « méritent d’être prises en compte pour définir les réponses pertinentes à apporter ».

Des doutes marqués sur la qualité de vie en Ehpad

A peine 50% des seniors interrogés estiment que l’on peut être heureux en Ehpad (58 % des moins de 65 ans).

Première exigence en la matière: avoir la possibilité d’y recevoir ses proches, un point essentiel pour 78% des seniors sondés. Mais ce n’est pas tout. Les 65 ans et plus associent en effet le bien-être en Ehpad à la liberté de sortie (64%), à la possibilité de choisir ses vêtements (63%), à celle de faire sa toilette quand ils le souhaitent (58%), ou encore à la possibilité d’avoir une connexion internet (39%). Autant d’éléments… loin d’être une réalité dans nombre de structures, ce qui explique certainement pour partie que les seniors doutent de la qualité de vie que peut offrir un Ehpad.

Seuls 47% des 65 ans et plus interrogés pensent par ailleurs que l’on peut se sentir utile en maison de retraite (52% des moins de 65 ans). Un résultat… plus que « contrasté », analyse sobrement Korian.

Rôle social: un écart marqué entre aspirations des seniors et perception des plus jeunes

Contrairement aux idées reçues, les seniors se sentent plus utiles que leurs cadets, 85% des 65-74 ans se sentant ainsi utiles contre 76% des moins de 65 ans. Mais, souligne le baromètre, la perception de cette « utilité » diffère très fortement selon que l’on soit senior, ou plus jeune.

Si l’ensemble de la population s’accorde sur le fait que pour se sentir utile, il faut avant tout continuer à gérer son quotidien sans avoir à demander de l’aide, pour les seniors, se sentir utile, consiste en effet aussi à « pouvoir gérer ses papiers administratifs et ses tâches ménagères en toute indépendance ». Et, alors que pour les plus jeunes, un senior se sentirait utile en rendant service à ses cadets (par la transmission de ses savoirs, les conseils, etc.), pour les seniors, la première utilité c’est que l’on respecte leur autonomie et que la société ne cherche pas à les infantiliser.

Qui plus est, alors que les seniors souhaitent continuer à jouer un rôle actif dans la société, il semble, souligne la Fondation, qu' »une partie non négligeable des moins de 65 ans souhaite, en réaction, limiter leur statut de citoyen ». C’est particulièrement vrai en France et en Italie.

Près d’un Européen de moins de 65 ans sur deux est ainsi favorable à ce qu’on oblige les seniors à s’arrêter de travailler une fois l’âge de la retraite atteint (49% au global mais 67% en Italie et 53% en France) et à ce qu’on les empêche d’exercer des responsabilités en politique ou en entreprise (46% au global mais 56% en Italie et 49% en France). Plus surprenant, une partie non négligeable des plus de 65 ans soutient aussi ces positions et se déclare favorable à une forme de « lâcher prise » au delà d’un certain âge -46% des seniors souhaitent ainsi qu’on empêche les personnes âgées d’avoir de hautes responsabilités et 44% sont favorables à ce qu’on les oblige à arrêter de travailler lorsqu’elles atteignent l’âge de la retraite.

Les plus de 65 ans entrés dans l’ère digitale

Interrogés sur leur utilisation des outils numériques, une majorité de seniors semblent appréhender le digital comme un outil essentiel pour se sentir utile et favorisant autonomie et bien être. Lorsqu’on leur demande de noter de 0 à 10 le sentiment d’utilité que leur procure internet, ils lui donnent en effet le score de 6,9/10 -un meilleur score que le fait de s’impliquer dans la vie du quartier (4,9/10) ou de faire du bénévolat dans une association (5,2/10).

Les seniors indiquent d’ailleurs utiliser fréquemment internet, pour gérer leurs finances (70% au moins une fois par mois), les mails pour communiquer (66% au moins une fois par semaine) et même les réseaux sociaux (50% au moins une fois par mois). C’est aussi un outil de consommation de culture et d’information : 44% l’utilisent au moins une fois par mois pour écouter de la musique ou regarder des films, et 40% pour s’informer sur leur santé.

Emmanuelle Debelleix

Journaliste

 

 



 

AP-HP: les ratios de personnel de la discorde à l’hôpital Charles-Foix

Article04/09/2018

Depuis quelques semaines, effectifs soignants et conditions de travail sont au coeur d’une querelle de chiffres entre la direction de l’hôpital gériatrique Charles-Foix (Assistance publique-hôpitaux de Paris, AP-HP) et le syndicat CGT de l’établissement. Un conflit larvé, emblématique des difficultés et souffrances vécues à l’hôpital public.

Membre du groupe hospitalier (GH) Pitié-Salpêtrière Charles-Foix (AP-HP), l’établissement, situé à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), compte 472 lits et places de gériatrie, dont 122 de court séjour, 169 de soins de suite et de réadaptation (SSR) et 152 de soins de longue durée (USLD).

Dénonçant une dégradation des conditions de travail des soignants, qu’elle impute au sous-effectifs et au non-remplacement des absences, la CGT de l’établissement a déposé le 20 août un avis de danger grave et imminent.

Depuis, « nous avons eu trois réunions d’une heure avec la direction » de l’établissement, rapporte le syndicat dans un communiqué diffusé le 30 août, estimant que les courriers de réponse de cette dernière ne « reflètent en aucun cas la nature des débats ». Il précise que le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch, s’est rendu le « 23 août à 21h à l’hôpital pour se rendre compte de la situation », et s’étonne que cette visite n’ait pas changé la donne.

La CGT de l’hôpital demande « l’embauche immédiate de 30 infirmier-es et 20 aides-soignant-es », pour atteindre respectivement des effectifs de 200 et 310, et continue de dénoncer l’absence « de remplacement des congés maternité, accidents du travail, congés de longue maladie ». Selon Jacky Maillet, secrétaire CGT du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), les difficultés sont aussi liées « au passage à une activité aiguë en SSR et USLD, entraînant un débordement de la charge en soins » et poussant les professionnels « épuisés à s’arrêter ».

Dans un communiqué du 21 août, l’AP-HP avait déjà contesté les critiques du syndicat et réfuté les accusations de restrictions budgétaires, expliquant que « si des difficultés très ponctuelles ont pu être relevées cet été, les effectifs présents ont toujours été en adéquation avec le nombre de patients pris en charge ». Si une « infirmière de nuit a pu se retrouver seule avec les aides-soignants (au lieu des deux infirmières prévues) » c’est « en raison d’une absence de dernière minute qui n’a pu être remplacée dans les temps, les sociétés d’intérim sollicitées étant dans l’incapacité de répondre favorablement aussi rapidement », a-t-elle argué.

L’institution ajoute que l’établissement a « bénéficié de 20 millions d’euros de travaux d’investissement depuis 4 ans », la majorité des services ayant ainsi été « intégralement rénovés avec des chambres et des douches individuelles ainsi que 200 lève-malades installés au plafond des chambres », les travaux « se poursuivant, avec la rénovation de l’hôpital de jour d’un montant de 1 million d’euros qui sera achevée en fin d’année ».

Elle assure que, « pour pallier les congés maternité et un nombre particulièrement élevé cette année d’absences de dernière minute », la direction de l’hôpital mobilise « des moyens supplémentaires significatifs ». Depuis le début de l’été, « plus de 270 missions de suppléance ont été réalisées par l’équipe interne, plus de 200 missions d’intérim ont été financées et, sur la base du volontariat, les agents peuvent faire des heures supplémentaires », chiffre l’AP-HP.

Pourtant, a assuré Jacky Maillet interviewé par APMnews, l' »avis de danger grave et imminent est maintenu puisque la situation des effectifs n’a pas évolué ». Interrogé pour savoir si le CHSCT avait été réuni après le dépôt de cette alerte, il a répondu que non, « puisque la direction ne nous répond pas, ne nous donne pas de plan d’action concret et écrit pour résorber la situation de crise et préparer l’après ».

Effectifs soignants: fiches Osiris versus « recommandations nationales »

La CGT maintient ses constats et relaie le contenu de nouvelles fiches Osiris (déclarations d’événements indésirables graves) déposées après le 21 août. Ce jour-là, un soignant a déclaré un sous-effectif d' »aides-soignants à 2 au lieu de 3, entraînant un report de soins notamment les pansements ». Un autre s’inquiète, le 30 août, de l’absence d’une infirmière intérimaire -« ce matin, nous sommes encore restés à 2 », constate-t-il, « là où elles devraient être 4 pour 82 lits le matin » précise Jacky Maillet. « Les patients sont en danger, nous sommes en danger également car nous risquons à tout moment de faire une erreur, et nous y laisserons notre diplôme », peut-on lire sur la fiche. « Les tableaux de service de septembre sont déjà en alerte rouge », s’alarme la CGT.

Joint le 31 août par APMnews, Serge Morel, directeur des Hôpitaux universitaires Pitié-Salpêtrière Charles-Foix, a contredit l’ensemble des critiques de la CGT. « [Le syndicat] parle de soins reportés, je m’inscris totalement en faux contre ce qui est dit. La qualité et la sécurité des soins sont bien évidemment assurées, avec compétence, diligence, et dans des conditions tout à fait normales », a-t-il souligné. Il a aussi précisé que le bâtiment d’USLD évoqué dans le communiqué syndical « a été totalement modernisé avec des chambres seules, avec un investissement de 2,5 M€ » et des équipements « au service des résidents et qui apportent des conditions de travail très nettement améliorées au personnel ».

L’hôpital gériatrique de Charles-Foix présente des ratios d’effectifs par rapport au nombre de patients « très largement dans les recommandations nationales » et « souffre très largement la comparaison avec d’autres établissements gériatriques en France », a encore défendu Serge Morel. Pour « 12 départs d’infirmières, 12 ont été recrutées en sortie d’école, dont 6 sont arrivées début août et 6 autres arriveront en septembre », détaille-t-il. La directrice des soins du GH a par ailleurs « détaché 4 infirmières qui vont prendre leurs fonctions à la Pitié-Salpêtrière en fin d’année, et qui viendront en appui à Charles-Foix début septembre », assure-t-il.

Au sein de l’établissement a été « constituée une équipe de remplacement de 13 infirmières, ce qui n’est pas forcément courant dans tous les établissements gériatriques », a-t-il ajouté. « L’hôpital Charles-Foix, qui a 470 lits, a bénéficié de mensualités de remplacements d’été nettement supérieures à la Pitié-Salpêtrière, qui a 1.700 lits -soit plus de 50. En revanche, on a un taux d’absentéisme de 11% là où il est de 7% sur la Pitié », a-t-il encore souligné.

Si l’hôpital était « en difficulté » en 2010, « aujourd’hui tous les bâtiments sont conformes, on a humanisé, déployé 20 millions d’investissements. Ce que je lis dans les communiqués [de la CGT] ne reflète pas du tout la réalité », a insisté Serge Morel. « C’est un hôpital qui a un projet médical et des équipes solides, on a réussi à reconstituer un encadrement qui était très défaillant en termes d’effectifs parce qu’il était peu attractif, c’est le signe qu’il y a une vraie dynamique locale et du GH », a-t-il affirmé. Serge Morel a estimé que l’enjeu était aussi, en matière de ressources humaines, de « poursuivre la mobilité professionnelle pour que les parcours soient diversifiés, pour permettre par exemple à une infirmière de passer de la gériatrie à la chirurgie » ou inversement.

L’AD-PA relaie l’inquiétude des salariés hospitaliers

Dans un communiqué diffusé le 22 août, l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA) a dit « comprend[re] largement les inquie?tudes des salarie?s, soutenus par les me?decins », présentées comme symboliques des « manques de professionnels aupre?s des personnes a?ge?es ».

Jugeant que « le retard de la France en matière d’aide aux personnes âgées se décline en effet dans toutes les situations (aide à domicile, établissements, hôpitaux gériatriques) », l’association demandait au passage à Emmanuel Macron et à la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, de « confirmer les engagements » présidentiels relatifs à la mise en place d’une « réelle prestation d’aide à l’autonomie ».

Maryannick Le Bris

 



03/09/2018

Santé au travail : vers une révolution ?

Un rapport sur la santé au travail remis au Gouvernement le 28 août dernier par la députée du Nord, Charlotte Lecocq (LREM), préconise « un système simplifié pour une prévention renforcée ». S’il était suivi d’effet, l’organisation de la prévention des risques professionnels en France en serait profondément modifiée.

La lettre de mission du Premier ministre invitait Charlotte Lecocq à formuler des propositions pour « améliorer l’efficacité et l’efficience » du système de prévention des risques professionnels dans un contexte de « désaffection préoccupante de la médecine du travail » : le nombre de médecins du travail a baissé de 30 % en dix ans (1) et 75 % d’entre eux ont plus de 55 ans.

Soucieuse de simplifier un système jugé trop complexe et peu lisible pour les entreprises, la mission propose de rassembler tous les acteurs « au sein d’une entité unique de prévention » proposant à chaque entreprise une offre de service homogène : le suivi individuel obligatoire de l’état de santé des travailleurs ; un accompagnement pluridisciplinaire en prévention des risques et promotion de la santé au travail (2) ; une aide au maintien dans l’emploi par l’intervention précoce dans le parcours de soins et l’adaptation du poste de travail ; la formation.

Cette future structure régionale de droit privé ayant pour mission d’intérêt général la préservation de la santé au travail regrouperait les actuels services de santé au travail interentreprises (SSTI), les agents des Carsat affectés à la prévention, les compétences des Associations régionales pour l’amélioration des conditions de travail et celles des agences régionales de l’OPPBTP pour les entreprises du bâtiment. Chacune serait dotée d’une cellule de prise en charge des risques psychosociaux et gouvernée par un conseil d’administration paritaire où les partenaires sociaux seraient représentés.

Les expositions professionnelles dans le DMP

Au-delà de ce chambardement structurel, la mission formule des recommandations. Notamment mieux articuler santé au travail et santé publique : en menant des campagnes d’information grand public sur certains risques professionnels (3) ; en développant des consultations de santé au travail dans les maisons de santé ; en permettant aux étudiants en santé d’effectuer le nouveau service sanitaire dans les structures régionales de prévention ; ou encore en ouvrant le dossier médical partagé (DMP) aux expositions professionnelles.

Pour « mobiliser efficacement » le « temps disponible des médecins du travail et personnels de santé », la mission préconise également le recours à des plates-formes internet de prise de rendez-vous directe, l’utilisation de la télémédecine (4) ou encore la possibilité pour certaines catégories de salariés (5) de faire effectuer leur suivi individuel par des généralistes.

Pourtant, les médecins de ville « ne connaissent pas les postes de travail ! » s’étrangle Gilles Seitz, animateur du collectif de médecins du travail de l’Ugict-CGT, pour qui nombre de ces mesures reviennent à « gérer la pénurie ». La dernière réforme de la médecine du travail a espacé les visites périodiques de suivi en remplaçant les médecins par les infirmières, rappelle-t-il (6). « Or, ils ne font pas le même métier, ils sont complémentaires : il faut donc étoffer les équipes avec plus de médecins et plus d’infirmières », plaide-t-il. Quant aux plates-formes de prise de rendez-vous, « le médecin du travail sera-t-il sectorisé par entreprise ou ira-t-il partout sans connaître les postes ? » interroge-t-il. Et de craindre qu’on crée « des médecins du travail hors sol, vus comme un outil aux mains des employeurs pour la gestion du risque professionnel et la sélection de la main d’œuvre ».

Murielle Chalot

1- Au 1er janvier 2017, les services de santé au travail interentreprises (SSTI) comptaient 16578 personnes physiques dont 30 % de médecins et 9 % d’infirmiers. Source : Présanse.
2- Expertise technique, conseils méthodologiques, aide à l’évaluation des risques, mise en place d’un système de management de la santé et sécurité, etc.
3- À l’image de ce qui a été fait pour l’exposition aux agents cancérogènes et les troubles musculo-squelettiques.
4- La mission vante ainsi les mérites de la cabine de télémédecine permettant d’ « optimiser le temps médical et paramédical » par la prise automatisée des mesures physiologiques et la saisie des données, et de « diminuer les déplacements » des médecins, infirmiers et salariés.
5- Le rapport cite l’exemple des salariés des particuliers employeurs.
6- À ce propos, la mission note que « les effectifs des SSTI étaient en 2016 de 11318 ETP soit une hausse de 18 % depuis 2013. La baisse du nombre de médecins du travail a donc été plus que compensée (…) par le recrutement d’infirmiers (+ 68 %) ». En 2016, 7,4 millions de visites médicales et 1,4 million d’entretiens infirmiers ont été réalisés. Source : Présanse.

 



Silver économie: un « eldorado » encore incertain

Article03/09/2018

Une étude du cabinet d’analyse Xerfi Precepta met en avant les opportunités financières considérables associées à la filière silver éco, tout en prévenant illico les nombreux opérateurs désireux de s’imposer sur ce juteux marché de « l’or gris »: difficile à appréhender compte tenu de son hétérogénéité, ce marché sera une aubaine… pour ceux sachant s’y positionner de façon cohérente.

Sobrement intitulée « La Silver économie à l’horizon 2022 – Quels positionnements et stratégies pour concrétiser un potentiel de croissance exceptionnel? », cette étude de 300 pages accessible sur commande (2.880 euros en version pdf) depuis juin, et dont Gerontonews a pu consulter la synthèse, présente les défis clés auxquels sont confrontés les acteurs de la filière ainsi qu’un scénario prévisionnel à horizon 2022.

Oui, pointe Xerfi Precepta, la « vague argentée » représente bien une opportunité économique de choix. D’après ses calculs, la silver éco devrait en effet continuer à croître au rythme moyen de 2,5% par an en France, pour peser 96 milliards d’euros en 2022 (contre 85 milliards en 2017).

Mais le cabinet prévient: la silver économie est certes « un marché à très fort potentiel » mais il est « particulièrement complexe », en raison notamment de l’hétérogénéité de ses nombreux sous-marchés et de ses clients. La fillière a donc encore tout d’un eldorado… « à concrétiser ».

Une vision partagée par nombre d’experts du secteur, conscients que cinq ans après sa cération officielle, la filière silver éco se cherche encore. Pour l’heure, on a encore « du mal à donner corps à la filière », rappelait ainsi le président de France Silver Eco, Luc Broussy, à l’occasion du lancement, en mars dernier, de l’Observatoire national de la Silver économie, prévu dans la feuille de route gouvernementale pour la filière.

Dans ce contexte, quelles sont les stratégies de développement pertinentes selon les profils d’acteurs, les marchés et la nature des produits et prestations offerts? Comment contourner l’écueil de marchés souvent fragmentés et pas toujours matures? Comment optimiser l’expérience client des seniors? Xerfi Percepta liste dans son étude différents leviers qui pourraient permettre aux acteurs de « concrétiser la croissance de la demande potentielle grandissante ».

Habitat intermédiaire et domotique à destination des seniors « fragilisés »

Pour guider les acteurs du secteur, le cabinet a identifié 23 grands marchés, regroupés au sein de 5 grandes filières:

  • Une filière financement -assurance santé complémentaire, assurance dépendance, assurances obsèques, viager, crédit à la consommation
  • Une filière habitat et sécurité -adaptation des logements, hébergements intermédiaires, hébergements médicalisés, domotique, téléassistance
  • Une filière mobilité, lien social et communication -transports et aides à la mobilité, tourisme, technologies de l’information et de la communication
  • Une filière loisirs, bien-être et prendre soin -activités physiques et thérapies non médicamenteuses, nutrition et restauration, habillement, services à la personne de confort
  • Et une filière prévention et santé -services de santé, services d’aide et d’accompagnement à domicile (Saad), aide aux aidants, aides techniques et e-santé.

Distinguant par ailleurs différentes cibles de clientèle -les seniors actifs (65-74 ans), les seniors fragilisés (75-84 ans) et les seniors en perte d’autonomie (85 ans et plus)- Xerfi Percepta estime, au vu des évolutions démographiques en cours, que les marchés les plus porteurs seront, dans les années à venir, ceux « axés sur les 75-84 ans et/ou ne disposant pas d’une offre dédiée ». Soit notamment les marchés « de l’habitat intermédiaire, de la domotique ou encore des Saad ».

Privilégier approche globale et piste du guichet unique

Les auteurs de l’étude ont par ailleurs identifié « trois leviers majeurs à mobiliser » pour les acteurs du secteur souhaitant se développer dans le secteur:

  1. « Creuser la piste du guichet unique », via « l’enrichissement de l’offre », ou « l’organisation et l’articulation des produits et services pour proposer des solutions personnalisées ».

« A ce titre, le groupe La Poste est très bien placé pour s’imposer comme un guichet unique à la fois prescripteur, créateur, distributeur et coordinateur de solutions globales de proximité », juge le cabinet. Il prône « la création libre ou administrée par les acteurs systèmes de prestations globales et de parcours », et cite en exemple « les paniers de services des Carsat, La Poste et le bien-vieillir à domicile, Domitys et le bien-vieillir en résidence, la plateforme gérontologique d’Arpavie, la filière gérontologique du Grand Versailles, PaerpaBordeaux ».

  1. « Saisir les opportunités d’innovations technologiques et sociales » est une autre piste à creuser pour Xerfi Percepta, évoquant à ce propos « la e-santé, la télé-assistance enrichie ou encore les nouveaux modes d’hébergement ». En matière d’innovation numérique au service d’offres commerciales misant sur la logique de services, le cabinet cite en exemple le positionnement de « Bluelinea, H4D, Voluntis, Telegrafik »
  1. Troisième conseil du cabinet: « optimiser l’expérience client », bref réaliser « un ciblage très précis » de la clientèle visée et « mobiliser des canaux de prescription et de distribution efficaces »… Soit, en langage commun, multiplier les opérations de « marketing », de « communication », etc.

Le rôle crucial des pouvoirs publics

Les auteurs de l’étude mettent aussi en avant le « rôle déterminant dans le développement de la silver économie » des « pouvoirs publics et des collectivités locales ».

Xerfi Percepta insiste notamment sur leur rôle majeur dans la mise en place « des filières régionales » de la silver économie, afin d »’organiser, généraliser et mutualiser les dispositifs, à l’image des clusters et autres pôles de compétitivité », le cabinet citant les Hauts-de-France comme l’une des régions les plus avancées en la matière.

Les auteurs de l’étude soulignent aussi le « rôle clé » des pouvoirs publics en matière d’amélioration de « l’efficacité des marchés administrés stratégiques ». Et ils pointent « le rôle législatif et réglementaire des pouvoirs publics » comme « fondamental en matière de reconnaissance et d’encadrement de nouveaux marchés dédiés aux seniors fragilisés ou en perte d’autonomie ». C’est ainsi, rappellent-t-ils, « que la loi d’adaptation de la société au vieillissement a, par exemple, défini le statut de proche aidant« .

Emmanuelle Debelleix

Journaliste



D3S: plus de 40 postes de directeurs déclarés vacants en gériatrie

 

Brève03/09/2018

Le Journal officiel a publié des avis de vacance de postes concernant 60 emplois de directeur d’établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux (D3S), dont plus de 40 en gériatrie, et 52 emplois de directeur adjoint dont la majeure partie concernent des Ehpad.

Les avis de vacance de D3S sont parus au JO du 2 septembre.

Concernant les postes de directeurs, 41 avis de vacance concernent des Ehpad.

Toujours pour les postes de directeurs, 6 avis de vacance sont publiés pour des centres hospitaliers (CH): ceux de Condat-en Feniers (Cantal), de Murat (Cantal), de la Souterraine (Creuse), de Mauvezin (Gers), de Saint-Chély-d’Apcher (Lozère) associé à l’Ehpad Hubert-de-Flers du Malzieu-Ville, et ceux de Cluny et Tramayes (Saône-et-Loire).

Ces emplois de D3S sont réservés aux élèves directeurs ayant satisfait aux épreuves de validation de fin de formation, est-il précisé en préambule de l’avis.

Sont également parus au JO le 2 septembre 52 avis de vacance d’emplois de directeur adjoint.

Pour la grande majorité, ils concernent des Ehpad, ainsi que la direction de filières gériatriques de CH, la responsabilité de pôles personnes âgées de CH, ou celle de sites ou secteurs médico-sociaux de CH.

Emmanuelle Debelleix

 



Cov On: une appli « trajectoire de vie » pour faciliter l’échange avec les résidents

Article03/09/2018

Une résidente de l’Ehpad Ramuntcho de Bidart utilise l’application Cov On. Crédit: Sabrina Talbot

Testée depuis le début de l’année dans trois Ehpad des Pyrénées-Atlantiques, l’application Cov On permet aux personnes âgées de retracer leur histoire de vie sur un support cartographique enrichi de pictogrammes, photos et autres médias. Objectif affiché par ses créateurs: faciliter l’échange et la compréhension entre personnes vulnérables et professionnels les accompagnant.

« Libérer la parole d’un résident mutique, offrir à un autre, fragilisé par Alzheimer, la possibilité de se raconter autrement que par des mots. Découvrir, au détour d’une anecdote, qu’untel aime les bananes mais déteste le bel canto… Permettre à une autre de communiquer avec sa famille établie à l’autre bout du monde… » Animatrice à l’Ehpad Ramuntcho de Bidart, Sabrina Talbot, interviewée le 29 août par Gerontonews, en est persuadée, « Cov On n’est ‘qu’un outil’… mais c’est un outil précieux. Tout à la fois support ludique d’atelier réminiscence, outil innovant pour se dire, et atout, pour nous professionnels, pour initier et nourrir l’échange avec les résidents. »

« Lorsque j’ai, pour la première fois, utilisé l’application avec l’une de nos résidentes, Maria*, 92 ans, elle a parlé durant trois heures sans discontinuer. Certes, c’était une résidente déjà plutôt loquace… mais là, elle nous a pour ainsi dire retracé étape par étape toute son histoire de vie, faite de voyages de par le monde avec son mari militaire et ponctué par la naissance de ses sept enfants », poursuite l’animatrice.

La fois suivante, « elle a ri aux éclats à la vue de la photographie ancienne de la boulangerie que tenaient ses parents lorsqu’elle était enfant, qu’elle s’est empressé d’intégrer à son parcours Cov On. Avant de poser, en silence ou presque, des pictogrammes illustrant des moments plus douloureux de sa vie, qu’elle taisait jusqu’alors -un accouchement difficile dans une case à Madagascar, le décès de son mari dans un village des Landes… »

Fonctionnant sur ordinateur, tablette ou smartphone, Cov On -nom issu de l’anglais « to converge on », signifiant rassembler- a été conçue par le laboratoire d’innovation sociale biarrot Gaïdo Lab, fondé en 2015 par deux entrepreneurs issus du milieu de l’économie sociale et solidaire, Xavier Baylac et Laurent Pourtau. Se présentant sous la forme d’une carte du monde -réduite parfois à une micro-région, pour les aînés ayant peu bougé!- Cov On s’enrichit, au fil des histoires de chacun, de pictogrammes illustrant les moment clés de la vie de chacun, ses goûts et ses dégoûts, ses traumas et moments festifs… ainsi que de photos, vidéos, sons, souvent accompagnés d’anecdotes et commentaires écrits.

Déploiement prochain dans 10 Ehpad du département

« Mobilisable lors d’une première rencontre, par la psychologue de l’Ehpad par exemple, pour comprendre au mieux la réalité d’identité de la personne accueillie, mais exploitable aussi sur le temps long, afin d’accompagner au mieux la production valorisante d’une « mémoire de soi » -qu’il s’agisse d’adolescents suivis en maison d’enfants à caractère social (Mecs), de demandeurs d’asile, de personnes handicapées ou de personnes âgées dépendantes… Cov On a été conçu en partant du postulat que chacun est riche d’une trajectoire de vie parsemée de moments forts, d’un héritage familial, culturel, de rencontres, qui fondent son identité », expose Xavier Baylac, interrogé le 28 août par Gerontonews.

Autant d’histoires qui peuvent se dessiner et s’illustrer sur des cartes, « permettant ainsi à chacun librement, visuellement, de se raconter autrement. Et de dépasser ce qui peut faire blocage ou être source de tensions -la non-maîtrise d’une langue, la difficulté à verbaliser, des pertes de mémoire, etc. »

Exclusivement destinée aux professionnels du sanitaire et du médico-social, ou bien d’ONG, l’application a été conçue sur logiciel libre. Interrogé sur le prix de Cov On, Xavier Baylac a répondu que « la ressource, incluant des scénarios d’animation, en grande partie co-construits avec des professionnels partenaires et utilisateurs, et un accompagnement par les membres de Gaïdo Lab lors des premières prises en main, est proposée aux Ehpad au prix de 1.500 euros hors taxes (soit quelque 1.800 euros TTC) ». L’application « ne fonctionne pas sur un principe d’abonnement ». Une fois Cov On acquise, « l’utilisateur bénéficie encore de toutes ses modifications et des développements nouveaux ».

Testée dans trois Ehpad basques depuis le début de l’année, l’application est utilisée depuis 2017 par différentes structures médico-sociales, pour la plupart situées en Nouvelle-Aquitaine -foyers de vie pour personnes handicapées, structures d’accueil de demandeurs d’asile, Mecs, services d’accompagnement à la vie sociale, centres communaux d’action sociale (CCAS), etc.

Mais l’outil devrait aussi être déployé, dès ce mois de septembre, dans une cinquantaine d’Ehpad de Nouvelle-Aquitaine, Gaïdo Lab étant en pourparlers plus qu’avancés avec un organisme de protection sociale et patrimoniale intéressé par le projet.

Le conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, également séduit par Cov On, a déjà acté le financement du déploiement de l’application dans 10 nouveaux Ehpad du département, au dernier trimestre de l’année 2018. Il vient, pour ce faire, de lancer un appel à candidatures.

« Cov On est aussi utilisé depuis quelques mois par le CCAS de la ville d’Anglet, pour les visites de personnes âgées à domicile, réalisées par des jeunes en service civique », ajoute Xavier Baylac. Objectif pour le centre communal: « faciliter l’échange entre jeunes et personnes âgées, mais aussi, en filigrane, préparer et adoucir l’éventuelle entrée de ces personnes en Ehpad, si leur état s’aggrave… L’arrivée dans l’établissement se faisant Cov On sous le bras, et donc histoire de vie déjà en partie tracée pour les professionnels de la structure. »

De nouveaux usages à inventer

« L’application n’a pas vocation à se substituer à l’accompagnement humain des professionnels. Bien au contraire! Il s’agit d’un outil support de facilitation et d’amélioration de la construction de la relation accompagnant-accompagné », souligne Xavier Baylac. L’application a d’ailleurs « les défauts de ses qualités », ajoute-t-il, reconnaissant notamment qu’elle demande du temps… « Son utilisation dépend aussi, bien sûr, des pratiques professionnelles des uns et des autres. Et elle peut s’avérer complexe dans certains cas -comment utiliser Cov On avec un résident malvoyant? Avec quelqu’un dont les troubles cognitifs sont très avancés? Cela demande aux équipes -psychologues et animateurs, les principaux utilisateurs de Cov On- une bonne dose d’inventivité », concède-t-il encore.

« Oui, les pictogrammes, sérigraphiés, ne sont pas les plus sexy qui soient, et ne sont pas toujours les plus parlants. Oui, Cov On demande de pouvoir passer du temps avec chaque résident », renchérit Sabrina Talbot. « Il n’empêche… depuis que l’application est disponible dans l’établissement, je fourmille d’idées nouvelles quant à son utilisation possible », embraie-t-elle aussitôt.

L’animatrice a ainsi pour projet d’utiliser Cov On comme « support de livre de recettes de cuisine », élaboré par les résidents de l’Ehpad Ramuntcho à partir des pérégrinations de chacun. Elle se dit aussi que ce livret de cuisine, ou toute autre création du même ordre, « est aussi un bon moyen pour utiliser Cov On en groupe, et non pas seulement en dual animatrice-résident ». Sa direction ayant validé l’achat d’une tablette pour le service animation, elle compte aussi s’en servir pour utiliser Cov On avec les résidents contraints de rester alités -quand jusqu’alors elle se servait de l’application sur ordinateur exclusivement.

Sabrina Talbot a aussi fait valider par sa direction l’idée d’utiliser Cov On pour « établir, à destination de ses collègues soignants, des fiches récapitulatives concernant les conduites à tenir envers des résidents en souffrance, en difficulté, cognitive ou comportementale ». L’idée lui est venue lorsqu’elle a découvert que Maria était une grande fan de l’opéra Tosca… « Lui faire écouter un extrait de l’opéra lui procure du plaisir, mais peut aussi l’apaiser lorsqu’elle est agitée. Pour une aide-soignante intérimaire débarquant dans l’établissement, trouver dans le placard de Maria quelques indications sur ses goûts, ce qui lui fait du bien, ou ce qu’elle n’aime pas, peut être d’un grand secours », pointe l’animatrice. « Bien sûr, nous pourrions faire la même chose ou presque à l’aide de simples feuilles de papier. Mais cartes, pictogrammes, mots-clés listés par le biais de l’application sont plus parlants, immédiatement. Y compris pour les professionnels », espère-t-elle.

*Son prénom a été modifié.

 

 



Veille juridique | 31/08/2018

Textes officiels

 



Trois appels à projets dans le champ de l’autonomie lancés par l’ARS Bourgogne-Franche-Comté

Article31/08/2018

L’agence régionale de santé a lancé trois appels à candidatures destinés aux établissements et services médico-sociaux (ESMS) de la région, visant notamment à l’amélioration de la qualité de vie au travail des professionnels de ces structures.

Répondre au « malaise exprimé par les professionnels d’Ehpad lors des journées d’action des 30 janvier  et 15 mars » derniers, c’est l’un des objectifs cités par l’ARS Bourgogne-Franche-Comté dans de récents appels à projets adressés aux ESMS.

Dans une démarche d’amélioration des conditions de vie au travail, le premier de ces appels à candidatures (dépôt des dossiers jusqu’au 18 septembre) cible les actions de prévention des troubles musculo-squelettiques (TMS) et des risques psycho-sociaux pouvant être mises en place par les ESMS accompagnant des personnes âgées ou handicapées.

Les projets présentés doivent être coconstruits « de façon paritaire avec les représentants du personnel », précise l’ARS, qui ajoute que « tous les personnels des structures sont éligibles à condition que la demande porte sur des actions intégrant du personnel soignant ».

Le second appel à candidatures (dépôt des dossiers jusqu’au 18 septembre) « vise à dynamiser les plans d’attractivité et fidélisation » des structures médico-sociales de la région « envers les carrières soignantes et paramédicales. »

Il cible en particulier les actions visant à favoriser le recrutement d’assistants de soins en gérontologie (ASG), d’aides-soignants, d’accompagnant éducatif et social, d’infirmiers, de médecins coordonnateurs, de masseurs-kinésithérapeutes et d’orthophonistes.

Ces deux appels à projets doivent bénéficier d' »une partie des crédits non reconductibles », l’ARS précisant ne pas avoir défini « de montant plafond » afin de laisser aux établissements candidats la possibilité de prévoir un financement sur plusieurs années dans le cadre d’un plan d’action pluri-annuel.

Par ailleurs, un troisième appel à candidatures (dépôt des dossiers jusqu’au 17 septembre) vise à inciter les établissements médico-sociaux à accueillir un jeune en service civique, sur 8 mois minimum.

Pour cela, l’agence précise qu’elle déléguera à chacune des structures retenues une « enveloppe en crédits non reconductibles de 1.500 euros » destinée à « compléter l’indemnisation du jeune sur 8 mois (100 euro par mois), en complément de l’indemnisation versée par l’agence de service et de paiement (ASP) » et à « dégager une enveloppe pour permettre au jeune de développer un projet dans [la] structure, en faveur des publics accueillis (700 euros) ».

Emmanuelle Debelleix

Journaliste

 



 

PUI: une étude pointe les problèmes liés aux systèmes d’information

Article30/08/2018

Bugs, difficultés de paramétrage du logiciel ou de mise à jour des bases de données, les pharmaciens des établissements de santé, dont certains exercent en Ehpad, rencontrent de multiples problèmes liés aux systèmes d’information hospitaliers (SIH), montre une étude publiée dans l’édition de septembre 2018 des Annales pharmaceutiques françaises.

L’étude a compilé et analysé les échanges des professionnels membres de l’Association pour le digital et l’information en pharmacie (ADIPH) entre mars 2015 et juin 2016, et plusieurs communications orales menées lors des congrès Rencontres convergences santé hôpital (SNPHPU) et Hopipharm (Synpreph). Durant cette période, 122 courriels ont ainsi été émis par 80 pharmaciens exerçant dans des pharmacies à usage intérieur (PUI) et concernaient les SIH.

Parmi ces 80 pharmaciens, 36 exerçaient en Ehpad, en établissement de moyen séjour et/ou de soins de suite et de réadaptation (SSR) ou en soins de longue durée, 3 étaient en poste en CHU, 30 en centre hospitalier (CH), 4 en clinique et 7 en établissement public de santé mentale (EPSM), indique l’étude.

Interrogé le 30 août par Gerontonews, l’un des auteurs de l’étude, Bruno Charpiat, du service pharmacie du groupement hospitalier nord des Hospices civils de Lyon, précise que, parmi les pharmaciens exerçant en Ehpad dont les courriels ont été analysés, 4 travaillaient uniquement en Ehpad, dont 3 en Ehpad public « du type maison de retraite départementale » et 1 en Ehpad privé. 20 autres travaillaient dans des établissements « ayant plusieurs types de soins (médecine, chirurgie, obstétrique, SSR, etc..) et une activité Ehpad (secteur ou site) ».

Quarante-quatre des 122 courriels analysés comportaient au moins une question, 58 une réponse et 77 un commentaire. « Sur les 44 courriels comportant au moins une question, 13 étaient une demande de renseignement sans commentaire », précise l’étude: « Nous avons eu une présentation du logiciel A. J’aimerais prendre contact avec un pharmacien qui utilise déjà ce logiciel »; « Que pensez-vous du logiciel B? »; « Pouvez-vous me détailler les mérites comparés de ces deux logiciels de chimiothérapie? »

Si la thématique le plus souvent abordée (116 fois) est celle du paramétrage et des fonctionnalités (problèmes de gestion et de paramétrage de médicaments injectables ou difficultés d’interfaçages), les pharmaciens ont également largement pointé les problèmes de temps et de charge de travail (32 fois), « à égalité avec les difficultés relationnelles avec les fournisseurs et leur manque de réactivité » (32 fois).

Les autres difficultés majeures mises en avant sont: le manque d’ergonomie (évoqué 30 fois); les bugs (23 fois), la formation des utilisateurs (22 fois), la responsabilité du pharmacien (19 fois), la réglementation (18 fois), les problèmes sur les référentiel produits (17 fois), le livret thérapeutique (15 fois), ainsi que les problèmes organisationnels (12 fois) et la gestion du projet avec les décisions unilatérales des directions (3 fois).

Des pharmaciens « détournés » de leur mission de soin

Si l’informatisation des établissements de santé, portée notamment par le « Programme Hôpital numérique », est déjà bien entamée, elle a donc un impact sur les conditions de travail au sein des pharmacies dans les établissements de santé. Les résultats de cette étude permettent de mettre en lumière ce qui peut « détourner » le pharmacien hospitalier de sa mission de soin des patients.

« Les problèmes liés aux systèmes d’information rencontrés dans les pharmacies des établissements de santé français sont interdépendants, entraînent des erreurs et contraignent, pour en atténuer les conséquences, les professionnels à détourner une quantité importante d’heures de travail au détriment du soin et de la pharmacotechnie », précisent les auteurs des travaux, ajoutant que ces problèmes informatiques « n’épargnent aucun type d’établissement ».

Ce « glissement de tâches » révèle des conséquences néfastes directes et indirectes « sur la qualité et la sécurité des soins », qu’il s’agisse des erreurs induites par des pannes ou les interfaces défaillantes ou d’erreurs médicamenteuses « aux conséquences graves et parfois mortelles ».

Ces problèmes liés aux SIH imposent d’ailleurs au pharmacien d’engager sa responsabilité « sur des facteurs qu’il ne maîtrise pas », pointe l’étude.

Si la question de la non-maîtrise de ces logiciels est régulièrement citée, l’offre riche de logiciels est également une source de confusion évoquée par les professionnels: 53 logiciels « de différentes natures » (prescription, dispensation, dossier patient, gestion et comptabilité, traçabilité, chimiothérapie, référentiel articles, pilotage de stockeurs) ont été cités « au moins une fois au sein de 99 courriels ».

Pointant le contexte de forte concurrence sur le marché des logiciels hospitaliers, les auteurs de l’étude déplorent que le référencement de la direction générale de l’offre de soins (DGOS) « ne donne pas d’indications sur comment choisir dans cette offre pléthorique ni sur comment elles tiennent leurs engagements et aucune information quant à leur pérennité ».

Les pharmaciens des établissements de santé français ne sont d’ailleurs pas les seuls confrontés à ces problématiques concernant les logiciels, et leurs difficultés coïncident avec celles révélées dans des travaux de recherche conduits à l’étranger, essentiellement aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

Comme leurs pairs anglo-saxons, les auteurs de l’étude formulent plusieurs propositions pour améliorer la relation avec les logiciels, et appellent à « des recherches pour déterminer leur coût, en préciser les effets délétères sur les soins et identifier les systèmes d’information les plus sûrs ».

Les 4 « actions à conduire » formulées dans l’étude:

-Evaluer l’impact organisationnel de ces systèmes d’information « avant la mise sur le marché »
-Garantir la formation des utilisateurs en renforçant la réglementation
-Automatiser en amont le paramétrage et de la mise à jour des bases de données
-Inscrire les systèmes d’information dans les programmes de formation initiale et continue

 

Wassinia Zirar

Journaliste

 

 



Quiz de pré-rentrée: combien d’Ehpad peinent à recruter?

Article31/08/2018

En ce 31 août, plus de doutes possibles… Lundi, c’est la rentrée. Avant de vous plonger dans de nouveaux dossiers, en piste pour un dernier tour de révision de l’actualité des Ehpad de ces derniers mois !

Selon l’Anap, combien d’établissements et services médico-sociaux ont fourni des postes informatiques à toutes leurs équipes métiers?

  1. 47%
  2. 57%
  3. 67%
  4. 77%

Réponse

Qui a remplacé Julien Moreau à la direction de l’autonomie et de la coordination des parcours de vie de la Fehap en juillet?

  1. Jean-Paul Rouveau
  2. Jean-Vincent Placeau
  3. Jean-Christian Sovrano
  4. Jean-Pierre Riso

Réponse

Le conseiller d’Etat Denis Piveteau doit remettre en septembre un rapport très attendu. Sur quelle thématique?

  1. L’investissement
  2. La qualité de vie au travail
  3. La bientraitance
  4. Le virage numérique

Réponse

D’après une étude de la Drees, quel est le pourcentage d’Ehpad peinant à recruter?

  1. 34%
  2. 44%
  3. 54%
  4. 64%

Réponse

Sur quoi porte le label qualité officiel Viseha lancé en juin?

  1. La vérification de la vision des personnes âgées
  2. Les résidences services seniors
  3. Le « bien vieillir » dans les communes de France
  4. les produits du quotidien testés et approuvés par les seniors.

Réponse

ed/ab

Emmanuelle Debelleix

Journaliste

 

 

 

ENTRETIEN



DocteGestio veut passer de l’Ehpad à la « plateforme de services »

Article30/08/2018

Crédit: Fotolia/Salome

Le groupe entend faire évoluer « son modèle Ehpad sur un territoire expérimental et sous la forme cible d’une plateforme de services », dans le cadre de la création d’une filière « autonomie », a expliqué Guy Fontaine, directeur général adjoint.

Cette « plateforme de services » résulterait de « la mutualisation d’un Ehpad, de services de soins infirmiers à domicile [Ssiad] et de services d’aide et d’accompagnement à domicile [Saad] », a précisé à APMnews le directeur général adjoint de DocteGestio.

L’expérimentation, dont Guy Fontaine n’a pas défini les contours territoriaux, s’inscrit dans la stratégie globale de ce groupe de maisons de retraite, de cliniques et de services à domicile (8.000 salariés, 243 établissements et services), qui ambitionne de devenir « le premier opérateur global sanitaire et médico-social français en institution et à domicile, dans le monde réel comme dans le monde virtuel ».

Poursuivant sa stratégie de développement dans les champs sanitaire (marque Doctocare) et médico-social (Amapa) par la reprise de structures en difficulté dont il s’est fait une spécialité, le groupe compte poursuivre la « densification » de son maillage territorial, et créer « une offre globale en santé, médico-sociale et sanitaire, en développant des synergies avec le tourisme », a expliqué son directeur général adjoint.

Ce concept d’offre globale doit se traduire, en 2018, par la mise en oeuvre d’une « filière autonomie », dont l’objectif est de « décloisonner matériellement et symboliquement les modes de fonctionnement de l’ensemble de l’offre », a annoncé Guy Fontaine.

L’enjeu « n’est pas seulement de rechercher des synergies économiques, mais de construire une offre d’accompagnement de la perte d’autonomie qui corresponde au parcours des personnes âgées », a-t-il argué, expliquant que c’est dans ce cadre que DocteGestio souhaitait faire évoluer « son modèle Ehpad ».

La filière autonomie du groupe « sera également amenée à travailler en collaboration avec l’environnement sanitaire des territoires et selon les grandes orientations portées par les politiques de santé », est-il précisé dans le premier rapport d’activité du groupe. Il est aussi prévu qu’elle lance « des réflexions autour des axes de la prévention ».

Médico-social: 114 M€ de chiffre d’affaires

DocteGestio, qui mise sur une croissance de 25% par an pour atteindre 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2022-2023, a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires cumulé de 296,7 M€ (+53% par rapport à 2016). Il vise les 400 M€ fin 2018, dont environ 200 M€ issus du secteur sanitaire et 114 M€ issus du médico-social.

Toujours en 2017, le groupe a enregistré un résultat d’exploitation de 1,7 M€ et un déficit de 3,8 M€ avec un résultat exceptionnel de -6,3 M€. Ce dernier s’explique « pour plus de la moitié par des litiges prud’homaux et des contentieux commerciaux qui existaient avant la reprise [de diverses structures] par le groupe, mais qui trouvent leur dénouement après la reprise », a expliqué Guy Fontaine. Le reste se partage « entre des reprises d’excédents par les autorités de tarification des établissements et services médico-sociaux et par des charges sur exercices antérieurs ».

Interrogé sur les déficits au sein du groupe, le directeur général adjoint a répondu que l’entreprise ne communiquait pas sur la rentabilité de ses activités mais que celles qui sont déficitaires « bénéficient de l’aide des activités bénéficiaires ».

Regroupement de structures et mutualisation des fonctions supports

DocteGestio, qui entend poursuivre sa croissance externe via alliances, fusions ou reprises, compte aussi se développer par croissance interne, modalité « encore peu développée, mais qui doit nous permettre, là où une activité du groupe est présente, de proposer l’offre globale, ou d’ouvrir un établissement ou service dans les départements où nous ne sommes pas encore présents, sans attendre qu’une opportunité de reprise se présente », a expliqué Guy Fontaine.

« Nous continuons à regrouper des établissements et des services, sous forme associative pour le secteur médico-social, sous forme associative ou privée commerciale pour le secteur sanitaire. Nous pouvons aussi intervenir dans le cadre de délégations de service public », a-t-il indiqué. Les conventions collectives appliquées sont, dans le médico-social, celles du champ associatif à but non lucratif. Une maison de retraite non médicalisée relève de la convention de l’hospitalisation privée, quatre autres du droit du travail spécifique applicable en Moselle.

Autre objectif: que le groupe, où la « digitalisation » est une marque de fabrique, puisse passer à l’étape de « l’intelligence artificielle, à partir de bases de données sur lesquelles travaillent des data scientists » pour améliorer le parcours des bénéficiaires. « L’idéal est que demain, quand une personne se présente chez nous, nous soyons en capacité de lui configurer une offre sur mesure dans un temps record, y compris pour les temps de répit ou les temps de vacances », met en avant Guy Fontaine.

DocteGestio a selon lui « fait la preuve que son modèle tient dans la durée, même s’il peut y avoir des accidents ». Interrogé sur les conditions de reprise des effectifs, il a précisé que lorsque le groupe dépose une offre, il propose « de reprendre le maximum de salariés, entre « 95% à 100% du personnel ». Une fois les salariés intégrés, « il n’y a jamais eu de licenciement économique, de plan social », a-t-il assuré… tout en concédant que cela « ne veut pas dire qu’il n’y a jamais eu de licenciement ».

Interrogé sur le modèle du groupe de mutualisation des fonctions supports, dissociées des fonctions opérationnelles, Guy Fontaine a indiqué qu’en cas de reprise de petites structures, où « généralement les fonctions supports n’existent pas, sont très faibles, ce sont nos fonctions supports excédentaires qui vont absorber cette activité nouvelle. Quand nous reprenons des groupes où les fonctions supports sont très développées, nous les isolons de l’opérationnel au sein de l’établissement physique et les redéployons au-delà de cet établissement ». DocteGestio compte ainsi 15 établissements supports.

Ehpad du Val Montjoie: DocteGestio a déposé un recours

Concernant la mise sous administration provisoire de l’Ehpad associatif du Val Montjoie (Saint-Gervais-les-Bains), repris en 2014 par DocteGestio, Guy Fontaine a fait savoir que le groupe avait déposé un recours judiciaire contre la décision de l’agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes et du conseil départemental de Haute-Savoie.

Mettant en avant le fait que les difficultés de gestion de l’Ehpad « ne sont pas nées » à l’arrivée de DocteGestio, il a présenté celles-ci comme symboliques de « la limite d’un modèle de reprise d’une activité administrée ». « Si la tutelle refuse tout dialogue et tout partenariat, redresser une structure en difficulté devient une mission impossible », a-t-il argué.

« Ne pas introduire de recours signifiait qu’on était satisfait de la décision par laquelle on était frappés, or évidemment nous ne sommes pas satisfaits. Mais cela ne nous dissuade pas de toujours tenter d’établir un dialogue avec les tutelles », a-t-il plaidé.

Les activités reprises par DocteGestio en 2017:

En 2017, DocteGestio a repris 1 Ehpad, 20 services de Saad et 3 services de Ssiad dans le champ du médico-social. Dans le sanitaire, il a repris les structures de l’Union territoriale de la Mutualité d’Ile-de-France, 1 clinique dans la Manche, les activités des Mutuelles de France du Var, 1 centre dentaire à Marseille et 1 site d’e-commerce de matériel et de fournitures paramédicaux.

Maryannick Le Bris

 



Antipsychotiques: un surrisque de décès chez des patients fragiles?

Article29/08/2018

Les antipsychotiques de seconde génération pourraient être associés à un surrisque de décès dans un sous-groupe de patients fragiles, notamment chez ceux atteints d’une démence et chez les patients âgés, selon une méta-analyse réalisée par des chercheurs allemands.

Traitant efficacement les symptômes, les antipsychotiques peuvent réduire les idées et comportements suicidaires, ainsi que les accidents, et avoir en conséquence des effets protecteurs. Mais l’impact potentiel des effets indésirables aigus de ces médicaments dans la mortalité précoce des patients, schizophrènes notamment, est débattu depuis longtemps sans qu’un consensus puisse être établi, constatent le Dr Johannes Schneider-Thoma de l’université de Munich et ses collègues dans l’édition en ligne du 2 juillet de The Lancet Psychiatry.

Pour savoir si les antipsychotiques ont un effet sur le risque de décès, les chercheurs ont donc réalisé une revue systématique des essais cliniques contrôlés, identifiant 596 études menées auprès de plus de 108.000 participants, publiées entre 1978 et 2017. Ils ont ensuite fait une méta-analyse des 352 études (incluant près de 35.000 patients) qui avaient des données disponibles sur la mortalité.

La majorité de ces études avaient une durée de trois mois ou moins (85%), avec une durée médiane de six semaines. Un total de 207 décès sont survenus parmi 53.804 patients recevant un antipsychotique, et 99 parmi les 31.184 sous placebo.

Globalement, les analyses par sous-groupe et méta-analyses de régression n’ont pas mis en évidence de facteur de risque notable, ni de mortalité accrue à court terme.

Pour autant, un surrisque de décès a été observé chez certaines personnes fragiles: chez les patients atteints de démence, chez les patients âgés (hommes et femmes âgés de 65 ans et plus, dans la majorité des études), et chez ceux sous un antipsychotique en particulier, l’aripiprazole (Abilify*, Bristol-Myers Squibb/Otsuka).

Chez ces patients, les risques relatifs rapprochés de décès, par rapport aux patients sous placebo, étaient en effet de 1,6 pour les patients atteints de démence, de 1,4 chez les patients âgés, et de 2,2 chez ceux sous aripiprazole. Soit des risques « significatifs », constatent les chercheurs.

Le surrisque observé chez les patients âgés, et chez ceux sous aripiprazole, provenait essentiellement des études incluant des patients atteints de démence, ajoutent-ils.

Luu Ly Do Quang

Journaliste

 



Innover par l’usage: les Ehpad publics du CH de Tréguier expérimentent les outils de start-up locales

Article29/08/2018

CH de Tréguier

Depuis le début de l’année, les quatre Ehpad du centre hospitalier (CH) de Tréguier (Côtes-d’Armor) expérimentent diverses innovations technologiques, dans le cadre de partenariats noués avec des start-up du territoire. Objectif: coconcevoir des technologies avec des entreprises innovantes afin d’apporter des solutions aux problématiques soulevées par le vieillissement de la population.

Associer les Ehpad et les start-up pour innover en partant des besoins du terrain? Le sujet est désormais « tendance », entre l’accompagnement d’entreprises par des designers « d’usage »  pour coller au plus près des besoins ou les sociétés qui travaillent en collaboration étroite avec les établissements.

Une tendance d’autant plus forte que les Ehpad sont également pleinement concernés par le « virage numérique », axe fort du projet de réforme du système de santé, qui doit être présenté mi-septembre par le gouvernement. Or si les établissements sanitaires se sont déjà embarqués dans l’aventure dans le cadre du programme Hôpital numérique 2012-2017, le médico-social est encore largement à la traîne.

Mais « que faire concrètement? » s’est interrogée la direction du CH, établissement de 600 lits et places à orientation gériatrique, accueillant 420 lits d’Ehpad, répartis en quatre strucures (Ehpad Saint-Michel, Ehpad Paul Le Flem, Ehpad Anatole Le Braz et Ehpad Pierre-Yvon Trémel). Après des mois de brainstorming, une idée est née, courant 2016: celle de créer un « laboratoire d’innovation du mieux vieillir ».

Interrogé le 29 août par Gerontonews, le directeur de l’établissement, Patrick Rémy l’avoue: « Honnêtement, ce projet nous a été inspiré par une autre initiative locale, la pépinière de start-up hébergée par l’Ehpad du centre hospitalier intercommunal du Val-d’Ariège (Chiva) de Foix (Ariège), dont nous avions eu vent en lisant un entrefilet dans la presse ».

« Nous nous sommes dit: et pourquoi ne ferions-nous pas de même? Et nous avons créé notre laboratoire, fin 2016… en partant un peu nez au vent, sans trop savoir encore à quels projets concrets il allait pouvoir donner naissance. »

Partant de là, le CH a mené, en interne, une réflexion avec médecins et soignants sur ses priorités en matière de nouvelles technologies, et il est entré en contact avec le conseil départemental des Côtes-d’Armor, qui a orienté l’établissement vers Côtes-d’Armor Développement (agence de développement territorial du département) et vers la technopole Anticipa, qui ont servi de trait d’union avec les start-up implantées localement.

Prévention des chutes et lien social

Les choses ont pu s’accélérer grâce à une subvention de 41.000 euros obtenue en décembre 2017 de la conférence des financeurs des 22, soit « des crédits de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) cogérés par l’agence régionale de santé (ARS) Bretagne et le conseil départemental des Côtes-d’Armor », comme expliqué à Gerontonews par le responsable financier achats du CH et responsable de projet du laboratoire d’innovations, Aymeric Tardivel. Et plusieurs expérimentations ont été menées au CH depuis le début 2018.

« Toutes les propositions que nous recevons sont étudiées par un comité réunissant soignants et médecins exerçant dans les Ehpad du CH ainsi que des représentants de la direction. Les porteurs des projets présélectionnés sont ensuite auditionnés… Puis nous décidons de retenir, ou pas, leur projet, et de travailler donc avec eux pour mener des expérimentations terrain », précise à ce propos Patrick Rémy.

Mi-janvier, une expérimentation sur la prévention des chutes, visant à mesurer l’efficacité du balisage lumineux photoluminescent proposé par l’entreprise Eldom, s’est lancée, pour trois mois, auprès d’une vingtaine de résidents de l’Ehpad Paul le Flem. Des panneaux photoluminescents ont été disposés dans les chambres, sur la table de chevet, le lit, la porte de la salle d’eau et à l’intérieur de celle-ci. « Supervisée par un médecin, cette expérience a montré que si les sticks lumineux installés pouvaient rassurer les résidents les plus autonomes, ils avaient peu d’impact sur ceux dont les troubles cognitifs étaient marqués », souligne Aymeric Tardivel. Les sticks lumineux sont donc restés en place, la société devant même venir en installer de nouveaux en septembre… mais l’expérimentation a aussi montré, souligne Patrick Rémy, « qu’il fallait sans doute songer à d’autres outils pour les résidents d’Ehpad les plus fragilisés par des troubles cognitifs forts ».

Le 25 janvier, le CH a mis en place un outil de prévention de la déshydratation basé sur des verres intelligents proposés par la start-up Auxivia, ces verres reconnaissant les résidents qui les utilisent et enregistrant les quantités bues. L’expérimentation a duré jusque fin mai, auprès de 26 résidents, dans l’une des unités de l’Ehpad Pierre-Yon Trémel. « Les résultats ont été positifs, en ce qu’ils permettaient de donner une tendance du niveau d’hydratation des résidents. Mais le médecin responsable de l’expérimentation a pointé une difficulté majeure: les contraintes que cela pouvait poser aux soignants en termes d’organisation, ne serait-ce que pour s’assurer de la bonne distribution des verres », souligne Aymeric Tardivel.

L’établissement a aussi expérimenté la solution Familéo, une gazette permettant de maintenir et développer le lien social entre le résident et ses proches via une application internet, transformant les informations transmises par les proches en gazettes papiers pour les résidents. Testé à compter de février dans les quatre Ehpad du CH, la solution a eu un tel succès… que le CH a dans la foulée, souscrit un abonnement.

Prévention de la déshydratation et confort des soignants

Vingt résidents de deux des Ehpad du CH expérimentent aussi, depuis juin, un prototype de masque de réalité virtuelle, conçu dans une optique d’amélioration de leur qualité de vie. Tenu par de strictes clauses de confidentialité imposées par le concepteur de l’outil, l’établissement n’a cependant pas pu communiquer plus avant sur le sujet…

L’établissement doit aussi expérimenter, en fin d’année, une « solution psycho-olfactive » visant à améliorer les conditions de travail des soignants – « soit des huiles essentielles, diffusées à des moments clés de la journée, lors des toilettes et des repas par exemple », explique Aymeric Tardivel. La start-up à l’origine du projet est venue en juin présenter le projet aux soignants de l’Ehpad Anatole Le Braz où la solution doit être déployée.

« Pour ce projet, comme pour l’expérimentation de réalité virtuelle, le CH a à chaque fois mis sur la table quelque 4.000 euros, puisés sur les 41.000 euros de subvention reçus ». Mais pour les projets de plus grande envergure, financièrement parlant, il est contraint, explique le directeur achat, de s’associer avec les start-up pour monter des dossiers de demandes de subventions spécifiques.

Le CH s’y emploie déjà. Désireux de continuer à travailler sur la prévention de la déshydratation, il réfléchit, avec la start-up bretonne Telimed, à la possibilité de tester un bracelet qui pourrait identifier le taux de déshydratation des résidents via la lecture des cellules du corps.

Une expérimentation dépassant les frontières des Ehpad hospitaliers

Autre priorité pour le CH: ouvrir la possibilité d’expérimenter à de nouvelles structures. « Nous nous sommes en effet aperçus, au fil des expérimentations, que le projet que nous menions dépassait le cadre de l’Ehpad: nous cherchions des trucs et astuces pour améliorer le confort de vie de nos résidents et des équipes soignantes, mais nous nous sommes rendus compte que certaines solutions testées pouvaient en intéresser d’autres, le domicile notamment », souligne Patrick Rémy, prenant l’exemple des sticks lumineux visant à la prévention des chutes.

Le CH de Tréguier travaille notamment avec le groupement de coopération sanitaire et médico-social (GCSMS) Cesame, qui gère plusieurs petits Ehpad sur le département. Les deux structures coopèrent de longue date en matière de formation et d’évaluation des pratiques. Là les responsables de Cesame doivent venir en septembre tester le dispositif de réalité virtuelle en cours d’expérimentation dans les Ehpad du CH… pour intégrer l’expérimenation s’ils le souhaitent, explique Aymeric Tardivel.

L’expérimentation pourrait aussi s’ouvrir au domicile, le CH étant actuellement en relation avec la communauté de communes de Lannion, gérant plusieurs services d’aide à domicile. « Nous les voyons en octobre, afin qu’ils intégrent le laboratoire d’innovation du mieux vieillir ».

Etablissement de 600 lits et places à orientation gériatrique, le CH de Tréguier comprend 30 lits de médecine gériatrique, 50 lits de soins de suite et de réadaptation (SSR) pour personnes âgées polypathologiques dépendantes, 5 lits d’hospitalisation de jour (HDJ) MCO mémoire, nutrition, chutes, Parkinson, 10 lits d’HDJ SSR, et 60 lits d’unité de soins longue durée (USLD).
Il compte également 420 lits d’Ehpad, et 10 places d’accueil de jour.Il est en direction commune avec le CH de Paimpol, et fait partie du groupement hospitalier de territoire (GHT) d’Armor, dont l’établissement-support est le CH de Saint-Brieuc.

Emmanuelle Debelleix

Journaliste

 



29/08/2018 Le Projet Régional de Santé Occitanie est adopté

A l’issue d’une consultation qui a mobilisé de nombreux acteurs locaux et régionaux, l’Agence Régionale de Santé vient de finaliser le Projet Régional de Santé Occitanie.

Une large concertation dans chaque territoire

La période de consultation a été très fructueuse. Elle a permis à l’ARS d’apporter au Projet Régional de Santé des ajustements issus des nombreuses contributions réglementaires reçues.

Cette feuille de route pour les 5 années à venir a été élaborée avec la contribution active de l’ensemble des instances de démocratie sanitaire : Conférence Régionale de la Santé et de l’Autonomie et Conseils Territoriaux de Santé dans chaque département.
Ces réflexions prospectives ont bénéficié du regard d’expert de nombreux acteurs de santé, de décideurs publics locaux et régionaux, mais aussi de représentants des usagers de notre système de santé.
Ces regards parfois critiques ont permis à l’ARS de consolider ces orientations, pour mieux répondre aux besoins de chaque habitant, au coeur de chaque territoire.

https://prs.occitanie-sante.fr/la-mise-en-consultation-du-projet-regional-de-sante-occitanie-2/



Médico-social: le personnel non médical impliqué dans les erreurs médicamenteuses (étude)

Article28/08/2018

Les erreurs médicamenteuses impliquent fréquemment le personnel non médical dans le secteur médico-social, ainsi que le patient lui-même ou son entourage lors de la prise du traitement à domicile, suggère une étude menée en Auvergne-Rhône-Alpes et présentée en juin au congrès de la Société française de pharmacologie et de thérapeutique (SFPT), à Toulouse.

Dans cette étude, l’équipe du Pr Behrouz Kassaï des Hospices civils de Lyon (HCL) a voulu mieux caractériser les erreurs médicamenteuses afin de développer des actions de prévention.

Pour cela, les chercheurs ont mené une analyse prospective des appels reçus au centre antipoison de Lyon et aux quatre centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) d’Auvergne-Rhône-Alpes, aux CHU de Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon et Saint-Etienne, pour erreur médicamenteuse.

Sur deux mois, en 2017, le centre antipoison a répondu à 537 appels et les CRPV à 44 (au total 581), pour un total de 662 erreurs médicamenteuses impliquant 584 personnes, dont 19,5% étaient des plus de 65 ans (et 35,8% des enfants de 6 ans ou moins), selon le résumé de la communication.

Les appels concernaient une seule erreur dans 86,8% des cas, et deux dans 12,3%. Dans près des deux tiers des cas (64,2%), les effets indésirables étaient bénins. Le nombre de cas graves était de 26, dont deux ont conduit au décès, en lien avec l’administration d’insuline et de morphine.

L’analyse des réponses collectées sur questionnaire indique que les personnes responsables de ces erreurs médicamenteuses étaient principalement le patient ou son entourage, dans 75,2% des cas. Loin derrière venaient les infirmiers (9,1%), les éducateurs (4,3%) et les médecins (4,1%).

14,6% des erreurs ont lieu en établissement médico-social

La majorité des erreurs médicamenteuses surviennent:

  • à la maison, dans 71,6% des cas
  • dans les établissements médico-sociaux, dans 14,6% des cas – dont 18,3% dans les centres pour personnes âgées et 76,8% dans les centres spécialisés pour les personnes avec un handicap intellectuel
  • et dans les hôpitaux dans 6,8% des cas.

Dans les centres médico-sociaux, les erreurs médicamenteuses impliquaient les éducateurs dans 29,3% des cas, observent les chercheurs.

A domicile, les erreurs médicamenteuses sont attribuées principalement à l’inattention (35,7%) et à des similitudes entre spécialités (22,8%).

Ces données pointent la nécessité de prendre des mesures et de mener des actions de prévention pour réduire le risque d’erreurs médicamenteuses, notamment auprès des particuliers à domicile et du personnel non médical dans les établissements médico-sociaux, concluent les chercheurs.

Luu Ly Do Quang

Journaliste

 



L’Ehpad lillois Saint-Antoine-de-Padoue a misé sur une « digitalisation évolutive »

Article28/08/2018

Amélioration des conditions de travail des équipes et de la vie des résidents, développement durable… l’intégration des nouvelles technologies est aujourd’hui un véritable enjeu pour tous les Ehpad. A Lille, la construction de l’Ehpad associatif Saint-Antoine-de-Padoue s’est faite en mode 2.0, en veillant à ce que les solutions mises en place soient évolutives et interopérables, a expliqué à Gerontonews le directeur de l’établissement, Bruno Maillard.

« Embarquer un peu de nouvelles technologies à l’occasion de la construction d’un bâtiment neuf? A l’heure d’aujourd’hui, pour un Ehpad, c’est une évidence, une obligation même », a d’emblée pointé le directeur de l’Ehpad lillois, géré par l’association Feron-Vrau Villâge  elle-même membre de l’Université catholique de Lille, avec qui Gerontonews s’est entretenu le 23 août. Objets connectés, bâtiment « intelligent », télémédecine… les Ehpad sont en effet pleinement concernés par le « virage numérique », l’un des axes forts du projet de réforme du système de santé, qui doit être présenté mi-septembre par le gouvernement.

Si la majorité des établissements sanitaires se sont déjà embarqués dans l’aventure dans le cadre du programme Hôpital numérique 2012-2017, le médico-social est encore largement à la traîne. Même si, ici et là, la dynamique s’enclenche, comme dans l’Eure. Et à Lille donc.

Pas question pour autant de « prendre ce virage » à l’emporte-pièce selon Bruno Maillard, « car à empiler les nouveaux outils technologiques en vrac, sans réflexion d’ensemble préalable, le risque est grand… de tout mettre par terre ». « Dès le départ, nous nous sommes donc centrés sur la pérennité et l’interopérabilité des solutions que nous souhaitions déployer. »

Directeur de Saint-Antoine-de-Padoue depuis le 1er janvier 2017, l’homme était auparavant directeur immobilier de la Catho lilloise, et a donc participé, en tant que tel, à la réflexion entourant le projet de construction du nouvel Ehpad dès ses origines… soit dès 2010. L’association Feron-Vrau Villâge qui gérait alors deux autres Ehpad à Lille -Marguerite Yourcenar (93 lits) et Notre-Dame d’Espérance (200 lits)- s’est lancée dans l’opération lorsqu’elle a reçue l’autorisation d’ouvrir 26 lits supplémentaires. « Contre toute attente, construire un nouveau bâtiment s’est avéré plus pertinent que de rénover les deux Ehpad en question. Non pas qu’ils soient anciens, ils dataient des années 1990… mais parce qu’ils étaient devenus obsolètes au regard du fort niveau de dépendance de nos résidents, dont quelque 52% sont en fauteuil, et dont le GMP moyen avoisine les 850 points ».

D’un montant de 54 millions d’euros, majoritairement financés par emprunts garantis, les travaux ont été menés entre 2015 et 2017, sur le site d’un ancien hôpital pour enfants. Bruno Maillard n’a pas souhaité chiffrer les dépenses correspondant à la stricte « digitalisation » de la structure, faisant valoir que les investissements y afférant étaient difficilement isolables.

Doté de 325 lits (319 lits occupés et 6 lits surnuméraires) répartis en 14 unités, dont une unité d’hébergement renforcé (UHR) et 5 unités Alzheimer, l’établissement, disposant également d’un accueil de jour de 24 places, a ouvert ses portes le 17 octobre 2017.

Soins et outils connectés

Les priorités numériques sont arrivées « par la construction, l’objectif étant d’essayer de faire un bâtiment pérenne et fonctionnel », explique Bruno Maillard. « Pour tout ce qui concerne les périphériques liés au confort des résidents et des salariés, nous sommes partis de la base, en l’occurrence, pour les résidents, de la télévision. Auparavant, chacun apportait sa TV, les x modèles imposant x réglages… souvent synonymes de bugs. Nous avons donc travaillé avec une société, Axians, qui nous a trouvé une solution IP TV disponible pour tous, avec des espaces réservés aux résidents (pour stocker films, photos ou musique) et une chaîne interne, en cours de développement. En juin dernier, les événements associés à l’inauguration de l’Ehpad ont ainsi été filmés et retransmis sur ce canal pour les résidents contraints de rester dans leur chambre. Et aujourd’hui, je voudrais filmer les animations et les diffuser sur ce même canal ».

La société Axians a aussi équipé l’Ehpad en téléphonie par internet et en wifi, installé dans tout l’établissement. « Disponible pour le personnel, et dans le futur pour les résidents, le wifi, associé à des objets connectés, est un vrai plus. Les soignants, tous équipés de tablettes, peuvent ainsi transmettre en direct le suivi du plan de soins de chaque résident lors de sa réalisation ».

L’Ehpad disposant d’une pharmacie à usage intérieur (PUI), il a aussi été équipé d’un système de plein-vide dans les salles de soins, pour tout ce qui concerne la gestion des stocks de médicaments.

La numérisation de Saint-Antoine-de-Padoue « a aussi été synonyme de réflexion sur l’intelligence du bâtiment, dans une démarche de développement durable », explique Bruno Maillard. L’Ehpad est ainsi quadrillé par tout un système de sondes et capteurs, utilisé pour les consommations énergétiques, et un système d’isolation renforcée. Le toit de l’établissement dispose ainsi d’un système de capteurs solaires, qui permet, lorsque la température dépasse 30 degrés, de faire en sorte que les persiennes de toutes les fenêtres alors exposées au soleil se baissent automatiquement. Autre exemple, si l’on ouvre une fenêtre, la climatisation de la pièce s’arrête automatiquement, pour éviter les dépenses d’énergie inutiles.

Faire en sorte qu’une marmite et un ordinateur communiquent : un sacré challenge !

Pour tous ces équipements, « le gros du travail a été de penser en termes d’interopérabilité »… « principale difficulté en matière de digitalisation », selon Bruno Maillard. L’Ehpad a pour cela fait appel à une société lilloise, Mad&Tech, chargée de vérifier l’intéropérabilité de tous les systèmes.

« Et ce n’est pas chose facile ! Pour vous donner un exemple… dans notre cuisine, nous avons la possibilité de faire des liaisons chaudes et froides, pour la préparation de repas adaptés aux capacités de déglutition des résidents. Mais cela impose de réaliser des relevés de température et de les transmettre à l’ordinateur sur lequel sont centralisés les plans de soins de chacun. Or il n’est pas simple de faire communiquer une marmite et un logiciel de soins! C’est là que Mad&Tech est intervenue, veillant à la centralisation de toutes les informations », pointe le directeur.

Mad&Tech a ainsi également travaillé en vue de la centralisation du système de badges, l’ensemble du personnel, direction comprise, badgeant à l’entrée de l’établissement, pour accéder au robot de distribution automatique de tenues, au vestiaire, lors de la prise de poste, ou lorsqu’un résident appelle, depuis sa chambre. « Au niveau de la blanchisserie, c’est un plus considérable -tout est automatisé. Et en matière de soins, cela simplifie aussi les choses : lorsqu’un soignant badge pour signaler qu’il répond à l’appel d’un résident, ses collègues en sont immédiatement informés. Cela évite bien des déplacements inutiles ! ».

Living lab et ouverture sur l’extérieur

Penser numérisation impose « de partir sans a priori », dès lors que la démarche réunit des acteurs se connaissant parfois mal -bureau d’étude et d’architecture, entreprises du bâtiment, professionnels du logiciel, de l’interopérabilité, direction et salariés d’Ehpad…-, a tenu à souligner Bruno Maillard. « Il faut aussi se préparer au fait qu’il y aura vraisemblablement des ratés, ou tout au moins des bugs. « Exemple tout simple: nous avions prévu, pour tout ce qui est TV par internet, l’ouverture automatique d’un menu contextuel. Or nous nous sommes rendus compte qu’une personne âgée allumant sa télé n’avait aucune envie de voir apparaître tout ce bazar. Ce qu’elle souhaite, c’est voir directement la télé. Nous avons donc adapté le système pour que ce soit possible… tout en gardant la possibilité d’affichage de menus contextuels -pour les générations suivantes qui y seront plus habituées ».

Autre impératif mis en avant par le directeur d’établissement: « travailler à l’optimisation et à l’appropriation de tous ces outils par tout un chacun ». « Or ce n’est pas simple, car c’est un vrai changement de paradigme, bouleversant nombre de pratiques ».

« Penser équipements ne suffit d’ailleurs pas… il faut aussi tenter, autant que faire se peut, de penser au futur de la digitalisation. Un futur qui, pour les Ehpad, est selon moi synonyme d’ouverture sur l’extérieur », ajoute-t-il. Interrogé à ce propos sur l’intégration, au sein de l’établissement, du dossier médical partagé (DMP) et d’activités de télémédecine, Bruno Maillard a concédé que la réflexion sur le DMP était un sujet qui n’avait « pas été évoqué ». Mais Saint-Antoine-de-Padoue travaille « actuellement en lien avec le Groupement des hôpitaux de l’Institut catholique de Lille (GHICL) sur le sujet de la télémédecine », a-t-il ajouté, sans donner pour autant plus de précisions sur l’état d’avancement de la réflexion en la matière.

Parallèlement, l’association Feron-Vrau Vilâge, a décidé d’ouvrir un living-lab qui sera installé à 100 mètres de l’Ehpad, sur une friche hospitalière devant également accueillir, à horizon 2021, des logements étudiants, l’une des deux plateformes de répit gérées par l’association, une résidence seniors, ainsi que des logements et des commerces. L’autorisation de travaux pour ce living Lab est déposée, et son ouverture est prévue pour début 2019. Objectif: « faire réfléchir le futur collectif de quartier sur le vieillissement – soignants, familles, résidents, étudiants, etc. », a mis en avant Bruno Maillard.

Emmanuelle Debelleix

Journaliste

  



Baisse confirmée de l’incidence des démences en Europe et aux Etats-Unis

Article27/08/2018

L’incidence des démences et de la maladie d’Alzheimer en particulier a baissé au cours des 25 dernières années en Europe et en Etats-Unis, selon une étude présentée fin juillet en session orale de l’Alzheimer’s Association International Conference (AAIC), à Chicago.

Plusieurs études récentes  ont rapporté un déclin de l’incidence des démences, jusqu’à 20% par décennie, ce qui a des implications importantes pour les projections de l’évolution de ces pathologies, notent le Dr Franck Wolters du centre médical Erasme à Rotterdam et ses collègues de l’Alzheimer Cohorts Consortium dans le résumé de leur communication.

Cependant, ces études sont souvent limitées par leur taille et n’ont pas permis de conclure sur des différences entre genre ou sur les causes sous-jacentes.

Pour avoir une estimation plus précise de l’incidence des démences depuis 1990, les chercheurs ont conduit une analyse des données agrégées de sept cohortes menées en population générale aux Etats-Unis et en Europe: les cohortes de Framingham, AGES-Reykjavik, de Rotterdam, des Trois cités, Paquid et les études CFAS (Cognitive Function and Ageing Studies).

Ils ont calculé le taux d’incidence par âge et par sexe pour chaque étude, puis déterminé des périodes de cinq ans qui ne se chevauchent pas dans chacune, pour estimer l’évolution de l’incidence. Puis les changements estimés par intervalle de 5-10 ans ont été poolés dans une méta-analyse à effet mixte.

Les résultats confirment que l’incidence des démences augmente fortement avec l’âge, de manière similaire entre les différentes études: de 5 cas pour 1.000 personnes-années chez les 65-69 ans jusqu’à environ 60 cas pour 1.000 personnes-années chez les 85-89 ans.

Mais l’incidence globale des démences a semblé diminuer avec constance depuis 1990, de 22% en moyenne par décennie, et de manière similaire entre les hommes et les femmes.

Pour la maladie d’Alzheimer en particulier, cette tendance était ceci dit moins marquée, avec une réduction de 17%.

Identifier les facteurs d’évolution

Les chercheurs poursuivent leurs analyses pour tenter d’identifier des facteurs potentiellement responsables de cette baisse, notamment le niveau socio-éducatif et les risques cardiovasculaires.

Dans un communiqué, l’Alzheimer’s Association met en avant d’autres données épidémiologiques, notamment la première estimation de la prévalence des démences dans une population américaine de personnes gays, lesbiennes et bisexuelles âgées en moyenne de 69,7 ans à l’inclusion. Après un suivi de 9,5 ans environ, la prévalence brute était de 7,4%.

L’association américaine souligne les problématiques de prise en charge des minorités sexuelles qui, malgré une avancée dans leurs droits, restent confrontées à des discriminations.

Parmi les autres communications sur l’épidémiologie, l’Alzheimer’s Association a également sélectionné une étude de prévalence parmi les plus âgés, les centenaires et presque centenaires (95 ans et plus). Les résultats montrent que la prévalence des démences continue à augmenter, passant de 36% des 95-99 ans à 76% des 105 ans et plus.

Dans la dernière communication, des chercheurs montrent que la survie des patients atteints de démence, quelle qu’elle soit, est courte, de six ans en médiane une fois que le diagnostic est posé et que cette durée n’a pas diminué chez les patients jeunes en particulier depuis 2000.

Luu Ly Do Quang

Journaliste



Veille juridique | 27/07/2018

Les textes officiels parus entre le 13 et le 27 juillet 2018 par Véronique Garcia

Jurisprudence

Textes officiels



Quiz d’été: quel équipement devrait arriver dans tous les Ehpad d’ici à 2020?

Article24/08/2018

Que vous soyez déjà rentré(e) de vacances ou les doigts de pied encore en éventail, voici un nouveau test pour savoir ce que vous avez retenu de l’actualité des Ehpad depuis le début de l’année!

Qu’est-ce que le RGPD, entré en vigueur le 25 mai?

  1. Le réseau grenoblois de protection des doyens
    2. Le règlement général sur la protection des données personnelles
    3. Le relais gradué sur la production durable
    4. La réglementation globale sur la prévention et le dialogue social

Réponse

Qui a remplacé Claudy Jarry à la tête de la Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et de services pour personnes âgées (Fnadepa) en mars?

  1. Jean-Paul Rouveau
    2. Jean-Vincent Placeau
    3. Jean-Christian Sovrano
    4. Jean-Pierre Riso

Réponse

Quel équipement devrait arriver dans tous les Ehpad d’ici à 2020?

  1. Des lits médicalisés de nouvelle génération
    2. Des poulaillers
    3. Du matériel de téléconsultation
    4. Des cuisines mobiles

Réponse

Parmi les 21.780 établissements et services médico-sociaux inscrits sur la plateforme de l’ATIH, combien ont saisi leurs données permettant de remplir le tableau de bord de la performance en 2017?

  1. 76,6%
    2. 79,3%
    3. 81,4%
    4. 83,7%

Réponse

Dans un avis remarqué, en mai, le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a appelé les Ehpad à…

  1. S’interroger sur leurs pratiques en organisant régulièrement des groupes de pairs
    2. Améliorer la formation des agents aux soins palliatifs
    3. Transgresser les normes
    4. Mettre en place des ateliers d’expression mensuels pour les résidents

Réponse

cbe/nc

Claire Beziau

Journaliste

claire.beziau@gerontonews.com



 

Tribune] Vieillissement | 23/07/2018

Le gouvernement doit se saisir avec courage de la question du vieillissement

par Auteur Associé

Le 30 mai dernier, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a présenté sa feuille de route « Grand âge et autonomie ».

Des mesures immédiates insuffisantes pour les établissements et un secteur, celui de l’aide à domicile, relégué comme trop souvent au second plan, voici ce qui pourrait résumer une vision dont le réalisme fait pour l’instant défaut au regard des difficultés que rencontrent quotidiennement les personnes âgées ainsi que les professionnels intervenant auprès d’eux, en établissement comme aux domiciles.

Si la ministre a déclaré vouloir ouvrir un grand débat public et citoyen pour imaginer le modèle d’accompagnement de demain, le dévoilement des premières mesures n’en annonce pas la couleur.

Alors que le président de la République avait évoqué en avril dernier la possibilité de créer un « 5e risque de protection sociale », tant de fois promis mais jamais concrétisé par les précédents gouvernements, il n’est pas fait mention dans la feuille de route de la ministre.

Les fédérations et associations représentatives de l’aide et des soins à domicile souhaitent aujourd’hui être pleinement associées à la réflexion qui s’engage et reconnues comme acteurs indispensables au maintien à domicile, choix plébiscité par la majorité des Français.

Elles seront aussi particulièrement vigilantes à ce que les sources de financement choisies soient à la hauteur des attentes et reposent bien sur des principes de solidarité nationale.

Après des années de politiques publiques trop peu ambitieuses, le gouvernement actuel qui assure vouloir mener des réformes de fond, doit aujourd’hui se saisir avec courage de la question du vieillissement de la population pour ne pas mettre plus gravement en danger les 2 millions de personnes accompagnées par les services à domicile.

 



Korian publie son premier rapport d’activité

Article23/08/2018

Le groupe commercial détaille ses réalisations, ses défis, et sa stratégie dans ce document. Il lance dans le même temps un livret sur son approche d’accompagnement en Ehpad et un site web de découverte des métiers.

« Ce rapport à dimension européenne est le fruit d’un important travail de collaboration entre tous les services de Korian. Il s’inscrit dans une démarche de dialogue avec l’ensemble de ses parties prenantes internes et externes -patients, résidents et proches, collaborateurs, actionnaires et investisseurs, mais également ses partenaires (autorités locales, associations, fournisseurs etc.)- impliqués notamment dans ses priorités RSE [responsabilité sociétale des entreprises] », met en avant le groupe d’Ehpad, de cliniques et de services de soins à domicile, dans un communiqué du 22 août.

En 33 pages, Korian, qui a été créé en 2003 et a fortement évolué depuis, y résume son histoire, son projet d’entreprise, le contexte dans lequel il évolue, et formule quelques objectifs pour son avenir.

« Nous entamons activement depuis deux ans une transition en profondeur afin d’adapter nos organisations, nos offres, nos innovations, nos méthodes et notre encadrement [aux] défis économiques, managériaux et sociaux » liés au vieillissement de la population, rappelle ainsi la directrice générale du groupe, Sophie Boissard, dans un éditorial en préambule du rapport.

En 2017, le groupe a accueilli 250.000 patients et résidents dans ses 743 établissements de France, d’Allemagne, d’Italie et de Belgique, qui comptent plus de 75.000 lits et emploient 49.000 personnes, est-il détaillé dans le rapport.

En France, le pôle Seniors de Korian est le « premier réseau de maisons de retraites médicalisées en France », avec quelque 290 établissements représentant environ 24.000 lits. Il emploie 14.800 salariés. La totalité des activités de Korian dans l’Hexagone représente quelque 366 établissements et plus de 20.000 salariés.

« Ecoute » des salariés et ancrage local au coeur de la stratégie du groupe

Le groupe présente également dans son rapport d’activité sa stratégie, structurée en cinq axes:

  • « consolider un modèle unique, indépendant et performant sur le long terme »
  • « mettre les personnes âgées et fragilisées au coeur de notre projet »
  • « prendre soin de ceux qui prennent soin »
  • « répondre aux nouveaux besoins en phase avec l’évolution de la société et des progrès scientifiques »
  • « renforcer notre impact local positif dans les territoires et sur l’environnement ».

Concernant le troisième axe, Korian met par exemple en avant un dispositif d’écoute téléphonique pour tous les salariés, « confidentiel et accessible 24h/24 et 7j/7 », grâce auquel ils peuvent échanger, en cas de difficultés, « avec des psychologues diplômés et expérimentés ». « Un bilan trimestriel et annuel est effectué afin d’anticiper les éventuels besoins et définir des actions pour améliorer le bien-être au travail », promet le groupe.

Concernant le dernier axe, Korian détaille quelques indicateurs, dont celui de la création d’emplois -« emplois non délocalisables créés lors de l’ouverture d’un établissement de 100 lits: 90 en maison de retraite, 121 en clinique ».

Ehpad: la démarche Positive Care en cours de déploiement

Le groupe annonce également, dans son communiqué, le lancement d’un livret détaillant son approche d’accompagnement en Ehpad, baptisée Positive Care, incluant des « spécificités propres aux quatre pays européens dans lesquels il est implanté », ainsi que le lancement d’un site internet spécifique, baptisé La maison des métiers, destiné aux « candidats, apprentis, stagiaires », désireux de découvrir les différents métiers de soignants en Ehpad.

Présentée comme un « véritable pilier » de l’accompagnement mis en oeuvre dans ses Ehpad, la posture Positive Care est définie par le groupe comme la traduction du « savoir-faire et [du] savoir-être des professionnels Korian auprès de ses résidents, recouvrant les soins quotidiens, la pratique des thérapies non médicamenteuses, les animations ou encore l’hébergement, vers plus de bien-être ».

Lors d’un entretien avec Gerontonews et APMnews le 3 octobre dernier, le directeur général seniors France du groupe, Charles-Antoine Pinel, insistait déjà sur la dimension « structurante » de cette démarche pour le réseau d’Ehpad Korian.

Mise en place « sur la moitié du réseau, dans nos espaces dit Aloïs », cette démarche devrait être développée « sur l’ensemble du réseau l’année prochaine », promettait-il alors. Le déploiement semble avoir pris un peu de retard, puisque selon le livret mis en ligne ce mois-ci par Korian, l’ensemble des Ehpad français du groupe « y sera formé d’ici 2019 ».

Le site La maison des métiers se veut, lui, une réponse auxdifficultés de recrutement propres au secteur des Ehpad. Misant sur la 3D pour attirer les plus jeunes, il mixe, pour l’essentiel, témoignages vidéos, explications sur le quotidien, mise en avant de l’approche Positive Care, et documents sur les métiers, les formations. Cette version sera complétée, « début 2019, avec la présentation des métiers de soins en cliniques et ceux de l’hôtellerie, de la restauration et de l’animation », précise Korian.

Le groupe annonce enfin, dans son communiqué, le lancement de son nouveau site institutionnel Korian.com.

Valérie Lespez

Journaliste

 

 



Maladies neurodégénératives: une fiche de la HAS pour des projets d’établissement adaptés

Article23/08/2018

Destinée aux équipes de direction, cette fiche-repère inclut deux schémas d’aide à l’identification des thèmes à prioriser pour chacun des résidents accompagnés, en matière d’accompagnement à la santé et d’accompagnement à la vie sociale.

Publié en juin par la Haute autorité de la santé, ce document avait été élaboré par feue l’Anesm, désormais fondue dans la HAS.

Intitulée « Adapter la mise en oeuvre du projet d’établissement à l’accompagnement des personnes âgées atteintes d’une maladie neurodégénérative en Ehpad », la fiche-repère accompagne la mesure 23 du plan 2014-2019 consacré à ces pathologies (le PMND).

Elle vient compléter les recommandations concernant « l’accueil et l’accompagnement des personnes atteintes de maladies neurodégénératives en pôle d’activités et de soins adapté (Pasa) et en unité d’hébergement renforcé (UHR) », est-il précisé. Elle s’inscrit également dans la lignée du guide sur les « parcours de soins des patients présentant un trouble neurocognitif associé à la maladie d’Alzheimer ou à une maladie apparentée » publié fin mai par la haute autorité.

Cette fiche-repère de 18 pages « a pour objectif de permettre à l’ensemble des équipes de direction d’identifier et de prioriser les actions à mettre en oeuvre au sein de leur projet d’établissement afin de garantir un accompagnement de qualité aux personnes atteintes de maladie neurodégénérative et adapté à la spécificité de chaque maladie neurodégénérative ».

La HAS souligne en effet que « si l’ensemble des maladies neurodégénératives ont en commun d’être des pathologies chroniques neurologiques évolutives, pour autant, les problématiques d’accompagnement d’une personne atteinte, par exemple, d’une maladie de Parkinson ou d’une maladie à corps de Lewy sont différentes.

« Ces singularités doivent être particulièrement prises en compte au sein du projet d’établissement », insiste l’agence sanitaire.

A cette fin, cette fiche-repère s’articule en cinq parties, listant des éléments essentiels au regard des spécificités des maladies neurodégénératives:

  • « Enjeux de santé publique »
  • « Principales maladies neurodégénératives »
  • « Focus sur les personnes atteintes de maladie neurodégénérative » dans le cadre de « la révision du projet d’établissement ». Chaque révision de projet d’établissement doit s’accompagner d’un « bilan de l’existant » -diagnostic des besoins en santé et en sociabilité des résidents et de leurs proches, diagnostic de l’organisation interne, et diagnostic du territoire. Ces différents bilans doivent permettre de « formaliser les principes d’actions et les orientations stratégiques » du projet d’établissement révisé, souligne la HAS.
  • « Résultats attendus des recommandations ». La haute autorité insiste sur le fait que chaque résident doit bénéficier « d’un bilan cognitif, nutritionnel, médicamenteux, sensoriel et [d’]équilibre », et chaque famille « d’un accompagnement spécifique ». La formation des professionnels doit être « en adéquation avec le public accueilli », et les professionnels de la restauration doivent notamment être « formés pour proposer des repas adaptés ». Quant aux partenariats, ils doivent être « effectifs dès que nécessaire », et ne pas se limiter « à une convention signée », souligne l’agence sanitaire.
  • « Outils pour aller plus loin », soit un renvoi vers les diverses recommandations de bonnes pratiques préalablement publiées.

Le projet d’établissement, « affaire de toute une équipe »

Prioritairement destinée aux équipes de direction des Ehpad, cette fiche-repère souligne, ceci étant, que, « pour assurer leurs missions, outre [le] directeur et le personnel administratif, les Ehpad disposent d’une équipe pluridisciplinaire comprenant, au moins, un médecin coordonnateur, un professionnel infirmier titulaire du diplôme d’Etat, des aides-soignants, des aides-médico-psychologiques, des accompagnants éducatifs et sociaux et des personnels psycho-éducatifs ».

La fiche-repère intègre d’ailleurs, en annexe, deux « schémas d’aide à l’identification des thèmes à prioriser », pointant, « pour chacun des items les personnes référentes afin que le projet d’établissement soit bien l’affaire de toute une équipe ».

« Selon les besoins, pourront être intégrés à cette aide à la réflexion, des partenaires externes », ajoute la HAS.

Ces deux schémas « correspondent à deux axes forts de l’accompagnement des résidents en Ehpad: l’accompagnement à la santé et l’accompagnement à la vie sociale ».

Chaque axe décline différents bilans à effectuer. Pour chaque bilan il est présenté:

  • « une liste d’actions à mettre en oeuvre ou de points à vérifier »
  • « une liste de personnes ressources à solliciter »
  • « des liens vers les recommandations de bonnes pratiques professionnelles de l’Anesm ».

A l’issue de ces bilans, chaque Ehpad doit prioriser « deux à quatre thématiques maximum », souligne la HAS.

Emmanuelle Debelleix

Journaliste

 



Agnès Buzyn promet de ne fermer aucun hôpital de proximité

Article22/08/2018

Agnès Buzyn sur France Info mardi 21 août (capture d’écran).

La réforme en préparation doit mener à une « réorganisation de la médecine de proximité » mais pas à des fermetures d’hôpitaux, a assuré la ministre des solidarités et de la santé. Une déclaration saluée par l’Association nationale des centres hospitaliers locaux et des hôpitaux de proximité (ANCHL).

Sur les ondes de France Info mardi 21 août, Agnès Buzyn a fait savoir que la présentation de la stratégie de transformation du système de santé, initialement annoncée pour l’été, puis reportée une première fois à début septembre, aurait finalement lieu « mi-septembre », pour être mise en oeuvre dès 2019.

Pour ceux qui l’auraient oublié durant l’été… cette réforme avait été annoncée en février dernier par le premier ministre, Edouard Philippe, et Agnès Buzyn, sous la forme de « cinq chantiers »: la qualité et la pertinence des soins, les modes de financement et de régulation, l’organisation territoriale des soins, le virage numérique, et la formation et la qualité de vie au travail des professionnels de santé.

Sur France Info, la ministre a déclaré que cette réforme répondrait aux problématiques actuelles du système de santé, tel que l’engorgement chronique des services d’urgence. « Le centre de cette réforme » sera « la réorganisation de la médecine de proximité ».

Agnès Buzyn a notamment insisté sur la nécessité de réorganiser le système de santé autour des pathologies chroniques, qui touchent aujourd’hui « près de 10 millions de Français », avant de promettre qu’il n’y aurait « aucune fermeture d’un hôpital de proximité » au cours de cette réorganisation.

L’association attend des mesures concrètes

De quoi donner le sourire à l’ANCHL… dont l’enthousiasme reste, ceci étant, mesuré. Dans un communiqué, mercredi 22 août, l’association dit souhaiter « des précisions », car il n’y a « aucune certitude d’une volonté de maintenir les services ou un volume d’activité suffisant dans ces établissements ».

En réaction aux annonces d’Agnès Buzyn, l’ANCHL demande donc au gouvernement:

  • « la mise en place d’un véritable plan de renforcement et de développement des centres hospitaliers locaux et des hôpitaux de proximité »
  • « le rétablissement des liens avec la ville, exclue des GHT [groupements hospitaliers de territoire] hospitalo-centrés »
  • « des financements décents pour les services et les missions accomplies au bénéfice de leur bassin de vie ».

S’appuyant sur la volonté affichée par la ministre de rapprocher les médecins libéraux des hôpitaux de proximité, l’ANCHL souligne par ailleurs que de nombreux dispositifs existent déjà: les maisons médicales de garde, les centres de santé, les maisons de santé pluridisciplinaires.

Canicule: un bilan attendu mi-septembre

Egalement interrogée par France Info sur l’épisode de canicule qu’a connu la France métropolitaine cet été, Agnès Buzyn a observé qu’il n’y avait pas eu d’afflux massif de personnes âgées aux urgences, ni de « signaux » alarmants des Ehpad et des services funéraires.

« Nous attendons les chiffres de mortalité qui seront connus mi-septembre », a-t-elle précisé.

Geoffroy Lang

Journaliste



Grand âge: les projets régionaux de santé nouveaux sont arrivés!

Article20/08/2018

Quasiment toutes les régions ont adopté et publié leurs projets de santé « nouvelle génération », véritables feuilles de route stratégiques des ARS pour les cinq à dix ans à venir. Le secteur médico-social et les personnes âgées y figurent en bonne place, sous les signes de la prévention, de l’inclusion, de l’innovation et de l’évolution de l’offre.

Depuis le temps qu’on en parlait, voici venus les nouveaux projets régionaux de santé (PRS), réformés par l’article 158 de la loi de modernisation de notre système de santé de janvier 2016.

Dans sa nouvelle formule, le PRS « définit, en cohérence avec la stratégie nationale de santé et dans le respect des lois de financement de la sécurité sociale [LFSS], les objectifs pluriannuels de l’agence régionale de santé [ARS] dans ses domaines de compétences, ainsi que les mesures tendant à les atteindre », dispose l’article 158.

Ce PRS intègre désormais:

  • un « cadre d’orientation stratégique, qui détermine des objectifs généraux et les résultats attendus à dix ans » (COS)
  • un programme régional relatif à l’accès à la prévention et aux soins des personnes les plus démunies (Praps)
  • un unique « schéma régional de santé, établi pour cinq ans sur la base d’une évaluation des besoins sanitaires, sociaux et médico-sociaux », qui se substitue aux anciens schémas régionaux de prévention, d’organisation des soins (Sros) et d’organisation médico-social (Sroms).

« Le schéma régional de santé comporte en outre des objectifs quantitatifs et qualitatifs visant à prévoir l’évolution de l’offre de soins par activité de soins et équipements matériels lourds […] et de l’offre des établissements et services médico-sociaux », prévoit un décret d’application paru en juillet 2016. Il pourra mobiliser « neuf leviers » (amélioration de la qualité, télémédecine, investissements immobiliers, etc.).

Il est opposable aux établissements de santé ainsi qu’aux établissements et services sociaux et médico-sociaux, notamment en Ehpad à travers le contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens (CPOM).

Presque chaque région a publié son PRS, entre le 18 mai (les Pays-de-la-Loire) et le 3 août (l’Occitanie).

Chacun cite l’enjeu du vieillissement de la population et de la perte d’autonomie à travers un ou plusieurs axes stratégiques, qu’ils soient spécifiques ou transversaux.

Les priorités et objectifs les plus cités dans ce domaine sont la prévention, l’inclusivité, les parcours (dont certains font référence aux seules personnes âgées), l’adaptation de l’offre médico-sociale et des Ehpad, la télémédecine, l’innovation organisationnelle, technologique et numérique.

Hormis le PRS des régions Provence-Alpes-Côte-d’Azur (prévu en septembre), Corse et celui de la Guyane, qui manquent encore à l’appel, retrouvez les PRS région par région:

La Rédaction



Télémédecine: le ministère approuve les nouvelles modalités de financement

Article13/08/2018

L’acte de télésurveillance pourra s’appliquer à tous les patients dès la mi-septembre 2018, selon l’avenant n°6 à la convention médicale, publié au Journal officiel. Quant à l’acte de télé-expertise, les résidents d’Ehpad seront parmi les premiers à en bénéficier.

Fini, les expérimentations de télésurveillance et de télé-expertise!

Cet avenant, signé le 14 juin par l’assurance maladie et les cinq syndicats de médecins libéraux, a été approuvé par le ministère de la santé dans un arrêté publié le 10 août au Journal officiel.

Il encadre le basculement dans un financement de droit commun des actes de téléconsultation (TLC) et de télé-expertise (TLE), conformément à la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2018.

Parmi les dispositions clés, l’ouverture de l’acte de TLC à l’ensemble des patients à compter du 15 septembre 2018.

Le texte détaille le champ d’application de la TLC, qui doit s’organiser « dans le respect du parcours de soins coordonné », les modalités de réalisation de l’acte assuré par vidéotransmission en respectant la confidentialité des échanges et la sécurité des données transmises (respect des référentiels de sécurité et d’interopérabilité, recours aux messageries sécurisées de santé, etc.), et les modalités de sa facturation.

La TLE est pour sa part définie comme « l’expertise sollicitée par un médecin dit ‘médecin requérant’ et donnée par un médecin dit ‘médecin requis’ en raison de sa formation ou de sa compétence particulière, sur la base d’informations ou d’éléments médicaux liés à la prise en charge d’un patient ».

Elle sera ouverte par étapes à l’ensemble des patients, avec une première étape notamment pour les patients en Ehpad, en affection de longue durée (ALD), atteints de maladie rare ou les patients résidant en zones sous-denses, indique l’avenant, sans toutefois préciser de date.

La suite du calendrier de déploiement de la TLE sera défini « avant l’année 2020, au regard de l’observation du recours aux actes de télé-expertise à l’issue de la première étape », est-il précisé.

L’avenant a retenu deux niveaux de TLE:

  • la TLE de niveau 1 définie comme un « avis donné sur une question circonscrite, sans nécessité de réaliser une étude approfondie d’une situation médicale. Prise en compte du contexte clinique, analyse de documents en nombre limité » (photographie, résultat d’examen complémentaire isolé, données cliniques).
  • la TLE de niveau 2 définie comme « un avis circonstancié donné en réponse à l’exposition d’une situation médicale complexe après étude approfondie et mise en cohérence ».

Pour la TLE de niveau 1, la rémunération du médecin requis est fixée à 12 € par TLE, dans la limite de 4 actes par an, par médecin et pour un même patient.

Pour la TLE de niveau 2, la rémunération est de 20 € par TLE, dans la limite de deux actes par an, par médecin, pour un même patient.

Le médecin requérant percevra quant à lui un forfait de 5 € par TLE de niveau 1 et de 10 € par TLE de niveau 2, avec un maximum de 500 € pour l’ensemble des TLE requises, quel que soit leur niveau.

Le texte précise que « l’acte spécifique de télé-expertise » pour les résidents « admis en Ehpad amenés à changer de médecin traitant et facturable par le nouveau médecin traitant assurant le suivi au long cours du patient, ainsi que par le précédent médecin traitant, correspond à une télé-expertise de niveau 2 ».

L’avenant fait référence à l’un des deux actes de télémédecine spécifiques aux Ehpad inscrits dans la nomenclature en octobre 2017, à la suite de la signature de l’avenant n°2 à la convention médicale.

L’autre acte est une TLC et rentre donc dans ce champ.

L’avenant détaille les modalités de facturation des actes, et leur suivi dans le cadre de l’observatoire des mesures conventionnelles. En fonction des résultats observés, les partenaires conventionnels se réservent la possibilité de redéfinir, à partir de 2020, « le périmètre, les modalités de réalisation et de tarification » des actes de TLC et de TLE.

A noter que les actes de télé-surveillance, dernière dimension de la télémédecine, continuent à faire l’objet d’un dispositif expérimental de financement jusque fin 2021.

La visite longue étendue aux soins palliatifs

L’avenant contient aussi des dispositions hors télémédecine, comme l’extension de la visite longue à domicile aux patients en soins palliatifs.

Il étend par ailleurs les consultations très complexes à la consultation initiale d’information et d’organisation de la prise en charge réalisée par le dermatologue en cas de psoriasis et aux consultations initiales pour anisocorie ou diplopie avec composante paralytique ou ptosis d’origine neurogène.

Enfin, le texte prend des dispositions pour « améliorer la répartition de l’offre de soins sur le territoire » et « améliorer l’accès aux soins dans les zones sous-denses ».

La Rédaction



 

Quiz d’été: combien de médecins coordonnateurs officient en France?

Article10/08/2018

Au coeur de l’été, voici un petit test pour savoir ce que vous avez retenu de l’actualité des Ehpad depuis le début de l’année !

Sur quelle thématique de prévention au travail l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) a-t-elle publié des vidéos?

  1. Les risques psycho-sociaux
  2. Les troubles musculo-squelettiques
  3. La grippe
  4. La nutrition et notamment l’importance des pauses déjeuner

Réponse

Quel nom porte la commission installée par Agnès Buzyn et Sophie Cluzel le 19 février?

  1. Commission médico-sociale au sein de la Haute autorité de santé (HAS)
  2. Commission sur la démarche qualité en Ehpad
  3. Commission sur la qualité de vie au travail en Ehpad
  4. Commission sur la bientraitance

Réponse

Dans quelle activité a investi le groupe commercial Korian en début d’année?

  1. L’habitat intermédiaire
  2. Les services à domicile
  3. Les soins palliatifs
  4. La petite enfance

Réponse

D’après l’enquête menée par Mcoor, combien de médecins coordonnateurs officient en France?

  1. Entre 3.500 et 4.000
  2. Entre 3.000 et 3.500
  3. Entre 2.500 et 3.000
  4. Entre 2.000 et 2.500

Réponse

Comment s’appelle le think tank lancé par la société EHPA avec 16 opérateurs associatifs et commerciaux d’Ehpad et de résidences services seniors?

  1. Old up
  2. Silver Brain
  3. Matière(s) grise(s)
  4. Senior Connexion

Réponse

cbe/ab

La Rédaction

Journalistes

redaction@gerontonews.com

 



Le médico-social encore moyennement branché informatique

Article25/07/2018

Une courte majorité (57%) des établissements et services médico-sociaux ont indiqué avoir fourni des postes informatiques à l’ensemble de leurs équipes métiers, et les logiciels intégrés restent cantonnés aux fonctions de gestion, révèlent les premiers enseignements du tableau de bord de la performance dans le secteur médico-social publiés par l’Anap.

Les établissements et services médico-sociaux (ESMS) se saisissent encore peu des outils relatifs aux systèmes d’information (SI), observe-t-on au regard du tout premier panorama de l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap). Elle l’a réalisé à partir des données saisies par les structures pour construire le tableau de bord de la performance dans le secteur, et l’a publié le 13 juillet.

Outre les Ehpad, cet outil initié en 2009 par la direction générale de la cohésion sociale (DGCS), l’Anap et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) concerne 19 autres catégories d’ESMS. Il a pour objectif d’aider les gestionnaires à situer leur établissement par rapport aux autres et de montrer les grandes tendances du secteur. Après des années d’expérimentation, il a été progressivement généralisé à tout le territoire entre 2015 et 2018.

Le panorama porte sur les données 2014, 2015 et 2016. Cette dernière année, sur 22.000 structures ciblées, 16.692 établissements et services ont saisi plus de 70% de leurs données.

L’agence propose une analyse de ces données sur les quatre axes du tableau de bord de la performance: les prestations de soins et d’accompagnement, les ressources humaines, les ressources budgétaires et financières, et enfin les données relatives aux SI, aux coopérations et aux outils de la démarche qualité (lire également cet article).

Côté informatique, les premiers enseignements du tableau de bord soulignent un faible équipement des équipes « coeur de métier » des ESMS, « en particulier des structures orientées vers les deux publics âgés et handicapés ».

On note par exemple que 15% des structures accueillant des personnes âgées et des personnes handicapées n’ont mis aucun poste informatique à disposition de leurs équipes. Elles sont seulement 39% à les avoir totalement équipées.

L’Anap constate par ailleurs un plus faible équipement dans les services à domicile que dans les services d’hébergement.

Elle relève que « l’externalisation de la gestion du SI semble favoriser l’équipement au plus près de l’usager ». Les structures qui ont une gestion internalisée de leur SI n’ont équipé leurs fonctions métiers qu’à hauteur de 48%, contre 57% chez celles dont l’informatique est assurée par un tiers.

Concernant les disparités territoriales, les informations saisies dans le tableau de bord révèlent un niveau d’équipement informatique supérieur à la moyenne dans les régions ultramarines. A l’inverse, un retard d’équipement est constaté dans certaines régions métropolitaines comme les Hauts-de-France, la Normandie et le Centre-Val de Loire.

Déficit d’outils pour le pilotage des établissements

Le panorama de l’Anap s’intéresse aussi à la couverture fonctionnelle des systèmes informatiques du médico-social. Il constate une informatisation assez répandue des fonctions de gestion (facturation, paye, gestion économique et financière) mais plus faible sur la partie pilotage et sur le dossier de l’usager.

« Ce constat est renforcé par le caractère professionnel des outils utilisés: alors que près de 80% des SI utilisés par les ESMS ayant intégralement informatisé leurs fonctions de gestion sont des progiciels (permettant une gestion plus intégrée que les logiciels), ce ratio tombe à un peu moins de 50% pour les admissions et le pilotage, et un peu moins de 60% pour le dossier usager », est-il souligné.

L’analyse par type d’établissement et service montre toutefois une meilleure informatisation du dossier usager dans le champ des personnes âgées (90%) que dans celui du handicap (54%), et un décalage similaire entre les activités de type ambulatoire (54%) et les ESMS avec hébergement (73%) ou intervenant à domicile (69%).

« Concernant ces derniers, il convient de rappeler que si l’informatisation est relativement bien développée, l’équipement des intervenants au domicile est nettement plus rare », précise l’Anap.

L’agence a également constaté, sans trop de surprise, que « le rattachement à un organisme de gestion ou à un établissement de santé paraît facilitant pour améliorer la couverture fonctionnelle » du système d’information.

Confidentialité des données

Les deux tiers des ESMS ayant renseigné le tableau de bord ont indiqué avoir mis en place une politique de confidentialité des données avec, là encore, une meilleure implication des structures chez les organismes de prise en charge des personnes âgées plutôt que du champ du handicap.

Selon la cartographie présentée dans le panorama de l’Anap, les établissements et services de métropole présentent des taux de mise en oeuvre d’une politique de confidentialité des données plus faibles que dans les départements d’outre-mer (DOM).

Raphael Moreaux

 



Les premiers enseignements du tableau de bord de la performance

Article25/07/2018

L’Anap a publié son premier panorama des données saisies par les établissements et services médico-sociaux pour construire le tableau de bord de la performance. Taux d’absentéisme, d’endettement ou encore niveau de PMP, il permet notamment aux établissements et services de se situer par rapport à des médianes et de se comparer entre eux.

Le tableau de bord de la performance a été peu à peu apprivoisé par les établissements et services. Son taux de remplissage permet à l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap) de publier ce tout premier panorama.

Publié le 13 juillet, il porte sur les données 2014, 2015 et 2016. Cette dernière année, sur 22.000 structures ciblées, 16.692 établissements et services ont saisi plus de 70% de leurs données.

Dans son document, l’agence propose une analyse sur les quatre axes du tableau de bord: les prestations de soins et d’accompagnement, les ressources humaines, les ressources budgétaires et financières et enfin les données relatives aux systèmes d’information (lire notre second article), aux coopérations et aux outils de la démarche qualité.

  • Dans le chapitre « prestations de soins et d’accompagnement », l’Anap détaille les résultats pour sept indicateurs.

Par exemple, la médiane du taux d’occupation des établissements et services médico-sociaux s’élève en 2016 à 96,4% (+0,4% en trois ans). A noter que les trois quarts des structures enregistrent un taux compris entre 90% et 104% et que 50% des Ehpad affichent un taux entre 96,1% et 99,4%.

La médiane du PMP des Ehpad s’élève en 2016 à 203. Elle a augmenté de 7% en trois ans. La moitié des Ehpad ont un PMP compris entre 177 et 232.

La durée moyenne de séjour des personnes sorties définitivement au cours de l’année est de 794,2 jours en 2016, soit -3% en trois ans. La médiane nationale est de deux ans et deux mois. En Ehpad, elle est de 634,1 jours.

La médiane du taux d’occupation des places habilitées à l’aide sociale par des personnes bénéficiaires de cette aide est de 24,1% en 2016, soit une hausse de 29% en trois ans. Le taux d’occupation est indépendant de la taille de la structure, assure l’Anap, sauf pour les Ehpad de plus de 200 places, qui affichent une médiane à 27,25%.

  • Dans le chapitre « ressources humaines », l’agence détaille également sept indicateurs.

Parmi eux, la médiane du taux d’absentéisme (hors formation) est de 8,8%, soit une hausse de 6% sur trois ans. Les médianes de ce taux vont de 4,4% en services d’accompagnement à la vie sociale (SAVS) à 11,6% dans les maisons d’accueil spécialisé (MAS). En Ehpad, ce chiffre atteint 10%.

Quant à la pyramide des âges du personnel, elle se caractérise par le fait que 39% des professionnels ont moins de 40 ans, mais également qu’un sur trois a plus de 50 ans. En Ehpad, les plus représentés sont les 40-49 ans (27%).

Par ailleurs, 70% des structures ont ou sont en train de mettre en place une démarche de gestion prévisionnelle des métiers et des compétences (GPEC).

  • Dans le chapitre « finances et budget », l’agence détaille deux indicateurs.

La médiane du taux de capacité d’autofinancement (CAF), qui « traduit la capacité de la structure à dégager annuellement, grâce à son exploitation, les fonds nécessaires aux investissements » s’élève à 5,5% en 2016, soit une hausse de 17% en trois ans. Mais 15% des structures affichent une CAF négative.

La médiane du taux d’endettement est de 28,8% en 2016, soit une baisse de 0,7% en trois ans.

  • Dans le chapitre « objectifs et données de caractérisation », l’Anap décrit huit items: la mise en place des outils de la loi de 2002 rénovant l’action sociale; la mise en oeuvre d’une politique en matière de confidentialité des données ; la mise en oeuvre des coopérations (conventions « réglementées »; conventions orientées « prise en charge » avec d’autres acteurs; et conventions institutionnelles avec d’autres acteurs); les mutualisations; et enfin les systèmes d’information.

Initié en 2009 par la direction générale de la cohésion sociale (DGCS), l’Anap et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), le tableau de bord de la performance concerne, outre les Ehpad, 19 autres catégories de structures médico-sociales.

Après des années d’expérimentation, il a été progressivement généralisé à tout le territoire entre 2015 et 2018.

Valérie Lespez



Recommandations en cas de canicule

Publié le : 25 juillet 2018

Des gestes simples permettent d’éviter les accidents. Il faut se préparer avant les premiers signes de souffrance corporelle, même si ces signes paraissent insignifiants.

Un épisode de canicule est annoncé ces jours-ci en région parisienne (voir dispositif canicule pour Paris dans l’encadré ci-dessous) et dans le Nord.

Voici quelques conseils simples à adopter par tous, mais surtout par les personnes fragiles les plus à risques (personnes âgées de plus de 65 ans, personnes handicapées ou malades à domicile, personnes dépendantes, femmes enceintes…) afin de lutter au mieux contre les conséquences de la chaleur :

  • Buvez régulièrement de l’eau sans attendre d’avoir soif ;
  • Rafraîchissez-vous et mouillez-vous le corps (au moins le visage et les avants bras) plusieurs fois par jour ;
  • Mangez en quantité suffisante et ne buvez pas d’alcool ;
  • Evitez de sortir aux heures les plus chaudes et passez plusieurs heures par jour dans un lieu frais (cinéma, bibliothèque municipale, supermarché, musée…) ;
  • Evitez les efforts physiques ;
  • Maintenez votre logement frais (fermez fenêtres et volets la journée, ouvrez-les le soir et la nuit s’il fait plus frais) ;
  • Pensez à donner régulièrement de vos nouvelles à vos proches et, dès que nécessaire, osez demander de l’aide ;
  • Consultez régulièrement le site de Météo-France pour vous informer.

Consulter l’intégralité des recommandations en cas de vague de chaleur sur le site du ministère des Affaires sociales et de la Santé.

Dispositif canicule à Paris

Un centre d’appel téléphonique (3975) est activé par la mairie de Paris pour prendre contact avec toutes les personnes qui se sont préalablement inscrites à cet effet.

Les mairies d’arrondissements et les centres d’action sociale parisiens mettront à disposition des salles rafraîchies. Elles accueilleront (entre 14h et 18h) toutes les personnes pour lesquelles des professionnels de la santé, du social, ou les intervenants du téléopérateur auront demandé une inscription auprès du Centre d’action sociale de la Ville de Paris (CASVP). Ces salles sont situées, notamment, dans des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), voire, en cas de besoin dans des hôtels parisiens. Les personnes sont invitées à se déplacer par leurs propres moyens. Toutefois, le transport est assuré par la Ville lorsque la personne inscrite ne peut se déplacer par elle-même.

Pour en savoir plus : consulter le plan canicule sur le site Paris.fr

 



Korian s’associe avec les missions locales pour former des jeunes

Article24/07/2018

Crédit: Fotolia/itsmejust

Pour faire découvrir les métiers du grand âge à des 16-25 ans sortis du système scolaire, dans un secteur en mal d’attractivité, le groupe commercial d’Ehpad et de cliniques Korian et l’Union nationale des missions locales (UNML) ont conclu un partenariat début juillet.

Ce partenariat, une première dans le champ du grand âge, selon Korian et l’UNML, fait d’une pierre deux coups. Elle vise, sur trois ans, à « favoriser la formation et l’insertion professionnelle des jeunes à ce jour éloignés de l’emploi », mais aussi à améliorer l’attractivité du secteur, alors que près d’un Ehpad sur deux peine à recruter.

A partir de ce mois de juillet 2018, les partenaires s’engagent sur trois axes:

  • 800 stages de découverte dans les maisons de retraite et les cliniques du groupe

Les conseillers des missions locales présenteront aux jeunes les métiers et les parcours de formation proposés par Korian via des outils mis à leur disposition. En parallèle, les 375 Ehpad et cliniques du groupe accueilleront 800 jeunes en stage découverte des métiers d’ici fin 2018, soit en moyenne deux stagiaires par établissement.

  • 200 contrats d’alternance supplémentaires pour les jeunes souhaitant se former aux métiers du grand âge

Korian proposera ces contrats d’ici fin 2018 aux jeunes accompagnés par les missions locales, pour les métiers d’aide-soignant, d’agent de service hôtelier/hospitalier et de cuisinier. Pour ce faire, le groupe « travaillera notamment avec de nouvelles classes dédiées au sein de CFA [centres de formation d’apprentis] partenaires ».

Le groupe explique avoir lancé fin 2017 une première classe spécifique d’apprentis agents de service hospitalier au sein du CFA Propreté INHNI de la région Centre-Val de Loire. Une seconde doit ouvrir en Nouvelle-Aquitaine à la rentrée 2018. Dans ces cours sont intégrés « des modules de formation sur l’environnement gériatrique, la relation aux résidents et aux familles ».

  • Enfin, Korian s’engage à recruter 1.000 jeunes de moins de 26 ans en CDI à temps complet d’ici un an.

« Pour les jeunes, le point d’entrée unique est leur mission locale. Un correspondant pour les missions locales sera nommé dans chaque établissement Korian pour faciliter les échanges », précisent les partenaires.

Citée dans le communiqué, Sophie Boissard, directrice générale de Korian, précise cibler « des jeunes motivés même sans qualification à l’entrée. Ce que nous recherchons en priorité, ce sont des personnes qui ont les qualités humaines et le savoir-être nécessaires pour travailler auprès des personnes âgées ».

Le groupe emploie 20.000 salariés en CDI en France, et 23% ont moins de 29 ans.

Il est doté depuis 2002 de son propre institut de formation, la Korian Academy, qui a obtenu au printemps dernier l’inscription de son parcours « Passeport Gériatrique » à l’inventaire des certifications.

Les 437 missions locales, membres du service public de l’emploi (SPE), sont présidées par un élu d’une collectivité locale. Elles accompagnent chaque année près de 1,3 million de jeunes âgés de 16 à 25 ans, sortis du système scolaire, dans leur accès à l’autonomie et à l’emploi, souligne l’UNML.

La Rédaction



 Innovations organisationnelles: les ARS doivent créer des plateformes de dépôt des projets

Article23/07/2018

Pour « simplifier et fluidifier » les échanges avec les porteurs de projets d’expérimentations organisationnelles innovantes du système de santé, dont les Ehpad, le ministère demande aux agences régionales de lancer des plateformes de dépôt et d’instruction « au plus tard au 31 août ».

Prévues à l’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) 2018 pour une durée maximale de cinq ans, ces expérimentations de nouveaux modes d’organisation des soins, ouvertes notamment aux Ehpad, sont encadrées par un décret publié fin février et trois arrêtés relatifs à leur gouvernance publiés début mars, dont un correctif début avril.

Les expérimentations permettront de déroger au cadre actuel, conformément au souhait porté en juillet 2017 par l’assurance maladie dans son rapport annuel sur les charges et produits.

Une notice d’information du ministère des solidarités et de la santé, datée du 22 juin et mise en ligne le 17 juillet, est une annexe à la circulaire relative au cadre d’expérimentation pour les innovations organisationnelles publiée en mai.

Elle précise aux agences régionales de santé (ARS) les modalités de mise en place et de fonctionnement de plateformes de dépôt et d’instruction des projets d’expérimentation permettant le recours à une procédure dématérialisée pour « simplifier et fluidifier » les échanges entre ARS et porteurs de projets, « sécuriser le processus », « tracer l’ensemble des décisions prises sur les projets » et « suivre les délais à respecter ».

La plateforme servira au dépôt, à la réception et à l’instruction des dossiers. Les porteurs de projets devront y renseigner des « informations succinctes » les concernant, une description de leur projet, et joindre la lettre d’intention ou le cahier des charges complété.

Toutes les demandes d’avis du comité technique de l’innovation en santé et de la Haute autorité de santé (HAS) devront être traitées via cet outil.

Pour mettre en place ces espaces d’échange, de communication et de partage de documents, les ARS doivent utiliser le service fourni par la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’Etat (Dinsic) sur le site www.demarches-simplifiees.fr.

Elles sont ensuite tenues de diffuser le lien vers la plateforme sur leur site internet. Ce lien sera également publié sur la page du site du ministère des solidarités et de la santé consacrée à l’article 51 de la LFSS 2018.

Les ARS devront aussi prévenir leur délégué à la protection des données (DPD) de l’existence d’un nouveau traitement de données sur la plateforme.

Une plateforme similaire sera mise en place par le ministère pour les projets dont le champ d’application est national ou interrégional, est-il précisé.

 

La Rédaction



[Tribune] Vieillissement | 23/07/2018

Le gouvernement doit se saisir avec courage de la question du vieillissement

par Auteur Associé

Le 30 mai dernier, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, a présenté sa feuille de route « Grand âge et autonomie ».

Des mesures immédiates insuffisantes pour les établissements et un secteur, celui de l’aide à domicile, relégué comme trop souvent au second plan, voici ce qui pourrait résumer une vision dont le réalisme fait pour l’instant défaut au regard des difficultés que rencontrent quotidiennement les personnes âgées ainsi que les professionnels intervenant auprès d’eux, en établissement comme aux domiciles.

Si la ministre a déclaré vouloir ouvrir un grand débat public et citoyen pour imaginer le modèle d’accompagnement de demain, le dévoilement des premières mesures n’en annonce pas la couleur.

Alors que le président de la République avait évoqué en avril dernier la possibilité de créer un « 5e risque de protection sociale », tant de fois promis mais jamais concrétisé par les précédents gouvernements, il n’est pas fait mention dans la feuille de route de la ministre.

Les fédérations et associations représentatives de l’aide et des soins à domicile souhaitent aujourd’hui être pleinement associées à la réflexion qui s’engage et reconnues comme acteurs indispensables au maintien à domicile, choix plébiscité par la majorité des Français.

Elles seront aussi particulièrement vigilantes à ce que les sources de financement choisies soient à la hauteur des attentes et reposent bien sur des principes de solidarité nationale.

Après des années de politiques publiques trop peu ambitieuses, le gouvernement actuel qui assure vouloir mener des réformes de fond, doit aujourd’hui se saisir avec courage de la question du vieillissement de la population pour ne pas mettre plus gravement en danger les 2 millions de personnes accompagnées par les services à domicile.

 



Dépendance: 300 millions d’euros d’économies grâce à la prévention?

Article23/07/2018

Retarder l’entrée dans la dépendance grâce à la prévention et mieux prendre en charge les personnes âgées permettrait de réaliser 300 millions d’euros d’économie, assure le Comité Action publique 2022 (CAP 2022), dont le rapport a été mis en ligne par le syndicat Solidaires Finances publiques.

« La part des plus de 80 ans dans la population devrait passer de 5% en 2010 à 11% en 2060 », entraînant « une hausse régulière des dépenses publiques qui y sont liées (22,2 milliards d’euros en 2016). D’ici 2060, ces dépenses pourraient doubler d’après les projections démographiques », passant de « 1,1% du PIB aujourd’hui » à « entre 1,85% et 2,25% du PIB en 2060 », détaille le comité CAP 2022 dans un rapport diffusé le 20 juillet par le syndicat Solidaires Finances publiques, et pas encore rendu public par le gouvernement.

C’est le premier ministre, Edouard Philippe, qui a lancé fin 2017 le programme Action publique 2022, piloté par ce comité, chargé de définir des réformes structurelles et d’identifier les économies possibles sur 21 politiques publiques prioritaires.

Si la société française retarde « l’entrée dans la dépendance » et prend « mieux en charge les personnes concernées, la « diminution de la dépense publique » sera de 300 millions d’euros, chiffre le comité.

« Retarder la perte d’autonomie par des actions de prévention représente donc un enjeu considérable pour la qualité de vie des personnes âgées comme pour les finances publiques », écrit-il, regrettant que « les moyens consacrés à la prévention ne représentent qu’une infime partie des dépenses engagées: un peu plus de 500 millions d’euros sur les 22,2 milliards d’euros en 2016 ».

Le comité recommande de « repérer les personnes les plus à risque » et de « leur proposer des actions propres à retarder la perte d’autonomie » et de « réduire les facteurs qui conduisent la situation à s’aggraver en cas de dépendance avérée ».

« L’enjeu économique est significatif », prévient-il. « Sur la base des projections disponibles, on peut estimer que si l’on parvient à réduire de 10.000 personnes par an le nombre de personnes devenant éligibles à l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), on pourrait diviser par deux l’augmentation annuelle de la dépense », calcule-t-il.

Inciter financièrement au maintien à domicile

Pour cela, le comité propose cinq axes « de transformation »:

  • « Mieux organiser le repérage des populations fragiles et cibler les actions de prévention vers les personnes qui en ont le plus besoin », notamment en organisant « la collecte et les échanges de données permettant de repérer les populations les plus à risque », en formant et associant les professionnels sanitaires et sociaux de terrain au repérage de la fragilité et de la perte d’autonomie, et en mettant en place une évaluation de la perte d’autonomie « unique et partagée entre l’ensemble des acteurs publics concernés »
  • « Améliorer la participation des personnes âgées aux actions de prévention »
  • « Faire en sorte que le passage à l’hôpital ne soit pas un facteur de perte d’autonomie ou d’aggravation de la perte d’autonomie pour les personnes âgées », ce qui passe par « la généralisation des structures de coordination ville-hôpital, par le développement des missions d’appui des établissements de santé auprès des médecins de ville et des Ehpad », par la revalorisation « de la dimension gériatrique des établissements publics avec un travail sur leur culture et leur organisation », ainsi que par la reconnaissance de « l’action des personnels et des structures qui agissent pour prévenir la perte d’autonomie ou sa dégradation », et bien sûr une meilleure organisation de la sortie d’hôpital
  • « Mieux répartir les places d’hébergement sur le territoire et inciter financièrement au maintien à domicile ». Le comité prône ici « une convention commune de programmation pluriannuelle qui fixerait un cadre régional de répartition et d’évolution de l’offre », qui « serait contraignant pour les agences régionales de santé [ARS] et les départements ».

Il propose également, dans ce cadre, de « mettre en place un système de financement qui incite au maintien à domicile des personnes âgées ».

« Dans le système actuel », écrit-il, « les établissements sont principalement financés sur [des] fonds publics qui leur sont versés directement », alors que dans le maintien à domicile, « à l’inverse, ce sont les personnes concernées qui assurent les financements et bénéficient, éventuellement, d’aides publiques ». Face à cela, il estime qu' »on pourrait donc augmenter la part du financement des établissements spécialisés directement versée par la personne hébergée en réorientant les fonds publics actuellement versés aux établissements vers les personnes hébergées ».

Il préconise par ailleurs de « faire converger les besoins et les moyens de chaque établissement », dans le cadre de « contrats d’objectifs et de moyens » qui « doivent se fonder sur une évaluation actualisée des besoins des résidents ».

« Il faudrait donc mettre en place des indicateurs permettant de mesurer les besoins d’accompagnement des populations prises en charge. Cela nécessite également de calculer les dotations des établissements à partir d’une référence nationale, afin de garantir une égalité de traitement des bénéficiaires sur l’ensemble du territoire », propose-t-il.

  • « Conduire une réflexion ambitieuse sur le financement de la dépendance, via la création éventuelle d’un cinquième risque« .

Dans le rapport, le comité CAP 2022 préconise aussi des pistes de réforme pour le système de santé, pour une économie évaluée à 5 milliards d’euros. Il recommande le lancement d’un ambitieux « plan de santé numérique ».

La Rédaction

 



Directeurs d’Ehpad, apprenez à manager la génération Z

Article20/07/2018

 

Jan-Guy Sanz au congrès de la Fnadepa le 4 juin 2018 

Non, la nouvelle génération n’est pas réfractaire au travail. Pour se motiver, elle a surtout besoin de « fun et de sens », a résumé Jan-Guy Sanz, psychosociologue et consultant, au congrès de la Fnadepa. Et voici comment!

Tout juste sortie d’école, votre nouvelle aide-soignante pianote sur son smartphone pendant une transmission, ou pire, un entretien d’évaluation? Son collègue, lui, s’absente régulièrement pour des motifs douteux? Ah, ces jeunes, de plus en plus difficiles à manager! C’était mieux avant…

Pas si simple, répond Jan-Guy Sanz, psychosociologue et consultant chez JGS Formation Conseil, lors d’une présentation début juin au 33e congrès national de la Fédération nationale des associations de directeurs d’établissements et services pour personnes âgées (Fnadepa) à Nantes.

Ce qui est sûr, c’est que tous les âges se côtoient chez les professionnels d’Ehpad, des baby-boomers aux nouvelles générations, dites Y et désormais Z, née avec le numérique. Et du point de vue de ces jeunots, « la place du travail par rapport à la vie privée » n’est plus tout à fait la même…

Jan-Guy Sanz a même osé les baptiser les « BCPFT » soit « Bon courage pour les faire travailler », faisant se gondoler les congressistes. Pourtant, n’y voyez là aucun jugement de valeur: « C’est peut-être eux qui ont raison. »

Toujours est-il qu’ils mettent quelque peu à mal le concept de chef. Alors comment vous y retrouver, les mobiliser, les motiver? Qu’attendent-ils? Eh bien, « du fun et du sens », tout simplement, répond Jan-Guy Sanz, et avant tout grâce à une bonne communication.

Quand vous leur parlez, mieux vaut être « simple » et « créer de l’inattendu » (un décalage). Mais aussi montrer « concret » et imagé (plutôt que « 240.000 personnes » dire « 5 parcs des Princes »), rester « crédible » (à l’aide de preuves ou de réalisations déjà effectuées), s’aider de l’émotionnel (sans excès pour autant) et « dérouler une histoire » (tout l’art du story-telling).

Un management du « quoi » plutôt que du  » comment »

Surtout, il faut fixer des objectifs, souvent confondus avec « le but ». Exemple fréquent en Ehpad: le but affiché sera le maintien de l’autonomie de la personne âgée. « Qui est contre? » a blagué Jan-Guy Sanz.

Imaginons une résidente qui attrape un petit rhume, ce qui la fatigue. La soignante A se dit que malgré tout, il est important que la dame âgée continue de participer à la toilette. Elle maintient donc cette pratique habituelle. Le rhume perdure quelque temps.

La soignante B, elle, pense l’inverse: si la résidente participe, elle va augmenter sa fatigue et donc diminuer ses capacités d’autonomie.

En tant que directeur, à laquelle donnez-vous raison?

« Peut-être que les difficultés rencontrées ne viennent pas des individus, mais de l’absence d’objectifs suffisamment formalisés, avec une quantité à atteindre dans un certain délai. Peut-être que l’objectif affiché doit être qu’un résident remarche seul dans 15 jours », a avancé le psychosociologue.

« L’avantage de piloter par des objectifs est de pouvoir réellement évaluer l’action objectivement », a-t-il poursuivi.

Il conseille aussi de ne pas évaluer les personnes mais les résultats et d’instaurer « un contrôle positif » (c’est-à-dire ne pas pointer un échec mais se demander « que faire pour atteindre le résultat »). Enfin, Jan-Guy Sanz recommande de s’inscrire dans un management plus du « quoi » que du « comment ». Autrement dit, chacun peut s’y prendre à sa façon dans le respect des bonnes pratiques, pourvu qu’il atteigne ce but.

Autre notion élémentaire, que les directeurs connaissent normalement par coeur, l’intérêt du travail en équipe dans le cadre de projets porteurs de sens.

Faire des réunions pour dire que tout va bien

Le fun, le sens, mais aussi la reconnaissance, que la jeune génération attend de la hiérarchie et des usagers. Elle peut prendre plusieurs formes: la reconnaissance de la personne, du travail, des efforts ou encore des résultats. Ou l’ensemble à la fois!

Ces nouveaux professionnels réclament des retours, « souvent, au bon moment, et de façon organisée », a rappelé Jan-Guy Sanz.

« Faites-vous des réunions, de dix ou vingt minutes, pour dire ce qui va et uniquement ce qui va? », a demandé le consultant aux congressistes. Il a donné ce conseil à une directrice de service de soins infirmiers à domicile (Ssiad). « Elle a pu faire passer plein de messages relatifs à des axes de développement souhaités, en appuyant sur des faits positifs », a-t-il relaté.

Il conseille de faire ces points tous les trimestres, sous forme de « réunions d’information descendante, ne donnant pas lieu à débats ».

Autre demande pressante des jeunes? Etre maître de leur vie et de leur développement. « Ils réclament des responsabilités, de l’autonomie », ce qui fait appel à l’engagement.

Et si les mots impliquent, les actes engagent, a rappelé le psychosociologue: « Plus un choix est libre, plus l’engagement est fort. »

Pour réussir à provoquer l’engagement, exposez, sur la base d’éléments concrets, les objectifs que vous souhaitez, en prenant en compte les limites (la loi et les bonnes pratiques). Puis demandez à votre collaborateur comment faire pour les atteindre. Si la réponse entre dans les clous, acceptez-la. Les ayant énoncées, il sera d’autant plus engagé à les mettre en oeuvre.

Le jeune vous remet à votre place de supérieur hiérarchique en déplorant que vous lui demandiez de dénouer une situation? Préparez le terrain, soumettez trois hypothèses (concevables) et demandez-lui de choisir, conseille Jan-Guy Sanz.

La motivation en une équation

Dernière chose à garder en tête, la génération Z veut relever des challenges, source de motivation.

Or, la motivation se mesure selon cette formule: « Valence (la valeur accordée au résultat) x Probabilités (estimation des chances de réussite) ».

Autrement dit, il suffit que l’un des deux soit égal à zéro (« ça ne vaut pas le coup » ou « je n’en suis pas capable ») pour que la motivation descende en flèche.

« L’optimum de la motivation, c’est quand le résultat a une certaine valeur, et quand les probabilités d’obtenir le résultat sont aux alentours de 50% », a résumé le consultant, jugeant cela suffisant pour inciter le salarié à « essayer ».

Pour rester zen, il a aussi conseillé de faire la différence entre « l’agacement » et le « grave », et entre « l’erreur » et « la faute ».

Revenant à la génération « Z » et à la place qu’ils donnent à la vie privée par rapport au travail, Jan-Guy Sanz a donné son point de vue: « Je crois que les jeunes sont d’accord pour bosser, ils veulent travailler! Mais ils ne veulent pas que le travail les empêche de faire leur vie ». Et « faire leur vie, ce n’est pas que les loisirs, ça peut aussi être monter une boîte », a-t-il illustré.

En bref, « ils sont déroutants, car ils sont un peu impertinents […] mais je crois qu’ils ont bien envie, et si on leur propose un boulot qui a vraiment du sens, qui a une vraie valeur pour eux, alors ils s’arrachent comme des fous. »

Claire Beziau

Journaliste

 



La polypathologie touche environ une personne sur trois de 85 ans et plus

Article19/07/2018

Parmi ces personnes âgées, les pathologies le plus fréquemment rencontrées sont le diabète, les maladies coronaires et les démences, selon les données portant sur le régime général de l’assurance maladie figurant dans son rapport annuel sur les charges et produits.

La première partie du rapport annuel sur les charges et produits de l’assurance maladie pour 2019, adopté le 5 juillet, est consacrée à la cartographie des dépenses par grands types de pathologies et de processus de soins, qui analyse les remboursements de 57,5 millions de bénéficiaires du régime général enregistrés dans le système national des données de santé (SNDS) entre 2012 et 2016.

L’un des chapitres traite de la polypathologie, définie « comme la présence simultanée de plusieurs pathologies chez le même individu » (hors comorbidité). En 2016, elle concernait 42,2% des hommes et 31,1% des femmes âgés de 85 ans et plus.

Fréquence de la polypathologie et évolution entre 2012 et 2016, selon l’âge et le sexe

Entre 45 et 85 ans dominent le diabète et les pathologies coronaires. Et à partir de 85 ans, la démence et l’insuffisance cardiaque prennent le pas.

La Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) dresse dans sa cartographie les associations les plus fréquentes en fonction de l’âge.

A partir de 85 ans, les combinaisons de pathologies les plus fréquentes sont le diabète et les maladies coronaires, le diabète et les démences, dont la maladie d’Alzheimer, et enfin la combinaison diabète, maladies coronaires et insuffisance cardiaque.

Hausse de 3,6% des dépenses en 4 ans pour les maladies neurodégénératives

Sur les 137 milliards d’euros de dépenses remboursées en 2016 (dont 57,1 milliards pour les soins de ville et 61 milliards pour les soins hospitaliers), les pathologies chroniques représentent 60% de la dépense. La hiérarchie des dépenses reste globalement stable par rapport aux années précédentes.

En excluant le principal poste, concernant les hospitalisations ponctuelles (31,1 milliards d’euros, 23%), le premier groupe de pathologies demeure celui des maladies psychiatriques ou traitements psychotropes (19,8 milliards, 14%).

Viennent ensuite les cancers (14,7 milliards d’euros, 11%), les maladies cardioneurovasculaires (13,4 milliards, 10%), les soins courants (14 milliards, 10%), la maternité (7,8 milliards, 6%), le diabète (6,8 milliards, 5%), les maladies neurologiques ou neurodégénératives (6,2 milliards, 5%), les maladies inflammatoires ou rares, VIH ou sida (5,2 milliards, 4%) et les traitements du risque vasculaire (4,9 milliards, 4%).

Environ 20 millions de personnes ont reçu des soins liés à au moins un problème de santé chronique (35% du régime général), quand près de 31,5 millions (55%) ont reçu des soins qualifiés de « courants » en 2016, ce qui représente une proportion stable.

Le contraste des situations demeure entre les groupes rassemblant une population nombreuse avec un coût de traitement unitaire faible (hypertension artérielle), et des groupes où la dépense est liée au coût important des soins (infarctus, AVC, décompensation d’insuffisance cardiaque).

Les dépenses ont progressé de 11% entre 2012 et 2016, note la Cnam, qui observe les dynamiques les plus soutenues dans les maladies du foie ou du pancréas (+8,4%), les autres affections de longue durée (ALD) (+5,5%), les maladies inflammatoires, rares, VIH ou sida (+5,3%), les cancers (+4,2%), et les maladies neurodégénératives (+3,6%).

La Cnam affine sa cartographie sur certaines pathologies, relevant par exemple une augmentation des effectifs, entre 2012 et 2016, touchés par les maladies cardioneurovasculaires et le diabète. Elle constate pour ces pathologies, qui concernent essentiellement des personnes âgées, un taux de croissance annuel moyen sur la période « de l’ordre de 3%/an ».

L’assurance maladie prévoit la réalisation de 2,01 milliards d’euros d’économies sur les dépenses d’assurance maladie en 2019 dans le cadre de la préparation du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS). Elle annonce sa volonté d’agir à nouveau sur l’efficience des prescriptions.

Vincent Granier

 



Ordre infirmier: le ministère expose aux directeurs la procédure d’inscription

Article19/07/2018

 

La direction générale de l’offre de soins (DGOS) a publié une note d’information destinée aux directeurs d’établissements afin de leur permettre de « s’approprier » la procédure aboutissant à l’inscription des infirmiers salariés au tableau de leur ordre.

Les directeurs d’établissements, dont ceux d’Ehpad, doivent dorénavant transmettre à l’ordre des informations relatives aux infirmiers qu’ils salarient, en vue de leur inscription au tableau.

Equivalent du texte du 2 juin 2016 concernant les masseurs-kinésithérapeutes, un décret organisant l’inscription dite « automatique » des infirmiers à leur ordre a en effet été publié le 12 juillet au Journal officiel.

Il dispose que les listes nominatives départementales établies par l’ordre, en vue de l’inscription, mentionnent les infirmiers « titulaires d’un titre de formation ou d’une autorisation d’exercice requis pour l’exercice de la profession qui sont employés par des structures publiques ou privées ».

Ces listes doivent comporter les noms, adresses, lieux de naissances, titre de formation ou autorisation d’exercice, et adresses électroniques des professionnels.

La première transmission de ces données d’identification doit faire l’objet d’une information préalable du professionnel concerné par son employeur, précise le décret.

La note d’information de la DGOS publiée le 14 juillet précise les « conditions opérationnelles de la transmission, par les établissements publics et privés, des listes nominatives » pour y parvenir.

Elle concerne également les masseurs-kinésithérapeutes salariés.

Concrètement, elle vise à préciser « le rôle dévolu dans ce cadre aux employeurs, aux professionnels ainsi qu’aux ordres afin de permettre une mise en oeuvre fluide et sécurisée de la procédure ».

Le public concerné par ce dispositif d’inscription est composé des professionnels recrutés après la publication du décret du 10 juillet 2018 et de ceux qui sont déjà employés à la parution dudit décret mais qui ne sont pas encore inscrits au tableau de leur ordre.

Les informations recueillies doivent être transmises par les employeurs au conseil national de l’ordre des infirmiers, par voie électronique, une fois par trimestre, au plus tard au 15 du premier mois de chaque trimestre civil.

Les premières listes nominatives devront avoir été transmises avant le 1er octobre 2018.

Les modèles de fichiers sont disponibles sur le sites web de l’ordre des infirmiers.

La transmission des informations doit s’accompagner d’un certain nombre de règles de sécurité qui sont détaillées dans la note.

Colère des fédérations santé FO et CGT

La publication du décret et de la note d’information provoque l’ire de la fédération des personnels des services publics et des services de santé Force ouvrière (FO).

Dans plusieurs communiqués mi-juillet, la fédération réitère son appel au boycott de l’ordre infirmier, pointant une « nouvelle attaque du gouvernement contre la profession infirmière » alors que « tous les indicateurs sont au rouge dans la fonction publique hospitalière, que les infirmiers comme les autres agents hospitaliers sont en quête de reconnaissance professionnelle, mais également financière ».

Elle rappelle qu’elle combat la mise en place de cet ordre depuis 2006 et affirme que la profession le « rejette massivement ». Elle estime que les infirmiers ont un diplôme d’Etat « qui suffit pour exercer » et que « l’adhésion obligatoire relève du racket ».

La fédération « exige » notamment l’abrogation de la loi du 21 décembre 2006 qui a créé l’ordre infirmier.

La fédération CGT de la santé et de l’action sociale affirme elle aussi, dans un communiqué du 17 juillet, son intention de « ne pas désarmer », et rappelle « son opposition totale aux lois portant création des ordres paramédicaux ».

La Rédaction

 



 Tarif dépendance: le Conseil d’Etat déboute cinq départements

Article19/07/2018

Le Conseil d’Etat a rejeté les recours de cinq départements franciliens qui s’élevaient contre la nouvelle tarification des Ehpad inscrite dans un décret de 2016, et plus précisément contre les dispositions relatives au forfait global dépendance et au nouveau point GIR départemental.

On ne reviendra pas sur la crise inédite provoquée par la réforme de la tarification des Ehpad mise en place par la loi « vieillissement ».

Les valeurs disparates, et en dessous des attentes des Ehpad, des points GIR départementaux fixés dans le cadre de la nouvelle réglementation ont provoqué un tsunami qui a amené le gouvernement à créer « un mécanisme de neutralisation des effets négatifs de la réforme« .

Par deux requêtes, les départements du Val-d’Oise, de l’Essonne, de Seine-et-Marne et des Yvelines (soutenus par celui de la Drôme), d’une part, et le département des Hauts-de-Seine, d’autre part, ont demandé l’annulation du décret pour excès de pouvoir.

En cause particulièrement, pour ces collectivités locales, le nouveau forfait global relatif à la dépendance et plus spécifiquement, donc, la valeur du point GIR départemental. La réforme a en effet introduit ce point GIR départemental, que le président du conseil départemental doit fixer chaque année, par arrêté, avant le 1er avril. Et chaque année, ce point GIR départemental doit être au moins égal à la valeur du point arrêté l’année précédente.

Pour 2017, il est précisé dans le décret attaqué que la valeur du point GIR départemental devait être calculée en divisant le total des charges nettes autorisées qui entrent en compte dans le calcul du tarif journalier dépendance par le nombre de points GIR de l’ensemble des établissements du département pour l’exercice 2016.

Dans sa décision datée du 9 juillet et mentionnée aux tables du recueil Lebon, le Conseil d’Etat énonce d’abord quatre prérequis.

Tout d’abord, « il n’appartient qu’à la loi de fixer tant les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques, […] que les principes fondamentaux de la libre administration des collectivités territoriales, de la sécurité sociale et de l’aide sociale ».

« Relèvent en conséquence de la compétence législative le principe de l’encadrement du régime financier et de la tarification des personnes morales de droit privé gérant des établissements et services intervenant dans le champ de l’action sociale », ajoute-t-il.

Ensuite, « il revient au seul législateur de définir, avec une précision suffisante quant à leur objet et à leur portée, les catégories de dépenses qui revêtent pour une collectivité territoriale un caractère obligatoire, tels certains des frais exposés par les personnes accueillies dans des établissements et services relevant du champ de l’action sociale, qu’ils soient gérés par des personnes morales de droit privé ou de droit public ».

« En revanche, il appartient au pouvoir réglementaire de mettre en oeuvre les règles posées par le législateur, notamment en précisant les éléments et les modalités de calcul des dépenses considérées », juge le Conseil d’Etat.

Pas d’entorse au principe de libre administration

Dans ce contexte, et selon ces prérequis, « en imposant au président du conseil départemental de fixer la valeur du ‘point GIR’ départemental à un niveau au moins égal à la valeur arrêtée l’année précédente, pour garantir le niveau, en valeur, du financement de la dépendance des personnes accueillies dans les [Ehpad] et les petites unités de vie », « le pouvoir réglementaire s’est borné à mettre en oeuvre, sans le dénaturer, le principe selon lequel le département verse aux établissements, au titre de l’allocation personnalisée d’autonomie [APA], un forfait global relatif à la dépendance, dont il fixe le montant et qui prend en compte le niveau de dépendance moyen des résidents ».

Ainsi, « les départements requérants ne sont pas fondés à soutenir que les dispositions qu’ils critiquent méconnaîtraient le principe de libre administration des collectivités territoriales », estime notamment le Conseil d’Etat.

De plus, ajoute la juridiction, « le principe d’égalité n’implique pas que des établissements et services se trouvant dans des situations différentes doivent être soumis à des règles différentes ».

De ce fait, « les départements requérants ne sont pas fondés à soutenir que la prise en compte uniforme du coût de la dépendance au sein de chaque département, par la fixation d’un unique ‘point GIR’ départemental sans distinction selon le statut des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes et les charges qui en découlent, méconnaîtrait le principe d’égalité ».

Les départements soutenaient aussi que, parce qu’il prévoit une modulation du forfait global dépendance en fonction de l’activité réalisée par l’Ehpad, le décret ne respectait pas le principe de libre administration des collectivités territoriales.

Là encore, le Conseil d’Etat juge que non. Il rappelle les modalités de calcul fixées en cas de modulation par le pouvoir réglementaire, et estime qu’il a « mis en oeuvre, sans les dénaturer, les principes fixés par la loi ».

« Il résulte de tout ce qui précède que les départements du Val-d’Oise, de l’Essonne, de Seine-et-Marne, des Yvelines et des Hauts-de-Seine ne sont pas fondés à demander l’annulation du décret qu’ils attaquent », conclut-il.

Valérie Lespez

 



Violences en gériatrie: l’ONVS encourage la formation du personnel

Article18/07/2018

Dans son rapport annuel, l’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS) recense 2.447 signalements en 2017 dans les Ehpad et USLD. Souvent « soudaines » et dues aux pathologies des résidents, ces violences, majoritairement commises sur le personnel, laissent des traces et nécessitent une formation pour y faire face.

Des formations aideraient le personnel, notamment en Ehpad, à affronter certaines violences, commises le plus souvent par les résidents, recommande l’ONVS dans son rapport 2018, rendu public mi-juin par la direction générale de l’offre de soins (DGOS).

Tous établissements confondus (sanitaires et médico-sociaux), le rapport montre une hausse des signalements de violences de 25,3% entre 2016 et 2017, de 17.600 à 22.048, remontés par 446 structures (soit 7,71% du total).

Comme l’année précédente, 11% de ces violences ont eu lieu en Ehpad ou en unité de soins de longue durée (USLD), derrière la psychiatrie (20%) et les urgences (16%).

Toutefois, « les établissements purement médico-sociaux déclarent très peu de signalements à l’ONVS » alors que « les violences sont autant présentes que dans les autres structures », souligne l’observatoire.

En Ehpad et USLD, l’ONVS recense 2.447 signalements en 2017 (contre 1.981 en 2016), dont 91% d’atteintes aux personnes. La majorité représente des violences physiques (54%). Presque une atteinte sur deux (41%) est liée à un trouble psychique ou neuropsychique (TPN).

« Pour la gériatrie, il s’agit de comportements directement liés à une maladie neurodégénérative comme la maladie d’Alzheimer », commente l’ONVS, précisant qu' »en droit pénal, ces violences restent tout de même volontaires, même si le caractère intentionnel fait plus ou moins défaut chez l’auteur. Quoi qu’il en soit, l’impact sur la victime reste très fort et produit à court ou moyen terme les mêmes effets. »

Apprendre à gérer l’agressivité verbale et physique

Ainsi, « les répercussions sur les personnes âgées victimes de violences [de la part] d’autres patients sont fortes, surtout en cas de violences verbales très agressives (propos orduriers, racistes…) et/ou de violences physiques graves ou répétitives ».

Quant au personnel, il représente la majeure partie (81%) des victimes déclarées. Au total, 94% des professionnels atteints font partie du personnel de santé, dont 46% d’infirmiers, 45% d’autres soignants et 10% de médecins.

A l’inverse, les auteurs de violence sont dans 71% des cas des patients ou résidents, dans 20% des cas des visiteurs, et dans 3% des cas des membres du personnel.

« Les violences exercées contre les personnels, qu’elles soient dues à des TPN ou non, ne sont pas sans séquelles psychologiques sur eux. Les formations pratiques à la gestion de l’agressivité verbale et physique se révèlent indispensables. Ces violences sont parfois soudaines comme par exemple lors d’un soin. Cela demande donc aux soignants d’avoir un esprit de vigilance tout en restant attentif à la personne âgée, particulièrement dans les unités de vie protégée ou unités spécialisées Alzheimer », observe l’ONVS.

Il indique notamment que « certains établissements ont lancé une formation à destination de l’ensemble de leur personnel sur l’intérêt et la façon de remplir une fiche d’événement indésirable permettant en retour, avec un plus grand nombre de déclarations, une analyse approfondie des causes de violences ».

Cela a entraîné « ‘une véritable désacralisation des événements indésirables ainsi qu’une prise de conscience en termes de gestion des risques et d’amélioration du quotidien’ permettant à la direction et à l’encadrement de fournir des réponses les plus adaptées et un soutien conséquent ».

La Rédaction



Vers un renforcement du pilotage du médico-social par les ARS?

Article18/07/2018

Confier toutes les compétences de pilotage et de régulation déconcentrés du secteur médico-social, ainsi que le versement de l’APA « établissement » aux ARS, en laissant les départements responsables des seules allocations individuelles de solidarité à domicile? C’est le scénario de réforme privilégié dans une « note stratégique » sur les missions des ARS….

Se dirige-t-on vers un pilotage du secteur médico-social par un acteur unique, qu’il s’agisse des départements, ou, plus sûrement, des agences régionales de santé (ARS)?

Dans un document dont APMnews a eu copie, un groupe de travail du gouvernement s’empare de la question du pilotage à deux têtes des politiques de l’autonomie, qui fait débat depuis de nombreuses années et qui revient en force, à la lumière de la feuille de route ministérielle sur les Ehpad et de l’annonce d’Emmanuel Macron d’une loi sur la dépendance en 2019.

Stéphane Le Bouler, conseiller scientifique du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) et le think-tank Terra Nova ont, notamment, récemment remis le sujet sur le tapis.

Il ne s’agit que « d’une première ébauche, d’un document de travail », préviennent les auteurs de cette « note stratégique » avec moult pincettes. Datant d’avril, ce document recense de premières réflexions sur l’évolution des missions des ARS dans le champ de l’autonomie.

Plus précisément, il s’attaque au sujet dans le cadre de la revue des missions des ARS, entamée fin février par le gouvernement, et qui doit aboutir dès septembre à des propositions de réforme applicables en 2019.

Le groupe de travail estime en substance qu’il n’est pas envisageable de maintenir le statu quo dans la répartition actuelle des compétences entre les ARS et les conseils départementaux.

De nombreux arguments plaident pour une sortie de ce statu quo: le groupe de travail évoque des blocages sur la régulation et la planification de l’offre médico-sociale, sur le processus de généralisation des contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens (CPOM), l’existence de disparités territoriales sur les structures à compétences conjointes comme les Ehpad.

Il cite aussi les transferts de charge financière entre structures (dotation soins versus hébergement en Ehpad), les tâches et procédures redondantes, la nécessité d’un renforcement de l’intégration entre secteurs sanitaire et médico-social dans une logique de parcours, et enfin, l’exigence accrue d’une qualité homogène des prestations.

Le contexte institutionnel joue également. Le groupe de travail cite le programme « 2022 » de transformation de l’action publique (Cap2022) et la revue des dépenses qui en découle, le projet de révision constitutionnelle et le potentiel renforcement des compétences ou droit à la dérogation des collectivités territoriales, les objectifs de performance assignés « pour la première fois » au secteur médico-social dans le plan Ondam [objectif national des dépenses d’assurance maladie] pour 2018-2022, les réformes sectorielles dans le champ de l’autonomie et la volonté de l’exécutif de faire émerger un risque dépendance au sein de la protection sociale.

Ainsi, selon cette note, une seule alternative s’offre aux pouvoirs publics: soit conforter les ARS en leur confiant le rôle de pilote et régulateur unique de l’offre médico-sociale, en laissant aux départements ce qui relève de l’aide sociale; soit renforcer les départements en leur transférant des compétences aujourd’hui dévolues aux ARS, tout en prévoyant de réelles contreparties dans la contractualisation entre l’Etat et les collectivités.

Une « équité de traitement » à l’échelle de la région

Quatre scénarios d’évolution des missions des ARS sont proposés en fonction de critères de différenciation distinguant l’approche individuelle (versement des allocations individuelles de solidarité -AIS) de l’approche collective (établissements sociaux et médico-sociaux), les « populations cibles » par âge de vie ou degré de perte d’autonomie (personnes âgées/handicapées), le niveau de financement (le financeur principal emportant la compétence), ou par limite externe de compétence.

Le premier scénario semble privilégié, car les avantages présentés y sont les plus détaillés.

Dans cette hypothèse, les prestations collectives, c’est-à-dire versées aux établissements, comme l’allocation personnalisée d’autonomie (APA), seraient gérées par l’ARS, tandis que les allocations individuelles de solidarité (dont l’APA individuelle) resteraient du ressort du conseil départemental.

Parmi les avantages attendus, les auteurs du document évoquent une cohérence du champ, en « continuum » avec le champ sanitaire, tandis que la notion de parcours prendrait « tout son sens ».

Parallèlement, une offre pilotée par la seule ARS permettrait d’assurer la régulation de l’offre et une péréquation interdépartementale, une « équité de traitement » à l’échelle de la grande région, une simplification de la gouvernance, la fin des blocages sur la programmation, les cofinancements et le processus de généralisation des CPOM et des avancées dans l’intégration entre services d’aide à domicile et services de soins infirmiers à domicile (Ssiad) via les services polyvalents d’aide et de soins à domicile (Spasad), afin d’aboutir « aux vraies plateformes territoriales de services connectées avec les établissements sociaux et médico-sociaux du territoire ».

L’aspect relatif aux agents des ARS et aux ressources humaines n’est pas développé à ce stade. Il est prévu d’intégrer par la suite une réflexion sur les évolutions des modes de financement.

Ces premières pistes devaient encore être affinées avec d’autres apports, y compris externes aux ARS, précisent les auteurs.

Les propositions définitives doivent être soumises à la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, en vue d’un arbitrage attendu en septembre, au moment où se finalise la préparation des textes budgétaires pour 2019, examinés par le Parlement à l’automne.

Vincent Granier

 



L’ARS Normandie cherche des Ehpad pour expérimenter des astreintes d’infirmière de nuit

Brève16/07/2018

L’agence régionale de santé (ARS) Normandie lance une expérimentation de présence infirmière la nuit en Ehpad, pouvant associer des maisons d’accueil spécialisées (MAS) et des foyers d’accueil médicalisés (FAM), fait-elle savoir sur son site internet.

Il s’agit à la fois de « répondre aux besoins des établissements confrontés à des situations d’urgences médicales la nuit » et « d’assurer la continuité de prise en charge nécessitant une intervention infirmière la nuit, notamment en situation de soins palliatifs et d’accompagnement de fin de vie ».

Elle annonce le déploiement de 12 dispositifs expérimentaux, dont quatre en Seine-Maritime, puis deux par département pour le Calvados, la Manche, l’Orne et l’Eure.

« L’expérimentation a vocation à définir un modèle qui pourrait être déployé sur la Normandie, dans la limite des enveloppes existantes », explique l’ARS.

Les dispositifs seront financés par une enveloppe de 40.000 euros par an, auxquels peuvent s’ajouter des « demandes de financements complémentaires pour l’aide au démarrage de l’action », qui seront « étudiées au cas par cas ».

Les projets doivent réunir « entre trois et six Ehpad associés sur un minimum de 350 lits à un maximum de 600 lits », précise l’ARS dans l’appel à candidature.

Le dossier de demande doit être retourné avant le 31 juillet.

La Rédaction

 



Personnes âgées: l’assurance maladie va à nouveau agir sur l’efficience des prescriptions

Article16/07/2018

La Caisse nationale de l’assurance maladie (Cnam) projette de mener de nouvelles actions pour « optimiser la structure » des prescriptions de médicaments en 2019. Concernant les personnes âgées, il s’agit notamment d’améliorer la pertinence de la prescription des antidiabétiques, des psychotropes et d’encore et toujours lutter contre la iatrogénie médicamenteuse.

Dans son rapport annuel sur les charges et produits, adopté le 5 juillet, l’assurance maladie prévoit la réalisation de 2,01 milliards d’euros d’économies sur les dépenses d’assurance maladie en 2019 dans le cadre de la préparation du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS).

Elle souhaite notamment dégager une économie de 285 millions d’euros au titre de la maîtrise médicalisée sur le médicament, près de 100 millions d’euros en lien avec des actions pour prévenir la iatrogénie médicamenteuse et 80 millions découlant de la maîtrise des dispositifs médicaux.

La caisse explique que les économies de maîtrise médicalisée attendues en 2019 comporteront à nouveau un volet important sur la prescription médicamenteuse.

Un plan d’actions « renouvelé » concernant les antidiabétiques sera mis en place pour accompagner la diffusion à venir des nouvelles recommandations de la Haute autorité de santé (HAS), au second semestre 2018.

« Cette nouvelle campagne d’échange aura pour ambition d’individualiser davantage le portage des recommandations de bonnes pratiques. Les messages seront ainsi ajustés aux pratiques professionnelles des médecins rencontrés », prévoit la Cnam. Elle note que les antidiabétiques restent l’un des premiers postes de médicaments remboursés en ville (1,14 milliard d’euros en 2017).

S’agissant des médicaments de spécialités, où les nouveaux produits sont commercialisés à des prix élevés et ont tendance à être privilégiés par les prescripteurs, l’assurance maladie annonce la poursuite des actions d’accompagnement des médecins sur les biothérapies dans les maladies inflammatoires chroniques.

L’objectif d’économies sur les antidiabétiques est fixé à 60 millions d’euros, contre 50 millions pour les biothérapies dans les maladies inflammatoires.

L’assurance maladie fait aussi des propositions pour améliorer la pertinence de la prescription des psychotropes, préconisant notamment d’introduire des indicateurs dans la rémunération sur objectif de santé publique (Rosp) des médecins libéraux.

La iatrogénie intégrée dans la maîtrise médicalisée

Alors que se mettent en place des bilans partagés de médication pour les personnes âgées en officine, la prévention de la iatrogénie médicamenteuse fera l’objet de nouvelles actions en 2019.

Afin de systématiser la vigilance au risque iatrogène, l’assurance maladie va progressivement intégrer un focus sur ce sujet dans chacune de ses campagnes de maîtrise médicalisée.

Trois thèmes vont être portés à partir du second semestre 2018 et au premier semestre 2019:

  • les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) chez la personne âgée, car des durées de traitement trop longues peuvent avoir des effets néfastes (campagne des délégués de l’assurance maladie)
  • les antihypertenseurs chez la personne âgée, pour privilégier les molécules ayant le moins d’effets indésirables chez la personne âgée (campagne d’entretiens confraternels)
  • l’utilisation des laxatifs lors de la constipation chez la personne âgée, avec un message sur la recherche parmi les traitements habituels de la prise répétée d’une molécule susceptible de ralentir le transit de la personne âgée (campagne des délégués).

L’impact attendu des actions mises en oeuvre en 2019 vise une diminution de 1% du nombre d’unités galéniques prescrites chez les patients de plus de 65 ans, ainsi qu’une baisse de 1% des hospitalisations pour cause de iatrogénie.

Des actions sur les compléments nutritionnels oraux

Enfin, s’agissant des dispositifs médicaux, la Cnam estime que les règles entourant la prescription et la délivrance des produits inscrits sur la liste des produits et des prestations (LPP) sont « complexes ».

Pour améliorer l’adéquation de la prescription aux besoins du patient, ainsi que la connaissance sur les rôles respectifs des prescripteurs et des prestataires, il est donc nécessaire de réduire « l’asymétrie d’information » entre les professionnels de la LPP et les prescripteurs.

C’est pourquoi l’assurance maladie prévoit de mener en 2019 des actions d’accompagnement sur différents thèmes dont les compléments nutritionnels oraux (300 millions d’euros remboursés en 2017, en hausse de 2,2%).

L’objectif est notamment de favoriser la qualité de la prescription particulièrement chez le sujet âgé, en sensibilisant les prescripteurs sur la composition de ces produits et en leur fournissant une aide à la prescription destinée à favoriser l’observance.

Il s’agira aussi de s’appuyer sur les pharmaciens pour une dispensation « adaptée » aux préférences des patients, dans le respect des indications médicales, afin d’éviter le gaspillage.

Un travail sur la prescription des pansements et l’aide à la prescription des perfusions sera aussi engagé.

Guillaume Bietry

 



L’analyse de la députée Annie Vidal sur 16 Ehpad de Seine-Maritime

Article16/07/2018

L’élue LREM a visité quasiment tous les Ehpad de sa circonscription de Seine-Maritime et en a livré un « observatoire ». Elle y montre notamment un écart important, dans les établissements publics, entre le taux d’encadrement global et celui au chevet du résident, alors que les résidents y sont plus dépendants.

Annie Vidal l’avait promis en janvier: elle visiterait « tous les Ehpad » de sa circonscription.

Mission quasiment accomplie, dont on peut lire l’analyse dans cet « observatoire », remis fin mai à Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé. La députée LREM de Seine-Maritime et ses collaborateurs ont visité 16 Ehpad sur les 17 (l’un étant sur deux sites) que compte la 2e circonscription de Seine-Maritime, entre janvier et avril.

Ils rappellent que ce travail a pour origine les « articles de presse et les déclarations donnant à penser que la France, non seulement ne prendrait pas convenablement en charge ses aînés, mais serait à l’origine de maltraitance au sein des Ehpad et, notamment, de maltraitance institutionnelle ».

L’idée était donc de faire un état des lieux dans cette circonscription et « d’analyser les pratiques professionnelles et leurs impacts sur la qualité de vie des résidents et sur la qualité de vie au travail du personnel de ces structures. »

Des résidents plus dépendants dans le secteur public

La députée dresse d’abord un portrait des Ehpad de sa circonscription. Le secteur commercial y est surreprésenté avec 41% des établissements, contre 21% dans le département et 25% au niveau national.

En toute logique, c’est l’inverse avec le privé associatif (qui représente 24% des Ehpad de la circonscription, contre 32% dans toute la France) et le secteur public (35% des Ehpad de la circonscription, contre 43% en national).

« Dans la circonscription, la répartition capacitaire est également nettement plus favorable au secteur privé commercial et défavorable à la fois au secteur public et au secteur privé associatif », note-t-elle. Les établissements privés (commerciaux et associatifs) offrent en effet 56% des 1.381 places d’Ehpad. Le reste se partage entre le public hospitalier (31%) et autonome (13%).

Sans surprise, le reste à charge médian dans la circonscription atteint 2.577 euros mensuels en 2016, contre 1.949 euros à l’échelle nationale.

L’analyse prend également en compte les places en hébergement temporaire (qui ne représentent que 1% des places totales, en majorité dans les Ehpad associatifs), en accueil de jour, le GMP moyen (688) et le PMP (fourni par uniquement six Ehpad, avec une moyenne à 193).

Dans cette circonscription, près d’un résident sur deux (45%) est pris en charge dans un établissement public. Les résidents très dépendants sont d’ailleurs fortement représentés dans ces structures (63,3%), plus que dans les structures commerciales (55,4% des résidents) et privées associatives (47,3%). Une particularité locale, puisqu’au niveau national, selon les données de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), le secteur privé commercial accueille davantage de résidents en GIR 1-2, comparé au secteur public (55% contre 51%).

« Approches managériales différentes »

Concernant le personnel, les auteurs de l’observatoire relatent « une première difficulté à obtenir des données homogènes d’un établissement à l’autre », car « les activités des agents de service ne sont pas clairement identifiées, ce qui laisse à penser qu’il pourrait y avoir des glissements de tâches, d’une part, par solidarité pour absorber la charge de travail et, d’autre part, par manque de documents formalisés ».

Toutefois, ils concluent que les Ehpad publics de la circonscription affichent une moyenne de 0,73 ETP pour un résident en global, mais de seulement 0,44 ETP au « pied du lit », soit l’écart le plus important comparé aux autres types (0,65/0,43 pour le privé commercial et 0,6/0,47 dans l’associatif).

Par ailleurs, la prise en compte de l’écart type montre une importante variation du ratio au pied du lit dans les Ehpad publics (de 0,28 à 0,60 ETP). Les auteurs s’arrêtent sur ce point: « En moyenne, alors que le secteur public dispose du ratio global le plus élevé, il a également le ratio au pied du lit le plus faible, auquel s’ajoute l’absentéisme, [qui semble] plus important que dans les autres structures. Cela explique, pour une grande partie, la lassitude et la fatigue des personnels. »

Ils posent d’abord la question de « la taille critique de la structure, afin que chaque personnel puisse se centrer sur son coeur de métier ».

Pour autant, ils estiment que « le seul impact du profil des résidents ne semble pas justifier cet écart ». Ils constatent aussi, « outre la charge de travail liée aux profils des résidents en établissements publics, des organisations de travail différentes d’un établissement à l’autre, ainsi que des approches managériales différentes ».

« Cela porte, notamment, sur le choix de la répartition des profils de compétences, sur la polyvalence intersecteurs, sur les horaires de travail, sur la définition et la formalisation des tâches, sur l’encadrement et l’accompagnement des équipes, sur les formations proposées, sur la participation à la prise en charge de certaines activités par des prestataires extérieurs, sur l’attractivité de l’établissement pour inciter les associations à proposer des interventions auprès des résidents. Cela porte aussi sur un niveau différent de prise en compte de la spécificité de ces structures que sont les Ehpad dans le management », écrivent-ils encore.

Annie Vidal et ses collaborateurs préconisent de « favoriser et valoriser un management spécifique pour les Ehpad sur un plan stratégique, économique, organisationnel et de gestion des ressources humaines ».

Ils proposent aussi de retravailler l’organisation du travail dans ces Ehpad, préconisant de passer au travail journalier en dix heures, qui a prouvé ses « bienfaits » pour les structures déjà concernées.

La députée et ses collaborateurs soulignent globalement que, si la réforme de la tarification a entraîné beaucoup de grogne, notamment dans le secteur public, « il semble que la réponse à apporter va bien au-delà des questions tarifaires et d’effectifs. L’architecture, le management, l’organisation du travail, la valorisation des professionnels, l’animation pourraient, entre autres, avoir une place prépondérante ».

Une appréciation globale « satisfaisante »

Plus globalement, pour analyser les conditions de vie et de travail dans ces Ehpad, Annie Vidal et ses collaborateurs ont défini autour des résidents un « réseau d’influence en quatre dimensions: l’établissement, l’environnement, la famille et les relations entre les résidents ».

Les trois premières dimensions ont permis de définir quatre critères qualitatifs d’analyse, évalués de 0 à 3 sur l’échelle de Lickert.

  • L’établissement: deux critères ont été retenus, celui du « management » (prise en compte de l’organisation du travail, l’encadrement des équipes et la démarche qualité notamment) et celui de « l’architecture » (cadre de vie, aménagement des espaces…)
  • L’environnement: le critère d’évaluation portait sur l’animation, la diversité des partenariats et l’ouverture sur l’extérieur
  • La famille: le critère était lié aux possibilités de visites et au maintien du lien familial.

Si les auteurs soulignent de fortes disparités entre les Ehpad sur chaque critère, une analyse en « composante multiple » (c’est-à-dire, en alliant ces quatre variables qualitatives et les données quantitatives -GMP et ratio de personnel au pied du lit-), fait ressortir « une appréciation globale satisfaisante » pour la majorité des établissements.

Autre constat, « quelle que soit la typologie de l’établissement, la perception globale des critères observés ne semble pas en rapport direct avec d’une part, le ratio au pied du lit et, d’autre part, avec le GMP ».

Pour compléter, les auteurs ont effectué une immersion d’une journée dans un Ehpad public autonome volontaire de 60 résidents, sur trois postes de travail (une infirmière et deux aides-soignantes). Une expérience qui fait émerger « la course perpétuelle » des soignants, « le travail invisible », autrement dit le lien émotionnel avec les résidents, ou encore « la solidarité entre soignants ».

Annie Vidal prépare par ailleurs un rapport pour fin juillet sur l’évaluation des évolutions possibles de la démarche qualité des Ehpad dans le cadre de la mission d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale (Mecss) de l’Assemblée nationale, qu’elle co-préside.

Claire Beziau

 



Fin de vie: le Conseil d’Etat défavorable à une nouvelle évolution de la loi

Article13/07/2018

Dans un rapport publié le 11 juillet, le Conseil d’Etat estime qu’il n’est pas souhaitable de modifier le droit en vigueur en matière de fin de vie, se montrant défavorable à une légalisation de l’euthanasie ou de l’assistance au suicide. Bruno Lasserre, vice-président de l’instance, considère notamment que ni les médecins ni les malades ne se sont encore appropriés toutes les potentialités de la loi Claeys-Leonetti.

Pour l’heure, le droit sur la fin de vie doit rester en l’état, a estimé l’instance début juillet dans un rapport sur les questions des droits des malades et des personnes concernées, et sur l’adéquation de la loi actuelle avec les attentes sociétales.

En vue de la prochaine révision de la loi de bioéthique de 2011, le Conseil d’Etat avait été saisi en décembre 2017 d’une demande du premier ministre, Edouard Philippe, d’identifier et de formuler les problématiques juridiques, notamment celles pouvant conduire à une évolution de la législation, dans le champ de la bioéthique.

Dans son rapport, il rappelle d’abord les « quatre séries de règles qui, en l’état du droit, structurent la relation entre le médecin et son patient dans les derniers moments de son existence: la possibilité d’accéder à des soins palliatifs, le droit du malade d’arrêter les traitements qui lui sont prodigués, le refus de l’obstination déraisonnable et l’interdiction pour le soignant de provoquer la mort délibérément ».

Il insiste sur la nécessité de « garantir l’accès aux soins palliatifs ». « Outre le souci d’assurer l’effectivité du droit consacré par le législateur, cette recommandation est guidée par l’idée que l’accès à des soins palliatifs de qualité est une condition indispensable à l’expression d’une volonté libre et éclairée du patient dans les derniers moments de la vie et, plus largement, qu’il constitue un préalable à toute réflexion éthique sur la question de la fin de vie », souligne le Conseil d’Etat.

Il analyse ensuite les dispositions actuelles issues des lois dites Leonetti et Claeys-Leonetti qui encadrent les décisions d’arrêt de traitement.
Selon le Conseil d’Etat, elles permettent de « répondre à l’essentiel des demandes sociétales relatives à la fin de vie, dans la mesure où [elles] ne suppose nullement un retrait de la médecine dans les situations de fin de vie, permettant même au médecin d’augmenter les traitements analgésiques et sédatifs dont l’effet est d’aider la mort à survenir dans les conditions les plus sereines possibles ».

Il aborde la question de l’euthanasie et de l’assistance au suicide. Il rappelle qu’en l’état, la loi française, à la différence de certains pays voisins, ne permet pas de répondre aux demandes d’aide à mourir formées par des patients qui ne sont pas en situation de fin de vie.

L’instance souligne que le cadre juridique applicable est issu de la loi Claeys-Leonetti de février 2016, promulguée « il y a à peine plus de deux ans, à l’issue d’un long débat de société et d’une discussion parlementaire qui s’est déroulée sur une période de près d’un an et demi ».

« Il serait dans ces conditions peu raisonnable de modifier le dispositif législatif actuel alors même que persistent les difficultés des équipes soignantes à l’appliquer (ndlr, notamment en Ehpad) et avant même qu’une évaluation exhaustive de sa mise en oeuvre ait été effectuée », souligne le Conseil d’Etat dans son rapport.

« La question où la loi n’apporte pas de solution est marginale »

« Ce que nous disons au gouvernement, c’est d’exploiter toutes les potentialités qu’offre ce cadre juridique, qui n’ont pas sans doute encore été explorées pour différents raisons […]. Il y a encore beaucoup de choses qui peuvent répondre à l’essentiel des demandes sociales qui sont en réalité dans la loi Claeys-Leonetti plutôt que d’aller dans une course en avant », a expliqué Bruno Lasserre, vice-président du Conseil d’Etat, lors d’un entretien accordé à APMnews.

« Les médecins ne se l’approprient pas totalement, les familles la connaissent mal, il y a peu de directives anticipées […]. C’est un changement important qui n’a pas été complètement digéré ni par le corps médical, ni par les familles, ni par les individus eux-mêmes. Donc, travaillons d’abord dans ce cadre avant de le changer », a-t-il renchéri.

Le Conseil d’Etat relève ensuite les enjeux soulevés par la question de l’aide anticipée à mourir. D’abord, cette autorisation aurait un impact « symbolique en donnant aux personnes susceptibles de répondre aux conditions qu’elle pose et proches des situations qu’elle vise le sentiment imposé de l’indignité ou de l’inutilité de leur vie ».

Ensuite, « reconnaître dans la loi la faculté pour les médecins de donner la mort, avec un degré d’implication variable, en dehors des situations de fin de vie, s’avère en contradiction profonde avec les missions de la médecine telles que définies par le code de déontologie médicale et vécues par la grande majorité du monde soignant », estime le Conseil d’Etat, qui considère qu’il n’est pas souhaitable de modifier le droit en vigueur pour reconnaître une telle possibilité.

Interrogée par APMnews lors d’un entretien sur les autres situations qui ne sont pas prises en compte par la loi actuelle, Laurence Marion, rapporteure générale, a indiqué qu’elles n’étaient pas aussi fréquentes qu’on pouvait l’imaginer. « Il y a les situations de fin de vie qui sont traitées par la loi Claeys-Leonetti », a-t-elle souligné. « Il y a aussi la possibilité d’interruption du traitement qui est toujours possible pour le patient: par exemple, dans le cas de maladies neurodégénératives, il est possible de refuser une intubation ou une dialyse, ce qui conduit à une situation de fin de vie. »

« Donc, en réalité, la question où la loi Claeys-Leonetti n’apporte pas de solution est extrêmement marginale et conduit surtout à se poser la question du suicide assisté », a-t-elle fait remarquer. « C’est un débat qui nous paraît relativement différent. »

« Il nous a semblé aussi que ce débat était extrêmement destabilisateur pour une partie de la population qui est très fragile, parce qu’on parle de mort dans la dignité et cela renvoie en écho et en symétrie une forme d’indignité d’un certain nombre de personnes qui sont placées dans des situations qui pourraient justifier ailleurs, au-delà de nos frontières, une demande d’euthanasie », a poursuivi la rapporteure générale.

Marion Henry

 



A Montpellier, les Petites sœurs ont leurs résidents à cœur

Article13/07/2018

L’Ehpad des Petites soeurs des pauvres à Montpellier – Crédit: Claire Béziau/Gerontonews

Le credo des Petites soeurs des pauvres? Assurer jusqu’au bout un accompagnement de proximité des personnes âgées démunies et isolées, en s’appuyant, outre le personnel, sur un réseau dynamique de religieuses et de bénévoles. Gerontonews a visité leur Ehpad de Montpellier, dirigé par l’énergique soeur Mary Bridget en sa qualité de « mère supérieure ».

Toutes de blanc vêtues, robes à manches longues et coiffes enserrant leurs cheveux, elles se précipitent à l’heure du goûter pour servir douceurs et boissons fraîches, bienvenues en cette caniculaire fin juin.

Accueil par les Petites soeurs dans la grande salle – Crédit: Claire Béziau/Gerontonews

Elles sont comme ça, les Petites soeurs qui officient dans l’Ehpad congréganiste Jeanne-Jugan, à Montpellier: le sens de l’accueil démultiplié, pas seulement pour les adhérents de la Fédération nationale avenir et qualité de vie des personnes âgées (Fnaqpa) venus en visite à l’occasion du Géronforum 2018, mais aussi pour les 84 résidents hébergés à temps complet.

Jeanne-Jugan, du nom de la religieuse qui a fondé la congrégation des Petites soeurs des pauvres et littéralement donné son lit à une personne âgée sans ressources au début du XIXe siècle.

De la même façon, chaque résident doit pouvoir dire qu’il s’agit de « [sa] maison », insiste soeur Mary Bridget, dont les yeux malicieux pétillent derrière les lunettes rondes, et dont l’accent so british donne un temps l’impression d’avoir atterri dans la campagne anglaise. La mère supérieure de la structure – autrement dit, la directrice- vient tout droit de Londres.

Une autre soeur, Marie-Pauline, est Kenyane. Ce cosmopolitisme est l’une des marques de fabrique des Petites soeurs (lire l’encadré). Mais leur signe le plus distinctif, c’est l’accueil prioritaire des « plus nécessiteux ».

Le tarif hébergement est de 63,83 euros par jour mais les résidents participent à hauteur de leurs ressources, soit en moyenne 38,65 euros. « Tous les jours, il faut donc trouver 25 euros par résident et par jour », résume la mère supérieure. D’où un système de quête « au supermarché, dans les églises, sur internet ».

Ce jour-là, elle se réjouit de 90 kilos de dattes saisis par la police car vendus à la sauvette, et donnés à l’établissement. Seul bémol, la quête est jugée incompatible avec l’habilitation à l’aide sociale. Ce qui n’empêche pas certains résidents de la demander individuellement.

Face aux rentrées d’argent aléatoires, Paolino Pottier, le responsable des ressources humaines et de la comptabilité, dit « s’adapter ». Notamment en faisant « un peu patienter » les fournisseurs.

« On accueille même un couple de musulmans! »

Outre le critère des ressources, les Petites soeurs privilégient « les personnes les plus valides, souffrant de la solitude et de l’angoisse », résume soeur Mary Bridget.

Soeur Mary Bridget et Odile Alessi avec les tartes aux pommes – Crédit: Claire Béziau/Gerontonews

Pour occuper ces résidents encore autonomes, différents ateliers sont mis en place comme la cuisine, d’où s’échappe une odeur de pommes cuites. Odile Alessi, 71 ans, vient d’aider à réaliser des tartes pour les visiteurs du jour. Elle se dit « très gâtée » dans cet Ehpad depuis son arrivée, huit mois auparavant. Un choix personnel, du fait de « petits moyens » et d’une « solitude insupportable ».

A côté, devant sa machine à coudre, officie Marie S., 93 ans, toquée de napperons et de chiffons. Célibataire, elle vit ici depuis neuf ans, et se dit « pas mécontente, loin de là ».

Antoine Moreno, un résident qui peint à ses heures perdues – Crédit: Claire Béziau/Gerontonews

Enfin, dans la salle informatique, reconvertie en atelier de peinture, Antoine Moreno, 78